Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-05-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 mai 1858 10 mai 1858
Description : 1858/05/10 (A3,N46). 1858/05/10 (A3,N46).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203092v
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
226
1 L'ISTHME DE SUEZ, LUNDilOMAi.
vingt-huit ans. A la vue de ce grand spectacle, quelle
idée se formerait-on d'un esprit étroit qui, dès l'origine,
aurait dit au plus entreprenant des peuples calculateurs :
« Prenez garde ! l'abîme est sous vos pieds. N'acceptez
pas la découverte ruineuse de ces voies, soi-disant per-
fectionnées, qui vont engloutir vos capitaux ; réservez vos
trésors et marchez au pas, au très-petit pas, non-seule-
ment sur vos chemins préservés de la vapeur, mais en
évitant tout moyen imaginé par le génie pour accélérer
le progrès de vos mines, de vos fabriques et de votre
grande navigation i, ?
Un jour, nous en sommes certains, non pas seule-
ment le monde savant, mais le monde le moins instruit,
jugera les obstacles injustifiables opposés à la voie na-
vigable de Suez, comme on jugerait aujourd'hui les
obstacles qu'on aurait apportés à la grande révolution
produite par les voies ferrées et par la vapeur sur la
fortune et la puissance des nations civilisées.
LA QUESTION D'HUMANITÉ.
Il est un bien qui passe à nos yeux avant toutes les
promesses de fortune matérielle, pour les nations en
corps et pour les individus, c'est l'intérêt de l'humanité,
intérêt que jamais ne perdra de vue l'Institut national
de France. Voilà le point capital qu'il faut rappeler en
arrivant au terme de ce rapport.
Lorsque les équipages d'un navire et les passagers
font le tour du cap des Tempêtes, en traversant deux
fois une double zone torride, pendant trois mille lieues
de chaleurs accablantes, il y a deux fois plus de nau-
frages, deux fois plus d'individus ou noyés ou morts des
fatigues et des souffrances de la traversée, comparative-
ment à la route de Suez ; le résultat est prouvé par les
calculs d'expérience qui sont dus aux payements effectifs
des compagnies d'assurance.
Si la voie de Suez était la plus coûteuse, la plus
longue et la moins productive, il suffirait qu'elle épar-
gnât le plus la vie à des hommes pour avoir droit à notre
sympathie, pour avoir droit du moins à nos regrets.
Mais, lorsque cette route est à la fois la plus courte, la
plus sûre, la plus économique et la plus humaine, nous
sentons accroître notre préférence pour la voie nouvelle,
honorée déjà des vœux unanimes de l'Académie des
sciences.
Quand il s'est agi seulement de questions qui tou-
chaient aux abstractions du ciel, toujours l'Académie a
pris un puissant intérêt aux opérations à faire sur le
globe de la terre, ce modeste point de départ pour les
découvertes que l'homme fait dans l'univers. Elle a
chargé ses membres d'en mesurer la courbure, non pas
seulement en France; mais en approchant du pôle,
vers les confins de la Norvège; sous l'équateur, au
milieu du haut Pérou; suivant un moyen parallèle,
jusqu'au delà de l'Italie; et, sur le méridien qui nous
sert à mesurer tous les autres, depuis les Orcades jus-
qu'aux Baléares.
Aujourd'hui nous avons à mesurer, œuvre plus sacrée,
la possibilité de la voie qui diminuera la perte des hom-
mes entre deux parties du monde ; la possibilité de la
route qui réunira deux mers secondaires et les deux
océans qui leur correspondent; qui refera, sur une base
opposée, les découvertes du quinzième siècle; qui, d'un
seul percement, désemprisonnera la mer Noire, l'Adria-
tique et la Méditerranée ; qui restituera l'Orient à l'Ita-
lie , à la Grèce, à l'Asie Mineure ; qui donnera de nou-
veaux gages à la concorde des peuples, en créant un
lien plus direct et plus fécond pour leurs intérêts inof-
fensifs. Telle est la grandeur de ces bienfaits que nous
persistons, sans nous lasser, à mettre au grand jour.
