Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-06-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 juin 1858 25 juin 1858
Description : 1858/06/25 (A3,N49). 1858/06/25 (A3,N49).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030953
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 09/04/2012
VENDREDI 25 JUIN. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 299
de tenir ouvert un canal construit au-dessous du niveau de la
mer.
Le passage auquel je fais allusion se trouve dans la 15e sec-
tion, et est ainsi concu :
« Il leur semble (aux ingénieurs du Vice-roi) impossible de
maintenir en bon état un canal, dont le fond est au-dessous de
la ligne des eaux basses du Nil, autrement qu'avec des frais
énormes; et même en faisant ces dépenses, il est incertain
que l'on obtienne le résultat désiré. Dans tous les cas où l'on
a essayé de creuser un canal au-dessous des basses eaux, et
plus spécialement sur les frontières du désert, à Ghattat-Bey,
par exemple, il arrive toujours que l'on rencontre à la hau-
teur des basses eaux une couche de sable, comme cela a eu
lieu à Masteroud sur le Zafranieh. Cela constitue une difficulté
énorme et une cause de dépenses qu'il n'est guère possible de
prévoir. Si même on ne cherche pas à obtenir une grande pro-
fondeur au-dessous du niveau, Om 50e par exemple, des dra-
gues annuelles d'une nature réellement formidable sont encore
nécessaires. Ainsi dans le Ghattat-Bey, il faut le travail de
30 à 40,000 hommes pendant un mois pour entretenir le ca-
nal au point de jonction; dans le Chibin, on emploie 20 à
30,000 hommes; de 15 à 20,000 pour le Chercaouieh; pour
le Moèze, on a renoncé à toute tentative de le draguer. Pour
justifier le projet d'enlever un nombre si considérable de bras
à leurs travaux agricoles habituels, il faut une nécessité abso-
lue ; un grand dommage est ainsi causé aux ressources du
pays, et l'on devrait éviter des conséquences si graves, si c'est
possible. »
Dans votre lettre à M. Manhy, vous rappelez aussi une dis-
cussion antérieure sur le canal dans la Chambre des Com-
munes, et la réponse de M. Paléocapa et des autres membres
de la Commission au discours de M. Stephenson. Vous vous
rappellerez qu'à cette occasion nous vous avons écrit que nous
ne pourrions souscrire aux remarques de M. Paléocapa, qui
représentaient les opinions de la majorité, mais non celles des
membres anglais de la Commission, et « que nous étions tout
» prêts à soutenir les opinions exprimées par feu M. Rendell
» et nous-mêmes dans le mémoire soumis à la Commission
» dans la réunion de Paris du 24 juin 1856. «
Les remarques faites à la Chambre des Communes par
M. Stephenson, dans deux occasions, se rapportant seulement
au bosphore ou au projet d'une tranchée ouverte, projet que
j'ai toujours considéré comme impraticable , n'ont pas besoin
d'être réfutées par moi; ma conviction de la possibilité d'un
canal maritime, dans une ligne directe à travers l'isthme, con-
formément au rapport sommaire signé par moi en Egypte,
reste toujours la même.
Je suis, etc.,
J. H. MAC CLEAX.
DEUXIÈME LETTRE
ADRESSÉE PAR M. FERDINAND DE LESSEPS
A M. MAC CLEAN,
Membre de la Commission scientifique internationale pour le percement de l'isthme
de Suez, et vice-président de l'Institut des ingénieurs civils à Londres.
Londres, 13 juin 1858.
MON CHER MONSIEUR MAC CLEAN,
J'ai reçu votre lettre d'hier en réponse à la commu-
nication que je vous avais faite de ma correspondance
avec M. Ch. Manby.
Cette lettre contenant en général des renseignements
techniques qui sont de la compétence de la Commission
scientifique internationale, je m'empresse de la trans-
mettre à votre président. L'honorable M. Conrad s'en-
tendra sans doute avec vous et avec vos collègues, au
sujet de certains détails d'exécution sur lesquels vous
différez.
