Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-03-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 mars 1858 25 mars 1858
Description : 1858/03/25 (A3,N43). 1858/03/25 (A3,N43).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203089c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
138 L'ISTHME DE SUEZ, JEUDI 25 MARS.
de Francfort, qui avaient entrepris il y a deux mois une
fcampagne toute pareille. La presse de toute l'Europe a
réfuté ces deux journaux, et nous ne reprendrons pas
cette polémique ; mais la Nouvelle Gazette de Prusse
aurait dû se dire aussi qu'il est bien tard pour y revenir.
Ce sont là des sujets épuisés sur lesquels il n'est que
faire de renouveler la discussion. Il faut la laisser aux
journaux qui peuvent avoir à solder des restes de compte
avec le Cabinet anglais qui vient de tomber. Mais après
tout c'est peut-être par patriotisme que la Nouvelle Ga-
zette de Prusse a parlé. La Prusse vient de faire une
alliance de famille avec l'Angleterre; c'est vrai, et les
deux pays peuvent y trouver, nous le croyons, un grand
avantage; mais ce n'est pas un motif pour que les jour-
naux prussiens soutiennent, contre toute raison, les pré-
jugés de l'ancien premier ministre britannique. Il est
vrai encore que Trieste est un port autrichien; mais
l'Allemagne gagnera au canal de Suez au moins au-
tant que l'Autriche : et il n'est pas de la politique prus-
sienne de sembler ne pas défendre les intérêts alle-
mands.
Il est peut-être bon que la Nouvelle Gazette de Prusse
y réfléchisse,
G. WAGENER.
LES SULTANS OTTOMANS
ET L'ISTHME DE SUEZ.
La Presse d'Orient du 27 février a eu l'heureuse idée
de résumer dans un article spécial l'histoire des projets
qu'ont à diverses époques conçus les Sultans ottomans
pour l'ouverture de l'isthme de Suez. On lira avec grand
intérêt ces détails puisés aux meilleures sources et qui
complètent ceux qu'on possédait déjà sur ce sujet. L'idée
d'un canal unissant les deux mers est trop juste et
trop utile pour qu'elle ne se soit pas souvent présentée
aux hommes habiles qui ont dirigé les destinées de l'Em-
pire turc. Ce n'est pas d'aujourd'hui que cet avantage a
été reconnu ; mais notre siècle était le seul peut-être
jusqu'à présent qui pût exécuter ce grand travail dans
les conditions nécessaires pour qu'il rende tous les ser-
vices qu'on en attend.
Nous publions, dit la Presse d'Orient, une carte géogra-
phique et une vue panoramique de l'isthme de Suez.
Cette publication nous fournit tout naturellement l'occasion
de rappeler brièvement les antécédents historiques du grand
projet qui préoccupe depuis quelque temps toutes les nations
de l'Europe. Des découvertes intéressantes faites dans les ar-
chives du British muséum ont révélé des tentatives très-
sérieuses opérées à plusieurs reprises par les Sultans ottomans
pour ouvrir un canal de Péluse à la mer Rouge. Sur ces in-
dications, nous avons cherché et trouvé dans l'histoire les
dates de ces efforts curieux, et nous les avons consignés dans
plusieurs passages d'un article que nous consacrions l'an
dernier à la ligne télégraphique qui reliera les Indes à l'Eu-
rope par Bagdad et Constantinople.
Ces découvertes n'ajoutent rien à l'intérêt immense que pré-
sentera pour le commerce du monde un passage ouvert de la
Méditerranée dans la mer des Indes ; mais elles ont une im-
portance considérable en ce sens qu'elles indiquent nettement
quelle fut, au temps de la grande splendeur de l'Empire otto-
man, la pensée des souverains qni se succédèrent sur le trône
de la Turquie. Les prédécesseurs du Sultan Abd-ul-Medjid re-
connurent successivement l'utilité du percement de l'isthme de
Suez; plus d'une fois, après des études mûries, les travaux
furent ordonna ; mais malheureusement des guerres inces-
santes , des révolutions, la pénurie du trésor et aussi la nature
des rapports des Sultans avec la chrétienté ne permirent pas
d'exécuter les plans arrêtés.
A ce point de vue, il nous a paru utile de recueillir avec
soin tous les renseignements historiques qui concernent
l'isthme de Suez; ce sera l'encadrement naturel de la carte
que nous publions.
La première idée d'un canal destiné à unir la Méditerranée
à la mer Rouge appartient aux Pharaons. Nécos l'exécuta en
partie en joignant le Nil à la mer Rouge. Hérodote donne les
dimensions du canal. Strabon attribue cet immense travail à
Sésostris. Après eux, les Ptolémées, puis, plus tard, les Em-
pereurs romains Trajan et Adrien reprirent la pensée de leurs
devanciers. Pendant les longues guerres et les invasions qui
ravagèrent l'Egypte, le canal fut négligé, abandonné et com-
blé par les sables.
