Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-04-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 avril 1858 10 avril 1858
Description : 1858/04/10 (A3,N44). 1858/04/10 (A3,N44).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030901
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
SAMEDI 10 AVRIL, JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 165
NOUVEAU BILL
SUR LE GOUVERNEMENT DES INDES ORIENTALES.
Dans la séance du 22 mars, le Chancelier de l'Echi-
quier, M. Disraeli, avait annoncé à la Chambre des
Communes qu'il présenterait un bill pour transférer le
gouvernement de l'Inde aux mains de la Reine d'Angle-
terre. En effet, le nouveau bill a été introduit dans la
séance du 26, et en voici les bases principales.
Il y aura un ministre des Indes orientales et un vice-
président. Ils seront assistés d'un conseil de dix-huit
membres, parmi lesquels la Reine en nommera neuf;
quatre seront élus par les porteurs de fonds indiens; et
les cinq autres seront élus par les électeurs parlemen-
taires de Londres, Liverpool, Manchester, Glasgow et
Belfast. Il faudra, pour être admis dans ce conseil, avoir
servi au moins dix ans dans les Indes. Les membres se-
ront tous nommés pour dix ans, et ils seront indéfiniment
rééligibles. Ils n'auront d'ailleurs que voix consultative.
Leur traitement sera de 25,000 fr. Il n'est rien innové
aux règles actuelles du patronage.
Telles sont les dispositions les plus générales du bill
présenté par M. Disraëli à la Chambre des Communes.
On voit qu'il ne diffère pas essentiellement du bill de
lord Palmerston. Le noble lord a fait cependant ses ré-
serves pour la prochaine discussion, qui viendra presque
aussitôt après Pâques. Dans les deux bills, la Compagnie
des Indes orientales est détruite; seulement le second
bill fait une place aux intéressés actuels, en leur lais-
sant des représentants dans le conseil où le précédent
Cabinet ne leur accordait aucun droit d'entrée. Mais au
fond, les deux bills se ressemblent; et puisque les Ca-
binets qui se succèdent sont également d'avis de trans-
férer à la Couronne le gouvernement des Indes , on peut
croire que ce point fondamental ne rencontrera pas de
sérieuse opposition. Ce qui conciliera peut-être plus de
faveur au nouveau bill qu'au précédent, c'est qu'outre
la place faite aux directeurs actuels, on en fait une
aussi aux grands ports de commerce qui sont en rela-
tions avec les mers de l'Indo-Chine. On sait de quelle
importance sont ces relations pour les divers ports que
nous venons de nommer. Nous donnions tout récemment
les chiffres publiés par l'East India and China associa-
tion, et l'on a pu voir la part respective de chacun des
ports favorisés par le bill (Voir notre numéro du 10 fé-
vrier , page 64).
Il faut remarquer aussi que dans le nouveau bill on a
fait la part de l'Irlande, en y comprenant le port de Bel-
fast, et la part de l'école économique de Manchester.
En somme, le caractère du bill présenté par le Cabinet
Derby paraît plus conciliant que celui du bill de lord
Palmerston. Les intérêts et les amours-propres seront
plus satisfaits, et ce nouveau projet semble avoir plus de
chances d'être adopté que le premier. La Compagnie des
Indes avait protesté contre les desseins de lord Palmers-
ton ; sa protestation subsiste, et nous ne savons si elle
croira devoir la maintenir.
Nous ne manquerons pas de tenir nos lecteurs au
courant de la discussion qui interviendra.
Nous croyons devoir reproduire une partie des débats
qui ont eu lieu à la Chambre des Communes dans la
séance du 26 mars.
« Dans son discours sur le bill indien, le Chancelier de l'É-
chiquier, M. Disraéli, a commencé par rappeler la décision
antérieure du Parlement dans la question de l'administration
de l'Inde, et a déclaré que ce qui avait poussé le gouverne-
ment à soumettre à l'approbation de la Chambre un projet
de réorganisation, c'était la conviction que la Compagnie des
Indes orientales ne saurait lutter avec succès contre le danger
de l'insurrection, ni contre la difficulté d'assurer la pacifica-
tion de ce pays.
CI Il aurait préféré qu'un autre que lui eût à remplir le triste
devoir de proposer l'abolition de la Compagnie, devoir que
personne rie saurait accomplir sans quelque émotion, bien
que l'intérêt public l'exige. « Car, dit-il, cette corporation ne
tombe aucunement par l'incapacité de ses chefs (applaudis-
sements); elle est loin de tomber par défaut de talents, d'in-
telligence et de dévouement chez ses serviteurs, dignes d'ad-
miration. Si elle tombe, c'est par suite des inévitables
conséquences du temps, des changements et du progrès. Les
circonstances dans lesquelles elle a été créée et conservée ont
changé et disparu peu à peu; et quoique sa chute paraisse
être survenue tout à coup, ceux qui ont considéré attentive-
ment sa position ne sauraient guère avoir douté depuis 1853
que son heure ne fût venue, aussitôt que le Parlement aurait
à délibérer sur la meilleure réorganisation d'une institution
qui a rendu dans le temps de grands services au pays, et que
l'on se rappellera toujours avec orgueil et respect. (Écoutez,
écoutez !)
