Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-06-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 juin 1858 25 juin 1858
Description : 1858/06/25 (A3,N49). 1858/06/25 (A3,N49).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030953
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 09/04/2012
3QT L'ISTHME DE SUEZ, VEKDREDI 25 JUIK.
de l'entreprise, je croirais manquer à mes obligations
si je laissais passer des attaques sérieuses sans les com-
battre vigoureusement. Ce ne sera pas vous qui trou-
verez mauvais que je veuille prendre M. Stephenson au
sérieux. ,.
M. Stephenson a d'ailleurs à sa disposition la voie
qui est ouverte à tout le monde, celle de répondre pu-
bliquement lui-même aux ingénieurs de la Commission
qui ne partagent pas ses opinions. Il est vrai que ce ne
sera pas aussi facile que d'attaquer leurs études conscien-
cieuses, comme il l'a fait dans une assemblée où per-
sonne n'était en mesure de lui faire des objections.
Je comprends que M. Mac Clean et vous, vous vous
soyez abstenus de participer à un blâme prononcé
contre un collègue compatriote avec lequel vous êtes
constamment en relations. J'avais prévu cette abstention ;
et si je vous ai envoyé les observations de M. Paléo-
capa approuvées par d'autres de ses collègues, c'était
surtout pour que vous ne puissiez pas me reprocher de
ne pas vous les avoir soumises.
FERD. DE LESSEPS.
RÉPONSE DE M. NÉGRELLI A M. STEPHENSON.
La Gazette autrichienne du 18 juin publie la lettre
suivante que lui adresse M. de Négrelli, en réponse au
discours de M. Stephenson :
MONSIEUR LE RÉDACTEUR,
« Dans la séance du Parlement anglais du 1er juin,
M. R. Stephenson a prétendu, relativement à la possibilité du
canal de Suez, qu'en 1847 une commission composée d'un
Français, d'un Autrichien et de lui-même avait constaté l'im-
praticabilité de ce projet. »
M. de Négrelli cite ici la première partie du discours de
M. Stephenson.
« Déjà l'an dernier, j'avais eu l'intention de rectifier les af-
firmations faites publiquement par mon honorable ami au
sujet des opinions de « l'ingénieur autrichien o.
» Mais M. Paléocapa m'avait devancé, et sa réfutation des
assertions de M. Stephenson étail tellement frappante, que je
me contentai-, ainsi que les autres membres de la Commission
internationale, de me joindre à lui, et que je m'attendais à
une réponse basée sur des arguments techniques de la part de,
mon honorable ami d'Angleterre.
» Au grand étonnement de tous ceux qui suivent l'affaire du
canal avec cet intérêt qu'excite une entreprise si belle, si im-
portante et si utile, cette réponse n'a jamais été faite par l'ho-
norable membre de la Chambre des Communes. M. Stephen-
son n'a fait que répéter ses anciennes assertions dans la
séance du 1er juin. Il semble donc être dans l'intérêt de la vé-
rité d'exposer franchement la marche historique des faits;
et M. Stephenson me saura gré de venir en aide à sa mé-
moire.
» Je me permets de lui rappeler qu'entre nous (un Autri-
chien, Négrelli, un Français, Talabot, et un Anglais, Stephen-
son) il n'y a eu, ni en 1847 ni plus tard, un échange d'opi-
nions sur la question du canal de Suez. La seule fois que j'ai
parlé de cette affaire à M. Stephenson fut en 1846 à Paris, où
nous conclûmes un traité le 30 novembre, suivant lequel nous
devions nous charger, moi de l'exploration du golfe de Péluse et
de la levée du littoral de Tineh, mon ami Talabot de la levée et
du nivellement de l'isthme, et M. Stephenson de l'exploration et
de la levée du golfe de Suez. Ce traité contient encore d'autres
stipulations, toutes adoptées par M. Stephenson. A cette épo-
que, il semble donc avoir eu foi dans l'utilité et les revenus
du canal, et ne pas avoir considéré comme absurde l'idée du
percement de l'isthme. Que le canal ait ou n'ait pas une pente -
de 30 pieds, cela ne change rien à la chose. Pour ma part, je
considère un canal horizontal comme plus avantageux pour
la navigation qu'un canal en pente ; et je trouve que dans tous
les canaux ayant une pente, il faut établir des écluses pour
l'annuler. Ainsi je considère comme un fait très-heureux qu'il
n'y ait pas de différence de niveau entre les deux mers, cir- ,
constance qui facilite essentiellement l'exécution d'un canab
libre.
» M. Talabot et moi, nous avons envoyé, en 1847, des
détachements d'ingénieurs en Egypte, et adressé les résul-
tats des nivellements à la Commission réunie à Paris. M. Ste-
phenson n'a envoyé personne en Egypte, et il s'est contenté
pour sa part d'adresser, sans autres explications ou observa-
tions, quelques cartes géographiques imprimées de la mer
Rouge.
» Nous éfons de plus convenus qu'il ne serait porté dejuge-
ment sur les nivellements des ingénieurs autrichiens et fran-
çais que lorsque les ingénieurs en chef Négrelli, Talabot et
Stephenson les auraient comparés à l'état des lieux mêmes et
complétés par leurs propres expériences.