Alors la race musulmane mit le pied sur ce vieux sol. Les
conquérants arabes comprirent bien vite l'importance d'une
communication entre les deux mers. « Omar, dit Alfergan, or-
donna que le canal fut rouvert, à l'effet de faire transporter
des vivres à la Mecque et à Médine, qui étaient ravagées par la
famine. » Amrou, le lieutenant d'Omar, rétablit le canal, qui
fut ensuite comblé pour affamer Médine révoltée, sous le règne
du khalife abbasside Abou-Djafer-el-Mansour.
Ici se trouve une lacune historique que les savants auteurs
de Y Avant-projet Ju percement de l'isthme de Suez ont fran-
chie pour arriver d'un bond au règne du sultan Moustapha III,
qui se préoccupa vivement de la jonction des deux mers. Plus
heureux, nous avons trouvé dans l'histoire ottomane les preuves
authentiques d'essais ou de travaux tentés par des Sultans ot-
tomans longtemps avant le règne de Moustapha III.
C'est au sultan Sélim Il (1566-1574), le fils du grand Suleï.
man, que revient l'honneur d'avoir repris la vieille pensée
pharaonique.
a Conquérant de Chypre, négociateur consommé avec l'Eu-
rope, restaurateur de la marine des Ottomane continuateur
du système d'alliance avec la France, qui créait en sa faveur
une balance de l'Europe contre la maison d'Autriche, promo-
teur de la jonction des quatre mers par le percement des
isthmes de Crimée et de Suez, etc.; tel fut, dit un écrivain
célèbre, Sultan Sélim IL » En succédant à son illustre père,
le Sultan Sélim eut le bonheur de trouver au grand vizirat
Mohammed Sokolli, en qui se personnifièrent sous trois règnes
les lumières, l'énergie et la politique de l'Empire. « Sokolli
songeait à la prospérité de la puissance ottomane. Son génie
avait devancé son époque dans la théorie de l'économie poli-
tique, cette science de la richesse des nations. Il voyait cette
richesse dans l'agriculture, dans le commerce, dans la navi-
gation, ce véhicule des échanges entre les peuples. Il voulait
faire de Constantinople par l'industrie ce que la nature en
avait fait par le site, l'entrepôt de l'Asie, de l'Europe et de
l'Afrique : la grande échelle de l'univers. »
Les Turcs d'alors n'avaient point compris les théories civi-
lisatrices de Sokolli; il exploita leurs haines contre les Persans
pour arriver à la création d'un canal de jonction du Don et du
Volga, c'est-à-dire de la mer d'Azoff et de la mer Caspienne; à
l'appui de ses projets sur Suez, il invoqua la nécessité de por-
de Francfort, qui avaient entrepris il y a deux mois une
fcampagne toute pareille. La presse de toute l'Europe a
réfuté ces deux journaux, et nous ne reprendrons pas
cette polémique ; mais la Nouvelle Gazette de Prusse
aurait dû se dire aussi qu'il est bien tard pour y revenir.
Ce sont là des sujets épuisés sur lesquels il n'est que
faire de renouveler la discussion. Il faut la laisser aux
journaux qui peuvent avoir à solder des restes de compte
avec le Cabinet anglais qui vient de tomber. Mais après
tout c'est peut-être par patriotisme que la Nouvelle Ga-
zette de Prusse a parlé. La Prusse vient de faire une
alliance de famille avec l'Angleterre; c'est vrai, et les
deux pays peuvent y trouver, nous le croyons, un grand
avantage; mais ce n'est pas un motif pour que les jour-
naux prussiens soutiennent, contre toute raison, les pré-
jugés de l'ancien premier ministre britannique. Il est
vrai encore que Trieste est un port autrichien; mais
l'Allemagne gagnera au canal de Suez au moins au-
tant que l'Autriche : et il n'est pas de la politique prus-
sienne de sembler ne pas défendre les intérêts alle-
mands.
Il est peut-être bon que la Nouvelle Gazette de Prusse
y réfléchisse,
G. WAGENER.
LES SULTANS OTTOMANS
ET L'ISTHME DE SUEZ.
La Presse d'Orient du 27 février a eu l'heureuse idée
de résumer dans un article spécial l'histoire des projets
qu'ont à diverses époques conçus les Sultans ottomans
pour l'ouverture de l'isthme de Suez. On lira avec grand
intérêt ces détails puisés aux meilleures sources et qui
complètent ceux qu'on possédait déjà sur ce sujet. L'idée
d'un canal unissant les deux mers est trop juste et
trop utile pour qu'elle ne se soit pas souvent présentée
aux hommes habiles qui ont dirigé les destinées de l'Em-
pire turc. Ce n'est pas d'aujourd'hui que cet avantage a
été reconnu ; mais notre siècle était le seul peut-être
jusqu'à présent qui pût exécuter ce grand travail dans
les conditions nécessaires pour qu'il rende tous les ser-
vices qu'on en attend.
