Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-05-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 mai 1858 25 mai 1858
Description : 1858/05/25 (A3,N47). 1858/05/25 (A3,N47).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030938
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
MARDI 25 MAI. * JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS 255
que nous venons de rappeler un peu plus haut, que cette
pétition sera prise en grande considération par le gou-
vernement anglais. Les journaux conseillent de ne pas
s'agrandir outre mesure, et l'avis peut être dicté par une
sage politique ; mais les besoins du commerce s'accrois-
sent chaque jour; et, par une conséquence fatale, les
agrandissements territoriaux sont inévitables. C'est ce
qu'on a vu clairement dans l'antiquité par l'histoire de
l'Empire Romain. On s'étend sans cesse et sans aucune
modération, jusqu'à ce que l'immense étendue des do-
maines soit telle qu'on ne puisse plus les gouverner ni
les défendre.
ERNEST DESPLACES.
DE LA DISTRIBUTION DES TERRES EN AUSTRALIE.
Le Times du 7 mai combat énergiquement le système
administratif suivi par le gouvernement anglais dans les
colonies d'Australie , en signalant surtout les fâcheuses
conséquences du monopole des terres au profit des pro-
priétaires de nombreux troupeaux.
« Les terres d'Australie, dit le Times, se trouvent entre les
mains d'un très-petit nombre de propriétaires. La permanence
de la tenure a été assurée, sous des noms différents et dans
diverses circonstances, à ceux qui en ont pris possession les
premiers; et le vaste intérieur du pays est réellement fermé à
celui qui veut se faire colon. Il en résulte d'abord un grand
mécontentement trop bien fondé de la part de la population,
et qui tend vers un développement extrêmement démocratique.
Vient ensuite l'impossibilité pour les classes laborieuses de
placer leurs économies, qui, dans un pays nouveau, n'ont pas
d'autre placement que le sol. Un chercheur d'or qui revient à
Victoria avec une somme de 1,000 livres, qu'en fera-t-il ? La
ressource naturelle d'un homme dans sa position, l'achat et la
culture d'une petite ferme lui sont refusés. A Victoria, il peut
faire de l'argent, il peut le dépenser; mais l'économiser, le
placer, en s'établissant définitivement comme agriculteur, cela
ne lui est pas permis. Il ne lui reste qu'à accepter la seule al-
ternative que le gouvernement lui a laissée: il (luitte la colonie
pour faire valoir son capital dans un autre pays plus libre et
plus heureux. Toutes les semaines, on peut voir une longue
liste des départs, qui souvent égalent par leur nombre les arri-
- vées de nouveaux émigrants, et quelquefois les dépassent.
Quand on sait que l'or n'est pas le plus grand trésor que la
nature ait donné à la colonie de Victoria, on ne peut attribuer
ces départs qu'à des lois imparfaites. Un climat délicieux et
salubre, un sol d'une fertilité sans pareille, faiblement boité
et d'un accès facile ; des lacs et des rivières alimentés par les
neiges de hautes montagnes; une longue côte maritime, une
position au centre du groupe australien, tout cela se combine
pour rendre ce pays le plus attrayant de la terre. Néanmoins il
est condamné à une stérilité perpétuelle, et ses riches terres
arables sont soustraites à la culture, pour nous fournir du suif
et de la laine que nous pourrions nous procurer dans les steppes
inhospitaliers de la Russie ou les déserts arides de l'Afrique du
Sud. Naturellement notre commerce se ressent de l'instabilité
de l'état social. Au lieu d'un développement méthodique et
systématique de ses ressources, tel qu'il résulterait du pla-
cement des capitaux dans le sol d'où ils ont été tirés ; au lieu de
l'ouverture du vaste intérieur et de l'établissement d'une large
population, augmentant sa consommation de produits anglais -
à mesure qu'elle croit en richesses et en nombre, nous avons
à pourvoir aux besoins d'une race nomade, toujours allant et
venant, dispersée inégalement sur le pays, et sans ordre ni
système, vivant de la main à la bouche, prodigue et démora-
lisée, s'ameutant dans l'abondance, s'affaissant dans le besoin,
et continuellement réduite par le départ des meilleurs et des
plus forts, qui s'en vont chercher dans d'autres pays le repos
et l'établissement permanent qu'ils ne peuvent trouver en Vic-
toria. »
Cet état de choses a eu pour conséquence inévitable,
selon le Times., un accroissement continuel du paupé-
risme. Pour procurer du travail à ces gens sans ressour-
ces, on fait des emprunts et on construit des chemins de
fer, mais presque inutilement. Car à quoi peuvent servir
des chemins de fer qui aboutissent à des déserts ? Sans
les inépuisables mines d'or, on n'aurait probablement
jamais eu de chemins de fer en Australie. « L'Angleterre
souffre maintenant par sa propre faute, ajoute le journal ;
malheureusement en commettant cette faute , elle s'est
aussi privée des moyens de la réparer. »
Ces considérations du Times sont sans doute fort
exactes , et elles s'accordent avec celles que nous pré-
sentait un de nos correspondants. (Voir nos numéros du
25 juin 1857, page 217, et du 10 décembre, page 528.)