« La Compagnie de l'Inde est tombée à l'instar de cette
grande république italienne, à laquelle elle a toujours ressem-
blé à mon avis. Elle est tombée possédant une vaillante armée,
une flotte puissante et un territoire considérable. Elle est
tombée avec toute l'apparence de l'autorité, et elle a trouvé
sa fin dans l'auguste accomplissement de ses devoirs. Mais
lorsque Venise est tombée dans des circonstances semblables,
on s'aperçut que, quelle que fût son apparence extérieure,
elle reposait sur des fondements sapés et minés depuis long-
temps. Comme Venise, la Compagnie de l'Inde a laissé à l'hu-
manité un héritage de gloire; et en traitant tout à l'heure
de la forme du gouvernement qui, selon notre opinion, doit
remplacer le pouvoir éteint, j'espère que la Chambre me per-
mettra d'exprimer mes sentiments et de parler de la Compa-
gnie avec ce respect que tout Anglais d'un esprit juste accor-
dera toujours à sa mémoire. » (Applaudissements.)
Le Chancelier de l'Echiquier passe ensuite à l'exposé du
projet de réorganisation, dans lequel il s'agissait d'unir la
promptitude, la décision, l'énergie qui s'obtiennent par une
autorité non divisée, avec le savoir, l'expérience et la pratique,
que ne peut avoir qu'une réunion d'hommes de hauts talents,
parfaitement versés dans la connaissance des affaires de
l'Inde. Voici de quelle manière le bill proposé cherche à ré-
soudre ce problème difficile. Il sera nommé un haut fonc-
tionnaire, un ministre de la couronne, qui remplira les
fonctions d'un secrétaire d'État; il sera le Président du Con-
seil de l'Inde, et s'adjoindra un vice-président. Ce conseil sera
composé de dix-huit personnes, dont une moitié nommée par
la couronne, et l'autre par élection. Quant aux neuf membres
désignés par la reine, ils doivent avoir chacun sa spécialité,
c'est-à-dire représenter quelque grand intérêt dans l'Inde,
pour être des « représentants, » bien que nommés par la
couronne. Chacun des services des quatre présidences sera
représenté par un homme ayant servi pendant dix ans; un
NOUVEAU BILL
SUR LE GOUVERNEMENT DES INDES ORIENTALES.
Dans la séance du 22 mars, le Chancelier de l'Echi-
quier, M. Disraeli, avait annoncé à la Chambre des
Communes qu'il présenterait un bill pour transférer le
gouvernement de l'Inde aux mains de la Reine d'Angle-
terre. En effet, le nouveau bill a été introduit dans la
séance du 26, et en voici les bases principales.
Il y aura un ministre des Indes orientales et un vice-
président. Ils seront assistés d'un conseil de dix-huit
membres, parmi lesquels la Reine en nommera neuf;
quatre seront élus par les porteurs de fonds indiens; et
les cinq autres seront élus par les électeurs parlemen-
taires de Londres, Liverpool, Manchester, Glasgow et
Belfast. Il faudra, pour être admis dans ce conseil, avoir
servi au moins dix ans dans les Indes. Les membres se-
ront tous nommés pour dix ans, et ils seront indéfiniment
rééligibles. Ils n'auront d'ailleurs que voix consultative.
Leur traitement sera de 25,000 fr. Il n'est rien innové
aux règles actuelles du patronage.
Telles sont les dispositions les plus générales du bill
présenté par M. Disraëli à la Chambre des Communes.
On voit qu'il ne diffère pas essentiellement du bill de
lord Palmerston. Le noble lord a fait cependant ses ré-
serves pour la prochaine discussion, qui viendra presque
aussitôt après Pâques. Dans les deux bills, la Compagnie
des Indes orientales est détruite; seulement le second
bill fait une place aux intéressés actuels, en leur lais-
sant des représentants dans le conseil où le précédent
Cabinet ne leur accordait aucun droit d'entrée. Mais au
fond, les deux bills se ressemblent; et puisque les Ca-
binets qui se succèdent sont également d'avis de trans-
férer à la Couronne le gouvernement des Indes , on peut
croire que ce point fondamental ne rencontrera pas de
sérieuse opposition. Ce qui conciliera peut-être plus de
faveur au nouveau bill qu'au précédent, c'est qu'outre
la place faite aux directeurs actuels, on en fait une
aussi aux grands ports de commerce qui sont en rela-
tions avec les mers de l'Indo-Chine. On sait de quelle
importance sont ces relations pour les divers ports que
nous venons de nommer. Nous donnions tout récemment
les chiffres publiés par l'East India and China associa-
tion, et l'on a pu voir la part respective de chacun des
ports favorisés par le bill (Voir notre numéro du 10 fé-
vrier , page 64).
