Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-03-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 mars 1858 25 mars 1858
Description : 1858/03/25 (A3,N43). 1858/03/25 (A3,N43).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203089c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
JEUDI 25 MARS. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS.
133
nouvelle qu'on lui offre et qu'il appelle de ses plus ardentes
sympathies. C'est chose à peine croyable, et c'est cependant
une chose certaine. Si jamais l'abus des influences que nous
signalions un peu plus haut a été poussé à l'excès, on ne peut
nier que ce ne soit dans cette occasion mémorable.
Aussi croyons-nous que les conseils du Times viennent tout
à fait à point; et nous avons la ferme espérance que la Porte
saura les mettre à profit, et qu'elle n'hésitera plus à trancher
une question qui ne fait pas plus de doute pour elle que pour
nous, et qu'elle eût dès longtemps décidée si elle n'avait eu
qu'à suivre ses propres inspirations. SCHILLER aîné.
Nous remercions le Moniteur de laflotte de l'appui si
persévérant et si énergique qu'il nous prête. Nous pen-
sons comme lui que l'article du Times a une haute
portée, et que s'il est une affaire à laquelle il s'applique,
c'est certainement la grande entreprise à laquelle nous
sommes dévoués.
G. WAGENER.
Le Journal des Débats du 16 mars publiait - aussi
d'excellentes réflexions sur cet article du Times :
Le Times, dans un article dont nous avons donné l'ana-
lyse il y a quelques jours, se félicitait de la révolution que la
retraite de lord Strattford de Redcliffe doit amener dans la si-
tuation diplomatique de la Turquie, en l'affranchissant du
joug que les prétentions et les rivalités des. ambassadeurs
étrangers ont fait peser jusqu'ici sur les conseils de la Porte.
Nous partageons complètement l'opinion du Times, et nous
pensons que l'intérêt général de l'Europe, y compris celui de
l'Angleterre, aura plus à gagner qu'à perdre à cette émanci-
pation de la puissance ottomane. La seule question est de sa-
voir si le gouvernement turc aura l'énergie et ta résolution
suffisantes pour profiter de cette situation nouvelle et pour en
tirer toutes les conséquences, tous les fruits dont l'article du
journal anglais ouvre devant lui la perspective. A cet égard ,
on doit compter beaucoup sur les excellentes intentions, sur
les lumières et l'expérience du Grand Vizir actuel, Aali-Pacha,
ainsi que sur la capacité reconnue de Fuad-Pacha, ministre des
affaires étrangères. On ne doit pas fonder moins d'espoir sur
le caractère indépendant, ferme et résolu de Méhémet-Ruchdi-
Pacha, le nouveau grand maître de l'artillerie, que le Sultan
vient d'appeler à ce poste de confiance et d'intimité, devenu
vacant par la mort d'Ahmet-Fethi-Pacha.
Dans les circonstances présentes, il semble que la Porte
aurait une occasion toute simple et toute naturelle de donner
raison au Times, et de prouver par un acte décisif l'indépen-
dance et la liberté de ses résolutions. Depuis trois ans, l'Eu-
rope attend la décision du Sultan sur une question qui l'inté-
resse elle-même au plus haut point, sur la question relative
à l'ouverture de l'isthme de Suez. On a toutes les raisons pos-
sibles de croire que la Porte, livrée à ses propres inspirations,
se serait empressée de ratifier un projet qu'elle approuve en
principe et dont elle a formellement reconnu l'utilité pour
l'Empire ottoman. Mais on sait que les bonnes dispositions du
Sultan et de ses ministres ont été jusqu'à ce jour tenues en
échec et entravées par l'opposition de deux hommes d'État
anglais, lord Strattford de Redcliffe et lord Palmerston. On
sait aussi, par une déclaration officielle de lord Palmerston ,
que son opposition à cette entreprise n'est fondée que sur l'in-
térêt de la Turquie. Aujourd'hui lord Strattford de Redcliffe
n'est plus à Constantinople et lord Palmerston n'est plus au
ministère : que la Turquie entre donc, sans plus tarder, dans
la voie que lui montre le Times; qu'elle ne prenne conseil -
que d'elle-même et qu'elle suive son propre mouvement pour ,
décider la question relative au canal de Suez dans le sens le
plus conforme à ses intérêts particuliers comme aux intérêts -
du commerce universel. Alors la Turquie aura prouvé que
son indépendance n'est pas un mot, un rêve de la politique
occidentale; alors l'oeuvre que les puissances alliées ont pour-
suivie par la guerre d'Orient sera devenue une vérité.
- L. ALLOURY.
Nous ne croyons pas qu'il y ait un homme d'État en
Europe qui n'applaudisse, avec le Journal des Débats,
à cette ligne de conduite nouvelle que le Times veut tra-
cer à la diplomatie anglaise.
G. W.
LE CONSTITUTIONNEL
ET LE NOUVEAU CABINET ANGLAIS.
