Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-06-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 juin 1858 25 juin 1858
Description : 1858/06/25 (A3,N49). 1858/06/25 (A3,N49).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030953
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 09/04/2012
VENDREDI 25 JUIN. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 319
Palmerston vaille mieux que le premier ; mais c'est à
celui-ci qu'il faut nous borner pour répondre à la Ga-
zette universelle allemande.
D'abord, elle à bien raison dé croire que l'Angleterre
lié craint pas de concurrence commerciale ; mais elle
devrait ajouter aussi que l'Angleterre n'a pas des crain-
tes d'une autre sorte. On ne voit pas vraiment en quoi
le canal de Suez pourrait servir à une invasion dans
l'Inde, quand la flotte ennemie devrait laisser derrière
elle, Malte, Périm et Aden, et quand elle aurait à atta-
quer les Anglais chez eux, sur le sol indien. Le canal de
Suez fut-il ouvert, il est fort à croire que la flotte desti-
néè à opérer contre les Indes préférerait encore prendre
par le Cap, où elle aurait beaucoup plus de chances d'é-
chapper aux combats préliminaires qu'elle ne manque-
rait pas de rencontrer inévitablement dans l'étroit chenal
de la mer Rouge.
Supposer aussi que le canal augmenterait démesuré-
ment l'inûuence française en Egypte n'est pas plus sage ;
et il semble quel'idée d'une seconde expédition des Fran-
çais aux bords du Nil est une de ces chimères que les
imaginations malades peuvent rêver, mais dont la France
est certainement guérie. Les désastres de la première
expédition ne sont pas si loin de nos souvenirs; et, après
une telle leçon, entreprendre une pareille campagne
sans avoir la mer et sans y dominer, c'est une folie que
jusqu'à preuve contraire il faut ne prêter à personne.
L'Angleterre, restant sur les mers ce qu'elle est, n'a
point à redouter les éventualités d'une guerre ; et le canal
de Suez ouvert ou fermé lui reste très-indifférent, à ne
consulter que la froide raison. Mais la Gazette univer-
selle allemande voit peut-être plus juste en insinuant
que le gouvernement anglais voudrait que ce fussent des
mains anglaises qui fissent le canal.
Quant au projet de M. de Lesseps, la Gazette univer-
selle allemande à tort de vouloir.en dénaturer le carac-
tère. Ce projet est loyalement et franchement universel.
La part de la France n'est pas plus forte que celle de
l'Angleterre ; èt les capitaux seront répartis entre toutes
les nations ainsi qu'on l'a annoncé. Le siège de la So-
ciété ne sera pas exclusivement à Paris ; il sera tout aussi
bien et par moitié à Alexandrie. Si M. de Lesseps est le
Concessionnaire plutôt qu'un Anglais, cela tient, ainsi
qu'on l'a dit cent fois , à ses relations personnelles avec
S. A. le.Vice-roi , qui a placé sa confiance en lui. Si le
concessionnaire était Anglais, nous n'aurions pas ces dé-
fiances, et nous blâmerions l'Europe de les avoir. H ne
faut pas, parce que le concessionnaire actuel est Fran-
çais, que les susceptibilités britanniques s'éveillent; et
la Gazette universelle allemande ferait mieux de né pas
s'y associer. Le canal de Suez profitera, proportjon gar-
dée, bien plus à l'Autriche qu'à la France; il profitera
bien plus encore à l'Angleterre qui le repousse. Mais sur-
tout il profitera à la civilisation universelle, à l'huma-
nité; et, à ce titre, 1 Allemagne intelligente et libérale
s'est fait un devoir de le patronner. C'est là une considé-
ration que nous recommandons en terminant à la Ga-
zette universelle allemande; ce qui ne nous empêche pas
de la remercier de la sympathie qu'elle nous porte,
puisqu'elle cherche à comprendre nos adversaires et non
pas du tout à les justifier.
G. WAGENER.
LE « JOURNAL DÉ CONSTANTINOPLI » et « L'IMPARTIAL DE SMYRNE «
CONTRE LE CANAL DE SUEZ.
On lit dans la Pressé d'Orient :
« Nous sommes en ce moment témoins d'une Singulière co-
médie; mais la trame en est si naïve, l'intrigue est cousue
d'un fil si blanc, pour nous servir d'une expression vulgaire
parfaitement propre à la circonstance, qu'elle ne trompera
personne.