Quelle que soit d'ailleurs votre opinion personnelle
sur le mode d'exécution du canal, je remarque avec sa-
tisfaction dans votre lettre la phrase suivante :
« The execution of a canal of this description tvould
» be so easy, that we considered the success of the pro-
» ject would be certain, especially as there were no con-
i) tingencies, greater than in ordinary engineering works
» of same magnitude, and as the estimate dit not exceed
» the amount proposed to be expended by the engineer's
» of the Vice-roy on their original project. « «L'exécu-
» tion d'un canal de ce genre serait tellement facile, que
» nous avons regardé le succès du projet comme certain,
» surtout parce qu'il n'y avait pas plus d'imprévu à re-
» douter qu'il n'y en a d'ordinaire dans les travaux d'art
)' de cette dimension; et nous avons pensé que la dé-
« pense n'excéderait pas le chiffre indiqué par les inQé"
55 nieurs de S. A. le Vice-roi dans leur avant-projet. )
Il résulte de votre lettre que M. Robert Stephenson,
dans son dernier discours à la Chambre des Communes,
n'avait pas eu l'intention d'attribuer à M. Rendell ni à
vous une opinion d'impraticabilité concernant l'exécution
du canal de Suez, et que cette opinion vous était seule-
ment applicable dans une certaine hypothèse et non
dans une autre. J'admets volontiers que cette explication
ait pu vous satisfaire; mais vous m'avouerez que la
Chambre des Communes et le public devaient se tromper
au langage de M. Stephenson, puisque je m'y suis trompé
moi-même, et je suis fondé à soutenir que l'esprit d'un
tel langage était calculé de manière à produire l'impres-
sion qui a été produite en effet, et que j'ai constatée de-
puis mon arrivée à Londres ; c'est-à-dire que les membres
anglais de la Commission internationale et les ingénieurs
de l'Angleterre passaient, au dire de M. Stephenson,
pour être absolument incrédules en ce qui concerne la
possibilité d'exécution du canal.
Je persiste donc à maintenir les accusations que j'ai
portées contre lui dans ma lettre du 4 à M. Ch. Manby.
Un sentiment de dignité personnelle ne me permet
plus de qualifier sa conduite, depuis qu'il s'est déclaré
dans l'impossibilité de me donner aucune explication, en
se retranchant derrière sa position de législateur.
Signé : FERD. DE LESSEPS.
Pour que nos lecteurs comprennent clairement les
deux lettres qui précèdent, il est nécessaire de rappeler
quelques détails dont nous pouvons garantir la parfaite
exactitude.-
Il est bien vrai que les ingénieurs anglais ont remis à
la Commission internationale, en juin 1856, une note
où ils proposaient que le canal de Suez fut alimenté par
de tenir ouvert un canal construit au-dessous du niveau de la
mer.
Le passage auquel je fais allusion se trouve dans la 15e sec-
tion, et est ainsi concu :
« Il leur semble (aux ingénieurs du Vice-roi) impossible de
maintenir en bon état un canal, dont le fond est au-dessous de
la ligne des eaux basses du Nil, autrement qu'avec des frais
énormes; et même en faisant ces dépenses, il est incertain
que l'on obtienne le résultat désiré. Dans tous les cas où l'on
a essayé de creuser un canal au-dessous des basses eaux, et
plus spécialement sur les frontières du désert, à Ghattat-Bey,
par exemple, il arrive toujours que l'on rencontre à la hau-
teur des basses eaux une couche de sable, comme cela a eu
lieu à Masteroud sur le Zafranieh. Cela constitue une difficulté
énorme et une cause de dépenses qu'il n'est guère possible de
prévoir. Si même on ne cherche pas à obtenir une grande pro-
fondeur au-dessous du niveau, Om 50e par exemple, des dra-
gues annuelles d'une nature réellement formidable sont encore
nécessaires. Ainsi dans le Ghattat-Bey, il faut le travail de
30 à 40,000 hommes pendant un mois pour entretenir le ca-
nal au point de jonction; dans le Chibin, on emploie 20 à
30,000 hommes; de 15 à 20,000 pour le Chercaouieh; pour
le Moèze, on a renoncé à toute tentative de le draguer. Pour
justifier le projet d'enlever un nombre si considérable de bras
à leurs travaux agricoles habituels, il faut une nécessité abso-
lue ; un grand dommage est ainsi causé aux ressources du
pays, et l'on devrait éviter des conséquences si graves, si c'est
possible. »
Dans votre lettre à M. Manhy, vous rappelez aussi une dis-
cussion antérieure sur le canal dans la Chambre des Com-
munes, et la réponse de M. Paléocapa et des autres membres
de la Commission au discours de M. Stephenson. Vous vous
rappellerez qu'à cette occasion nous vous avons écrit que nous
ne pourrions souscrire aux remarques de M. Paléocapa, qui
représentaient les opinions de la majorité, mais non celles des
membres anglais de la Commission, et « que nous étions tout
» prêts à soutenir les opinions exprimées par feu M. Rendell
» et nous-mêmes dans le mémoire soumis à la Commission
» dans la réunion de Paris du 24 juin 1856. «
Les remarques faites à la Chambre des Communes par
M. Stephenson, dans deux occasions, se rapportant seulement
au bosphore ou au projet d'une tranchée ouverte, projet que
j'ai toujours considéré comme impraticable , n'ont pas besoin
d'être réfutées par moi; ma conviction de la possibilité d'un
canal maritime, dans une ligne directe à travers l'isthme, con-
formément au rapport sommaire signé par moi en Egypte,
reste toujours la même.