Le Constitutionnel du 20 mars apprécie dans les termes
suivants la politique que suivra selon toute apparence
le nouveau Cabinet anglais dans la question du canal de
Suez :
CI Depuis trois mois, M. Ferdinand de Lesseps est à Con-
stantinople, attendant que le gouvernement turc ratifie la
sanctipn que l'Europe entière a donnée déjà au projet de per-
cement de l'isthme de Suez. Pourquoi tant de délais? On s'en
étonne en Fi^are^t l'on cherche quel est l'obstacle qui entrave
ainsi l'exécution de cette entreprise d'utilité universelle.
Vient-il de l'Angleterre? Ah! sans doute, "personne ici n'a
oublié que lord Palmerston, vigoureusement secondé par lord
Strattford de Redcliffe, s'est prononcé contre ce projet, sans
l'avoir étudié et sans dire en quoi la politique anglaise était
intéressée à le faire avorter. Mais quand même lord Palmer-
ston fût resté ministre, nous aurions eu le droit de compter
que les événements auraient changé sa manière de voir.
L'insurrection de l'Inde et la nécessité qui s'en est suivie de
prendre la voie de l'Egypte pour le transport des troupes à
Calcutta ont donné une preuve si convaincante des avantages
qu'offrirait le canal de Suez que la dénégation n'est plus
possible. Si lord Palmerston eût conservé le pouvoir, nous
n'aurions donc pas admis qu'il pùt persister dans son oppo-
sition.
Mais ce ministre est tombé, et ses successeurs ne songent pas
probablement à revendiquer l'héritage de la plus grosse
erreur qu'il ait commise. Ils se trouveront trop heureux,
sans doute, de n'être pas engagés par cette politique. Une
prochaine occasion leur sera donnée de manifester leurs sen-
timents. Un membre de la Chambre des Communes, M. Grif-
fith, a annoncé l'intention d'adresser, le 26 de ce mois, une
interpellation au ministère, et de lui demander quelle attitude
il compte prendre dans cette question , qui fixe l'attention du
monde entier. M. Griffith croit que le commerce anglais ne
montrerait pas la dignité qui lui convient, et n'aurait pas le
juste sentiment de ses forces, s'il redoutait la concurrence que
l'ouverture du canal de Suez peut lui susciter parmi les ma-
rines de la Méditerranée. Il pense aussi qu'on exciterait gra-
tuitement la désaffection et le mécontentement des autres
peuples, si, dans l'intérêt mal entendu de la seule Angleterre,
on parvenait à empêcher l'exécution d'un travail qui sera
une des gloires de notre siècle, et sur lequel comptent tant de
peuples commerçants pour développer leur navigation ou pour
la relever de la décadence et même de la ruine.
M. Griffith a raison. Cette affaire de Suez est une de celles
133
nouvelle qu'on lui offre et qu'il appelle de ses plus ardentes
sympathies. C'est chose à peine croyable, et c'est cependant
une chose certaine. Si jamais l'abus des influences que nous
signalions un peu plus haut a été poussé à l'excès, on ne peut
nier que ce ne soit dans cette occasion mémorable.
Aussi croyons-nous que les conseils du Times viennent tout
à fait à point; et nous avons la ferme espérance que la Porte
saura les mettre à profit, et qu'elle n'hésitera plus à trancher
une question qui ne fait pas plus de doute pour elle que pour
nous, et qu'elle eût dès longtemps décidée si elle n'avait eu
qu'à suivre ses propres inspirations. SCHILLER aîné.
Nous remercions le Moniteur de laflotte de l'appui si
persévérant et si énergique qu'il nous prête. Nous pen-
sons comme lui que l'article du Times a une haute
portée, et que s'il est une affaire à laquelle il s'applique,
c'est certainement la grande entreprise à laquelle nous
sommes dévoués.
G. WAGENER.
Le Journal des Débats du 16 mars publiait - aussi
d'excellentes réflexions sur cet article du Times :
Le Times, dans un article dont nous avons donné l'ana-
lyse il y a quelques jours, se félicitait de la révolution que la
retraite de lord Strattford de Redcliffe doit amener dans la si-
tuation diplomatique de la Turquie, en l'affranchissant du
joug que les prétentions et les rivalités des. ambassadeurs
étrangers ont fait peser jusqu'ici sur les conseils de la Porte.
Nous partageons complètement l'opinion du Times, et nous
pensons que l'intérêt général de l'Europe, y compris celui de
l'Angleterre, aura plus à gagner qu'à perdre à cette émanci-
pation de la puissance ottomane. La seule question est de sa-
voir si le gouvernement turc aura l'énergie et ta résolution
suffisantes pour profiter de cette situation nouvelle et pour en
tirer toutes les conséquences, tous les fruits dont l'article du
journal anglais ouvre devant lui la perspective. A cet égard ,
on doit compter beaucoup sur les excellentes intentions, sur
les lumières et l'expérience du Grand Vizir actuel, Aali-Pacha,
ainsi que sur la capacité reconnue de Fuad-Pacha, ministre des
affaires étrangères. On ne doit pas fonder moins d'espoir sur
le caractère indépendant, ferme et résolu de Méhémet-Ruchdi-
Pacha, le nouveau grand maître de l'artillerie, que le Sultan
vient d'appeler à ce poste de confiance et d'intimité, devenu
vacant par la mort d'Ahmet-Fethi-Pacha.