L'Australie néanmoins fait chaque année de grands pro-
grès; mais elle pourrait en faire bien davantage encore
si son régime économique était meilleur.
G. IVAGENER.
L'ACHÈVEMENT DU et LÉVIATHAN. »
On lit les détails suivants dans plusieurs journaux
anglais:
« Une assemblée des actionnaires de la Compagnie Orientale
de navigation à vapeur a eu lieu samedi 17 avril, sous la
présidence de M. Hope. Le rapport général a été adopté, et
on a .résolu d'autoriser les directeurs à appeler une somme
de 220,000 liv. (5,500,000 fr. ), dont 100,000 liv. accordées
dans le meeting de juillet 1857, de la manière qu'ils croiront
la plus convenable, et avec faculté démettre de nouveau les
actions confisquées.
i, Il a été constaté que, d'après les devis et contrats, il faudra à
peu près 172,000 liv. (4,500,000 fr. ) pour équiper complète-
inent le Lévialhan; que les engagements montent à 91,282 liv.,
y compris 50,000 liv. pour emprunts temporaires, dont les di-
recteurs sont responsables, et que les fonds en caisse s'élèvent
à 52,000 liv. La somme nécessaire est par conséquent de
211,282 liv., ou, en ajoutant 8,718 liv. pour les éventualités,
de 220,000 liv. st. Les frais totaux du bâtiment s'élèveront
ainsi à 804,522 liv. (21 millions de francs), ou 34 liv. st. par
tonne. Le bureau croit que le voyage préliminaire en Amé-
rique donnera des profits suffisants pour couvrir les frais de
cette épreuve. Les espérances se fondent principalement sur
la préférence que l'on donnera à ce navire sur les autres, à
cause de sa grande capacité et de sa vitesse, et ensuite sur sa
grande utilité dans des éventualités comme celles de l'Inde. On
ne croit pas qu'il soit achevé avant l'automne, tandis que les
excursions préliminaires seront probablement terminées avant
l'ouverture du commerce de printemps. Quant au mode de
lever les sommes nécessaires, on a laissé ce soin entièrement
aux directeurs et au comité de surveillance, »
que nous venons de rappeler un peu plus haut, que cette
pétition sera prise en grande considération par le gou-
vernement anglais. Les journaux conseillent de ne pas
s'agrandir outre mesure, et l'avis peut être dicté par une
sage politique ; mais les besoins du commerce s'accrois-
sent chaque jour; et, par une conséquence fatale, les
agrandissements territoriaux sont inévitables. C'est ce
qu'on a vu clairement dans l'antiquité par l'histoire de
l'Empire Romain. On s'étend sans cesse et sans aucune
modération, jusqu'à ce que l'immense étendue des do-
maines soit telle qu'on ne puisse plus les gouverner ni
les défendre.
ERNEST DESPLACES.
DE LA DISTRIBUTION DES TERRES EN AUSTRALIE.
Le Times du 7 mai combat énergiquement le système
administratif suivi par le gouvernement anglais dans les
colonies d'Australie , en signalant surtout les fâcheuses
conséquences du monopole des terres au profit des pro-
priétaires de nombreux troupeaux.
« Les terres d'Australie, dit le Times, se trouvent entre les
mains d'un très-petit nombre de propriétaires. La permanence
de la tenure a été assurée, sous des noms différents et dans
diverses circonstances, à ceux qui en ont pris possession les
premiers; et le vaste intérieur du pays est réellement fermé à
celui qui veut se faire colon. Il en résulte d'abord un grand
mécontentement trop bien fondé de la part de la population,
et qui tend vers un développement extrêmement démocratique.
Vient ensuite l'impossibilité pour les classes laborieuses de
placer leurs économies, qui, dans un pays nouveau, n'ont pas
d'autre placement que le sol. Un chercheur d'or qui revient à
Victoria avec une somme de 1,000 livres, qu'en fera-t-il ? La
ressource naturelle d'un homme dans sa position, l'achat et la
culture d'une petite ferme lui sont refusés. A Victoria, il peut
faire de l'argent, il peut le dépenser; mais l'économiser, le
placer, en s'établissant définitivement comme agriculteur, cela
ne lui est pas permis. Il ne lui reste qu'à accepter la seule al-
ternative que le gouvernement lui a laissée: il (luitte la colonie
pour faire valoir son capital dans un autre pays plus libre et
plus heureux. Toutes les semaines, on peut voir une longue
liste des départs, qui souvent égalent par leur nombre les arri-
- vées de nouveaux émigrants, et quelquefois les dépassent.
