Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-05-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 mai 1858 10 mai 1858
Description : 1858/05/10 (A3,N46). 1858/05/10 (A3,N46).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203092v
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
218 USTHMM DE SLEZ, LUNDI 10 MAI.
mandé au gouvernement turc la ratification delà conces-
sion du canal de Suez, et que le Divan avait rejeté cette
demande de notre ambassadeur.
Ces prétendues démarches étaient non moins fausses
que la lettre du grand-vizir Réchid-Pacha ; M. Thouvenel
ne les avait jamais faites. Second mensonge.
Enfin, dans le mois d'avril, une nouvelle dépêche de
Trieste, 22 avril, annonçait que le Vice-roi d'Egypte,
ayant écrit à la Porte Ottomane une lettre favorable au
percement de l'isthme de Suez, la Porte lui avait enjoint
de cesser de pareilles démarches.
S. A. le Vice-roi d'Egypte n'a point écrit de lettre, quoi-
qu'il fût parfaitement naturel qu'il soutint de cette ma-
nière la concession qu'il a faite du canal de Suez, et le
Divan n'a point eu à le blâmer. Troisième mensonge.
Il est clair, d'après cet faits, qu'il y a un système adopté
par nos adversaires de fabriquer des nouvelles fausses
pour abuser quelques instants le public européen, et
nuire ainsi autant qu'ils le peuvent à l'entreprise du canal
de §uez.
-Nous laissons à tous les gens honnêtes le soin de juger ,
de semblables manœuvres. Il nous suffira de les signaler
à un juste mépris, et de mettre en même temps les
journaux de tous les pays en garde contre des surprimes
si déloyale».
D'ailleurs, voici comment l'emploi de telles armes a
été jugé par d'autres que nous.
On lit dans la Presse d'Orient y Constantinople
17 avril :
a Nous pourrions relever dans chaque courrier d'assez
nombreuses erreurs ou fausses nouvelles de l'Orient trans-
mises par le télégraphe de Trieste ou de Marseille à une
agence de Paris, dont les renseignements, venus par d'autres
voies, sont généralement exacts.
» Nous nous contenterons de relever des renseignements
tout récents expédiés au sujet du canal de Suez.
» On écrit de Trieste que M. l'ambassadeur de France a
complètement échoué dans ses démarches faites auprès de la
Porte dans le but d'obtenir l'autorisation sollicitée par M. F. de
Lesseps pour mettre à exécution la concession du canal de
Suez. -
» Chacun sait ici que cette nouvelle n'a pas le moindre*
fondement. La dépêche envoyée de Trieste à Paris n'était que
le résumé d'une correspondance adressée de Constantinople à
un journal de Trieste.
» Trois jours plus tard, à l'arrivée du paquebot de Constan-
tinople à Marseille, la même nouvelle était transmise, dans
les mêmes termes, de cette dernière ville à Paris.
» Il y a évidemment un parti pris de tromper et une con-
nivence incontestable dont l'agence télégraphique de Paris et
le journal de Trieste sont également victimes.
» Nous croyons devoir signaler ces faits vraiment inquali-
fiables à l'attention de la presse occidentale.
» Le Constitutionnel a démenti, du reste, la double dépêche
télégraphique de Marseille et de Trieste. Ce journal déclare
que M. l'ambassadeur de France nv peut pas avoir éprouvé
refus de la Porte relativement au canal de Suez, par
c ente raison qu'il n'a fait aucune démarche à ce sujtt. »
~.,->-,.,
No ne savons pas précisément si ces accusations sont
auisi justes contre les agents de Marseille qui ont fait
ÈîO'fi
;;..-;<11', ï
leurs réserves que contre les agents de Trieste; mais
nous ne demandons pas mieux que d'accueillir les
tifications.
On lit dans le Siècle du 24 avril :
« Une dépêche nous apprend que la Porte Ottomane blàme
le Vice-roi d'Egypte d'avoir écrit une lettre favorable au per-
cement de l'isthme de Suez, et lui enjoint de ne pas tomber
dans la récidive.
