Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-07-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 juillet 1858 10 juillet 1858
Description : 1858/07/10 (A3,N50). 1858/07/10 (A3,N50).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203096h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
348 L'ISTHME DE SUEZ, SAMEDI 10 JUILLET.
ner des concessions de cette nature à des compagnies parti-
culières ; et jusqu'à ce moment, à l'exception d'une ligne du
cap Hellas par Scios et Rhodes à Alexandrie, concédée à
MM. Gisbo'rne, personne autre n'a obtenu une telle faveur. Ce
principe d'exploiter les lignes télégraphiques au profit du
gouvernement a eu autant d'influence sur le refus de la
Porte de concéder une ligne de Séleucie à Bassorah , que les
difficultés prévues dans l'exécution.
Le gouvernement turc, désireux d'assurer le passage de
la communication télégraphique avec l'Inde par son terri-
toire, a décidé la construction d'une ligne à travers l'Asie Mi-
neure, en évitant autant que possible tous les districts sur
lesquels il n'exerce qu'un contrôle imparfait.
Un agent a été envoyé l'année dernière en Angleterre pour
acheter les fils et les instruments notamment; et ceci prouve
combien était vif l'intérêt du gouvernement. Trois mille cinq
cents milles de fils ont été achetés à la fabrique de MM. John-
son, à Manchester; ils ont été expédiés sur trois navires, l'un
faisant route pour le golfe Persique, l'autre pour Samsoun
et le troisième pour Constantinople. En même temps la Porte
s'assurait les services du colonel Biddulph, ancien directeur
du télégraphe en Crimée et de la ligne sous-marine. Cet in-
génieur est arrivé, il y a quelques semaines, pour faire les
arrangements nécessaires. Sur sa demande, le gouvernement
a engagé le lieutenant Holdsworlh, ancien directeur de la
ligne sous-marine de Constantinople à Varna, et deux ser-
gents expérimentés, également employés à cette ligne.
Le télégraphe sera posé en trois sections, d'ici à Sivas, de
Sivas à Mossoul et de Mossoul à Bassorah. On a l'intention de
commencer les deux premières sections en même temps; à
cette fin, une partir du fil a déjà été dirigée sur Samsoun,
d'où on le transportera par terre à Sivas. Le colonel Bid-
dulph dirigera la pose de la première section; le lieutenant
Holdsworth, celle de la seconde; les deux sergents président,
comme contre-maîtres, aux travaux. Cela vous semblera un
assez faible état-major pour une si grande entreprise; mais
encore il n'a été accordé qu'avec difficulté, tout emploi d'un
étranger étant considéré comme une injure envers l'armée
des u protégés, » qui guettent de telles occasions pour être
employés.
La première section de la ligne suivra, autant que possible,
la vieille route des caravanes, par Ismid, Angora, Uskat et
Sivas; la seconde, la route habituelle de Bagdad par Diarbe-
kir; mais il faut naturellement faire une levée du pays avant
de pouvoir fixer la direction exacte de la ligne.
La troisième section, la plus difficile, entre Mossoul et
Bassorah, sera faite en dernier lieu; et sa direction dépendra
de l'état du pays. De Bagdad à Bassorah il n'y aura pas de
grandes difficultés, la ligne pouvant être transportée avec
sûreté sur la rive gauche de l'Euphrate, à Hillah; c'est le
point où les digues et les maisons de garde ont été établies
par les efforts du dernier gouverneur. Par conséquent, la
ligne sera à l'abri des Arabes aussi bien que des inondations
de la rivière.
Dans cette portion du parcours, les travaux seront facilités
par la circonstance qu'ils sont dirigés par des Anglais. Le
plus grand, sinon le seul avantage que la guerre de Perse
nous ait procuré, est celui d'avoir rendu le nom Anglais
connu et populaire chez les tribus du Chat el Arab, et je me
tromperais fort si l'état-major de la ligne n'en recueillait pas
les bénéfices. Les difficultés se rencontreront plus en amont
de la rivière, et il est au moins hasardeux d'émettre une opi-
nion sur la possibilité ou la probabilité d'une ligne constam-
ment sûre entre Diarbekir et Bagdad. La position des tribus
du désert change presque continuellement. Le pouvoir con-
féré à Omer-Pacha peut sans doute faire beaucoup pour
établir un état de choses plus durable; mais on n'y arrivera
jamais parfaitement, avant que toute la ligne de l'Euphrate
ne soit protégée par une série de maisons de gardes et par des
colonnes mobiles. Cependant avec un peu d'habileté on pour-
rait obtenir, dans l'état actuel des choses, une sécurité suf-
fisante. Avec tout leur amour de l'indépendance, les Arabes
ne sont aucunement insensibles aux avantages matériels; et un
grand nombre de leurs tribus, notamment les Béni-Lam ou
Muntéfik, ont profilé de la faiblesse des gouverneurs pour
s'établir en Mésopotamie, en reconnaissant aux Turcs une
espèce de souveraineté et en échangeant des présents avec le
gouverneur. Ils résisteront en effet à toute tentative de sou-
mission directe; mais je ne doute pas qu'ils ne soient prêts
à entrer dans quelque arrangement pour la sûreté de la ligne,
plutôt que de s'exposer aux hasards d'une guerre. Quant aux
vrais Bédouins, on trouvera peut-être une base d'arrangement
dans leurs hostilités éternelles, en promettant aide et assis-
tance aux faibles.
