Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-07-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 juillet 1858 10 juillet 1858
Description : 1858/07/10 (A3,N50). 1858/07/10 (A3,N50).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203096h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
SAMEDI 10 JUILLET. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 347
l'Euphrate et celle de la mer Rouge, cette dernière l'emporte
définitivement pour la construction d'une communication
électrique entre l'Europe et les Indes.
« Il fallait la haine systématiqne vouée par certains mem-
bres de notre gouvernement à l'Egypte en général et au pro-
jet de percement de l'isthme de Suez en particulier, pour
préférer à cette ligne, d'une exécution si facile, celle qui tra-
verse les sauvages contrées baignées par le Tigre, l'Euphrate
et le golfe Persique. Mais enfin le fiât lux! a été prononcé,
et le Times lui-même veut bien reconnaître que le projet
rival était une utopie et une chimère. C'est dire que le
Royaume-Uni tout entier se prononce contre la voie asia-
tique. — Signé : JOHN WILKS.
Quant à nous, notre opinion a été déjà plusieurs fois
exprimée; et nous nous en tenons au projet de MAI. Gis-
borne frères, dont nous avons plusieurs fois parlé.
Le rimes du 23 mai publiait un autre document sur la
question de la communication télégraphique avec l'Inde ;
c'est une lettre de M. Badger, qui, après avoir voyagé
pendant de longues années dans la mer Rouge et les
provinces turques de l'Asie, donne la préférence à la
ligne de Suez à Aden sur celle de Constantinople à Bas-
sorah. L'objection de àI. Andrew, tirée de l'état anarchi-
que de la côte d'Arabie, ne permettant pas l'établisse-
ment d'une station, ne paraît aucunement fondée à
AL Badger. Les ports ont tous des garnisons turques, et
un bureau de télégraphie serait aussi sûr à Djeddah,
Lohéia, Hodeida ou Alokka qu'à Suez. D'ailleurs, au
besoin, on pourrait l'établir sur une des petites iles in-
habitées de la mer Rouge, bien entendu sans y ajouter
une garnison, pour ne pas donner lieu à des complica-
tions politiques. La plus courte distance de la ligne de
Constantinople par Bassorah à Kourrachic n'est, suivant
Al. Badger, qu'un avantage illusoire; les tribus arabes,
par le territoire desquelles passerait la ligne télégraphi-
que, ne reconnaissent aucune autorité, pillent souvent
les courriers turcs et ne manqueraient pas de détruire et
d'enlever les fils ainsi que les poteaux. De plus, l'argu-
ment de M. Andrew, qu'il y aurait impossibilité d'établir
des stations dans la mer Rouge, s'applique à un plus
haut degré au golfe Pcrsique, dont les côtes sont infini-
ment plus inhospitalières que celles de la péninsule
arabe. Selon M. Badger, il n'y a pas à hésiter entre les
deux lignes, et il faut donner la préférence à celle de
Suez par Aden à Kourrachie.
Le major général Chesney et lU. Andrew ont répondu
à cette lettre dans le numéro du Times du 2G mai ; ils di-
sent tous les deux que l'état des pays sur les rives de
l'Euphrate n'est pas un obstacle insurmontable. D'après
AI. Chesney, il n'y a de danger, et encore très-petit,
qu entre Bagdad et Diarbekir; mais la main puissante
d'Omer- Pacha et les dispositions favorables du cheik
des Shammars sauront empêcher toute tentative mal-
veillante contre le télégraphe. D'ailleurs AI. Chesney est
d'avis qu'il faut établir les deux lignes, des interruptions
temporaires étant inévitables sur l'une ou l'autre. AL An-
drew fait un tableau favorable de la route postale de Con-
stantinople par Sivas, Diarbekir et AIossul à Bagdad, où
il y aurait des postes tous les 10 ou 12 milles anglais,
Enfin le Times du 27 mai publiait une lettre de
AI. Layard, qui, on le sait, connaît parfaitement bien les
pays de l'Euphrate, et qui peut être considéré comme l'au-
torité la plus compétente dans la question de l'établis-
sement du télégraphe. Il partage entièrement la manière
de voir de AI. Badger sur les difficultés que présentent
les pays sur les rives de l'Euphrate, et qui rendent im-
possible de garantir la sûreté de la ligne. Quant aux dis-
positions du cheik des Shammars signalées par AI. Ches-
ney et à sa promesse de fournir 5,000 ouvriers, elles
n'ont aucune valeur selon AL Layard. Les Bédouins ne
travaillent jamais, et ce chcik est incapable de garder
même ses terrains de pâture; il n'y a que peu de temps
qu'il en a été chassé par ses rivaux, les Aneyza. Alais
tout le pays qui est à traverser est occupé par de nom-
breuses tribus rivales. Il serait impossible de payer des
subsides à tous ces chefs, et si l'on payait un subside à
l'un d'eux, cela aurait pour résultat immédiat d'encou-
rager les autres à détruire les lignes télégraphiques.