n Les conseils généraux et les chambres de commerce de
France ont réclamé l'ouverture du canal de Suez. Le gouver-
nement français l'aurait volontiers appuyée à Constantinople,
où l'Angleterre la combattait de tout son pouvoir. Lord Pal-
merston s'y était opposé avec opiniâtreté, et le ministère
Derby a dédaigné de s'expliquer sur le côté politique de la
question, en alléguant que le -côté scientifique n'était pas jugé,
et que, d'après les études faites, les ingénieurs angl'is consi-
déraient le percement de l'isthme comme impraticable. Le
Times a dit plus franchement que la Grande-Bretagne croyait
le projet contraire à ses intérêts. La Porte devait-elle entrer
dans ces vues? Au moment où l'ambition de la Russie mena-
çait l'Orient d'un imminent danger, une nation a pris l'initia-
tive de la défense de la Turquie: c'est la France, dont les
efforts ont organisé la résistance aux envahissements territo-
riaux des czars; c'est la France qui a donné l'exemple des sa-
crifices et qui a rempli le 'rôle le plus important dans la
guerre. Ceci méritait bien quelque considération; la Porte Ot-
tomane aurait pu avoir plus d'égards pour les vœux de la
France et de l'Europe, et ne pas se faire l'humble exécutrice
des volontés de l'Angleterre. Mais la dépêche que nous pu-
blions sera peut-être contredite. Espérons que la Parte aura
un sentiment plus juste de ce qu'elle doit non-seulement à la
France, mais à l'Europe entière. »
Voici l'article du Moniteur de la Flotte sur ce même
sujet :
DÉPÈCHE DE CONSTANTINOPLE
SUR LE nCE - ROI D'EGYPTE.
Plusieurs journaux ont publié la dépêche suivante :
« Trieste, 22 avril.
» Les nouvelles de Constantinople annoncent qu'une note
» de la Porte Ottomane reproche au Vice-roi d'Egypte d'avoir
.> écrit une lettre favorable au percement de l'isthme de Suez,
» et lui ordonne de cesser de pareilles démarches. »
Voilà la dépêche expédiée de Constantinople, sans doute le
17 de ce mois, bien qu'on ne le dise pas précisément.
Vraiment il est difficile de trouver une plus pauvre inven-
tion. Comment! Le Vice roi d'Egypte s'est permis d'écrire une
lettre favorable au percement de l'isthme de Suez ! Mais c'est
à ne pas y croire! Quelle audace! quelle inconvenance! Par
malheur, ceux qui ont rédigé cette dépêche n'ont oublié
qu'une chose, c'est que S. A. le Vice-roi d'Egypte a fait bien
plus que d'écrire une lettre en faveur du canal de Suez : il a
fait la concession. Apparemment qu'il est bien disposé pour
l'entreprise, puisque c'est lui qui l'a autorisée, et que, sans
son consentement préalable, elle n'aurait jamais pu naître.
Si le rédacteur de la dépêche avait un instant songé à cela, il
est probable que nous aurions été privés de sa prose. Nous
n'aurions peut-être pas perdu grand'cbose.
Mais, ajoute-t-on, la POl te Ottomane reproche cette lettre
au Vice-roi d'Égypte, et lui défend de renouveler de sembla-
bles démarches.
Il faut convenir que la conclusion vaut au moins les pré-
misses. La colère de la Porte est le juste châtiment de l'audace
mandé au gouvernement turc la ratification delà conces-
sion du canal de Suez, et que le Divan avait rejeté cette
demande de notre ambassadeur.
Ces prétendues démarches étaient non moins fausses
que la lettre du grand-vizir Réchid-Pacha ; M. Thouvenel
ne les avait jamais faites. Second mensonge.
Enfin, dans le mois d'avril, une nouvelle dépêche de
Trieste, 22 avril, annonçait que le Vice-roi d'Egypte,
ayant écrit à la Porte Ottomane une lettre favorable au
percement de l'isthme de Suez, la Porte lui avait enjoint
de cesser de pareilles démarches.
S. A. le Vice-roi d'Egypte n'a point écrit de lettre, quoi-
qu'il fût parfaitement naturel qu'il soutint de cette ma-
nière la concession qu'il a faite du canal de Suez, et le
Divan n'a point eu à le blâmer. Troisième mensonge.
Il est clair, d'après cet faits, qu'il y a un système adopté
par nos adversaires de fabriquer des nouvelles fausses
pour abuser quelques instants le public européen, et
nuire ainsi autant qu'ils le peuvent à l'entreprise du canal
de §uez.
-Nous laissons à tous les gens honnêtes le soin de juger ,
de semblables manœuvres. Il nous suffira de les signaler
à un juste mépris, et de mettre en même temps les
journaux de tous les pays en garde contre des surprimes
si déloyale».
D'ailleurs, voici comment l'emploi de telles armes a
été jugé par d'autres que nous.
On lit dans la Presse d'Orient y Constantinople
17 avril :
a Nous pourrions relever dans chaque courrier d'assez
nombreuses erreurs ou fausses nouvelles de l'Orient trans-
mises par le télégraphe de Trieste ou de Marseille à une
agence de Paris, dont les renseignements, venus par d'autres
voies, sont généralement exacts.
» Nous nous contenterons de relever des renseignements
tout récents expédiés au sujet du canal de Suez.
» On écrit de Trieste que M. l'ambassadeur de France a
complètement échoué dans ses démarches faites auprès de la
Porte dans le but d'obtenir l'autorisation sollicitée par M. F. de
Lesseps pour mettre à exécution la concession du canal de
Suez. -
» Chacun sait ici que cette nouvelle n'a pas le moindre*
fondement. La dépêche envoyée de Trieste à Paris n'était que
le résumé d'une correspondance adressée de Constantinople à
un journal de Trieste.