Il faut remarquer aussi que dans le nouveau bill on a
fait la part de l'Irlande, en y comprenant le port de Bel-
fast, et la part de l'école économique de Manchester.
En somme, le caractère du bill présenté par le Cabinet
Derby paraît plus conciliant que celui du bill de lord
Palmerston. Les intérêts et les amours-propres seront
plus satisfaits, et ce nouveau projet semble avoir plus de
chances d'être adopté que le premier. La Compagnie des
Indes avait protesté contre les desseins de lord Palmers-
ton ; sa protestation subsiste, et nous ne savons si elle
croira devoir la maintenir.
Nous ne manquerons pas de tenir nos lecteurs au
courant de la discussion qui interviendra.
Nous croyons devoir reproduire une partie des débats
qui ont eu lieu à la Chambre des Communes dans la
séance du 26 mars.
« Dans son discours sur le bill indien, le Chancelier de l'É-
chiquier, M. Disraéli, a commencé par rappeler la décision
antérieure du Parlement dans la question de l'administration
de l'Inde, et a déclaré que ce qui avait poussé le gouverne-
ment à soumettre à l'approbation de la Chambre un projet
de réorganisation, c'était la conviction que la Compagnie des
Indes orientales ne saurait lutter avec succès contre le danger
de l'insurrection, ni contre la difficulté d'assurer la pacifica-
tion de ce pays.
CI Il aurait préféré qu'un autre que lui eût à remplir le triste
devoir de proposer l'abolition de la Compagnie, devoir que
personne rie saurait accomplir sans quelque émotion, bien
que l'intérêt public l'exige. « Car, dit-il, cette corporation ne
tombe aucunement par l'incapacité de ses chefs (applaudis-
sements); elle est loin de tomber par défaut de talents, d'in-
telligence et de dévouement chez ses serviteurs, dignes d'ad-
miration. Si elle tombe, c'est par suite des inévitables
conséquences du temps, des changements et du progrès. Les
circonstances dans lesquelles elle a été créée et conservée ont
changé et disparu peu à peu; et quoique sa chute paraisse
être survenue tout à coup, ceux qui ont considéré attentive-
ment sa position ne sauraient guère avoir douté depuis 1853
que son heure ne fût venue, aussitôt que le Parlement aurait
à délibérer sur la meilleure réorganisation d'une institution
qui a rendu dans le temps de grands services au pays, et que
l'on se rappellera toujours avec orgueil et respect. (Écoutez,
écoutez !)
« La Compagnie de l'Inde est tombée à l'instar de cette
grande république italienne, à laquelle elle a toujours ressem-
blé à mon avis. Elle est tombée possédant une vaillante armée,
une flotte puissante et un territoire considérable. Elle est
tombée avec toute l'apparence de l'autorité, et elle a trouvé
sa fin dans l'auguste accomplissement de ses devoirs. Mais
lorsque Venise est tombée dans des circonstances semblables,
on s'aperçut que, quelle que fût son apparence extérieure,
elle reposait sur des fondements sapés et minés depuis long-
temps. Comme Venise, la Compagnie de l'Inde a laissé à l'hu-
manité un héritage de gloire; et en traitant tout à l'heure
de la forme du gouvernement qui, selon notre opinion, doit
remplacer le pouvoir éteint, j'espère que la Chambre me per-
mettra d'exprimer mes sentiments et de parler de la Compa-
gnie avec ce respect que tout Anglais d'un esprit juste accor-
dera toujours à sa mémoire. » (Applaudissements.)
Le Chancelier de l'Echiquier passe ensuite à l'exposé du
projet de réorganisation, dans lequel il s'agissait d'unir la
promptitude, la décision, l'énergie qui s'obtiennent par une
autorité non divisée, avec le savoir, l'expérience et la pratique,
que ne peut avoir qu'une réunion d'hommes de hauts talents,
parfaitement versés dans la connaissance des affaires de
l'Inde. Voici de quelle manière le bill proposé cherche à ré-
soudre ce problème difficile. Il sera nommé un haut fonc-
tionnaire, un ministre de la couronne, qui remplira les
fonctions d'un secrétaire d'État; il sera le Président du Con-
seil de l'Inde, et s'adjoindra un vice-président. Ce conseil sera
composé de dix-huit personnes, dont une moitié nommée par
la couronne, et l'autre par élection. Quant aux neuf membres
désignés par la reine, ils doivent avoir chacun sa spécialité,
c'est-à-dire représenter quelque grand intérêt dans l'Inde,
pour être des « représentants, » bien que nommés par la
couronne. Chacun des services des quatre présidences sera
représenté par un homme ayant servi pendant dix ans; un
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