Dans les circonstances présentes, il semble que la Porte
aurait une occasion toute simple et toute naturelle de donner
raison au Times, et de prouver par un acte décisif l'indépen-
dance et la liberté de ses résolutions. Depuis trois ans, l'Eu-
rope attend la décision du Sultan sur une question qui l'inté-
resse elle-même au plus haut point, sur la question relative
à l'ouverture de l'isthme de Suez. On a toutes les raisons pos-
sibles de croire que la Porte, livrée à ses propres inspirations,
se serait empressée de ratifier un projet qu'elle approuve en
principe et dont elle a formellement reconnu l'utilité pour
l'Empire ottoman. Mais on sait que les bonnes dispositions du
Sultan et de ses ministres ont été jusqu'à ce jour tenues en
échec et entravées par l'opposition de deux hommes d'État
anglais, lord Strattford de Redcliffe et lord Palmerston. On
sait aussi, par une déclaration officielle de lord Palmerston ,
que son opposition à cette entreprise n'est fondée que sur l'in-
térêt de la Turquie. Aujourd'hui lord Strattford de Redcliffe
n'est plus à Constantinople et lord Palmerston n'est plus au
ministère : que la Turquie entre donc, sans plus tarder, dans
la voie que lui montre le Times; qu'elle ne prenne conseil -
que d'elle-même et qu'elle suive son propre mouvement pour ,
décider la question relative au canal de Suez dans le sens le
plus conforme à ses intérêts particuliers comme aux intérêts -
du commerce universel. Alors la Turquie aura prouvé que
son indépendance n'est pas un mot, un rêve de la politique
occidentale; alors l'oeuvre que les puissances alliées ont pour-
suivie par la guerre d'Orient sera devenue une vérité.
- L. ALLOURY.
Nous ne croyons pas qu'il y ait un homme d'État en
Europe qui n'applaudisse, avec le Journal des Débats,
à cette ligne de conduite nouvelle que le Times veut tra-
cer à la diplomatie anglaise.
G. W.
LE CONSTITUTIONNEL
ET LE NOUVEAU CABINET ANGLAIS.
Le Constitutionnel du 20 mars apprécie dans les termes
suivants la politique que suivra selon toute apparence
le nouveau Cabinet anglais dans la question du canal de
Suez :
CI Depuis trois mois, M. Ferdinand de Lesseps est à Con-
stantinople, attendant que le gouvernement turc ratifie la
sanctipn que l'Europe entière a donnée déjà au projet de per-
cement de l'isthme de Suez. Pourquoi tant de délais? On s'en
étonne en Fi^are^t l'on cherche quel est l'obstacle qui entrave
ainsi l'exécution de cette entreprise d'utilité universelle.
Vient-il de l'Angleterre? Ah! sans doute, "personne ici n'a
oublié que lord Palmerston, vigoureusement secondé par lord
Strattford de Redcliffe, s'est prononcé contre ce projet, sans
l'avoir étudié et sans dire en quoi la politique anglaise était
intéressée à le faire avorter. Mais quand même lord Palmer-
ston fût resté ministre, nous aurions eu le droit de compter
que les événements auraient changé sa manière de voir.
L'insurrection de l'Inde et la nécessité qui s'en est suivie de
prendre la voie de l'Egypte pour le transport des troupes à
Calcutta ont donné une preuve si convaincante des avantages
qu'offrirait le canal de Suez que la dénégation n'est plus
possible. Si lord Palmerston eût conservé le pouvoir, nous
n'aurions donc pas admis qu'il pùt persister dans son oppo-
sition.
Mais ce ministre est tombé, et ses successeurs ne songent pas
probablement à revendiquer l'héritage de la plus grosse
erreur qu'il ait commise. Ils se trouveront trop heureux,
sans doute, de n'être pas engagés par cette politique. Une
prochaine occasion leur sera donnée de manifester leurs sen-
timents. Un membre de la Chambre des Communes, M. Grif-
fith, a annoncé l'intention d'adresser, le 26 de ce mois, une
interpellation au ministère, et de lui demander quelle attitude
il compte prendre dans cette question , qui fixe l'attention du
monde entier. M. Griffith croit que le commerce anglais ne
montrerait pas la dignité qui lui convient, et n'aurait pas le
juste sentiment de ses forces, s'il redoutait la concurrence que
l'ouverture du canal de Suez peut lui susciter parmi les ma-
rines de la Méditerranée. Il pense aussi qu'on exciterait gra-
tuitement la désaffection et le mécontentement des autres
peuples, si, dans l'intérêt mal entendu de la seule Angleterre,
on parvenait à empêcher l'exécution d'un travail qui sera
une des gloires de notre siècle, et sur lequel comptent tant de
peuples commerçants pour développer leur navigation ou pour
la relever de la décadence et même de la ruine.
M. Griffith a raison. Cette affaire de Suez est une de celles
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.94%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.94%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 5/24
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6203089c/f5.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6203089c/f5.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6203089c/f5.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6203089c
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6203089c
Facebook
Twitter