Je suis, etc.,
J. H. MAC CLEAX.
DEUXIÈME LETTRE
ADRESSÉE PAR M. FERDINAND DE LESSEPS
A M. MAC CLEAN,
Membre de la Commission scientifique internationale pour le percement de l'isthme
de Suez, et vice-président de l'Institut des ingénieurs civils à Londres.
Londres, 13 juin 1858.
MON CHER MONSIEUR MAC CLEAN,
J'ai reçu votre lettre d'hier en réponse à la commu-
nication que je vous avais faite de ma correspondance
avec M. Ch. Manby.
Cette lettre contenant en général des renseignements
techniques qui sont de la compétence de la Commission
scientifique internationale, je m'empresse de la trans-
mettre à votre président. L'honorable M. Conrad s'en-
tendra sans doute avec vous et avec vos collègues, au
sujet de certains détails d'exécution sur lesquels vous
différez.
Quelle que soit d'ailleurs votre opinion personnelle
sur le mode d'exécution du canal, je remarque avec sa-
tisfaction dans votre lettre la phrase suivante :
« The execution of a canal of this description tvould
» be so easy, that we considered the success of the pro-
» ject would be certain, especially as there were no con-
i) tingencies, greater than in ordinary engineering works
» of same magnitude, and as the estimate dit not exceed
» the amount proposed to be expended by the engineer's
» of the Vice-roy on their original project. « «L'exécu-
» tion d'un canal de ce genre serait tellement facile, que
» nous avons regardé le succès du projet comme certain,
» surtout parce qu'il n'y avait pas plus d'imprévu à re-
» douter qu'il n'y en a d'ordinaire dans les travaux d'art
)' de cette dimension; et nous avons pensé que la dé-
« pense n'excéderait pas le chiffre indiqué par les inQé"
55 nieurs de S. A. le Vice-roi dans leur avant-projet. )
Il résulte de votre lettre que M. Robert Stephenson,
dans son dernier discours à la Chambre des Communes,
n'avait pas eu l'intention d'attribuer à M. Rendell ni à
vous une opinion d'impraticabilité concernant l'exécution
du canal de Suez, et que cette opinion vous était seule-
ment applicable dans une certaine hypothèse et non
dans une autre. J'admets volontiers que cette explication
ait pu vous satisfaire; mais vous m'avouerez que la
Chambre des Communes et le public devaient se tromper
au langage de M. Stephenson, puisque je m'y suis trompé
moi-même, et je suis fondé à soutenir que l'esprit d'un
tel langage était calculé de manière à produire l'impres-
sion qui a été produite en effet, et que j'ai constatée de-
puis mon arrivée à Londres ; c'est-à-dire que les membres
anglais de la Commission internationale et les ingénieurs
de l'Angleterre passaient, au dire de M. Stephenson,
pour être absolument incrédules en ce qui concerne la
possibilité d'exécution du canal.
Je persiste donc à maintenir les accusations que j'ai
portées contre lui dans ma lettre du 4 à M. Ch. Manby.
Un sentiment de dignité personnelle ne me permet
plus de qualifier sa conduite, depuis qu'il s'est déclaré
dans l'impossibilité de me donner aucune explication, en
se retranchant derrière sa position de législateur.
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Pour que nos lecteurs comprennent clairement les
deux lettres qui précèdent, il est nécessaire de rappeler
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