Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-06-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 juin 1858 25 juin 1858
Description : 1858/06/25 (A3,N49). 1858/06/25 (A3,N49).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030953
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 09/04/2012
VENDREDI 25 JUIN. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 317
« N'est-il pas profondément regrettable qu'il se fasse en
Angleterre une si vive opposition contre un des plus grands
projets qui aient jamais été conçus? projet qui changera la
face du monde par l'union des deux hémisphères et qui por-
tera les bienfaits et la splendeur de la civilisation chez des
populations immenses, projet qu'un cœur chevaleresque, un
esprit élevé soutiennent avec une constance faite pour impres-
sionner la race anglo-saxonne, projet que toute l'Europe ac-
cepte avec enthousiasme, projet que vous mêmes, comme
d'autres grandes villes en Angleterre, que vous-mêmes, ci-
toyens de Newcastle, vous avez accueilli avec vive sympathie
lorsque M. de Lesseps, son auteur, vint dans vos murs?
(Applaudissements.) Je m'empresse d'ajouter que ce que je
viens de dire sur l'ouverture de l'isthme de Suez, n'a abso-
lument aucun caractère officiel ; ce n'est qu'en ma qualité
d'homme, profondément intéressé à votre prospérité, que je
touche à cette question. Qu'il suffise donc d'ajouter que toutes
les difficultés qui empêchent encore l'exécution d'une œuvre
si gigantesque seront vaincues bientôt, et que nous verrons
le jour où toutes les nations du monde se tendront la main
par ce canal glorieux et florissant, et s'uniront, comme je le
fais avec vous maintenant, en une parfaite harmonie et une
amitié parfaite. Ainsi soit-il. (Vives acclamations.) »
Les acclamations dont ce noble discours de AI. le con-
sul de France a été couvert sont une réponse aux atta-
ques des adversaires du canal de Suez dans le Parlement.
Nous remercions AI. le comte de Alaricourt des paroles
si chaleureuses et si bienveillantes qu'il a prononcées;
et nous rappelons au souvenir de nos lecteurs que le
meeting de Newcastle (28 mai 1857) a été un des plus
enthousiastes parmi tous ceux qui ont si bien accueilli
1\1, de Lesseps l'année dernière.
G. WAGENER.
ERREUR DU « AIORXIXG-POST ».
Le Morning-Post du 1) juin publie l'article suivant
qu'on ne lira pas sans surprise :
« L'Académie des sciences de l'Institut impérial de France,
peut-être plus que toute autre association du même genre, est
digne de respect pour l'hommage qu'elle a toujours rendu
aux objets avoués de sa sollicitude. Placée au foyer même de
la politique continentale, debout comme un rocher au milieu
d'un océan de vagues oscillantes, sur les flots écumeux où la
monarchie, l'anarchie, le directoire, l'empire se sont heurtés
et entre-choqués comme des navires battus par la tempête et
privés de gouvernail, c'est un sujet de juste fierté pour les
membres de l'Académie que de contempler en arrière les an-
nées écoulées, et de voir à quel haut degré ils ont réalisé cette
tranquillité qui est plus souvent l'ostentation que la pratique
de ceux qui cultivent la science. Pendant que les grandes
guerres de la révolution étaient les plus ardentes, pendant
que le funeste conflit qui séparait la France et l'Angleterre
avait atteint son plus haut degré, la récompense honorifique
la plus élevée de l'Institut de France fut décernée à notre
grand chimiste Davy; pendant que tout Anglais se trouvant
sur le territoire français était fait prisonnier de guerre, et
que des animosités nationales étaient attisées au point d'une
véritable fureur volcanique, le lien amical de la science entre
les nations ennemies était si puisant que ce même grand
chimiste obtenait la permission spéciale de passer un mois,
non comme prisonnier de guerre, mais comme hôte, au milieu
de l'érudition , de l'élégance et de la splendeur impériale de
Paris.
» Il est rare, très-rare même que les académiciens se per-
mettent dans leurs murs sacrés quelque allusion à une affaire
qui concerne la politique des gouvernements. Ce sont des
questions considérées comme déplacées dans ces réunions, à
Paris aussi bien que chez nous, et avec raison, quand on
considère combien ces deux sortes de questions sont hétéro-
gènes. Néanmoins, en lisant les comptes rendus de l'Académie
des sciences pendant le mois dernier, nous remarquons que
M. de Lesseps, en discutant la possibilité de son célèbre
projet, fait allusion largement, et même un peu amèrement,
à la tournure politique que ce projet a prise. Il signale l'op-
position au sein du Parlement anglais et en dehors; et il con-
clut en disant que quelles que soient les difficultés de l'entre-
prise, politiques ou financières, du moins il n'y en a pas
d'autres. Le problème technique, nous assure-t-il, est tout à
fait une question de sa compétence; il affirme que l'on n'au-
rait probablement jamais objecté ces difficultés, s'il n'y avait
en jeu des jalousies nationales.
