Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-06-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 25 juin 1858 25 juin 1858
Description : 1858/06/25 (A3,N49). 1858/06/25 (A3,N49).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030953
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 09/04/2012
3J2 1 -, L'ISTHME DE SUËZ, VENDREDI 25 JUIN.
« Dans la seconde question, il s'agissait de l'isthme de Suez.
Le parti du progrès a été bien plus faible encore; il ne s'est
trouvé queJ62 voix pour demander que l'Angleterre se bornât
- à rester au moins neutre, contre 290 voix qui ont soutenu la
politique du parti hoslile au percement de l'isthme. M. Dis-
raeli et lord Palmerston se sont encore trouvés d'accord pour
combattre les idées nouvelles et pour traiter de chimère im-
praticable le plan des ingénieurs français. Ce spectacle était
pénible. Ces,hommes d'Etat, si désireux de maintenir cordia-
lement l'alliance avec la France, combattent avec une vive
énergie l'idée du percement de l'isthuie de Suez, parce que la
France pourrait l'utiliser, croient-ils, pour se frayer un che-
min dans tes Indes !
» Et ce sont les chefs du ministère actuel, ceux du minis-
tère renversé il y a trois mois, qui font miroiter ce fantôme
aux yeux du peuple anglais!
» Soixante-deux membres, vous ai-je dit, ont seuls voté
pour le percement de l'isthme; mais ces membres sont, par
leur patriotisme et l'autorité de leur nom , au premier rang
dans la Chambre des Communes. On compte parmi eux :
» Lord John Russell, M. Giadslone, M. Sidney-Herbert, sir
James Graham, M. Bright, M. Roebuck, M. Milher Gibson,
l'honorable M. Monsell, sir Charles Napier, sir Benjamin Hall,
M. Collier, sir J. Trelawny, M. Nicoll, etc., etc.
» Si la majorité des tories et des palmerstoniens a été si
considérable, c'est qu'elle s'est grossie de tous ces esprits étroits
qui voient-dans le succès des étrangers une rivalité et une
concifrrence dangereuses pour leur fortune à venir : c'est
l'égoïsme mercantile qui a donné le vote,
Pour extrait : F. PREVOST.
La Patrie du 5 juin apprécie les deux articles que
nous donnons dans notre numéro de ce jour du Times
et du Daily-News.
c La discussion qui vient d'avoir lieu à la Chambre des
Communes au sujet du canal de l'isthme de Suez, dit la Pa-
trie, a fourni au Times une nouvelle occasion d'attaquer vio-
lemment cette entreprise. D'arguments et de raisons plausi-
bles, il n'y en a pas l'ombre dans son article, mais comme
toujours les gros mots et les injures y foisonnent. En voici
le début : « Nos bons amis du continent sont rarement em-
barrassés pour trouver un sujet nouveau qui les mette à
même de signaler l'orgueil, l'avarice et la cruauté de la per-
fide Albion. Comme il y a eu disette depuis l'affaire de Pé-
rim, nos bons alliés, qui ne pourraient vivre sans répéter
que l'honneur de l'Angleterre n'existe plus, que le nom de
l'Angleterre est traîné dans la boue, en sont réduits à re-
mettre sur le tapis la question de l'isthme de Suez. )
Par le bon goût de cette entrée en matière, on peut facile-
ment juger de quelle façon le Times traite le projet. Il le dé-
clare matériellement impraticable et absurde au point de vue
commercial. Si la presse le soutient en France, c'est à l'insti-
gation de quelques compagnies de spéculateurs. Pour être
exécuté, dans le cas même où il pourrait l'être, le canal coû-
terait des sommes fabuleuses et rapporterait zéro. Tout le
monde perdrait quelque chose à cette entreprise : l'empire
ottoman, son intégrité; l'Égypte, les territoires qu'elle aurait
cédés; les actionnaires, leur argent; l'Angleterre., son in-
fluence, et les autres peuples leurs relations commerciales.
Comment le Times établit-il ces lamentables assertions ? Pas
si simple que de les prouver. N'est-il pas plus commode d'af-
firmer et de conclure ainsi : « La Turquie agit donc sagement
en ne permettant pas à une société d'aventuriers d'acquérir
des droits en Égypte à propos d'un plan irréalisable. » Ce
donc du Times résume toutes ses preuves.
« Fort heureusement toute la presse anglaise n'en est pas
là, et plusieurs journaux de Londres montrent des disposi-
tions favorables au percement de l'isthme de Suez, soit qu'ils
aient sur le droit et la justice des idées plus avancées que
celles du Times, soit qu'ils aient cédé aux influences des'com-
pa^nies de spéculateurs et d'aventuriers. De ce nombre se
trouve le Daily News, dont nous aimons à citer l'article. —
JONCIÈRES. »
Suit une partie de l'article du Daily-News.
Le Moniteur industriel du G juin donne presque en
entier les débats de la Chambre des Communes, et il
les fait précéder de quelques réflexions.