Nous osons l'espérer pour un prochain avenir, au grand
honneur des sciences appliquant !eurs efforts à rappro-
cher les nations vers la félicité commune, pour con-
vaincre deux mondes il suffira de laisser briller la lu-
mière d'un témoignage à la fois indépendant et raisonné.
Nous renfermons, dans les limites mathématiques et
physiques propres à cette Académie, nos conclusions
définitives. D'après notre examen attentif, nous décla-
rons que les observations faites à bord de la corvettfe
1 and-Becker, parle capitaine Philigret, démontrent la
sûreté du mouillage et la bonté de la rade de Saïd dans
le golfe de Péluse ; elles confirment et complètent les
avantages qu'on avait pu se promettre pour l'entrée du
canal de Suez dans la Méditerranée. Nous attestons la
supériorité de la voie projetée , pour épargner la vie, la
santé des hommes, et diminuer la perle des navires.
Nous déclarons en même temps que les explications
scientifiques et techniques données par la Commission
internationale, pour répondre aux objections faites contre
le canal maritime, nous semblent satisfaisantes.
Enfin nous répétons ces paroles qui terminaient les
conclusions de notre premier rapport, sanctionné par
votre suffrage unanime : La conception et les moyens
d'exécution du canal maritime de Suez sont les dignes
apprêts d'une entreprise utile à l'ensemble du genre
humain. Bon CHARLES DUPIN , Sénateur,
Membre de l'Institut.
INTERPELLATIONS NOUVELLES
DANS LE PARLEMENT ANGLAIS.
D'après le Times du 5 mai, l'honorable M. Roebuck
a annoncé, dans la séance de la Chambre des Communes
du 4, que le 1er juin il appellerait l'attention de la
Chambre sur le canal de Suez, et qu'il provoquerait une
résolution à cet égard. G. WAGENER.
LE « MORNING-STAR » ET LE CANAL DE SUEZ.
Le Morning-Star, qui nous a donné déjà des preuves
les plus certaines de sympathie, publie un très-remar-
quable article en réponse à celui du Times:
Lrs amis du projet du canal de Suez ont de bonnes raisons
de se plaindre du Times et de sa violente et brusque attaque
contre un projet qu'en plusieurs occasions il a jugé favorable-
ment. Beaucoup de Brus seront singulièrement embarrassés
de découvrir les motifs de ce changement inattendu d'opinion,
vu que les termes de la concession accordée par le Vice-roi
1 L'ISTHME DE SUEZ, LUNDilOMAi.
vingt-huit ans. A la vue de ce grand spectacle, quelle
idée se formerait-on d'un esprit étroit qui, dès l'origine,
aurait dit au plus entreprenant des peuples calculateurs :
« Prenez garde ! l'abîme est sous vos pieds. N'acceptez
pas la découverte ruineuse de ces voies, soi-disant per-
fectionnées, qui vont engloutir vos capitaux ; réservez vos
trésors et marchez au pas, au très-petit pas, non-seule-
ment sur vos chemins préservés de la vapeur, mais en
évitant tout moyen imaginé par le génie pour accélérer
le progrès de vos mines, de vos fabriques et de votre
grande navigation i, ?
Un jour, nous en sommes certains, non pas seule-
ment le monde savant, mais le monde le moins instruit,
jugera les obstacles injustifiables opposés à la voie na-
vigable de Suez, comme on jugerait aujourd'hui les
obstacles qu'on aurait apportés à la grande révolution
produite par les voies ferrées et par la vapeur sur la
fortune et la puissance des nations civilisées.
LA QUESTION D'HUMANITÉ.
Il est un bien qui passe à nos yeux avant toutes les
promesses de fortune matérielle, pour les nations en
corps et pour les individus, c'est l'intérêt de l'humanité,
intérêt que jamais ne perdra de vue l'Institut national
de France. Voilà le point capital qu'il faut rappeler en
arrivant au terme de ce rapport.
Lorsque les équipages d'un navire et les passagers
font le tour du cap des Tempêtes, en traversant deux
fois une double zone torride, pendant trois mille lieues
de chaleurs accablantes, il y a deux fois plus de nau-
frages, deux fois plus d'individus ou noyés ou morts des
fatigues et des souffrances de la traversée, comparative-
ment à la route de Suez ; le résultat est prouvé par les
calculs d'expérience qui sont dus aux payements effectifs
des compagnies d'assurance.