Quand on sait que l'or n'est pas le plus grand trésor que la
nature ait donné à la colonie de Victoria, on ne peut attribuer
ces départs qu'à des lois imparfaites. Un climat délicieux et
salubre, un sol d'une fertilité sans pareille, faiblement boité
et d'un accès facile ; des lacs et des rivières alimentés par les
neiges de hautes montagnes; une longue côte maritime, une
position au centre du groupe australien, tout cela se combine
pour rendre ce pays le plus attrayant de la terre. Néanmoins il
est condamné à une stérilité perpétuelle, et ses riches terres
arables sont soustraites à la culture, pour nous fournir du suif
et de la laine que nous pourrions nous procurer dans les steppes
inhospitaliers de la Russie ou les déserts arides de l'Afrique du
Sud. Naturellement notre commerce se ressent de l'instabilité
de l'état social. Au lieu d'un développement méthodique et
systématique de ses ressources, tel qu'il résulterait du pla-
cement des capitaux dans le sol d'où ils ont été tirés ; au lieu de
l'ouverture du vaste intérieur et de l'établissement d'une large
population, augmentant sa consommation de produits anglais -
à mesure qu'elle croit en richesses et en nombre, nous avons
à pourvoir aux besoins d'une race nomade, toujours allant et
venant, dispersée inégalement sur le pays, et sans ordre ni
système, vivant de la main à la bouche, prodigue et démora-
lisée, s'ameutant dans l'abondance, s'affaissant dans le besoin,
et continuellement réduite par le départ des meilleurs et des
plus forts, qui s'en vont chercher dans d'autres pays le repos
et l'établissement permanent qu'ils ne peuvent trouver en Vic-
toria. »
Cet état de choses a eu pour conséquence inévitable,
selon le Times., un accroissement continuel du paupé-
risme. Pour procurer du travail à ces gens sans ressour-
ces, on fait des emprunts et on construit des chemins de
fer, mais presque inutilement. Car à quoi peuvent servir
des chemins de fer qui aboutissent à des déserts ? Sans
les inépuisables mines d'or, on n'aurait probablement
jamais eu de chemins de fer en Australie. « L'Angleterre
souffre maintenant par sa propre faute, ajoute le journal ;
malheureusement en commettant cette faute , elle s'est
aussi privée des moyens de la réparer. »
Ces considérations du Times sont sans doute fort
exactes , et elles s'accordent avec celles que nous pré-
sentait un de nos correspondants. (Voir nos numéros du
25 juin 1857, page 217, et du 10 décembre, page 528.)
L'Australie néanmoins fait chaque année de grands pro-
grès; mais elle pourrait en faire bien davantage encore
si son régime économique était meilleur.
G. IVAGENER.
L'ACHÈVEMENT DU et LÉVIATHAN. »
On lit les détails suivants dans plusieurs journaux
anglais:
« Une assemblée des actionnaires de la Compagnie Orientale
de navigation à vapeur a eu lieu samedi 17 avril, sous la
présidence de M. Hope. Le rapport général a été adopté, et
on a .résolu d'autoriser les directeurs à appeler une somme
de 220,000 liv. (5,500,000 fr. ), dont 100,000 liv. accordées
dans le meeting de juillet 1857, de la manière qu'ils croiront
la plus convenable, et avec faculté démettre de nouveau les
actions confisquées.
i, Il a été constaté que, d'après les devis et contrats, il faudra à
peu près 172,000 liv. (4,500,000 fr. ) pour équiper complète-
inent le Lévialhan; que les engagements montent à 91,282 liv.,
y compris 50,000 liv. pour emprunts temporaires, dont les di-
recteurs sont responsables, et que les fonds en caisse s'élèvent
à 52,000 liv. La somme nécessaire est par conséquent de
211,282 liv., ou, en ajoutant 8,718 liv. pour les éventualités,
de 220,000 liv. st. Les frais totaux du bâtiment s'élèveront
ainsi à 804,522 liv. (21 millions de francs), ou 34 liv. st. par
tonne. Le bureau croit que le voyage préliminaire en Amé-
rique donnera des profits suffisants pour couvrir les frais de
cette épreuve. Les espérances se fondent principalement sur
la préférence que l'on donnera à ce navire sur les autres, à
cause de sa grande capacité et de sa vitesse, et ensuite sur sa
grande utilité dans des éventualités comme celles de l'Inde. On
ne croit pas qu'il soit achevé avant l'automne, tandis que les
excursions préliminaires seront probablement terminées avant
l'ouverture du commerce de printemps. Quant au mode de
lever les sommes nécessaires, on a laissé ce soin entièrement
aux directeurs et au comité de surveillance, »
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.82%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.82%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
-
-
Page
chiffre de pagination vue 7/16
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k62030938/f7.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k62030938/f7.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k62030938/f7.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k62030938
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k62030938