Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-04-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 avril 1858 25 avril 1858
Description : 1858/04/25 (A3,N45). 1858/04/25 (A3,N45).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203091f
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
138 - L'ISTHME DE SUEZ, DIMANCHE 25 AVRIL.
promener les gouvernements assez malavisés .pour trouver
mauvais qu'elle prenne possession d'un des grands passages
du commerce du monde. Si une aussi rare insolence pouvait
obtenir gain de cause, nous croyons que l'Angleterre ne
saurait, en effet, avoir trop de mépris pour les puissances
qui auraient courbé la tête devant d'aussi arrogantes préten-
tions. »
La Presse reproduit ensuite presque en entier l'ar-
ticle du Times; elle en retranche seulement les passages
les plus violents et les sarcasmes les plus amers, comme
nous l'avons fait, par respect pour le public.
- La Presse du 9 avril revient sur cette diatribe du
journal anglais, dans un article intitulé :
SIMPLE RÉPONSE AU « TIMES »
*
« Nous n'avons point à revenir sur l'île Périm ni sur le
canal de Suez; ces questions seront traitées en temps et lieu.
Mais il est de notre devoir de répondre au singulier article
que le journal le Times vient de publier sur ces importants
sujets, et dont nous avons reproduit hier un assez long
extrait.
» En vérité, le Times perd la tête et ne sait sur qui faire
porter le poids de sa mauvaise humeur. Il s'en prend à la
presse continentale et l'accuse tout simplement de divaguer.
Sa conclusion, la voici : le Sultan ou l'iman de Mascate ont
seuls des droits sur Périm, et le jour où ils réclameront, l'An-
gleterre sait de quelle façon elle a & leur répondre.
Quant au canal de Suez, on n'a pas la moindre intention
de l'exécuter, dit le Times j mais, par l'installation d'une
compagnie française, sous la protection de la France, sur la
route que suivent les malles anglaises de l'Inde, on espère en-
traver tous les projets ayant pour but le perfectionnement du
mode de transit. D'ailleurs, ajoute l'organe de lord Palmer-
ston, l'entreprise projetée est si extraordinaire et si imprati-
cable, qu'elle ne peut avoir en vue le développement des inté-
rêts commerciaux; si elle avait été possible, l'Angleterre
l'aurait tentée.
» Belle raison vraiment! Mais pourquoi le Times feint-il
d'ignorer la cause, la seule cause vraie de la résistance de
l'Angleterre à l'exécution d'un projet éminemment libéral? Ce
journal nous paraît changer bien vite d'opinion ; il a été
moins rude à l'idée du percement de l'isthme de Suez, qui,
avec le temps, et en dépit de ses efforts, comme toutes les
choses bonnes et utiles, arrivera à solution.
» Nous nous bornerons à dire au Times que la compagnie
qui a fait les études du canal de Suez à Péluse n'est pas une
compagnie française, mais une réunion d'ingénieurs de tous
pays, c'est-à-dire une compagnie universelle. Cette idée n'est
ni aussi extravagante ni aussi impraticable qu'il veut bien le
dire aujourd'hui, car la plupart des conseils généraux et
l'Académie, des sciences, en France, les congrès, les acadé-
mies, les sociétés scientifiques, les chambres de commerce de
toutes les nations, les hommes politiques éminents, ont ré-
clamé son exécution. Enfin, dans les grands centres indus-
triels de l'Angleterre même, les manufacturiers et.les arma-
teurs ont émis une opinion favorable au percement de l'isthme,
et de nombreux meetings où la praticabilité de l'idée était
unanimement admise en principe, sont là pour démontrer la
vérité de notre assertion.
» Seuls, le Times et ses patrons ont-ils raison contre tout le
monde et contre eux-mêmes? Le contraire ressort de l'article
même de ce journal, qui refuse de reconnaître à la presse
continentale le droit de s'occuper d'une question universelle
et civilisatrice. Nous avons à lui apprendre que la France a 1
fait au moins autant, sinon plus que l'Angleterre, pour l'E-
gypte, sans afficher ses bienfaits, et qu'elle est représentée
dans ce pays par des citoyens très-distingués, au lieu de l'être
par des aventuriers, ainsi que l'affirme si péremptoirement
notre adversaire.
» Le commerce français se centralise, en Egypte, entre les
mains des représentants de plusieurs maisons de Paris et de
Marseille; ces négociants, dont la plupart son) des notabilités,
il n'appartient à personne, pas même au Times, de les flétrir
d'une qualification injurieuse, parce que, tant à cause de leur
probité privée, qu'à cause de leur loyauté traditionnelle en
affaires, tout le monde les honore, en Egypte comme en
France, et même en Angleterre, n'en déplaise au Times. »
11 CHAROLAIS. »
Voici l'article du Moniteur de la Flotte :
LE « TIMES" ET LE CANAL DE SUEZ.