Le Moniteur industriel du 10 juin revient comme il
l'avait promis sur ce sujet, et voici les principaux pas-
sages de l'article qu'il y consacre :
u Nous avons cru devoir consacrer notre dernier supplé-
ment, dans son entier, à la reproduction de la discussion
très-instructive et très-importante suscitée le 1er juin dans la
Chambre des Communes par la motion de M. Roebuck sur le
canal de Suez. Ce débat en effet est un véritable document
et comme l'indicateur public de ce qui est fait et de ce qui
reste à faire. Nous avons aujourd'hui à remplir une autre
partie de notre mission, celle d'examiner impartialement,
sans passion, sans optimisme, comme sans pessimisme, la
portée de cette discussion, la signification du vote qui l'a
suivie, et l'avenir de la question dans les termes où désormais
elle est placée.
» Nous avons déjà dit qu'au point de vue moral, cette
séance était pour le projet une première victoire. Malgré
toutes leurs répugnances, ses adversaires ont été contraints
de subir enfin la controverse et d'aborder contradictoirement
la discussion publique. Cette discussion elle-même, nous
l'avançons hardiment, a été un triomphe continuel pour la
cause que nous défendons avec toute l'Europe. Rien de plus
pauvre, on peut le dire, que l'attitude du parti adverse; il a
été forcé de désavouer toutes ses manœuvres secrètes; il a été
réduit à donner un démenti éclatant aux faits et à la con-
science universelle, en niant la pression exercée à Constanti-
nople par les agents de la diplomatie britannique. Cette dé-
négation ne trompera personne; elle n'en est pas moins un
hommage rendu par la violence hypocrite à l'équité humaine
et au droit des nations.
» Le vote matériel est loin d'être aussi satisfaisant. Toute-
fois, en l'étudiant avec attention, il ne laisse point de nous
donner les plus justes espérances. Cette conviction nous la
justifierons tout à l'heure »par l'étude du débat. Mais d'abord,
nous la trouvons confirmée par les conclusions d'un excel-
lent article du Daily-News, qui, après avoir déploré avec une
grande puissance de raison la faiblesse qu'a montrée la ma-
jorité de la Chambre, termine ses réflexions par les considé-
rations suivantes :
« Il serait consolant de penser que les hommes politiques
du continent ne se contenteront point simplement de constater
le résultat du vote, mais qu'ils liront la discussion dont il a
été précédé. S'ils le font, ils arriveront probablement à cette
conclusion, qu'à un grand degré la majorité est composée de
ceux qui, en de semblables questions, trouvent plus facile de
voter que de penser, et que, quoique le poids du nombre soit
d'un côté, la prépondérance de la raison et de l'autorité est
de l'autre. »
« Dans la seconde question, il s'agissait de l'isthme de Suez.
Le parti du progrès a été bien plus faible encore; il ne s'est
trouvé queJ62 voix pour demander que l'Angleterre se bornât
- à rester au moins neutre, contre 290 voix qui ont soutenu la
politique du parti hoslile au percement de l'isthme. M. Dis-
raeli et lord Palmerston se sont encore trouvés d'accord pour
combattre les idées nouvelles et pour traiter de chimère im-
praticable le plan des ingénieurs français. Ce spectacle était
pénible. Ces,hommes d'Etat, si désireux de maintenir cordia-
lement l'alliance avec la France, combattent avec une vive
énergie l'idée du percement de l'isthuie de Suez, parce que la
France pourrait l'utiliser, croient-ils, pour se frayer un che-
min dans tes Indes !
» Et ce sont les chefs du ministère actuel, ceux du minis-
tère renversé il y a trois mois, qui font miroiter ce fantôme
aux yeux du peuple anglais!
» Soixante-deux membres, vous ai-je dit, ont seuls voté
pour le percement de l'isthme; mais ces membres sont, par
leur patriotisme et l'autorité de leur nom , au premier rang
dans la Chambre des Communes. On compte parmi eux :
» Lord John Russell, M. Giadslone, M. Sidney-Herbert, sir
James Graham, M. Bright, M. Roebuck, M. Milher Gibson,
l'honorable M. Monsell, sir Charles Napier, sir Benjamin Hall,
M. Collier, sir J. Trelawny, M. Nicoll, etc., etc.
» Si la majorité des tories et des palmerstoniens a été si
considérable, c'est qu'elle s'est grossie de tous ces esprits étroits
qui voient-dans le succès des étrangers une rivalité et une
concifrrence dangereuses pour leur fortune à venir : c'est
l'égoïsme mercantile qui a donné le vote,
Pour extrait : F. PREVOST.