« Au mois de jauvier 1848, nous contînmes de partir en-
semble pour l'Egypte dans le courant du mois de mars, et de
délibérer, après l'exploration du terrain seulement, sur la pos-
sibilité et les détails du projet. Tous les préparatifs de voyage
étaient faits, lorsque les événements de février survinrent; le
voyage fut suspendu, et, depuis cette époque, aucune délibé-
ration n'a eu lieu entre les trois ingénieurs. Il est vrai qu'ils
se sont rencontrés encore une fois à Paris au mois d'août 1855;
mais aucun mot n'a été échangé entre eux sur le projet du
canal.
camu.
» Pendant ce temps, M. Bourdaloue, chef de la brigade des
ingénieurs français, publia ses nivellements ; et comme ils se
rattachaient à ceux de la brigade autrichienne, toutes les per-
sonnes qui s'y intéressaient pouvaient élaborer et préparer
leur plan sur l'exécution du projet.
» Il est vrai que M. Stephenson est allé en Égypte sans se
concerter avec ses collègues et sans y aller à cause du canal
de Suez, mais dans l'intention d'entrer en négociation avec le
gouvernement au sujet de l'exécution d'un chemin de fer
d'Alexandrie à Suez. A cette occasion, M. Stephenson peut
avoir parcouru le désert entre le Caire et Suez; mais ainsi il
n'a vu que cette partie de l'isthme qui touche immédiate-
ment à Suez. Cependant notre honorable ami prétend avoir
parcouru à pied tout l'isthme entre les deux mers. Mais en
Egypte, où les préparatifs pour un voyage dans le désert
excitent toujours l'attention, personne ne veut avoir entendu
parler ou savoir quelque chose d'un pareil voyage de M. Ste-
phenson; et sa dernière affirmation au Parlement anglais,
suivant laquelle il faudrait creuser 80 milles anglais, confirme
l'opinion générale en Égypte que M. Stephenson n'a ni par-
couru ni vu l'isthme proprement dit; car dans ce cas il aurait
vu aussi les bassins des Lacs-Amers et du lac Timsab, que l'on
n'a pas à creuser, et qui ôtent un nombre assez grand de
milles au chiffre de M. Stephenson, et faciliteraient ainsi l'exé-
cution du canal d'une manière considérable.
» Les ingénieurs du Vice-roi d'Égypte avaient pris part
aux nivellements de la brigade française, et ils étaient en
possession des résultats ; ils ont répété le nivellement en 1853,
de l'entreprise, je croirais manquer à mes obligations
si je laissais passer des attaques sérieuses sans les com-
battre vigoureusement. Ce ne sera pas vous qui trou-
verez mauvais que je veuille prendre M. Stephenson au
sérieux. ,.
M. Stephenson a d'ailleurs à sa disposition la voie
qui est ouverte à tout le monde, celle de répondre pu-
bliquement lui-même aux ingénieurs de la Commission
qui ne partagent pas ses opinions. Il est vrai que ce ne
sera pas aussi facile que d'attaquer leurs études conscien-
cieuses, comme il l'a fait dans une assemblée où per-
sonne n'était en mesure de lui faire des objections.
Je comprends que M. Mac Clean et vous, vous vous
soyez abstenus de participer à un blâme prononcé
contre un collègue compatriote avec lequel vous êtes
constamment en relations. J'avais prévu cette abstention ;
et si je vous ai envoyé les observations de M. Paléo-
capa approuvées par d'autres de ses collègues, c'était
surtout pour que vous ne puissiez pas me reprocher de
ne pas vous les avoir soumises.
FERD. DE LESSEPS.
RÉPONSE DE M. NÉGRELLI A M. STEPHENSON.
La Gazette autrichienne du 18 juin publie la lettre
suivante que lui adresse M. de Négrelli, en réponse au
discours de M. Stephenson :
MONSIEUR LE RÉDACTEUR,
« Dans la séance du Parlement anglais du 1er juin,
M. R. Stephenson a prétendu, relativement à la possibilité du
canal de Suez, qu'en 1847 une commission composée d'un
Français, d'un Autrichien et de lui-même avait constaté l'im-
praticabilité de ce projet. »
M. de Négrelli cite ici la première partie du discours de
M. Stephenson.
« Déjà l'an dernier, j'avais eu l'intention de rectifier les af-
firmations faites publiquement par mon honorable ami au
sujet des opinions de « l'ingénieur autrichien o.
» Mais M. Paléocapa m'avait devancé, et sa réfutation des
assertions de M. Stephenson étail tellement frappante, que je
me contentai-, ainsi que les autres membres de la Commission
internationale, de me joindre à lui, et que je m'attendais à
une réponse basée sur des arguments techniques de la part de,
mon honorable ami d'Angleterre.
