Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-07-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 juillet 1858 10 juillet 1858
Description : 1858/07/10 (A3,N50). 1858/07/10 (A3,N50).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203096h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
350 L'ISTHME DE SUEZ, SAMEDI 10 JUILLET.
sons un plaisir d'annoncer la beile carte de M. Miani, où
l'auteur n'a pas manqué d'indiquer le canal de Suez.
ERNEST DESPLACES.
ÉTAT DE LA PROVINCE DE BAGDAD.
La Presse d'Orient dans un de ses derniers numé-
ros, donnait de très-curieux détails sur l'arrivée d'Omer-
Paclia dans son gouvernement de Bagdad. Ces détails
montrent bien l'état de ces provinces, où le Pacha est
obligé de livrer bataille pour entrer dans sa capitale.
« Notre correspondance particulière de Bagdad, dit la
Presse d'Orient, nous apporte d'intéressants renseignements
sur les mesures prises par Orner-Pacha pour pacifier la
Mésopotamie. L'expédition contre Dher a répandu la terreur
dans le désert et amené la soumission des tribus qui l'an
dernier ont pillé les caravanes de Bagdad et de Damas.
» On nous signale aussi deux importantes mesures prises
par le serdar Ekrem.
» Un recensement général a été ordonné à Bagdad. Cette
mesure a jeté l'inquiétude parmi les israélites , qui n'ont
donné aux autorités que des renseignements inexacts. Il faut
espérer, du reste, qu'on n'usera pas de rigueur avec eux.
En d'autres temps, cette partie de la population a tant souf-
fert qu'elle se croit toujours exposée à de nouvelles avanies.
Des conseils sévères, des admonestations paternelles adres-
sées aux chefs de la communauté suffiront pour faire com-
prendre à la population que le recensement, qui s'applique
aux musulmans, aux chrétiens aussi bien qu'aux israélites,
n'a rien en soi de vexatoire pour personne.
» Omer-Pacha a rendu aussi un arrêté qui ordonne la
création d'écoles nouvelles de chaque religion, et exige que
tous les enfants, sans exception, y soient envoyés. C'est là une
innovation des plus louables; eh bien, elle a jeté l'effroi par-
mi les non-musulmans, qui se figurent que les enfants seront
forcément élevés dans les principes de l'islamisme. Il ne sera
pas difficile de démontrer aux chrétiens et aux israélites que
ces craintes n'ont aucun fondement et que le gouverneur
général n'a eu en vue que l'amélioration morale et intel-
lectuelle de la population, »
« Correspondance particulière de la PRESSE D'ORIENT. »
« Bagdad, 31 mars.
Il Déjà vous aurez eu connaissance par Alep de l'arrivée
d'Omer-Pacha, de la brillante réception qui lui a été faite et
de la défaite des Arabes de Dher. Vous n'avez dû connaître
ce dernier fait que d'une façon sommaire. L'importance de
ce succès, l'immense retentissement qu'il a eu dans le désert
et les conséquences qu'il aura sur la sécurité de ces contrées,
donnent un grand intérêt à ces événements. Déjà les effets
s'en font ressentir, et je suis à même de vous les faire con-
naître.
» Je reprendrai le récit détaillé des mesures militaires
prises par le serdar Ekrem et couronnées d'un si heureux
succès.
v Dher est une ville arabe de sept à huit mille âmes,
à quelques journées en amont d'Anah, sur l'Euphrate.
Omer-Pacha était prévenu des dispositions hostiles de la
population. Malgré cela, il fit demander des vivres, qui
furent refusés; deux fois cette demande fut réitérée sans
succès. Le serdar Ekrem se décida à agir énergiquement
après une dernière sommation, On trouvera peut-être en
Europe ce mode d'agir trop sévère , mais il faut se rappeler
que cette tribu, alliée des Anézis, est de celles qui, depuis
nombre d'années , grâce à la faiblesse des gouverneurs, vivent
sans souci de l'autorité de la Porte, pillant à leur gré les
caravanes et les villages, ruinant le commerce, rançonnant
les voyageurs et osant s'avancer parfois jusque dans les fau-
bourgs de Bagdad et dévaliser des magasins. L'attaque de
Dher fut résolue; la ville fut assiégée, emportée après une
vive résistance de la population et livrée au pillage.
» La nouvelle de cet événement parcourut le désert avec
la rapidité de l'éclair et y causa une terreur générale. Après
la prise et la ruine de Dher, la puissante tribu des Anézis,
n'espérant plus pouvoir rester en paisible possession de la
Mésopotamie, ne tarda pas à franchir l'Euphrate pour rentrer
dans le Chammyia; mais une fraction de cette tribu, qui
était venue s'établir au-dessous de Bagdad, jusqu'à Sama-
wah, ne put faire de même; elle se trouvait arrêtée par les
troupes du serdar Ekrem, qui, venant par Anah et Hit, à
travers le désert de la Mésopotamie, leur coupaient la re-
traite.
» Omer Pacha prit ses mesures pour les avoir sous la main.