Omer-Pacha peut rétablir l'ordre pendant un temps dans
le désert; mais son talent militaire échouerait, s'il tentait
de réduire la Mésopotamie ou le pays qui est à l'orient
du Tigre et d'y établir un état permanent de sûreté, à
moins que le gouvernement turc ne fût prêt à établir une
ligne de postes permanents le long de l'Euphrate. Il n'y
a pas en ce moment la moindre apparence de cela. Enfin,
AI. Layard déclare être convaincu que la communication
télégraphique de l'Euphrate, lors même qu'elle serait
complètement terminée, serait exposée à des interrup-
tions tellement continuelles qu'elle deviendrait presque
inutile. D'un autre côté, il trouve la ligne de la mer
Rouge à la fois praticable et sûre; et c'est pour cette
dernière qu'il se décide péremptoirement.
Ainsi l'on commence généralement à reconnaître que
la pensée de M. Gisborne est la seule qui soit vraiment
pratique.
Le Times dn 31 mai contenait encore deux lettres sur
le télégraphe électrique d'Angleterre aux Indes : l'une
de M. Rawlinson, qui se prononce pour la ligne de l'Eu-
phrate; l'autre de AL W illiam Boutcher, qui au contraire
montre toutes les difficultés de cette ligne qu'il connaît
bien, pour avoir longtemps habité le pays.
G. WAGEXER.
Nous trouvons dans une des correspondances du
Times (18 juin) d'autres détails assez importants que
nous reproduisons :
Constantinople, le 9 juin.
A présent, dit le correspondant du Times, que l'opinion pu-
blique en Angleterre a enfin commencé à s'occuper sérieuse-
ment de la nécessite d'une communication télégraphique avec
l'Inde, il n'est pas inutile de donner connaissance des dé-
marches faites par le gouvernement turc pour l'établissement
d'une ligne directe de Constantinople à Dassorab. A l'instar
d'autres Etats continentaux, le gouvernement de Turquie a
pris en main lui-même l'établissement de lignes télégra-
phi(lues; d'abord par des considérations politiques, et ensuite
à cause du revenu. Il a donc toujours été peu disposé à don-
l'Euphrate et celle de la mer Rouge, cette dernière l'emporte
définitivement pour la construction d'une communication
électrique entre l'Europe et les Indes.
« Il fallait la haine systématiqne vouée par certains mem-
bres de notre gouvernement à l'Egypte en général et au pro-
jet de percement de l'isthme de Suez en particulier, pour
préférer à cette ligne, d'une exécution si facile, celle qui tra-
verse les sauvages contrées baignées par le Tigre, l'Euphrate
et le golfe Persique. Mais enfin le fiât lux! a été prononcé,
et le Times lui-même veut bien reconnaître que le projet
rival était une utopie et une chimère. C'est dire que le
Royaume-Uni tout entier se prononce contre la voie asia-
tique. — Signé : JOHN WILKS.
Quant à nous, notre opinion a été déjà plusieurs fois
exprimée; et nous nous en tenons au projet de MAI. Gis-
borne frères, dont nous avons plusieurs fois parlé.
Le rimes du 23 mai publiait un autre document sur la
question de la communication télégraphique avec l'Inde ;
c'est une lettre de M. Badger, qui, après avoir voyagé
pendant de longues années dans la mer Rouge et les
provinces turques de l'Asie, donne la préférence à la
ligne de Suez à Aden sur celle de Constantinople à Bas-
sorah. L'objection de àI. Andrew, tirée de l'état anarchi-
que de la côte d'Arabie, ne permettant pas l'établisse-
ment d'une station, ne paraît aucunement fondée à
AL Badger. Les ports ont tous des garnisons turques, et
un bureau de télégraphie serait aussi sûr à Djeddah,
Lohéia, Hodeida ou Alokka qu'à Suez. D'ailleurs, au
besoin, on pourrait l'établir sur une des petites iles in-
habitées de la mer Rouge, bien entendu sans y ajouter
une garnison, pour ne pas donner lieu à des complica-
tions politiques. La plus courte distance de la ligne de
Constantinople par Bassorah à Kourrachic n'est, suivant
Al. Badger, qu'un avantage illusoire; les tribus arabes,
par le territoire desquelles passerait la ligne télégraphi-
que, ne reconnaissent aucune autorité, pillent souvent
les courriers turcs et ne manqueraient pas de détruire et
d'enlever les fils ainsi que les poteaux. De plus, l'argu-
ment de M. Andrew, qu'il y aurait impossibilité d'établir
des stations dans la mer Rouge, s'applique à un plus
haut degré au golfe Pcrsique, dont les côtes sont infini-
ment plus inhospitalières que celles de la péninsule
arabe. Selon M. Badger, il n'y a pas à hésiter entre les
deux lignes, et il faut donner la préférence à celle de
Suez par Aden à Kourrachie.