« Le Times du 7 avril a-publié contre le canal de Suez
un article violent où les sentiments les plus mauvais et les
plus faux se donnent carrière avec une extrême licence. »
Le Moniteur de la Flotte donne ici l'analyse exacte, quoi-
que concise, de l'article du Times; puis il continue :
« Voilà le texte de l'article du journal anglais; et sur ce
fond il a brodé des ornements de détail dont on peut se faire
une idée si on a lu quelquefois le Times dans ses mauvais
jours. C'est, comme on le voit, l'argumentation de lord Pal-
merston et la même aménité de langage, avec la même jus-
tice envers la France.
« S'il est au monde une entreprise qui puisse être à l'abri
des soupçons que le Times essaye de propager, c'est bien
celle du canal de Suez. Il y a trois ans et demi que la conces-
sion a été accordée par S. A. le Vice-roi d'Egypte, et depuis
trois ans et demi M. Ferdinand de Lesseps s'est abstenu dcrà
ganiser la Compagnie, voulant donner aux futurs actionnaires
toutes les garanties désirables en leur assurant la ratification
du Sultan. On aurait pu organiser la Compagnie dès la fin de
1854, mais on ne l'a pas fait. Tous les honnêtes gens ont ap-
plaudi à cette sage réserve, et si le Times ne la comprend pas,
nous ne pouvons que l'en plaindre. Il y a des gens qui ont le
malheur de ne pas comprendre ce qui est honorable et bien.
» Si le canal est impraticable, comme le Times le soutient,
pourquoi le Times s'en inquiète-t-il? Si c'est une chimère, ne
vous y opposez pas; car la nature, qui est plus forte que
vous, saura bien s'y opposer sans vous; elle aura raison de
ceux qui voudraient facilement la vaincre.. Vous pouvez vous
en fier à elle. Mais ce chemin de fer qui vous suffit, dites-
vous, et qui va maintenant d'Alexandrie à Suez, ne savez-
vous donc pas que c'est aux promoteurs mêmes du canal que
vous en devez l'achèvement? Comme ils ne partagent pas vos
passions furieuses, ils n'ont pas hésité, en obtenant la conces-
sion du canal, à conseiller-de terminer le chemin de fer, qui
peut-être sans eux n'irait encore qu'au Caire.
n Mais le Times se soucie bien de la reconnaissance et de
la justice! Il est reconnaissant et juste au moins autant qu'il
est poli.
» Depuis trois ans et demi que l'enquête est ouverte, le
Times ignore ou feint d'ignorer tous les travaux dont elle a
été l'objet. Il ne sait pas qu'il existe une commission interna-
tionale composée des ingénieurs les plus illustres de l'Europe,
un ministre des travaux publics du Piémont, le premier ins-
pecteur du waterstaat de Hollande, l'inspecteur général des
chemins de fer de l'Autriche, un inspecteur général de nos
promener les gouvernements assez malavisés .pour trouver
mauvais qu'elle prenne possession d'un des grands passages
du commerce du monde. Si une aussi rare insolence pouvait
obtenir gain de cause, nous croyons que l'Angleterre ne
saurait, en effet, avoir trop de mépris pour les puissances
qui auraient courbé la tête devant d'aussi arrogantes préten-
tions. »
La Presse reproduit ensuite presque en entier l'ar-
ticle du Times; elle en retranche seulement les passages
les plus violents et les sarcasmes les plus amers, comme
nous l'avons fait, par respect pour le public.
- La Presse du 9 avril revient sur cette diatribe du
journal anglais, dans un article intitulé :
SIMPLE RÉPONSE AU « TIMES »
*
« Nous n'avons point à revenir sur l'île Périm ni sur le
canal de Suez; ces questions seront traitées en temps et lieu.
Mais il est de notre devoir de répondre au singulier article
que le journal le Times vient de publier sur ces importants
sujets, et dont nous avons reproduit hier un assez long
extrait.
» En vérité, le Times perd la tête et ne sait sur qui faire
porter le poids de sa mauvaise humeur. Il s'en prend à la
presse continentale et l'accuse tout simplement de divaguer.
Sa conclusion, la voici : le Sultan ou l'iman de Mascate ont
seuls des droits sur Périm, et le jour où ils réclameront, l'An-
gleterre sait de quelle façon elle a & leur répondre.
Quant au canal de Suez, on n'a pas la moindre intention
de l'exécuter, dit le Times j mais, par l'installation d'une
compagnie française, sous la protection de la France, sur la
route que suivent les malles anglaises de l'Inde, on espère en-
traver tous les projets ayant pour but le perfectionnement du
mode de transit. D'ailleurs, ajoute l'organe de lord Palmer-
ston, l'entreprise projetée est si extraordinaire et si imprati-
cable, qu'elle ne peut avoir en vue le développement des inté-
rêts commerciaux; si elle avait été possible, l'Angleterre
l'aurait tentée.
» Belle raison vraiment! Mais pourquoi le Times feint-il
d'ignorer la cause, la seule cause vraie de la résistance de
l'Angleterre à l'exécution d'un projet éminemment libéral? Ce
journal nous paraît changer bien vite d'opinion ; il a été
moins rude à l'idée du percement de l'isthme de Suez, qui,
avec le temps, et en dépit de ses efforts, comme toutes les
choses bonnes et utiles, arrivera à solution.