» Jusqu'à ce jour le Journal de Constantinople et l'Impar-
tial de Smyrne s'étaient abstenus de toute attaque contre le
projet du canal de Suez. Bien plus, la première de ces deux
feuilles a plus d'une fois publié et reproduit dans ses colonnes
des articles favorables à cette grande entreprise. En cherchant
bien, nous trouverions peut-être aussi dans l'Impartial des
signes non équivoques d'admiration, pour un projet qui inté-
resse à un si haut point le commerce du monde entier. Ces
derniers jours le Journal de Constantinople et l'Impartial
sont entrés en campagne. Le moment est, selon nous, mal
choisi ; mieux eût valu ne pas attendre que toutes les convie-
tions fussent formées, car on ne peut se flatter maintenant
d'avoir raison contre tout le monde. Il n'y avait qu'un moyen
de se tirer d'affaire; c'était de déplacer la question, de voir
une affaire politique là où il n'y a et où il ne peut y avoir
qu'une affaire commerciale; c'est ce qu'ont fait les correspon-
dants des deux journaux. Cette tactique est simple et surtout
peu dangereuse ; mais passer auprès du problème, ce n'est
pas le résoudre.
') Tout d'abord, nous voudrions qu'on ne se méprît point
en Europe sur ce concert d'opinions entre le Journal de Con-
stantinople et l'Impartial. Les deux journaux n'en font qu'un :
les correspondances adressées de Smyrne au Journal de Con-
stantinople partent des bureaux de YImpartial • celles qu'on
adresse d'ici à l'Impartial partent des bureaux du Journal de
Constantinople. Ce petit manège est tout naturel et n'a rien
d'étonnant en soi; mais nous ne voudrions pas, nous le répé-
tons, qu'on pût croire en Europe qu'il y a à Constantinople
deux journaux représentant deux opinions distinctes, toutes
deux hostiles de parti pris au projet du canal de Suez. Cette
comédie, comme nous le disions tout à l'heure, ne trompera
personne; on saura ce qu'il faut prendre des convictions du
correspondant de Smyrne ou de celles du correspondant de
Constantinople, exprimées, tour à tour, dans les deux jour-
naux siamois. »
La Presse d'Orient cite ensuite divers passages du
Journal de Constantinople et de l'Impartial de
Smyrne ; elle réfute ces deux journaux point par
point; et elle montre combien leurs arguments sont
faibles, et combién ils portent à faux.
Nous voudrions pouvoir citer tout au long l'article de
la Presse d'Orient, mais aujourd'hui l'espace nous
manque absolument ; et nous sommes forcés, bien qu'à
regret, de remettre ces citations à un numéro prochain.
Nous croyons devoir attacher de l'importance à cette polé-
mique pour deux raisons : d'abord nous voulons montrer
Palmerston vaille mieux que le premier ; mais c'est à
celui-ci qu'il faut nous borner pour répondre à la Ga-
zette universelle allemande.
D'abord, elle à bien raison dé croire que l'Angleterre
lié craint pas de concurrence commerciale ; mais elle
devrait ajouter aussi que l'Angleterre n'a pas des crain-
tes d'une autre sorte. On ne voit pas vraiment en quoi
le canal de Suez pourrait servir à une invasion dans
l'Inde, quand la flotte ennemie devrait laisser derrière
elle, Malte, Périm et Aden, et quand elle aurait à atta-
quer les Anglais chez eux, sur le sol indien. Le canal de
Suez fut-il ouvert, il est fort à croire que la flotte desti-
néè à opérer contre les Indes préférerait encore prendre
par le Cap, où elle aurait beaucoup plus de chances d'é-
chapper aux combats préliminaires qu'elle ne manque-
rait pas de rencontrer inévitablement dans l'étroit chenal
de la mer Rouge.
Supposer aussi que le canal augmenterait démesuré-
ment l'inûuence française en Egypte n'est pas plus sage ;
et il semble quel'idée d'une seconde expédition des Fran-
çais aux bords du Nil est une de ces chimères que les
imaginations malades peuvent rêver, mais dont la France
est certainement guérie. Les désastres de la première
expédition ne sont pas si loin de nos souvenirs; et, après
une telle leçon, entreprendre une pareille campagne
sans avoir la mer et sans y dominer, c'est une folie que
jusqu'à preuve contraire il faut ne prêter à personne.
L'Angleterre, restant sur les mers ce qu'elle est, n'a
point à redouter les éventualités d'une guerre ; et le canal
de Suez ouvert ou fermé lui reste très-indifférent, à ne
consulter que la froide raison. Mais la Gazette univer-
selle allemande voit peut-être plus juste en insinuant
que le gouvernement anglais voudrait que ce fussent des
mains anglaises qui fissent le canal.