» Au grand étonnement de tous ceux qui suivent l'affaire du
canal avec cet intérêt qu'excite une entreprise si belle, si im-
portante et si utile, cette réponse n'a jamais été faite par l'ho-
norable membre de la Chambre des Communes. M. Stephen-
son n'a fait que répéter ses anciennes assertions dans la
séance du 1er juin. Il semble donc être dans l'intérêt de la vé-
rité d'exposer franchement la marche historique des faits;
et M. Stephenson me saura gré de venir en aide à sa mé-
moire.
» Je me permets de lui rappeler qu'entre nous (un Autri-
chien, Négrelli, un Français, Talabot, et un Anglais, Stephen-
son) il n'y a eu, ni en 1847 ni plus tard, un échange d'opi-
nions sur la question du canal de Suez. La seule fois que j'ai
parlé de cette affaire à M. Stephenson fut en 1846 à Paris, où
nous conclûmes un traité le 30 novembre, suivant lequel nous
devions nous charger, moi de l'exploration du golfe de Péluse et
de la levée du littoral de Tineh, mon ami Talabot de la levée et
du nivellement de l'isthme, et M. Stephenson de l'exploration et
de la levée du golfe de Suez. Ce traité contient encore d'autres
stipulations, toutes adoptées par M. Stephenson. A cette épo-
que, il semble donc avoir eu foi dans l'utilité et les revenus
du canal, et ne pas avoir considéré comme absurde l'idée du
percement de l'isthme. Que le canal ait ou n'ait pas une pente -
de 30 pieds, cela ne change rien à la chose. Pour ma part, je
considère un canal horizontal comme plus avantageux pour
la navigation qu'un canal en pente ; et je trouve que dans tous
les canaux ayant une pente, il faut établir des écluses pour
l'annuler. Ainsi je considère comme un fait très-heureux qu'il
n'y ait pas de différence de niveau entre les deux mers, cir- ,
constance qui facilite essentiellement l'exécution d'un canab
libre.
» M. Talabot et moi, nous avons envoyé, en 1847, des
détachements d'ingénieurs en Egypte, et adressé les résul-
tats des nivellements à la Commission réunie à Paris. M. Ste-
phenson n'a envoyé personne en Egypte, et il s'est contenté
pour sa part d'adresser, sans autres explications ou observa-
tions, quelques cartes géographiques imprimées de la mer
Rouge.
» Nous éfons de plus convenus qu'il ne serait porté dejuge-
ment sur les nivellements des ingénieurs autrichiens et fran-
çais que lorsque les ingénieurs en chef Négrelli, Talabot et
Stephenson les auraient comparés à l'état des lieux mêmes et
complétés par leurs propres expériences.
« Au mois de jauvier 1848, nous contînmes de partir en-
semble pour l'Egypte dans le courant du mois de mars, et de
délibérer, après l'exploration du terrain seulement, sur la pos-
sibilité et les détails du projet. Tous les préparatifs de voyage
étaient faits, lorsque les événements de février survinrent; le
voyage fut suspendu, et, depuis cette époque, aucune délibé-
ration n'a eu lieu entre les trois ingénieurs. Il est vrai qu'ils
se sont rencontrés encore une fois à Paris au mois d'août 1855;
mais aucun mot n'a été échangé entre eux sur le projet du
canal.
camu.
» Pendant ce temps, M. Bourdaloue, chef de la brigade des
ingénieurs français, publia ses nivellements ; et comme ils se
rattachaient à ceux de la brigade autrichienne, toutes les per-
sonnes qui s'y intéressaient pouvaient élaborer et préparer
leur plan sur l'exécution du projet.
» Il est vrai que M. Stephenson est allé en Égypte sans se
concerter avec ses collègues et sans y aller à cause du canal
de Suez, mais dans l'intention d'entrer en négociation avec le
gouvernement au sujet de l'exécution d'un chemin de fer
d'Alexandrie à Suez. A cette occasion, M. Stephenson peut
avoir parcouru le désert entre le Caire et Suez; mais ainsi il
n'a vu que cette partie de l'isthme qui touche immédiate-
ment à Suez. Cependant notre honorable ami prétend avoir
parcouru à pied tout l'isthme entre les deux mers. Mais en
Egypte, où les préparatifs pour un voyage dans le désert
excitent toujours l'attention, personne ne veut avoir entendu
parler ou savoir quelque chose d'un pareil voyage de M. Ste-
phenson; et sa dernière affirmation au Parlement anglais,
suivant laquelle il faudrait creuser 80 milles anglais, confirme
l'opinion générale en Égypte que M. Stephenson n'a ni par-
couru ni vu l'isthme proprement dit; car dans ce cas il aurait
vu aussi les bassins des Lacs-Amers et du lac Timsab, que l'on
n'a pas à creuser, et qui ôtent un nombre assez grand de
milles au chiffre de M. Stephenson, et faciliteraient ainsi l'exé-
cution du canal d'une manière considérable.
» Les ingénieurs du Vice-roi d'Égypte avaient pris part
aux nivellements de la brigade française, et ils étaient en
possession des résultats ; ils ont répété le nivellement en 1853,
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.91%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.91%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 8/40
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k62030953/f8.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k62030953/f8.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k62030953/f8.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k62030953
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k62030953
Facebook
Twitter