Il faut nécessairement une grande énergie et beaucoup
d'habileté pour construire cette ligne, mais avant tout une
forte somme d'argent. Les Turcs doivent se rappeler, s'ils
veulent assurer à leur pays la communication avec l'Inde,
qu'ils doivent être les premiers en campagne et démontrer
la possibilité de leur ligne; car ils ne peuvent espérer que
l'Angleterre attendra, par égard pour eux; et une autre ligne
une fois établie, ils n'ont que peu de chances d'en détourner
le mouvement des correspondances.
S'ils veulent faire bien et vite, il faut qu'ils payent pour
le travail ausi bien que pour le matériel et le transport. Les
travailleurs ne manqueront pas, la récolte étant terminée
dans un mois à peu près. Toutes les forêts appartenant à
l'Etat, les poteaux ne coûteront que la coupe et le transport,
qui ne sera pas considérable pour les deux premières sec-
tions. La troisième présente de plus grandes difficultés,
étant entièrement dépourvue de bois, de sorte que tout le
matériel doit être apporté de loin, à moins d'adopter quelque
autre mode de construction, par exemple des poteaux en
briques séchées au soleil; dans ce cas on trouverait les maté-
riaux sur les lieux mêmes; et de plus, ces poteaux exciteraient
moins la cupidité des Arabes que de grands poteaux en bois.
Mais, quoi que l'on fasse, il faudra toujours de l'argent, et
cet article est aussi rare à Stamboul, que le bois en Arabis-
tan. »
Jusqu'à preuve contraire, nous doutons que cette ligne
de télégraphie électrique entre Constantinople et Bassorah
puisse s'établir. Les difficultés qu'elle rencontrera sont
les mêmes que celles qui se sont opposées au chemin de
fer de l'Euphrate; et nous croyons toujours que la seule
ligne vraiment praticable est celle de la mer Rouge. On
y reviendra après des essais infructueux tentés ailleurs
sans aucune chance de succès.
G. W.
TROISIÈME BILL SUR LE GOUVERNEMENT DES
INDES.
Le bill nouveau qui organise le gouvernement de
l'Inde ne contient pas moins de soixante-six articles, dont
nous résumons, d'après le Times du 22 juin, le con-
tenu principal.
ner des concessions de cette nature à des compagnies parti-
culières ; et jusqu'à ce moment, à l'exception d'une ligne du
cap Hellas par Scios et Rhodes à Alexandrie, concédée à
MM. Gisbo'rne, personne autre n'a obtenu une telle faveur. Ce
principe d'exploiter les lignes télégraphiques au profit du
gouvernement a eu autant d'influence sur le refus de la
Porte de concéder une ligne de Séleucie à Bassorah , que les
difficultés prévues dans l'exécution.
Le gouvernement turc, désireux d'assurer le passage de
la communication télégraphique avec l'Inde par son terri-
toire, a décidé la construction d'une ligne à travers l'Asie Mi-
neure, en évitant autant que possible tous les districts sur
lesquels il n'exerce qu'un contrôle imparfait.
Un agent a été envoyé l'année dernière en Angleterre pour
acheter les fils et les instruments notamment; et ceci prouve
combien était vif l'intérêt du gouvernement. Trois mille cinq
cents milles de fils ont été achetés à la fabrique de MM. John-
son, à Manchester; ils ont été expédiés sur trois navires, l'un
faisant route pour le golfe Persique, l'autre pour Samsoun
et le troisième pour Constantinople. En même temps la Porte
s'assurait les services du colonel Biddulph, ancien directeur
du télégraphe en Crimée et de la ligne sous-marine. Cet in-
génieur est arrivé, il y a quelques semaines, pour faire les
arrangements nécessaires. Sur sa demande, le gouvernement
a engagé le lieutenant Holdsworlh, ancien directeur de la
ligne sous-marine de Constantinople à Varna, et deux ser-
gents expérimentés, également employés à cette ligne.
Le télégraphe sera posé en trois sections, d'ici à Sivas, de
Sivas à Mossoul et de Mossoul à Bassorah. On a l'intention de
commencer les deux premières sections en même temps; à
cette fin, une partir du fil a déjà été dirigée sur Samsoun,
d'où on le transportera par terre à Sivas. Le colonel Bid-
dulph dirigera la pose de la première section; le lieutenant
Holdsworth, celle de la seconde; les deux sergents président,
comme contre-maîtres, aux travaux. Cela vous semblera un
assez faible état-major pour une si grande entreprise; mais
encore il n'a été accordé qu'avec difficulté, tout emploi d'un
étranger étant considéré comme une injure envers l'armée
des u protégés, » qui guettent de telles occasions pour être
employés.
