Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-07-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 juillet 1858 10 juillet 1858
Description : 1858/07/10 (A3,N50). 1858/07/10 (A3,N50).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203096h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
346 L'ISTHME DE SUEZ, SAMEDI 10 JUILLET.
COMMUNICATION TÉLÉGRAPHIQUE DE L'ANGLETERRE
AVEC LES INDES.
Le Times du 22 mai publiait l'article suivant sur la
télégraphie électrique qui doit relier l'Angleterre aux
Indes :
La question de la communication télégraphique avec
l'Inde est d'une si haute importance que, malgré tout ce que
nous en avons déjà dit, nous y reviendrons encore aujour-
d'hui. Nous avons émis l'opinion que, dans l'état actuel de
nos connaissances sur ce sujet, le projet de poser un câble
électrique dans la mer Rouge a paru être plus faisable que
celui de conduire un fil télégraphique à travers les provinces
du Sultan au golfe Persique. Le capitaine Pullen a été envoyé
en mission dans la mer Rouge pour l'explorer en vue de la
pose d'un câble, et son rapport est entièrement favorable. Le
président de la Compagnie de l'Euphrate nous a envoyé ces
jours-ci une lettre, qui se trouve reproduite dans notre numéro
d'aujourd'hui. De toute manière, audiatur et altéra pars. C'est
pour l'intérêt public que toute proposition ayant rapport à la
communication télégraphique avec l'Inde doit être minutieuse-
ment examinée et discutée. Si l'on ne choisit qu'un seul projet
pour l'exécuter immédiatement, il nous est indifférent auquel
de tous ces projets on donnera la préférence. Finalement, il
sera toujours nécessaire, pour plus de sûreté, d'avoir au
moins une double communication avec l'Inde..Les partisans
de la ligne du golfe Persique ne doivent pas nous compter au
nombre de leurs adversaires, quoique nous pensions que le
câble de la mer Rouge peut être posé plus rapidement. Tout
ce que nous voudrions dire se résume en ceci, que, dans
une affaire d'une importance nationale si immense, le gou-
vernement agisse sans un seul jour de retard. Il vaudrait
mieux pour nous de nous tromper à l'égard de la préférence
à donner à l'une des lignes proposées, tout en l'exécutant, que
d'hésiter encore longtemps entre deux opinions et de ne rien
faire. a
Quant à là lettre à laquelle le Times faisait allusion
dans la note qui précède, l'auteur, M. Andrew, prend
la défense de son projet de la ligne de l'Euphrate, en
cherchant à démontrer qu'elle est plus courte, et par
conséquent plus facile à établir. Pour compléter la ligne
de Suez, il faudrait d'abord conduire le câble de Malle
à Alexandrie, distance de 800 milles, et ensuite en
poser un autre de Suez, par Aden, à Kourrachie, sur
un parcours de 4,000 milles. De plus, il est admis, se-
lon M. Andrew, par tous les partisans même les plus
ardents de la ligne de Suez, qu'une station entre Suez
et Aden est indispensable, cette distance étant trop
longue pour un seul câble. Mais l'établissement d'une
telle station sur la cote d'Arabie aura de très-grandes
difficultés, à cause de la malveillance et des penchants
au pillage des tribus demi-sauvages qui habitent ces côtes.
La ligne de l'Euphrate, au contraire, dit M. Andrew, existe
déjà de Londres à Constantinople, où le gouvernement a
réuni de plus tout le matériel nécèssaire pour continuer
le télégraphe de Constantinople au golfe Persique, avec
le concours d'ingénieurs anglais. De Bassorah à Kourra-
chie , il n'y aura pas plus de 1,200 milles. A en croire
M. Andrew, de Constantinople à Bassora la ligne offre
moins de difficultés que l'on n'a cru généralement, le
fil devant suivre la route postale ordinaire, et les popu-
lations étant extrêmement paisibles, selon le dire des
voyageurs.
L'argumentation de M. Andrew ne nous paraît pas
très-fondée. D'abord, il est inexact de croire que la
plus grande longueur du câble causerait un retard con-
sidérable; les expériences ont démontré que la pose
d'un câble est, au contraire, une opération très-rapide;
pour la pose de deux câbles, l'un de 1,200 milles, et
l'autre de 4,000, il ne peut être question que de quel-
ques jours de différence dans l'opération de la submer-
sion, et les fabriques anglaises possèdent des res-
sources assez grandes pour ne pas être embarrassées
de quelques milliers de milles de plus. M. Andrew pré-
tend que la distance de Suez à Aden est trop grande
pour que le câble puisse passer d'un endroit à l'autre
sans toucher la côte; mais la distance d'Aden à Kourra-
chie est encore plus grande, et celle de Bassora à Kour-
rachie, que M. Andrew lui-même ne saurait pas éviter,
est presque aussi grande. Aujourd'hui, que l'on entre-
prend de poser un câble sur le fond de l'Atlantique , la
distance seule de Suez à Aden ne peut être un obstacle;
si, pour d'autres raisons, on est obligé d'établir une
station sur la côte d'Arabie, il sera bien plus facile de
protéger une station dans la mer Rouge, qui est irès-
fréquentée par les steamers anglais, que dans les pro-
vinces asiatiques de la Turquie, bien que la ligne télé-
graphique doive suivre CI la route postale ordinaire."