» Nous nous bornerons à dire au Times que la compagnie
qui a fait les études du canal de Suez à Péluse n'est pas une
compagnie française, mais une réunion d'ingénieurs de tous
pays, c'est-à-dire une compagnie universelle. Cette idée n'est
ni aussi extravagante ni aussi impraticable qu'il veut bien le
dire aujourd'hui, car la plupart des conseils généraux et
l'Académie, des sciences, en France, les congrès, les acadé-
mies, les sociétés scientifiques, les chambres de commerce de
toutes les nations, les hommes politiques éminents, ont ré-
clamé son exécution. Enfin, dans les grands centres indus-
triels de l'Angleterre même, les manufacturiers et.les arma-
teurs ont émis une opinion favorable au percement de l'isthme,
et de nombreux meetings où la praticabilité de l'idée était
unanimement admise en principe, sont là pour démontrer la
vérité de notre assertion.
» Seuls, le Times et ses patrons ont-ils raison contre tout le
monde et contre eux-mêmes? Le contraire ressort de l'article
même de ce journal, qui refuse de reconnaître à la presse
continentale le droit de s'occuper d'une question universelle
et civilisatrice. Nous avons à lui apprendre que la France a 1
fait au moins autant, sinon plus que l'Angleterre, pour l'E-
gypte, sans afficher ses bienfaits, et qu'elle est représentée
dans ce pays par des citoyens très-distingués, au lieu de l'être
par des aventuriers, ainsi que l'affirme si péremptoirement
notre adversaire.
» Le commerce français se centralise, en Egypte, entre les
mains des représentants de plusieurs maisons de Paris et de
Marseille; ces négociants, dont la plupart son) des notabilités,
il n'appartient à personne, pas même au Times, de les flétrir
d'une qualification injurieuse, parce que, tant à cause de leur
probité privée, qu'à cause de leur loyauté traditionnelle en
affaires, tout le monde les honore, en Egypte comme en
France, et même en Angleterre, n'en déplaise au Times. »
11 CHAROLAIS. »
Voici l'article du Moniteur de la Flotte :
LE « TIMES" ET LE CANAL DE SUEZ.
« Le Times du 7 avril a-publié contre le canal de Suez
un article violent où les sentiments les plus mauvais et les
plus faux se donnent carrière avec une extrême licence. »
Le Moniteur de la Flotte donne ici l'analyse exacte, quoi-
que concise, de l'article du Times; puis il continue :
« Voilà le texte de l'article du journal anglais; et sur ce
fond il a brodé des ornements de détail dont on peut se faire
une idée si on a lu quelquefois le Times dans ses mauvais
jours. C'est, comme on le voit, l'argumentation de lord Pal-
merston et la même aménité de langage, avec la même jus-
tice envers la France.
« S'il est au monde une entreprise qui puisse être à l'abri
des soupçons que le Times essaye de propager, c'est bien
celle du canal de Suez. Il y a trois ans et demi que la conces-
sion a été accordée par S. A. le Vice-roi d'Egypte, et depuis
trois ans et demi M. Ferdinand de Lesseps s'est abstenu dcrà
ganiser la Compagnie, voulant donner aux futurs actionnaires
toutes les garanties désirables en leur assurant la ratification
du Sultan. On aurait pu organiser la Compagnie dès la fin de
1854, mais on ne l'a pas fait. Tous les honnêtes gens ont ap-
plaudi à cette sage réserve, et si le Times ne la comprend pas,
nous ne pouvons que l'en plaindre. Il y a des gens qui ont le
malheur de ne pas comprendre ce qui est honorable et bien.
» Si le canal est impraticable, comme le Times le soutient,
pourquoi le Times s'en inquiète-t-il? Si c'est une chimère, ne
vous y opposez pas; car la nature, qui est plus forte que
vous, saura bien s'y opposer sans vous; elle aura raison de
ceux qui voudraient facilement la vaincre.. Vous pouvez vous
en fier à elle. Mais ce chemin de fer qui vous suffit, dites-
vous, et qui va maintenant d'Alexandrie à Suez, ne savez-
vous donc pas que c'est aux promoteurs mêmes du canal que
vous en devez l'achèvement? Comme ils ne partagent pas vos
passions furieuses, ils n'ont pas hésité, en obtenant la conces-
sion du canal, à conseiller-de terminer le chemin de fer, qui
peut-être sans eux n'irait encore qu'au Caire.
n Mais le Times se soucie bien de la reconnaissance et de
la justice! Il est reconnaissant et juste au moins autant qu'il
est poli.
» Depuis trois ans et demi que l'enquête est ouverte, le
Times ignore ou feint d'ignorer tous les travaux dont elle a
été l'objet. Il ne sait pas qu'il existe une commission interna-
tionale composée des ingénieurs les plus illustres de l'Europe,
un ministre des travaux publics du Piémont, le premier ins-
pecteur du waterstaat de Hollande, l'inspecteur général des
chemins de fer de l'Autriche, un inspecteur général de nos
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.87%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.87%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 4/32
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6203091f/f4.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6203091f/f4.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6203091f/f4.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6203091f
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6203091f
Facebook
Twitter