La première section de la ligne suivra, autant que possible,
la vieille route des caravanes, par Ismid, Angora, Uskat et
Sivas; la seconde, la route habituelle de Bagdad par Diarbe-
kir; mais il faut naturellement faire une levée du pays avant
de pouvoir fixer la direction exacte de la ligne.
La troisième section, la plus difficile, entre Mossoul et
Bassorah, sera faite en dernier lieu; et sa direction dépendra
de l'état du pays. De Bagdad à Bassorah il n'y aura pas de
grandes difficultés, la ligne pouvant être transportée avec
sûreté sur la rive gauche de l'Euphrate, à Hillah; c'est le
point où les digues et les maisons de garde ont été établies
par les efforts du dernier gouverneur. Par conséquent, la
ligne sera à l'abri des Arabes aussi bien que des inondations
de la rivière.
Dans cette portion du parcours, les travaux seront facilités
par la circonstance qu'ils sont dirigés par des Anglais. Le
plus grand, sinon le seul avantage que la guerre de Perse
nous ait procuré, est celui d'avoir rendu le nom Anglais
connu et populaire chez les tribus du Chat el Arab, et je me
tromperais fort si l'état-major de la ligne n'en recueillait pas
les bénéfices. Les difficultés se rencontreront plus en amont
de la rivière, et il est au moins hasardeux d'émettre une opi-
nion sur la possibilité ou la probabilité d'une ligne constam-
ment sûre entre Diarbekir et Bagdad. La position des tribus
du désert change presque continuellement. Le pouvoir con-
féré à Omer-Pacha peut sans doute faire beaucoup pour
établir un état de choses plus durable; mais on n'y arrivera
jamais parfaitement, avant que toute la ligne de l'Euphrate
ne soit protégée par une série de maisons de gardes et par des
colonnes mobiles. Cependant avec un peu d'habileté on pour-
rait obtenir, dans l'état actuel des choses, une sécurité suf-
fisante. Avec tout leur amour de l'indépendance, les Arabes
ne sont aucunement insensibles aux avantages matériels; et un
grand nombre de leurs tribus, notamment les Béni-Lam ou
Muntéfik, ont profilé de la faiblesse des gouverneurs pour
s'établir en Mésopotamie, en reconnaissant aux Turcs une
espèce de souveraineté et en échangeant des présents avec le
gouverneur. Ils résisteront en effet à toute tentative de sou-
mission directe; mais je ne doute pas qu'ils ne soient prêts
à entrer dans quelque arrangement pour la sûreté de la ligne,
plutôt que de s'exposer aux hasards d'une guerre. Quant aux
vrais Bédouins, on trouvera peut-être une base d'arrangement
dans leurs hostilités éternelles, en promettant aide et assis-
tance aux faibles.
Il faut nécessairement une grande énergie et beaucoup
d'habileté pour construire cette ligne, mais avant tout une
forte somme d'argent. Les Turcs doivent se rappeler, s'ils
veulent assurer à leur pays la communication avec l'Inde,
qu'ils doivent être les premiers en campagne et démontrer
la possibilité de leur ligne; car ils ne peuvent espérer que
l'Angleterre attendra, par égard pour eux; et une autre ligne
une fois établie, ils n'ont que peu de chances d'en détourner
le mouvement des correspondances.
S'ils veulent faire bien et vite, il faut qu'ils payent pour
le travail ausi bien que pour le matériel et le transport. Les
travailleurs ne manqueront pas, la récolte étant terminée
dans un mois à peu près. Toutes les forêts appartenant à
l'Etat, les poteaux ne coûteront que la coupe et le transport,
qui ne sera pas considérable pour les deux premières sec-
tions. La troisième présente de plus grandes difficultés,
étant entièrement dépourvue de bois, de sorte que tout le
matériel doit être apporté de loin, à moins d'adopter quelque
autre mode de construction, par exemple des poteaux en
briques séchées au soleil; dans ce cas on trouverait les maté-
riaux sur les lieux mêmes; et de plus, ces poteaux exciteraient
moins la cupidité des Arabes que de grands poteaux en bois.
Mais, quoi que l'on fasse, il faudra toujours de l'argent, et
cet article est aussi rare à Stamboul, que le bois en Arabis-
tan. »
Jusqu'à preuve contraire, nous doutons que cette ligne
de télégraphie électrique entre Constantinople et Bassorah
puisse s'établir. Les difficultés qu'elle rencontrera sont
les mêmes que celles qui se sont opposées au chemin de
fer de l'Euphrate; et nous croyons toujours que la seule
ligne vraiment praticable est celle de la mer Rouge. On
y reviendra après des essais infructueux tentés ailleurs
sans aucune chance de succès.
G. W.
TROISIÈME BILL SUR LE GOUVERNEMENT DES
INDES.
Le bill nouveau qui organise le gouvernement de
l'Inde ne contient pas moins de soixante-six articles, dont
nous résumons, d'après le Times du 22 juin, le con-
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