La Patrie du 5 juin apprécie les deux articles que
nous donnons dans notre numéro de ce jour du Times
et du Daily-News.
c La discussion qui vient d'avoir lieu à la Chambre des
Communes au sujet du canal de l'isthme de Suez, dit la Pa-
trie, a fourni au Times une nouvelle occasion d'attaquer vio-
lemment cette entreprise. D'arguments et de raisons plausi-
bles, il n'y en a pas l'ombre dans son article, mais comme
toujours les gros mots et les injures y foisonnent. En voici
le début : « Nos bons amis du continent sont rarement em-
barrassés pour trouver un sujet nouveau qui les mette à
même de signaler l'orgueil, l'avarice et la cruauté de la per-
fide Albion. Comme il y a eu disette depuis l'affaire de Pé-
rim, nos bons alliés, qui ne pourraient vivre sans répéter
que l'honneur de l'Angleterre n'existe plus, que le nom de
l'Angleterre est traîné dans la boue, en sont réduits à re-
mettre sur le tapis la question de l'isthme de Suez. )
Par le bon goût de cette entrée en matière, on peut facile-
ment juger de quelle façon le Times traite le projet. Il le dé-
clare matériellement impraticable et absurde au point de vue
commercial. Si la presse le soutient en France, c'est à l'insti-
gation de quelques compagnies de spéculateurs. Pour être
exécuté, dans le cas même où il pourrait l'être, le canal coû-
terait des sommes fabuleuses et rapporterait zéro. Tout le
monde perdrait quelque chose à cette entreprise : l'empire
ottoman, son intégrité; l'Égypte, les territoires qu'elle aurait
cédés; les actionnaires, leur argent; l'Angleterre., son in-
fluence, et les autres peuples leurs relations commerciales.
Comment le Times établit-il ces lamentables assertions ? Pas
si simple que de les prouver. N'est-il pas plus commode d'af-
firmer et de conclure ainsi : « La Turquie agit donc sagement
en ne permettant pas à une société d'aventuriers d'acquérir
des droits en Égypte à propos d'un plan irréalisable. » Ce
donc du Times résume toutes ses preuves.
« Fort heureusement toute la presse anglaise n'en est pas
là, et plusieurs journaux de Londres montrent des disposi-
tions favorables au percement de l'isthme de Suez, soit qu'ils
aient sur le droit et la justice des idées plus avancées que
celles du Times, soit qu'ils aient cédé aux influences des'com-
pa^nies de spéculateurs et d'aventuriers. De ce nombre se
trouve le Daily News, dont nous aimons à citer l'article. —
JONCIÈRES. »
Suit une partie de l'article du Daily-News.
Le Moniteur industriel du G juin donne presque en
entier les débats de la Chambre des Communes, et il
les fait précéder de quelques réflexions.
Le Moniteur industriel du 10 juin revient comme il
l'avait promis sur ce sujet, et voici les principaux pas-
sages de l'article qu'il y consacre :
u Nous avons cru devoir consacrer notre dernier supplé-
ment, dans son entier, à la reproduction de la discussion
très-instructive et très-importante suscitée le 1er juin dans la
Chambre des Communes par la motion de M. Roebuck sur le
canal de Suez. Ce débat en effet est un véritable document
et comme l'indicateur public de ce qui est fait et de ce qui
reste à faire. Nous avons aujourd'hui à remplir une autre
partie de notre mission, celle d'examiner impartialement,
sans passion, sans optimisme, comme sans pessimisme, la
portée de cette discussion, la signification du vote qui l'a
suivie, et l'avenir de la question dans les termes où désormais
elle est placée.
» Nous avons déjà dit qu'au point de vue moral, cette
séance était pour le projet une première victoire. Malgré
toutes leurs répugnances, ses adversaires ont été contraints
de subir enfin la controverse et d'aborder contradictoirement
la discussion publique. Cette discussion elle-même, nous
l'avançons hardiment, a été un triomphe continuel pour la
cause que nous défendons avec toute l'Europe. Rien de plus
pauvre, on peut le dire, que l'attitude du parti adverse; il a
été forcé de désavouer toutes ses manœuvres secrètes; il a été
réduit à donner un démenti éclatant aux faits et à la con-
science universelle, en niant la pression exercée à Constanti-
nople par les agents de la diplomatie britannique. Cette dé-
négation ne trompera personne; elle n'en est pas moins un
hommage rendu par la violence hypocrite à l'équité humaine
et au droit des nations.
» Le vote matériel est loin d'être aussi satisfaisant. Toute-
fois, en l'étudiant avec attention, il ne laisse point de nous
donner les plus justes espérances. Cette conviction nous la
justifierons tout à l'heure »par l'étude du débat. Mais d'abord,
nous la trouvons confirmée par les conclusions d'un excel-
lent article du Daily-News, qui, après avoir déploré avec une
grande puissance de raison la faiblesse qu'a montrée la ma-
jorité de la Chambre, termine ses réflexions par les considé-
rations suivantes :
« Il serait consolant de penser que les hommes politiques
du continent ne se contenteront point simplement de constater
le résultat du vote, mais qu'ils liront la discussion dont il a
été précédé. S'ils le font, ils arriveront probablement à cette
conclusion, qu'à un grand degré la majorité est composée de
ceux qui, en de semblables questions, trouvent plus facile de
voter que de penser, et que, quoique le poids du nombre soit
d'un côté, la prépondérance de la raison et de l'autorité est
de l'autre. »
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