» La discussion d'une question politique dans l'Académie
de France est une chose si nouvelle, qu'elle doit surprendre
un grand nombre de personnes qui, comme nous, ont eu
l'habitude de suivre avec plaisir et avantage, depuis longues
années, les séances de ce corps savant. Xous désirerions presque
qu'il en fùt autrement. Les problèmes dont il s'agit dans
l'analyse des motifs humains, qui exercent de l'influence sur la
politique ou même sur les affaires moins importantes de la
vie morale, sont beaucoup trop complexes et indéterminés
pour pouvoir être traités d'une manière abstraite. Il en est
autrement de la science. Nous avons là un terrain où les vé-
rités peuvent être entrevues dans leur état non voilé, et être
poursuivies jusqu'à leurs conclusions inévitables. Le projet
de canalisation de AI. de Lesseps est possible ou il ne l'est pas.
Beaucoup d'ingénieurs anglais compétents sont de ce dernier
avis. La possibilité du projet est un sujet excellent pour la
discussion scientifique, et maints spectateurs paisibles aime-
raient à connaître la vérité. Quand les savants et les ingé-
nieurs seront d'accord sur le projet, qu'on laisse alors aux
hommes politiques le soin de réconcilier les intérêts des na-
tions qu'ils représentent. En attendant, plus les savants se
renfermeront dans la science, et les ingénieurs, dans les ques-
tions techniques, plus leurs opinions auront de poids auprès
des autorités politiques. )
Nous avons relu cet article jusqu'à deux fois, pour
être bien sûrs que nous ne nous trompions pas; et nous
sommes encore à nous demander ce que le Morning-
Post a voulu dire. Est-ce que M. Ferd. de Lesseps est
membre de l'Académie des sciences de l'Institut impérial
de France? Est-ce que, sans être membre de l'Académie,
il a eu l'honneur de lire quelque mémoire sur le canal
de Suez devant ce corps illustre ? Pas le moins du
monde. Tout ce qu'a fait Il. Ferd. de Lesseps, c'est de
communiquer à l'Académie des sciences le manuscrit
inédit du journal nautique du capitaine Philigret, où il
n'y a pas un mot de politique apparemment. C'est d'a-
près celle communication que AI. le baron Charles Du-
pin, sénateur, a fait son second rapport que nos lecteurs
connaissent, et où il n'y a pas davantage de politique.
Qu'a donc voulu dire le Morning-Post ? Evidemment
c'est une erreur pure et simple. Alais nous avons tenu à
« N'est-il pas profondément regrettable qu'il se fasse en
Angleterre une si vive opposition contre un des plus grands
projets qui aient jamais été conçus? projet qui changera la
face du monde par l'union des deux hémisphères et qui por-
tera les bienfaits et la splendeur de la civilisation chez des
populations immenses, projet qu'un cœur chevaleresque, un
esprit élevé soutiennent avec une constance faite pour impres-
sionner la race anglo-saxonne, projet que toute l'Europe ac-
cepte avec enthousiasme, projet que vous mêmes, comme
d'autres grandes villes en Angleterre, que vous-mêmes, ci-
toyens de Newcastle, vous avez accueilli avec vive sympathie
lorsque M. de Lesseps, son auteur, vint dans vos murs?
(Applaudissements.) Je m'empresse d'ajouter que ce que je
viens de dire sur l'ouverture de l'isthme de Suez, n'a abso-
lument aucun caractère officiel ; ce n'est qu'en ma qualité
d'homme, profondément intéressé à votre prospérité, que je
touche à cette question. Qu'il suffise donc d'ajouter que toutes
les difficultés qui empêchent encore l'exécution d'une œuvre
si gigantesque seront vaincues bientôt, et que nous verrons
le jour où toutes les nations du monde se tendront la main
par ce canal glorieux et florissant, et s'uniront, comme je le
fais avec vous maintenant, en une parfaite harmonie et une
amitié parfaite. Ainsi soit-il. (Vives acclamations.) »
Les acclamations dont ce noble discours de AI. le con-
sul de France a été couvert sont une réponse aux atta-
ques des adversaires du canal de Suez dans le Parlement.
Nous remercions AI. le comte de Alaricourt des paroles
si chaleureuses et si bienveillantes qu'il a prononcées;
et nous rappelons au souvenir de nos lecteurs que le
meeting de Newcastle (28 mai 1857) a été un des plus
enthousiastes parmi tous ceux qui ont si bien accueilli
1\1, de Lesseps l'année dernière.