On sait ce que cela veut dire dans ces provinces, et
ceux qui ne le savent pas n'ont qu'à se rappeler les
difficultés que rencontre actuellement Omer- Pacha à
établir son autorité dans les provinces de 1 Euphrat3,
pour avoir des doutes fort sérieux stir le caractère
« pacifique, » selon M. Andrew, de ces populations.
Quoi qu'il en soit, nous espérons, comme le TimtSj
que l'on mettra bientôt la main à l'oeuvre pour établir
les éléments essentiels d'un rapport plus intime entré
l'Orient et l'Occident.
A ces renseignements donnés par le Times, nou? joi-
gnons ceux que donnait au Constitutionnel son corres-
pondant financier de Londres :
« Quant au télégraphe sous-marin qui, par la Méditer-
ranée, doit mettre l'Angleterre en communication avec son
empire indien, ce vaste projet a fait un pas en avant Un ca-
pitaine de la marine royale vient d'adresser à l'arrirauté le
rapport de son exploration du littoral et du bassin Je la mer
Rouge, de Périm à Aden, et de cette dernière place à Suez.
De ce travail, publié aujourd'hui, il résulte que la pose d'un
fil électrique de Suez à Aden ne présenterait aucun obstacle
sérieux.
a Le seul danger consisterait dans le mauvais vouloir des
sauvages habitants du littoral arabe, ou encore Jans le traî*-
nage des ancres des bateaux pêcheurs, Mais le eapitame in-
dique un moyen nouveau et fort ingénieux pour obvier à ce
double inconvénient : c'est celui de tenir appuyé sur de fortes
ancres de solides gabarres, où le câble viendrait se juxta-
poser et où il n'aurait plus rien à craindre des instincts des-
tructeurs des populations riveraines.
« Quant à la question, si longtemps controversée en Angle-
terre, des deux lignes en concurrence, celle de la vallée de
COMMUNICATION TÉLÉGRAPHIQUE DE L'ANGLETERRE
AVEC LES INDES.
Le Times du 22 mai publiait l'article suivant sur la
télégraphie électrique qui doit relier l'Angleterre aux
Indes :
La question de la communication télégraphique avec
l'Inde est d'une si haute importance que, malgré tout ce que
nous en avons déjà dit, nous y reviendrons encore aujour-
d'hui. Nous avons émis l'opinion que, dans l'état actuel de
nos connaissances sur ce sujet, le projet de poser un câble
électrique dans la mer Rouge a paru être plus faisable que
celui de conduire un fil télégraphique à travers les provinces
du Sultan au golfe Persique. Le capitaine Pullen a été envoyé
en mission dans la mer Rouge pour l'explorer en vue de la
pose d'un câble, et son rapport est entièrement favorable. Le
président de la Compagnie de l'Euphrate nous a envoyé ces
jours-ci une lettre, qui se trouve reproduite dans notre numéro
d'aujourd'hui. De toute manière, audiatur et altéra pars. C'est
pour l'intérêt public que toute proposition ayant rapport à la
communication télégraphique avec l'Inde doit être minutieuse-
ment examinée et discutée. Si l'on ne choisit qu'un seul projet
pour l'exécuter immédiatement, il nous est indifférent auquel
de tous ces projets on donnera la préférence. Finalement, il
sera toujours nécessaire, pour plus de sûreté, d'avoir au
moins une double communication avec l'Inde..Les partisans
de la ligne du golfe Persique ne doivent pas nous compter au
nombre de leurs adversaires, quoique nous pensions que le
câble de la mer Rouge peut être posé plus rapidement. Tout
ce que nous voudrions dire se résume en ceci, que, dans
une affaire d'une importance nationale si immense, le gou-
vernement agisse sans un seul jour de retard. Il vaudrait
mieux pour nous de nous tromper à l'égard de la préférence
à donner à l'une des lignes proposées, tout en l'exécutant, que
d'hésiter encore longtemps entre deux opinions et de ne rien
faire. a
Quant à là lettre à laquelle le Times faisait allusion
dans la note qui précède, l'auteur, M. Andrew, prend
la défense de son projet de la ligne de l'Euphrate, en
cherchant à démontrer qu'elle est plus courte, et par
conséquent plus facile à établir. Pour compléter la ligne
de Suez, il faudrait d'abord conduire le câble de Malle
à Alexandrie, distance de 800 milles, et ensuite en
poser un autre de Suez, par Aden, à Kourrachie, sur
un parcours de 4,000 milles. De plus, il est admis, se-
lon M. Andrew, par tous les partisans même les plus
ardents de la ligne de Suez, qu'une station entre Suez
et Aden est indispensable, cette distance étant trop
longue pour un seul câble. Mais l'établissement d'une
telle station sur la cote d'Arabie aura de très-grandes
difficultés, à cause de la malveillance et des penchants
au pillage des tribus demi-sauvages qui habitent ces côtes.
