Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-06-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 juin 1858 10 juin 1858
Description : 1858/06/10 (A3,N48). 1858/06/10 (A3,N48).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203094p
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
«
JEUDI 10 JUIN. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 267
qualité, de secrétaire avec votre collègue M. Lieussou et
le président M. Conrad.
La mort de M. Rendel ne m'a pas permis de savoir'
plus tard par lui-même ce qui s'était passé entre vous ;
.mais dans le meeting qui &'est tenu à Bristol le 18 juin
de l'année dernière, un ingénieur, M. Edward Slaughter,
s'est levé au milieu de la discussion, et s'est exprimé ainsi :
« Toute la question se borne à la difficulté technique
» de l'ouvrage, et-j'en dirai un ou deux mots. J'ai eu des
» relations importantes avec feu M. Rendel; un jour je
» lui ai demandé sa véritable opinion sur les difficultés
a techniques, et il m'a dit très-clairement qu'il était con-
» vaincu de la possibilité du projet. Donc, en supposant
» que les caluls sur ce point soient exacts" il ne peut y
r avoir de doute qu'au point de vue commercial l'exé-
» cution de ce canal ne doive être une entreprise exces-
» sivement avantageuse. »
Quant à M. Mac-Clean, il repoussera sans doute avec
indignation les assertions de M. Stephenson qui le con-
cernent ; outre le concours complet et personnel qu'il a
apporté à tous les travaux et aux voyages de la Commis-
sion, il a apposé sa propre signature sur le document le
plus essentiel, sur le rapport sommaire présenté le
_2 janvier 1856 à S. A. le Vice-roi d'Egypte, et où l'on
trouve les conclusions suivantes :
« Le canal direct de Suez vers le golfe de Péluse est
» donc l'unique solution du problème de la jonction de
» la mer Rouge et de la Méditerranée; l'exécution en
a est facile, le succès assuré, les résultats immenses
» pour le commerce du monde.
» Le tracé direct offre toute facilité pour l'exécution
n du canal maritime proprement dit, avec embranche-
» ment sur le Nil, et des difficultés ordinaires pour la
» création des deux ports.
j' La dépense du canal des Deux Mers et des travaux
» qui s'y rattachent ne dépassera pas le chiffre de
» 200 millions, porté dans TAvant-projet des ingénieurs
« du Vice-roi.
» Agréez, -etc. » FERD. DE LESSEPS.
DISCUSSION SUR LE CANAL DE SUEZ
DANS' LE* PARLEMENT ANGLAIS.
(Séance du 1er juin 1858. )
La discussion qui vient d'avoir lieu dans le sein du
Parlement anglais et dont nous. donnons plus loin tous
les détails, s'est terminée par un vote ou deux cenf
quatre-vingt-dix voix se sont prononcées contre la mo-
tion de M. Roebuck, tandis que soixante-deux seulement
y ont été favorables.
Mais en revanche, des hommes tels que MM. Roebuck,
Bright, Milner- Gibson, Gladstone et lord John Rus-
sell, MM. Sidney - Herbert, sir James GrahanV, sir
Charles N;ipier, Benjamin Hall, Trelatuny, etc., etc., se
sont déclarés en notre faveur. Ce résultat nous semble
considérable; et bien que nous ayons eu contre nous
la majorité, nous trouvons dans ce qui vient de se
passer les motifs les plus sérieux d'encouragement.
Nous n'avions jamais eu de tels défenseurs; et nos ad-
versaires, quoique les plus nombreux cette fois, sous la
direction combinée de lord Palmerston et de M. Dis-
raëli, n'ont pour eux ni la force ni la vérité des argu-
ments. A certains égards même, ils ont fait preuve
d'une ignorance des faits dont îîous ne les soupçon-
nions, pas, et qui promet des retours certains quand les
choses seront mieux connues; car jusqu'à preuve con-
, traire nous aimons mieux croire, sauf quelques excep-
tions, à l'ignorance plutôt qu'à la mauvaise foi.
