Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-07-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 juillet 1858 25 juillet 1858
Description : 1858/07/25 (A3,N51). 1858/07/25 (A3,N51).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203097x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
374 - L'ISTHME DE SUEZ, DIMANCHE 25 JUILLET.
-' charmant oraleur avec cette grâce et cette affabilité qui
donnent du prix à tout ce qu'il dit. -
Enfin c'est M. Battanchon, avocat français, qui a pris le
dernier la parole au nom de la colonie européenne, et voici le
- discours qu'il a prononcé.
DISCOURS DE M. BATTANCHON.
« MONSIEUR DE LESSEPS,
» A votre retour sur le sol égyptien, permettez-nous devenir
déposer kjop pieds notre tribut de cordiales sympathies. Per-
ffiettezHious aussi de vous dire combien nous avons été heu-
reux de tfaus voir recueillir tant d'adhésions au grand projet
doni l'exécution immortalisera le règne de Son Altesse Saïd-
Pacha, ainsi que votre infatigable participation. Pouvait-il en
être autrement? Réunir les deux mondes, augmenter la pro-
- spérité de l'un, donner à l'autre les bienfaits de la civilisation,
arracher à l'abrutissement de la barbarie des centaines de mil-
lions d'hommes, tels seront les magnifiques, les infaillibles
résultats du percement de l'isthme de Suez, de cet isthme qui
semble un oubli de la création, ou une tâche laissée par Dieu
àThomme pour lui indiquer que le bonheur n'est que le fruit
du travail.
» Votre mission s'accomplira, monsieur de Lesseps, car elle
est toute providentielle; c'est certainement cette conviction qui
vous a soutenu dans toutes vos luttes, dans vos persévérants
efforts. Notre présence ici est un simple témoignage de notre
gratitude pour le bien que vous avez déjà fait en portant l'es-
pérance et le courage dans des contrées malhèureuses. Aussi, il
nous faut comprimer les élans de cœur qu'inspire à tout ami
de l'humanité votre sainte entreprise. Nous les résumons seu-
lement dans ces mots:
Vive Son Altesse Saïd-Pacha!
Vive Monsieur de Lesseps ! »
M. de Lesseps a rappelé dans sa réponse qu'il y a vingt
ans environ, lorsqu'il quitta la gestion du consulat général de
France en Egypte (gestion dont on se souvient encore ici
aujourd'hui, à cause de la fermeté et de la justice qu'il dé-
ploya), il avait reçu de la colonie européenne, composée
comme aujourd'hui de représentants de toutes les nationalités,
un accueil semblable à celui de ce jour; accueil qui lui était
d'autant plus précieux alors comme aujourd'hui, que la
manifestation s'adressait à l'homme préoccupé avant tout du
bien de l'humanité et des masses, en dehors de tout esprit de
nationalité.
Je ne vous parlerai pas longuement des sérénades offertes
à plusieurs reprises par un certain nombre d'habitants
d'Alexandrie de tous les états et de toutes les conditions. La
musique, excellente du reste^ a été payée par le produit
de cotisations individuelles recueillies spontanément. Je ne
vous donnerais certainement pas ces détails, si je ne voyais
point dans cette démonstration la preuve évidente d'adhésion
et de sympathie chez de certaines personnes que nous avions
regardées, jusqu'à présent, comme indifférentes.
Je ne m'étendrai pas non plus sur les visites que les grands
, personnages du pays se sont empressés de faire à M. de Les-
seaA dès son arrivée. Cette lettre est déjà trop longue; mais
f-dvoue-que j'ai été tellement impressionné par tout ce que
j'ai observé dans cette journée, que je n'ai pas eu le courage
dé vous? faire grâce du moindre détail.
J'oubliais de vous dire que Son Altesse le Vice-roi, qui se
trouvait à Mariout au moment de l'arrivée de M. de Lesseps,
et qui avait été informé de cette arrivée par le télégraphe,
avait immédiatement donné ordre à Zecchi-Bey, maîtrè de
cérémonies du palais, de se rendre à Alexandrie, et de mettre
le wagon vice-royal à la disposition de M. de Lesseps pour
l'amener auprès de lui.
M. de Lesseps a passé ainsi une grande partie de sa pre-
mière journée auprès de Son Altesse le Vice-roi,
Les affaires se sont un peu réveillées; on voit que la con-
fiance se ranime et que le commerce n'a plus les mêmes
appréhensions politiques que ces temps derniers.