» Trois jours plus tard, à l'arrivée du paquebot de Constan-
tinople à Marseille, la même nouvelle était transmise, dans
les mêmes termes, de cette dernière ville à Paris.
» Il y a évidemment un parti pris de tromper et une con-
nivence incontestable dont l'agence télégraphique de Paris et
le journal de Trieste sont également victimes.
» Nous croyons devoir signaler ces faits vraiment inquali-
fiables à l'attention de la presse occidentale.
» Le Constitutionnel a démenti, du reste, la double dépêche
télégraphique de Marseille et de Trieste. Ce journal déclare
que M. l'ambassadeur de France nv peut pas avoir éprouvé
refus de la Porte relativement au canal de Suez, par
c ente raison qu'il n'a fait aucune démarche à ce sujtt. »
~.,->-,.,
No ne savons pas précisément si ces accusations sont
auisi justes contre les agents de Marseille qui ont fait
ÈîO'fi
;;..-;<11', ï
leurs réserves que contre les agents de Trieste; mais
nous ne demandons pas mieux que d'accueillir les
tifications.
On lit dans le Siècle du 24 avril :
« Une dépêche nous apprend que la Porte Ottomane blàme
le Vice-roi d'Egypte d'avoir écrit une lettre favorable au per-
cement de l'isthme de Suez, et lui enjoint de ne pas tomber
dans la récidive.
n Les conseils généraux et les chambres de commerce de
France ont réclamé l'ouverture du canal de Suez. Le gouver-
nement français l'aurait volontiers appuyée à Constantinople,
où l'Angleterre la combattait de tout son pouvoir. Lord Pal-
merston s'y était opposé avec opiniâtreté, et le ministère
Derby a dédaigné de s'expliquer sur le côté politique de la
question, en alléguant que le -côté scientifique n'était pas jugé,
et que, d'après les études faites, les ingénieurs angl'is consi-
déraient le percement de l'isthme comme impraticable. Le
Times a dit plus franchement que la Grande-Bretagne croyait
le projet contraire à ses intérêts. La Porte devait-elle entrer
dans ces vues? Au moment où l'ambition de la Russie mena-
çait l'Orient d'un imminent danger, une nation a pris l'initia-
tive de la défense de la Turquie: c'est la France, dont les
efforts ont organisé la résistance aux envahissements territo-
riaux des czars; c'est la France qui a donné l'exemple des sa-
crifices et qui a rempli le 'rôle le plus important dans la
guerre. Ceci méritait bien quelque considération; la Porte Ot-
tomane aurait pu avoir plus d'égards pour les vœux de la
France et de l'Europe, et ne pas se faire l'humble exécutrice
des volontés de l'Angleterre. Mais la dépêche que nous pu-
blions sera peut-être contredite. Espérons que la Parte aura
un sentiment plus juste de ce qu'elle doit non-seulement à la
France, mais à l'Europe entière. »
Voici l'article du Moniteur de la Flotte sur ce même
sujet :
DÉPÈCHE DE CONSTANTINOPLE
SUR LE nCE - ROI D'EGYPTE.
Plusieurs journaux ont publié la dépêche suivante :
« Trieste, 22 avril.
» Les nouvelles de Constantinople annoncent qu'une note
» de la Porte Ottomane reproche au Vice-roi d'Egypte d'avoir
.> écrit une lettre favorable au percement de l'isthme de Suez,
» et lui ordonne de cesser de pareilles démarches. »
Voilà la dépêche expédiée de Constantinople, sans doute le
17 de ce mois, bien qu'on ne le dise pas précisément.
Vraiment il est difficile de trouver une plus pauvre inven-
tion. Comment! Le Vice roi d'Egypte s'est permis d'écrire une
lettre favorable au percement de l'isthme de Suez ! Mais c'est
à ne pas y croire! Quelle audace! quelle inconvenance! Par
malheur, ceux qui ont rédigé cette dépêche n'ont oublié
qu'une chose, c'est que S. A. le Vice-roi d'Egypte a fait bien
plus que d'écrire une lettre en faveur du canal de Suez : il a
fait la concession. Apparemment qu'il est bien disposé pour
l'entreprise, puisque c'est lui qui l'a autorisée, et que, sans
son consentement préalable, elle n'aurait jamais pu naître.
Si le rédacteur de la dépêche avait un instant songé à cela, il
est probable que nous aurions été privés de sa prose. Nous
n'aurions peut-être pas perdu grand'cbose.
Mais, ajoute-t-on, la POl te Ottomane reproche cette lettre
au Vice-roi d'Égypte, et lui défend de renouveler de sembla-
bles démarches.
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