Mais parmi ces exceptions nous devons placer M. Ste-
phenson, qui ne peut pas croire, selon nous, à ce qu'il
est venu dire devant le Parlement. Nous laissons ses
objections contre la possibilité pratique du Ganal, bien
qu'il semble encore attribuer cette opinion insoutenable à
M. de Négrelli, membre de la commission internationale
pour l'Autriche. Mais comment M. Stephenson ose-t-il
affirmer que M. Rendel n'a pas signé le Rapport? Com-
ment ose-t-il dire que M. Mac-Clean, qui a approuvé le
Rapport comme M. Rendcl, et qui a signé de plus le
rapport sommaire à Son Altesse le Vice-roi, ne croit
pas que le canal soit praticable? A ces assertions de
M. Stephenson, -on ne peut opposer que le démenti le
plus péremptoire ; et l'on peut voir plus haut la lettre
de M. de Lesseps à M. Charles Manby. M. Stephenson
semble ignorer aussi les réponses quelui ont faites M. Pa-
léocapa, M. Conrad et M. le baron Charles Dupin, au
nom de la commission internationale, au nom des ingé-
nieurs de Hollande, et au nom de l'Institut de France.
Est-il loyal, quand on a contre soi de telles autorités,
de ne pas les discuter devant l'auditoire auquel on
s'adresse?
* Les assertions de lord Palmerston ne valent guère
plus dans leur genre que celles de M. Stephenson, et ce
n'est pas par la véracité qu'elles brillent. Le noble vi-
comte a prétendu que la Turquie était opposée au canal
de Suez autant que l'Angleterre elle-même. Lord Pal-
merstôn ignore-t-il donc la lettre de Reschid-Pacha
en 1855? Il parle des fortifications d'Alexandrie et des
deux mille canons qui les hérissent. Où a-t-il pris cette
fahle qui va bien prêter à rire à tous les Européens
d'Alexandrie? et ce barrage du Nil transformé en forte-
resse ! C'est vraiment par trop d'imagination.
1 Quant à M. Disraëli, nous ne savons pas non plus -
comment il a pu affirmer que l'Autriche est contraire -
au canal de Suez. Et les discours de MM. de Bruck et
de Toggenburg, ministres de l'Empire! et le rapport
de M. le baron de Czœrnig à l'Académie des sciences
de Vienne! et la présence de M. de Négrelli dans le sein
de la commission internationale ! M. Disraëli doute aussi
de la sympathie de la France pour le projet; c'est que
M. Disraëli ne connaît pas les vœux de nos Conseils
généraux ou de nos Chambres de commerce.
On le voit donc: nos adversaires ont commis d'énormes
erreurs soit volontaires soit involontaires, et le terrain
sur lequel ils se sont placés n'est pas lena-lile-. M. ÏKs-
raëli l'a si bien senti déjà que, dans la séance dp 3 juin,
JEUDI 10 JUIN. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 267
qualité, de secrétaire avec votre collègue M. Lieussou et
le président M. Conrad.
La mort de M. Rendel ne m'a pas permis de savoir'
plus tard par lui-même ce qui s'était passé entre vous ;
.mais dans le meeting qui &'est tenu à Bristol le 18 juin
de l'année dernière, un ingénieur, M. Edward Slaughter,
s'est levé au milieu de la discussion, et s'est exprimé ainsi :
« Toute la question se borne à la difficulté technique
» de l'ouvrage, et-j'en dirai un ou deux mots. J'ai eu des
» relations importantes avec feu M. Rendel; un jour je
» lui ai demandé sa véritable opinion sur les difficultés
a techniques, et il m'a dit très-clairement qu'il était con-
» vaincu de la possibilité du projet. Donc, en supposant
» que les caluls sur ce point soient exacts" il ne peut y
r avoir de doute qu'au point de vue commercial l'exé-
» cution de ce canal ne doive être une entreprise exces-
» sivement avantageuse. »
Quant à M. Mac-Clean, il repoussera sans doute avec
indignation les assertions de M. Stephenson qui le con-
cernent ; outre le concours complet et personnel qu'il a
apporté à tous les travaux et aux voyages de la Commis-
sion, il a apposé sa propre signature sur le document le
plus essentiel, sur le rapport sommaire présenté le
_2 janvier 1856 à S. A. le Vice-roi d'Egypte, et où l'on
trouve les conclusions suivantes :
« Le canal direct de Suez vers le golfe de Péluse est
» donc l'unique solution du problème de la jonction de
» la mer Rouge et de la Méditerranée; l'exécution en
a est facile, le succès assuré, les résultats immenses
» pour le commerce du monde.
» Le tracé direct offre toute facilité pour l'exécution
n du canal maritime proprement dit, avec embranche-
» ment sur le Nil, et des difficultés ordinaires pour la
» création des deux ports.
j' La dépense du canal des Deux Mers et des travaux
» qui s'y rattachent ne dépassera pas le chiffre de
» 200 millions, porté dans TAvant-projet des ingénieurs
« du Vice-roi.