P. S. Parmi un assez grand nombre de pièces de vers que
l'arrivée de M. de Lesseps a inspirées à ses nombreux parti-
sans italiens, il y en a une qui m'a paru très-remarquable
par l'élévation des pensées et le choix des expressions. Elle
est de M. le docteur Zarb. -
Je vous envoie des détails sur l'horrible massacre des
chrétiens qui a eu lieu à Djeddah le 15 juin dernier. La fille
du consul de France, mademoiselle Élisa Eveillard, est ici; et
elle a donné des détails émouvants sur cette boucherie. Cette
jeune fille est une héroïne véritable; et son courage et sa
piété filiale sont dignes des plus grands éloges. Une lettre qui
m'arrive de Suez donne des détails sur cette nouvelle Saint-
Barthélemy turque. Un Algérien, de passage à Djeddah, sans
être en rien attaché au service du consulat de France, paraît
avoir montré une bravoure et une énergie peu communes en
défendant pied à pied la demeure du consul français. 11 aurait
précipité, dit-on, du haut des terrasses plusieurs des assaillants
et en aurait poignardé plusieurs autres. Il est doux de signa-
ler un exemple pareil, qui démontre.l'attachement et le
dévouemeut que les Algériens éprouvent pour la France, dont
ils reconnaissent la justice dans l'administration de leur pays.
Les empiétements successifs des Européens sur le territoire
ottoman, et surtout dans les voisinages de la cité sainte, pa-
raissent avoir été la cause véritable de l'irritation des musul-
mans. Je trouve une preuve nouvelle de cette asserlion dans
la phrase qui termine la lettre de mon correspondant de Suez.
« Le surlendemain du massacre il y a eu grandes réjouis-
» sances à la Mecque. Un muled (te Deum) a été chanté; le
» gouvernement y était invité. ) Puis quelques lignes avant :
« Une vingtaine de Grecs et Levantins n'ont sauvé leur vie qu'en
» jurant chez le cadi qu'ils étaient de bons musulmans. »
Pour extraits,
ERNEST DESPLACES.
REVUE DE LA PRESSE.
Le Raihvay-Times du 10 juillet continue l'analyse et la cri-
tique des discours prononcés par les hommes politiques de
l'Angleterre au sujet de la motion de M. Roebuck, et s'occupe
dans son numéro de ce jour de notre éloquent défenseur,
M. Gladstone.
« Le très-honorable membre pour.l'Université d'Oxford,
dit avec raison le Railway-Times, est considéré comme étant
du petit nombre d'hommes d'État philosophes de notre époque.
Cependant ses admirateurs ne sont peut-être pas plus nom-
breux que ceux qui le croient trop abstrait dans sa logique et
trop théoricien dans sa politique. Malgré cet obstacle à une
popularité bien établie, il n'y a pas un parti dans l'Etat qui
ne s'estimât fort heureux de compter M. Gladstone parmi ses
chefs. On sent et on reconnaît, non-seulement au Parlement,
maisaussidans tout le pays et toutela presse, que, quel que soit le
gouvernement auquel le très-honorable gentlemanJonne son
adhésion, il en sera lui-même un membre éminent et supé-
rieur. C'esr quelque chose que de dire d'un tel homme que sa
-' charmant oraleur avec cette grâce et cette affabilité qui
donnent du prix à tout ce qu'il dit. -
Enfin c'est M. Battanchon, avocat français, qui a pris le
dernier la parole au nom de la colonie européenne, et voici le
- discours qu'il a prononcé.
DISCOURS DE M. BATTANCHON.
« MONSIEUR DE LESSEPS,
» A votre retour sur le sol égyptien, permettez-nous devenir
déposer kjop pieds notre tribut de cordiales sympathies. Per-
ffiettezHious aussi de vous dire combien nous avons été heu-
reux de tfaus voir recueillir tant d'adhésions au grand projet
doni l'exécution immortalisera le règne de Son Altesse Saïd-
Pacha, ainsi que votre infatigable participation. Pouvait-il en
être autrement? Réunir les deux mondes, augmenter la pro-
- spérité de l'un, donner à l'autre les bienfaits de la civilisation,
arracher à l'abrutissement de la barbarie des centaines de mil-
lions d'hommes, tels seront les magnifiques, les infaillibles
résultats du percement de l'isthme de Suez, de cet isthme qui
semble un oubli de la création, ou une tâche laissée par Dieu
àThomme pour lui indiquer que le bonheur n'est que le fruit
du travail.
» Votre mission s'accomplira, monsieur de Lesseps, car elle
est toute providentielle; c'est certainement cette conviction qui
vous a soutenu dans toutes vos luttes, dans vos persévérants
efforts. Notre présence ici est un simple témoignage de notre
gratitude pour le bien que vous avez déjà fait en portant l'es-
pérance et le courage dans des contrées malhèureuses. Aussi, il
nous faut comprimer les élans de cœur qu'inspire à tout ami
de l'humanité votre sainte entreprise. Nous les résumons seu-
lement dans ces mots:
Vive Son Altesse Saïd-Pacha!
Vive Monsieur de Lesseps ! »
M. de Lesseps a rappelé dans sa réponse qu'il y a vingt
ans environ, lorsqu'il quitta la gestion du consulat général de
France en Egypte (gestion dont on se souvient encore ici
aujourd'hui, à cause de la fermeté et de la justice qu'il dé-
ploya), il avait reçu de la colonie européenne, composée
comme aujourd'hui de représentants de toutes les nationalités,
un accueil semblable à celui de ce jour; accueil qui lui était
d'autant plus précieux alors comme aujourd'hui, que la
manifestation s'adressait à l'homme préoccupé avant tout du
bien de l'humanité et des masses, en dehors de tout esprit de
nationalité.