Quant au projet de M. de Lesseps, la Gazette univer-
selle allemande à tort de vouloir.en dénaturer le carac-
tère. Ce projet est loyalement et franchement universel.
La part de la France n'est pas plus forte que celle de
l'Angleterre ; èt les capitaux seront répartis entre toutes
les nations ainsi qu'on l'a annoncé. Le siège de la So-
ciété ne sera pas exclusivement à Paris ; il sera tout aussi
bien et par moitié à Alexandrie. Si M. de Lesseps est le
Concessionnaire plutôt qu'un Anglais, cela tient, ainsi
qu'on l'a dit cent fois , à ses relations personnelles avec
S. A. le.Vice-roi , qui a placé sa confiance en lui. Si le
concessionnaire était Anglais, nous n'aurions pas ces dé-
fiances, et nous blâmerions l'Europe de les avoir. H ne
faut pas, parce que le concessionnaire actuel est Fran-
çais, que les susceptibilités britanniques s'éveillent; et
la Gazette universelle allemande ferait mieux de né pas
s'y associer. Le canal de Suez profitera, proportjon gar-
dée, bien plus à l'Autriche qu'à la France; il profitera
bien plus encore à l'Angleterre qui le repousse. Mais sur-
tout il profitera à la civilisation universelle, à l'huma-
nité; et, à ce titre, 1 Allemagne intelligente et libérale
s'est fait un devoir de le patronner. C'est là une considé-
ration que nous recommandons en terminant à la Ga-
zette universelle allemande; ce qui ne nous empêche pas
de la remercier de la sympathie qu'elle nous porte,
puisqu'elle cherche à comprendre nos adversaires et non
pas du tout à les justifier.
G. WAGENER.
LE « JOURNAL DÉ CONSTANTINOPLI » et « L'IMPARTIAL DE SMYRNE «
CONTRE LE CANAL DE SUEZ.
On lit dans la Pressé d'Orient :
« Nous sommes en ce moment témoins d'une Singulière co-
médie; mais la trame en est si naïve, l'intrigue est cousue
d'un fil si blanc, pour nous servir d'une expression vulgaire
parfaitement propre à la circonstance, qu'elle ne trompera
personne.
» Jusqu'à ce jour le Journal de Constantinople et l'Impar-
tial de Smyrne s'étaient abstenus de toute attaque contre le
projet du canal de Suez. Bien plus, la première de ces deux
feuilles a plus d'une fois publié et reproduit dans ses colonnes
des articles favorables à cette grande entreprise. En cherchant
bien, nous trouverions peut-être aussi dans l'Impartial des
signes non équivoques d'admiration, pour un projet qui inté-
resse à un si haut point le commerce du monde entier. Ces
derniers jours le Journal de Constantinople et l'Impartial
sont entrés en campagne. Le moment est, selon nous, mal
choisi ; mieux eût valu ne pas attendre que toutes les convie-
tions fussent formées, car on ne peut se flatter maintenant
d'avoir raison contre tout le monde. Il n'y avait qu'un moyen
de se tirer d'affaire; c'était de déplacer la question, de voir
une affaire politique là où il n'y a et où il ne peut y avoir
qu'une affaire commerciale; c'est ce qu'ont fait les correspon-
dants des deux journaux. Cette tactique est simple et surtout
peu dangereuse ; mais passer auprès du problème, ce n'est
pas le résoudre.
') Tout d'abord, nous voudrions qu'on ne se méprît point
en Europe sur ce concert d'opinions entre le Journal de Con-
stantinople et l'Impartial. Les deux journaux n'en font qu'un :
les correspondances adressées de Smyrne au Journal de Con-
stantinople partent des bureaux de YImpartial • celles qu'on
adresse d'ici à l'Impartial partent des bureaux du Journal de
Constantinople. Ce petit manège est tout naturel et n'a rien
d'étonnant en soi; mais nous ne voudrions pas, nous le répé-
tons, qu'on pût croire en Europe qu'il y a à Constantinople
deux journaux représentant deux opinions distinctes, toutes
deux hostiles de parti pris au projet du canal de Suez. Cette
comédie, comme nous le disions tout à l'heure, ne trompera
personne; on saura ce qu'il faut prendre des convictions du
correspondant de Smyrne ou de celles du correspondant de
Constantinople, exprimées, tour à tour, dans les deux jour-
naux siamois. »
La Presse d'Orient cite ensuite divers passages du
Journal de Constantinople et de l'Impartial de
Smyrne ; elle réfute ces deux journaux point par
point; et elle montre combien leurs arguments sont
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la Presse d'Orient, mais aujourd'hui l'espace nous
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