Nous publions, dit la Presse d'Orient, une carte géogra-
phique et une vue panoramique de l'isthme de Suez.
Cette publication nous fournit tout naturellement l'occasion
de rappeler brièvement les antécédents historiques du grand
projet qui préoccupe depuis quelque temps toutes les nations
de l'Europe. Des découvertes intéressantes faites dans les ar-
chives du British muséum ont révélé des tentatives très-
sérieuses opérées à plusieurs reprises par les Sultans ottomans
pour ouvrir un canal de Péluse à la mer Rouge. Sur ces in-
dications, nous avons cherché et trouvé dans l'histoire les
dates de ces efforts curieux, et nous les avons consignés dans
plusieurs passages d'un article que nous consacrions l'an
dernier à la ligne télégraphique qui reliera les Indes à l'Eu-
rope par Bagdad et Constantinople.
Ces découvertes n'ajoutent rien à l'intérêt immense que pré-
sentera pour le commerce du monde un passage ouvert de la
Méditerranée dans la mer des Indes ; mais elles ont une im-
portance considérable en ce sens qu'elles indiquent nettement
quelle fut, au temps de la grande splendeur de l'Empire otto-
man, la pensée des souverains qni se succédèrent sur le trône
de la Turquie. Les prédécesseurs du Sultan Abd-ul-Medjid re-
connurent successivement l'utilité du percement de l'isthme de
Suez; plus d'une fois, après des études mûries, les travaux
furent ordonna ; mais malheureusement des guerres inces-
santes , des révolutions, la pénurie du trésor et aussi la nature
des rapports des Sultans avec la chrétienté ne permirent pas
d'exécuter les plans arrêtés.
A ce point de vue, il nous a paru utile de recueillir avec
soin tous les renseignements historiques qui concernent
l'isthme de Suez; ce sera l'encadrement naturel de la carte
que nous publions.
La première idée d'un canal destiné à unir la Méditerranée
à la mer Rouge appartient aux Pharaons. Nécos l'exécuta en
partie en joignant le Nil à la mer Rouge. Hérodote donne les
dimensions du canal. Strabon attribue cet immense travail à
Sésostris. Après eux, les Ptolémées, puis, plus tard, les Em-
pereurs romains Trajan et Adrien reprirent la pensée de leurs
devanciers. Pendant les longues guerres et les invasions qui
ravagèrent l'Egypte, le canal fut négligé, abandonné et com-
blé par les sables.
Alors la race musulmane mit le pied sur ce vieux sol. Les
conquérants arabes comprirent bien vite l'importance d'une
communication entre les deux mers. « Omar, dit Alfergan, or-
donna que le canal fut rouvert, à l'effet de faire transporter
des vivres à la Mecque et à Médine, qui étaient ravagées par la
famine. » Amrou, le lieutenant d'Omar, rétablit le canal, qui
fut ensuite comblé pour affamer Médine révoltée, sous le règne
du khalife abbasside Abou-Djafer-el-Mansour.
Ici se trouve une lacune historique que les savants auteurs
de Y Avant-projet Ju percement de l'isthme de Suez ont fran-
chie pour arriver d'un bond au règne du sultan Moustapha III,
qui se préoccupa vivement de la jonction des deux mers. Plus
heureux, nous avons trouvé dans l'histoire ottomane les preuves
authentiques d'essais ou de travaux tentés par des Sultans ot-
tomans longtemps avant le règne de Moustapha III.
C'est au sultan Sélim Il (1566-1574), le fils du grand Suleï.
man, que revient l'honneur d'avoir repris la vieille pensée
pharaonique.
a Conquérant de Chypre, négociateur consommé avec l'Eu-
rope, restaurateur de la marine des Ottomane continuateur
du système d'alliance avec la France, qui créait en sa faveur
une balance de l'Europe contre la maison d'Autriche, promo-
teur de la jonction des quatre mers par le percement des
isthmes de Crimée et de Suez, etc.; tel fut, dit un écrivain
célèbre, Sultan Sélim IL » En succédant à son illustre père,
le Sultan Sélim eut le bonheur de trouver au grand vizirat
Mohammed Sokolli, en qui se personnifièrent sous trois règnes
les lumières, l'énergie et la politique de l'Empire. « Sokolli
songeait à la prospérité de la puissance ottomane. Son génie
avait devancé son époque dans la théorie de l'économie poli-
tique, cette science de la richesse des nations. Il voyait cette
richesse dans l'agriculture, dans le commerce, dans la navi-
gation, ce véhicule des échanges entre les peuples. Il voulait
faire de Constantinople par l'industrie ce que la nature en
avait fait par le site, l'entrepôt de l'Asie, de l'Europe et de
l'Afrique : la grande échelle de l'univers. »
Les Turcs d'alors n'avaient point compris les théories civi-
lisatrices de Sokolli; il exploita leurs haines contre les Persans
pour arriver à la création d'un canal de jonction du Don et du
Volga, c'est-à-dire de la mer d'Azoff et de la mer Caspienne; à
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