» Agréez, -etc. » FERD. DE LESSEPS.
DISCUSSION SUR LE CANAL DE SUEZ
DANS' LE* PARLEMENT ANGLAIS.
(Séance du 1er juin 1858. )
La discussion qui vient d'avoir lieu dans le sein du
Parlement anglais et dont nous. donnons plus loin tous
les détails, s'est terminée par un vote ou deux cenf
quatre-vingt-dix voix se sont prononcées contre la mo-
tion de M. Roebuck, tandis que soixante-deux seulement
y ont été favorables.
Mais en revanche, des hommes tels que MM. Roebuck,
Bright, Milner- Gibson, Gladstone et lord John Rus-
sell, MM. Sidney - Herbert, sir James GrahanV, sir
Charles N;ipier, Benjamin Hall, Trelatuny, etc., etc., se
sont déclarés en notre faveur. Ce résultat nous semble
considérable; et bien que nous ayons eu contre nous
la majorité, nous trouvons dans ce qui vient de se
passer les motifs les plus sérieux d'encouragement.
Nous n'avions jamais eu de tels défenseurs; et nos ad-
versaires, quoique les plus nombreux cette fois, sous la
direction combinée de lord Palmerston et de M. Dis-
raëli, n'ont pour eux ni la force ni la vérité des argu-
ments. A certains égards même, ils ont fait preuve
d'une ignorance des faits dont îîous ne les soupçon-
nions, pas, et qui promet des retours certains quand les
choses seront mieux connues; car jusqu'à preuve con-
, traire nous aimons mieux croire, sauf quelques excep-
tions, à l'ignorance plutôt qu'à la mauvaise foi.
Mais parmi ces exceptions nous devons placer M. Ste-
phenson, qui ne peut pas croire, selon nous, à ce qu'il
est venu dire devant le Parlement. Nous laissons ses
objections contre la possibilité pratique du Ganal, bien
qu'il semble encore attribuer cette opinion insoutenable à
M. de Négrelli, membre de la commission internationale
pour l'Autriche. Mais comment M. Stephenson ose-t-il
affirmer que M. Rendel n'a pas signé le Rapport? Com-
ment ose-t-il dire que M. Mac-Clean, qui a approuvé le
Rapport comme M. Rendcl, et qui a signé de plus le
rapport sommaire à Son Altesse le Vice-roi, ne croit
pas que le canal soit praticable? A ces assertions de
M. Stephenson, -on ne peut opposer que le démenti le
plus péremptoire ; et l'on peut voir plus haut la lettre
de M. de Lesseps à M. Charles Manby. M. Stephenson
semble ignorer aussi les réponses quelui ont faites M. Pa-
léocapa, M. Conrad et M. le baron Charles Dupin, au
nom de la commission internationale, au nom des ingé-
nieurs de Hollande, et au nom de l'Institut de France.
Est-il loyal, quand on a contre soi de telles autorités,
de ne pas les discuter devant l'auditoire auquel on
s'adresse?
* Les assertions de lord Palmerston ne valent guère
plus dans leur genre que celles de M. Stephenson, et ce
n'est pas par la véracité qu'elles brillent. Le noble vi-
comte a prétendu que la Turquie était opposée au canal
de Suez autant que l'Angleterre elle-même. Lord Pal-
merstôn ignore-t-il donc la lettre de Reschid-Pacha
en 1855? Il parle des fortifications d'Alexandrie et des
deux mille canons qui les hérissent. Où a-t-il pris cette
fahle qui va bien prêter à rire à tous les Européens
d'Alexandrie? et ce barrage du Nil transformé en forte-
resse ! C'est vraiment par trop d'imagination.
1 Quant à M. Disraëli, nous ne savons pas non plus -
comment il a pu affirmer que l'Autriche est contraire -
au canal de Suez. Et les discours de MM. de Bruck et
de Toggenburg, ministres de l'Empire! et le rapport
de M. le baron de Czœrnig à l'Académie des sciences
de Vienne! et la présence de M. de Négrelli dans le sein
de la commission internationale ! M. Disraëli doute aussi
de la sympathie de la France pour le projet; c'est que
M. Disraëli ne connaît pas les vœux de nos Conseils
généraux ou de nos Chambres de commerce.
On le voit donc: nos adversaires ont commis d'énormes
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sur lequel ils se sont placés n'est pas lena-lile-. M. ÏKs-
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