Le major général Chesney et lU. Andrew ont répondu
à cette lettre dans le numéro du Times du 2G mai ; ils di-
sent tous les deux que l'état des pays sur les rives de
l'Euphrate n'est pas un obstacle insurmontable. D'après
AI. Chesney, il n'y a de danger, et encore très-petit,
qu entre Bagdad et Diarbekir; mais la main puissante
d'Omer- Pacha et les dispositions favorables du cheik
des Shammars sauront empêcher toute tentative mal-
veillante contre le télégraphe. D'ailleurs AI. Chesney est
d'avis qu'il faut établir les deux lignes, des interruptions
temporaires étant inévitables sur l'une ou l'autre. AL An-
drew fait un tableau favorable de la route postale de Con-
stantinople par Sivas, Diarbekir et AIossul à Bagdad, où
il y aurait des postes tous les 10 ou 12 milles anglais,
Enfin le Times du 27 mai publiait une lettre de
AI. Layard, qui, on le sait, connaît parfaitement bien les
pays de l'Euphrate, et qui peut être considéré comme l'au-
torité la plus compétente dans la question de l'établis-
sement du télégraphe. Il partage entièrement la manière
de voir de AI. Badger sur les difficultés que présentent
les pays sur les rives de l'Euphrate, et qui rendent im-
possible de garantir la sûreté de la ligne. Quant aux dis-
positions du cheik des Shammars signalées par AI. Ches-
ney et à sa promesse de fournir 5,000 ouvriers, elles
n'ont aucune valeur selon AL Layard. Les Bédouins ne
travaillent jamais, et ce chcik est incapable de garder
même ses terrains de pâture; il n'y a que peu de temps
qu'il en a été chassé par ses rivaux, les Aneyza. Alais
tout le pays qui est à traverser est occupé par de nom-
breuses tribus rivales. Il serait impossible de payer des
subsides à tous ces chefs, et si l'on payait un subside à
l'un d'eux, cela aurait pour résultat immédiat d'encou-
rager les autres à détruire les lignes télégraphiques.
Omer-Pacha peut rétablir l'ordre pendant un temps dans
le désert; mais son talent militaire échouerait, s'il tentait
de réduire la Mésopotamie ou le pays qui est à l'orient
du Tigre et d'y établir un état permanent de sûreté, à
moins que le gouvernement turc ne fût prêt à établir une
ligne de postes permanents le long de l'Euphrate. Il n'y
a pas en ce moment la moindre apparence de cela. Enfin,
AI. Layard déclare être convaincu que la communication
télégraphique de l'Euphrate, lors même qu'elle serait
complètement terminée, serait exposée à des interrup-
tions tellement continuelles qu'elle deviendrait presque
inutile. D'un autre côté, il trouve la ligne de la mer
Rouge à la fois praticable et sûre; et c'est pour cette
dernière qu'il se décide péremptoirement.
Ainsi l'on commence généralement à reconnaître que
la pensée de M. Gisborne est la seule qui soit vraiment
pratique.
Le Times dn 31 mai contenait encore deux lettres sur
le télégraphe électrique d'Angleterre aux Indes : l'une
de M. Rawlinson, qui se prononce pour la ligne de l'Eu-
phrate; l'autre de AL W illiam Boutcher, qui au contraire
montre toutes les difficultés de cette ligne qu'il connaît
bien, pour avoir longtemps habité le pays.
G. WAGEXER.
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Times (18 juin) d'autres détails assez importants que
nous reproduisons :
Constantinople, le 9 juin.
A présent, dit le correspondant du Times, que l'opinion pu-
blique en Angleterre a enfin commencé à s'occuper sérieuse-
ment de la nécessite d'une communication télégraphique avec
l'Inde, il n'est pas inutile de donner connaissance des dé-
marches faites par le gouvernement turc pour l'établissement
d'une ligne directe de Constantinople à Dassorab. A l'instar
d'autres Etats continentaux, le gouvernement de Turquie a
pris en main lui-même l'établissement de lignes télégra-
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