Quelques jours après son entrée à Bagdad, il envoya une par-
tie de ses troupes, sous le commandement d'Iskender-Pacha,
occuper la route qui conduit à Hillah, tandis qu'un corpe
de cavalerie régulière parcourait et surveillait la rive gauche
de l'Euphrate jusque près de Suk-el-Chouk, pour fermer le
passage de ce fleuve aux Anézis et les forcer de se porter du
côté du camp d'Iskender-Pacha. En effet, le cheik des
Montefiks ayant refusé aux Anézis le libre passage de l'Eu-
phrate à Suk-el-Chouk , force leur fut d'en chercher un
autre vers le Nord, à travers le désert mésopotamique. Ils
arrivèrent le 3 mars, au matin, à 6 heures, au sud de Bag-
dad et se trouvèrent en présence des troupes. Les Arabes se
déployèrent immédiatement sur une vaste étendue, mais
cachés derrière leurs nombreux chameaux qu'ils poussaient
en avant. A la première charge que fit Iskender-Pacha avec
quelques centaines de cavaliers seulement, tant reguliera
qu'irréguliers, et avant que l'artillerie eût eu le temps d'ar-
river et de prendre position, la déroute se mit parmi les
Anézis, dont la plus grande partie rebroussa chemin vers le
sud; l'autre, au nombre de près de 300 hommes, montés sur
d'excellents chevaux , commandés par le cheik Abd-ul-Mah-
çin-ben-Haddad, réussit à passer non loin du camp, et à
franchir la ligne qui la séparait du désert libre. Ces cavaliers,
à l'abri de toute poursuite, atteignirent bientôt l'Euphrate
près de Hit. Après la déroute, les troupes prirent beaucoup
de chameaux, de moutons, quelques femmes et enfants que
les Anézis avaient abandonnés dans leur fuite précipitée.
» Les Anézis ne tardèrent pas à faire leur très-humble
soumission au serdar Ekrem, qui, disposé généreusement à
leur égard, leur a renvoyé les prisonniers, et leur rendra une
partie de leurs chameaux.
» Pendant ce temps, les Arabes Zobeïds et les Aghels, éta-
blis aux environs de Bagdad, profitaient de la déroute des
Anézis pour marauder; ils prétendent que les chameaux
épars dans le désert et dont ils se sont emparés ne sont
qu'une faible compensation de ce qui leur a été volé jadis
par ces mêmes Anézis. Il est inutile d'ajouter que ce mode de
légitimer leur pillage n'a point été pris en considération par
le gouverneur général.
» Sur ces entrefaites, le principal des cheiks Anézis, pen-
sant avec raison qu'il pouvait, sans crainte pour sa liberté,
se rendre à Bagdad, afin de traiter des conditions d'une paix
durable et dégager ses frères bloqués, arriva ici, le 18, avec
sons un plaisir d'annoncer la beile carte de M. Miani, où
l'auteur n'a pas manqué d'indiquer le canal de Suez.
ERNEST DESPLACES.
ÉTAT DE LA PROVINCE DE BAGDAD.
La Presse d'Orient dans un de ses derniers numé-
ros, donnait de très-curieux détails sur l'arrivée d'Omer-
Paclia dans son gouvernement de Bagdad. Ces détails
montrent bien l'état de ces provinces, où le Pacha est
obligé de livrer bataille pour entrer dans sa capitale.
« Notre correspondance particulière de Bagdad, dit la
Presse d'Orient, nous apporte d'intéressants renseignements
sur les mesures prises par Orner-Pacha pour pacifier la
Mésopotamie. L'expédition contre Dher a répandu la terreur
dans le désert et amené la soumission des tribus qui l'an
dernier ont pillé les caravanes de Bagdad et de Damas.
» On nous signale aussi deux importantes mesures prises
par le serdar Ekrem.
» Un recensement général a été ordonné à Bagdad. Cette
mesure a jeté l'inquiétude parmi les israélites , qui n'ont
donné aux autorités que des renseignements inexacts. Il faut
espérer, du reste, qu'on n'usera pas de rigueur avec eux.
En d'autres temps, cette partie de la population a tant souf-
fert qu'elle se croit toujours exposée à de nouvelles avanies.
Des conseils sévères, des admonestations paternelles adres-
sées aux chefs de la communauté suffiront pour faire com-
prendre à la population que le recensement, qui s'applique
aux musulmans, aux chrétiens aussi bien qu'aux israélites,
n'a rien en soi de vexatoire pour personne.
» Omer-Pacha a rendu aussi un arrêté qui ordonne la
création d'écoles nouvelles de chaque religion, et exige que
tous les enfants, sans exception, y soient envoyés. C'est là une
innovation des plus louables; eh bien, elle a jeté l'effroi par-
mi les non-musulmans, qui se figurent que les enfants seront
forcément élevés dans les principes de l'islamisme. Il ne sera
pas difficile de démontrer aux chrétiens et aux israélites que
ces craintes n'ont aucun fondement et que le gouverneur
général n'a eu en vue que l'amélioration morale et intel-
lectuelle de la population, »
« Correspondance particulière de la PRESSE D'ORIENT. »
« Bagdad, 31 mars.