Si la voie de Suez était la plus coûteuse, la plus
longue et la moins productive, il suffirait qu'elle épar-
gnât le plus la vie à des hommes pour avoir droit à notre
sympathie, pour avoir droit du moins à nos regrets.
Mais, lorsque cette route est à la fois la plus courte, la
plus sûre, la plus économique et la plus humaine, nous
sentons accroître notre préférence pour la voie nouvelle,
honorée déjà des vœux unanimes de l'Académie des
sciences.
Quand il s'est agi seulement de questions qui tou-
chaient aux abstractions du ciel, toujours l'Académie a
pris un puissant intérêt aux opérations à faire sur le
globe de la terre, ce modeste point de départ pour les
découvertes que l'homme fait dans l'univers. Elle a
chargé ses membres d'en mesurer la courbure, non pas
seulement en France; mais en approchant du pôle,
vers les confins de la Norvège; sous l'équateur, au
milieu du haut Pérou; suivant un moyen parallèle,
jusqu'au delà de l'Italie; et, sur le méridien qui nous
sert à mesurer tous les autres, depuis les Orcades jus-
qu'aux Baléares.
Aujourd'hui nous avons à mesurer, œuvre plus sacrée,
la possibilité de la voie qui diminuera la perte des hom-
mes entre deux parties du monde ; la possibilité de la
route qui réunira deux mers secondaires et les deux
océans qui leur correspondent; qui refera, sur une base
opposée, les découvertes du quinzième siècle; qui, d'un
seul percement, désemprisonnera la mer Noire, l'Adria-
tique et la Méditerranée ; qui restituera l'Orient à l'Ita-
lie , à la Grèce, à l'Asie Mineure ; qui donnera de nou-
veaux gages à la concorde des peuples, en créant un
lien plus direct et plus fécond pour leurs intérêts inof-
fensifs. Telle est la grandeur de ces bienfaits que nous
persistons, sans nous lasser, à mettre au grand jour.
Nous osons l'espérer pour un prochain avenir, au grand
honneur des sciences appliquant !eurs efforts à rappro-
cher les nations vers la félicité commune, pour con-
vaincre deux mondes il suffira de laisser briller la lu-
mière d'un témoignage à la fois indépendant et raisonné.
Nous renfermons, dans les limites mathématiques et
physiques propres à cette Académie, nos conclusions
définitives. D'après notre examen attentif, nous décla-
rons que les observations faites à bord de la corvettfe
1 and-Becker, parle capitaine Philigret, démontrent la
sûreté du mouillage et la bonté de la rade de Saïd dans
le golfe de Péluse ; elles confirment et complètent les
avantages qu'on avait pu se promettre pour l'entrée du
canal de Suez dans la Méditerranée. Nous attestons la
supériorité de la voie projetée , pour épargner la vie, la
santé des hommes, et diminuer la perle des navires.
Nous déclarons en même temps que les explications
scientifiques et techniques données par la Commission
internationale, pour répondre aux objections faites contre
le canal maritime, nous semblent satisfaisantes.
Enfin nous répétons ces paroles qui terminaient les
conclusions de notre premier rapport, sanctionné par
votre suffrage unanime : La conception et les moyens
d'exécution du canal maritime de Suez sont les dignes
apprêts d'une entreprise utile à l'ensemble du genre
humain. Bon CHARLES DUPIN , Sénateur,
Membre de l'Institut.
INTERPELLATIONS NOUVELLES
DANS LE PARLEMENT ANGLAIS.
D'après le Times du 5 mai, l'honorable M. Roebuck
a annoncé, dans la séance de la Chambre des Communes
du 4, que le 1er juin il appellerait l'attention de la
Chambre sur le canal de Suez, et qu'il provoquerait une
résolution à cet égard. G. WAGENER.
LE « MORNING-STAR » ET LE CANAL DE SUEZ.
Le Morning-Star, qui nous a donné déjà des preuves
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Lrs amis du projet du canal de Suez ont de bonnes raisons
de se plaindre du Times et de sa violente et brusque attaque
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ment. Beaucoup de Brus seront singulièrement embarrassés
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