Je ne vous parlerai pas longuement des sérénades offertes
à plusieurs reprises par un certain nombre d'habitants
d'Alexandrie de tous les états et de toutes les conditions. La
musique, excellente du reste^ a été payée par le produit
de cotisations individuelles recueillies spontanément. Je ne
vous donnerais certainement pas ces détails, si je ne voyais
point dans cette démonstration la preuve évidente d'adhésion
et de sympathie chez de certaines personnes que nous avions
regardées, jusqu'à présent, comme indifférentes.
Je ne m'étendrai pas non plus sur les visites que les grands
, personnages du pays se sont empressés de faire à M. de Les-
seaA dès son arrivée. Cette lettre est déjà trop longue; mais
f-dvoue-que j'ai été tellement impressionné par tout ce que
j'ai observé dans cette journée, que je n'ai pas eu le courage
dé vous? faire grâce du moindre détail.
J'oubliais de vous dire que Son Altesse le Vice-roi, qui se
trouvait à Mariout au moment de l'arrivée de M. de Lesseps,
et qui avait été informé de cette arrivée par le télégraphe,
avait immédiatement donné ordre à Zecchi-Bey, maîtrè de
cérémonies du palais, de se rendre à Alexandrie, et de mettre
le wagon vice-royal à la disposition de M. de Lesseps pour
l'amener auprès de lui.
M. de Lesseps a passé ainsi une grande partie de sa pre-
mière journée auprès de Son Altesse le Vice-roi,
Les affaires se sont un peu réveillées; on voit que la con-
fiance se ranime et que le commerce n'a plus les mêmes
appréhensions politiques que ces temps derniers.
P. S. Parmi un assez grand nombre de pièces de vers que
l'arrivée de M. de Lesseps a inspirées à ses nombreux parti-
sans italiens, il y en a une qui m'a paru très-remarquable
par l'élévation des pensées et le choix des expressions. Elle
est de M. le docteur Zarb. -
Je vous envoie des détails sur l'horrible massacre des
chrétiens qui a eu lieu à Djeddah le 15 juin dernier. La fille
du consul de France, mademoiselle Élisa Eveillard, est ici; et
elle a donné des détails émouvants sur cette boucherie. Cette
jeune fille est une héroïne véritable; et son courage et sa
piété filiale sont dignes des plus grands éloges. Une lettre qui
m'arrive de Suez donne des détails sur cette nouvelle Saint-
Barthélemy turque. Un Algérien, de passage à Djeddah, sans
être en rien attaché au service du consulat de France, paraît
avoir montré une bravoure et une énergie peu communes en
défendant pied à pied la demeure du consul français. 11 aurait
précipité, dit-on, du haut des terrasses plusieurs des assaillants
et en aurait poignardé plusieurs autres. Il est doux de signa-
ler un exemple pareil, qui démontre.l'attachement et le
dévouemeut que les Algériens éprouvent pour la France, dont
ils reconnaissent la justice dans l'administration de leur pays.
Les empiétements successifs des Européens sur le territoire
ottoman, et surtout dans les voisinages de la cité sainte, pa-
raissent avoir été la cause véritable de l'irritation des musul-
mans. Je trouve une preuve nouvelle de cette asserlion dans
la phrase qui termine la lettre de mon correspondant de Suez.
« Le surlendemain du massacre il y a eu grandes réjouis-
» sances à la Mecque. Un muled (te Deum) a été chanté; le
» gouvernement y était invité. ) Puis quelques lignes avant :
« Une vingtaine de Grecs et Levantins n'ont sauvé leur vie qu'en
» jurant chez le cadi qu'ils étaient de bons musulmans. »
Pour extraits,
ERNEST DESPLACES.
REVUE DE LA PRESSE.
Le Raihvay-Times du 10 juillet continue l'analyse et la cri-
tique des discours prononcés par les hommes politiques de
l'Angleterre au sujet de la motion de M. Roebuck, et s'occupe
dans son numéro de ce jour de notre éloquent défenseur,
M. Gladstone.
« Le très-honorable membre pour.l'Université d'Oxford,
dit avec raison le Railway-Times, est considéré comme étant
du petit nombre d'hommes d'État philosophes de notre époque.
Cependant ses admirateurs ne sont peut-être pas plus nom-
breux que ceux qui le croient trop abstrait dans sa logique et
trop théoricien dans sa politique. Malgré cet obstacle à une
popularité bien établie, il n'y a pas un parti dans l'Etat qui
ne s'estimât fort heureux de compter M. Gladstone parmi ses
chefs. On sent et on reconnaît, non-seulement au Parlement,
maisaussidans tout le pays et toutela presse, que, quel que soit le
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