G. WAGENER.
ERREUR DU « AIORXIXG-POST ».
Le Morning-Post du 1) juin publie l'article suivant
qu'on ne lira pas sans surprise :
« L'Académie des sciences de l'Institut impérial de France,
peut-être plus que toute autre association du même genre, est
digne de respect pour l'hommage qu'elle a toujours rendu
aux objets avoués de sa sollicitude. Placée au foyer même de
la politique continentale, debout comme un rocher au milieu
d'un océan de vagues oscillantes, sur les flots écumeux où la
monarchie, l'anarchie, le directoire, l'empire se sont heurtés
et entre-choqués comme des navires battus par la tempête et
privés de gouvernail, c'est un sujet de juste fierté pour les
membres de l'Académie que de contempler en arrière les an-
nées écoulées, et de voir à quel haut degré ils ont réalisé cette
tranquillité qui est plus souvent l'ostentation que la pratique
de ceux qui cultivent la science. Pendant que les grandes
guerres de la révolution étaient les plus ardentes, pendant
que le funeste conflit qui séparait la France et l'Angleterre
avait atteint son plus haut degré, la récompense honorifique
la plus élevée de l'Institut de France fut décernée à notre
grand chimiste Davy; pendant que tout Anglais se trouvant
sur le territoire français était fait prisonnier de guerre, et
que des animosités nationales étaient attisées au point d'une
véritable fureur volcanique, le lien amical de la science entre
les nations ennemies était si puisant que ce même grand
chimiste obtenait la permission spéciale de passer un mois,
non comme prisonnier de guerre, mais comme hôte, au milieu
de l'érudition , de l'élégance et de la splendeur impériale de
Paris.
» Il est rare, très-rare même que les académiciens se per-
mettent dans leurs murs sacrés quelque allusion à une affaire
qui concerne la politique des gouvernements. Ce sont des
questions considérées comme déplacées dans ces réunions, à
Paris aussi bien que chez nous, et avec raison, quand on
considère combien ces deux sortes de questions sont hétéro-
gènes. Néanmoins, en lisant les comptes rendus de l'Académie
des sciences pendant le mois dernier, nous remarquons que
M. de Lesseps, en discutant la possibilité de son célèbre
projet, fait allusion largement, et même un peu amèrement,
à la tournure politique que ce projet a prise. Il signale l'op-
position au sein du Parlement anglais et en dehors; et il con-
clut en disant que quelles que soient les difficultés de l'entre-
prise, politiques ou financières, du moins il n'y en a pas
d'autres. Le problème technique, nous assure-t-il, est tout à
fait une question de sa compétence; il affirme que l'on n'au-
rait probablement jamais objecté ces difficultés, s'il n'y avait
en jeu des jalousies nationales.
» La discussion d'une question politique dans l'Académie
de France est une chose si nouvelle, qu'elle doit surprendre
un grand nombre de personnes qui, comme nous, ont eu
l'habitude de suivre avec plaisir et avantage, depuis longues
années, les séances de ce corps savant. Xous désirerions presque
qu'il en fùt autrement. Les problèmes dont il s'agit dans
l'analyse des motifs humains, qui exercent de l'influence sur la
politique ou même sur les affaires moins importantes de la
vie morale, sont beaucoup trop complexes et indéterminés
pour pouvoir être traités d'une manière abstraite. Il en est
autrement de la science. Nous avons là un terrain où les vé-
rités peuvent être entrevues dans leur état non voilé, et être
poursuivies jusqu'à leurs conclusions inévitables. Le projet
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Beaucoup d'ingénieurs anglais compétents sont de ce dernier
avis. La possibilité du projet est un sujet excellent pour la
discussion scientifique, et maints spectateurs paisibles aime-
raient à connaître la vérité. Quand les savants et les ingé-
nieurs seront d'accord sur le projet, qu'on laisse alors aux
hommes politiques le soin de réconcilier les intérêts des na-
tions qu'ils représentent. En attendant, plus les savants se
renfermeront dans la science, et les ingénieurs, dans les ques-
tions techniques, plus leurs opinions auront de poids auprès
des autorités politiques. )
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membre de l'Académie des sciences de l'Institut impérial
de France? Est-ce que, sans être membre de l'Académie,
il a eu l'honneur de lire quelque mémoire sur le canal
de Suez devant ce corps illustre ? Pas le moins du
monde. Tout ce qu'a fait Il. Ferd. de Lesseps, c'est de
communiquer à l'Académie des sciences le manuscrit
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près celle communication que AI. le baron Charles Du-
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