Il Déjà vous aurez eu connaissance par Alep de l'arrivée
d'Omer-Pacha, de la brillante réception qui lui a été faite et
de la défaite des Arabes de Dher. Vous n'avez dû connaître
ce dernier fait que d'une façon sommaire. L'importance de
ce succès, l'immense retentissement qu'il a eu dans le désert
et les conséquences qu'il aura sur la sécurité de ces contrées,
donnent un grand intérêt à ces événements. Déjà les effets
s'en font ressentir, et je suis à même de vous les faire con-
naître.
» Je reprendrai le récit détaillé des mesures militaires
prises par le serdar Ekrem et couronnées d'un si heureux
succès.
v Dher est une ville arabe de sept à huit mille âmes,
à quelques journées en amont d'Anah, sur l'Euphrate.
Omer-Pacha était prévenu des dispositions hostiles de la
population. Malgré cela, il fit demander des vivres, qui
furent refusés; deux fois cette demande fut réitérée sans
succès. Le serdar Ekrem se décida à agir énergiquement
après une dernière sommation, On trouvera peut-être en
Europe ce mode d'agir trop sévère , mais il faut se rappeler
que cette tribu, alliée des Anézis, est de celles qui, depuis
nombre d'années , grâce à la faiblesse des gouverneurs, vivent
sans souci de l'autorité de la Porte, pillant à leur gré les
caravanes et les villages, ruinant le commerce, rançonnant
les voyageurs et osant s'avancer parfois jusque dans les fau-
bourgs de Bagdad et dévaliser des magasins. L'attaque de
Dher fut résolue; la ville fut assiégée, emportée après une
vive résistance de la population et livrée au pillage.
» La nouvelle de cet événement parcourut le désert avec
la rapidité de l'éclair et y causa une terreur générale. Après
la prise et la ruine de Dher, la puissante tribu des Anézis,
n'espérant plus pouvoir rester en paisible possession de la
Mésopotamie, ne tarda pas à franchir l'Euphrate pour rentrer
dans le Chammyia; mais une fraction de cette tribu, qui
était venue s'établir au-dessous de Bagdad, jusqu'à Sama-
wah, ne put faire de même; elle se trouvait arrêtée par les
troupes du serdar Ekrem, qui, venant par Anah et Hit, à
travers le désert de la Mésopotamie, leur coupaient la re-
traite.
» Omer Pacha prit ses mesures pour les avoir sous la main.
Quelques jours après son entrée à Bagdad, il envoya une par-
tie de ses troupes, sous le commandement d'Iskender-Pacha,
occuper la route qui conduit à Hillah, tandis qu'un corpe
de cavalerie régulière parcourait et surveillait la rive gauche
de l'Euphrate jusque près de Suk-el-Chouk, pour fermer le
passage de ce fleuve aux Anézis et les forcer de se porter du
côté du camp d'Iskender-Pacha. En effet, le cheik des
Montefiks ayant refusé aux Anézis le libre passage de l'Eu-
phrate à Suk-el-Chouk , force leur fut d'en chercher un
autre vers le Nord, à travers le désert mésopotamique. Ils
arrivèrent le 3 mars, au matin, à 6 heures, au sud de Bag-
dad et se trouvèrent en présence des troupes. Les Arabes se
déployèrent immédiatement sur une vaste étendue, mais
cachés derrière leurs nombreux chameaux qu'ils poussaient
en avant. A la première charge que fit Iskender-Pacha avec
quelques centaines de cavaliers seulement, tant reguliera
qu'irréguliers, et avant que l'artillerie eût eu le temps d'ar-
river et de prendre position, la déroute se mit parmi les
Anézis, dont la plus grande partie rebroussa chemin vers le
sud; l'autre, au nombre de près de 300 hommes, montés sur
d'excellents chevaux , commandés par le cheik Abd-ul-Mah-
çin-ben-Haddad, réussit à passer non loin du camp, et à
franchir la ligne qui la séparait du désert libre. Ces cavaliers,
à l'abri de toute poursuite, atteignirent bientôt l'Euphrate
près de Hit. Après la déroute, les troupes prirent beaucoup
de chameaux, de moutons, quelques femmes et enfants que
les Anézis avaient abandonnés dans leur fuite précipitée.
» Les Anézis ne tardèrent pas à faire leur très-humble
soumission au serdar Ekrem, qui, disposé généreusement à
leur égard, leur a renvoyé les prisonniers, et leur rendra une
partie de leurs chameaux.
» Pendant ce temps, les Arabes Zobeïds et les Aghels, éta-
blis aux environs de Bagdad, profitaient de la déroute des
Anézis pour marauder; ils prétendent que les chameaux
épars dans le désert et dont ils se sont emparés ne sont
qu'une faible compensation de ce qui leur a été volé jadis
par ces mêmes Anézis. Il est inutile d'ajouter que ce mode de
légitimer leur pillage n'a point été pris en considération par
le gouverneur général.
» Sur ces entrefaites, le principal des cheiks Anézis, pen-
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