La ligne de l'Euphrate, au contraire, dit M. Andrew, existe
déjà de Londres à Constantinople, où le gouvernement a
réuni de plus tout le matériel nécèssaire pour continuer
le télégraphe de Constantinople au golfe Persique, avec
le concours d'ingénieurs anglais. De Bassorah à Kourra-
chie , il n'y aura pas plus de 1,200 milles. A en croire
M. Andrew, de Constantinople à Bassora la ligne offre
moins de difficultés que l'on n'a cru généralement, le
fil devant suivre la route postale ordinaire, et les popu-
lations étant extrêmement paisibles, selon le dire des
voyageurs.
L'argumentation de M. Andrew ne nous paraît pas
très-fondée. D'abord, il est inexact de croire que la
plus grande longueur du câble causerait un retard con-
sidérable; les expériences ont démontré que la pose
d'un câble est, au contraire, une opération très-rapide;
pour la pose de deux câbles, l'un de 1,200 milles, et
l'autre de 4,000, il ne peut être question que de quel-
ques jours de différence dans l'opération de la submer-
sion, et les fabriques anglaises possèdent des res-
sources assez grandes pour ne pas être embarrassées
de quelques milliers de milles de plus. M. Andrew pré-
tend que la distance de Suez à Aden est trop grande
pour que le câble puisse passer d'un endroit à l'autre
sans toucher la côte; mais la distance d'Aden à Kourra-
chie est encore plus grande, et celle de Bassora à Kour-
rachie, que M. Andrew lui-même ne saurait pas éviter,
est presque aussi grande. Aujourd'hui, que l'on entre-
prend de poser un câble sur le fond de l'Atlantique , la
distance seule de Suez à Aden ne peut être un obstacle;
si, pour d'autres raisons, on est obligé d'établir une
station sur la côte d'Arabie, il sera bien plus facile de
protéger une station dans la mer Rouge, qui est irès-
fréquentée par les steamers anglais, que dans les pro-
vinces asiatiques de la Turquie, bien que la ligne télé-
graphique doive suivre CI la route postale ordinaire."
On sait ce que cela veut dire dans ces provinces, et
ceux qui ne le savent pas n'ont qu'à se rappeler les
difficultés que rencontre actuellement Omer- Pacha à
établir son autorité dans les provinces de 1 Euphrat3,
pour avoir des doutes fort sérieux stir le caractère
« pacifique, » selon M. Andrew, de ces populations.
Quoi qu'il en soit, nous espérons, comme le TimtSj
que l'on mettra bientôt la main à l'oeuvre pour établir
les éléments essentiels d'un rapport plus intime entré
l'Orient et l'Occident.
A ces renseignements donnés par le Times, nou? joi-
gnons ceux que donnait au Constitutionnel son corres-
pondant financier de Londres :
« Quant au télégraphe sous-marin qui, par la Méditer-
ranée, doit mettre l'Angleterre en communication avec son
empire indien, ce vaste projet a fait un pas en avant Un ca-
pitaine de la marine royale vient d'adresser à l'arrirauté le
rapport de son exploration du littoral et du bassin Je la mer
Rouge, de Périm à Aden, et de cette dernière place à Suez.
De ce travail, publié aujourd'hui, il résulte que la pose d'un
fil électrique de Suez à Aden ne présenterait aucun obstacle
sérieux.
a Le seul danger consisterait dans le mauvais vouloir des
sauvages habitants du littoral arabe, ou encore Jans le traî*-
nage des ancres des bateaux pêcheurs, Mais le eapitame in-
dique un moyen nouveau et fort ingénieux pour obvier à ce
double inconvénient : c'est celui de tenir appuyé sur de fortes
ancres de solides gabarres, où le câble viendrait se juxta-
poser et où il n'aurait plus rien à craindre des instincts des-
tructeurs des populations riveraines.
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