Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-03-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 mars 1858 10 mars 1858
Description : 1858/03/10 (A3,N42). 1858/03/10 (A3,N42).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203088z
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
ï-08 - L'ISTHME DE SUEZ, MERCREDI 10 MARS.
qu'a touchés le savant président de la Commission in-
ternationale.
( Après avoir indiqué par quelques considérations gé-
nérales l'importance du canal maritime de Suez, il a
retracé les progrès qu'a faits laquestion depuis 1846 et sur-
tout depuis 1854, époque à laquelle M. Ferd. de Lessepsa
reçu la concession de S. A. le Vice-roi d'Égypte. Il raconte
plusparticulièrement la composition et les travaux de la
Commission internationale; et pour faire bien com-
prendre le projet qu'elle a définitivement arrêté, il exa-
mine les questions suivantes :
La géographie générale deTÉgypte; le Nil, avec le
régime si merveilleux de ses eaux; l'isthme de Suez avec
sa géologie; le tracé proposé; le régime des eaux des
deux rades de Suez et de Péluse ; les forages ; les écluses;
les dimensions du canal maritime; le port de Suez ; le
port Saïd ; le lac Timsah ; les dépenses présumées du
canal; l'éclairage des côtes.
Puis l'auteur étudie- ensuite les conséquences de
l'ouverture de l'isthme de Suez; et naturellement il
s'arrête surtout aux intérêts néerlandais. Enfin, il ter-
mine en citant quelques passages remarquables du
rapport de M. le baron Charles Dupin à l'Académie des
sciences de l'Institut de France; et il convie l'Académie
royale des sciences de Hollande à émettre, comme
notre Académie, un vœu en faveur de l'isthme de Suez.
Il n'appartenait à personne plus qu'à M. Conrad d'ex-
poser ce grand sujet. Il a une autorité toute particu-
lière, que lui donnent à la fois ses travaux bien connus
comme ingénieur, et sa position personnelle dans le
sein de la Commission nationale qu'il préside. Nous
avons rappelé déjà quel succès avait eu le discours de
M. F. W. Conrad devant son auditoire ; nous croyons qu'à
la lecture ce discours ne sera ni moins goûté ni moins
instructif. Ce sera sans aucun doute un des documents
les plus intéressants que contiendront les Mémoires de
l'Académie royale de Hollande.
M. F. W. Conrad, ingénieur du Waterstaat, a été
nommé inspecte 'ur,- par arrêté royal en date du 1er fé-
vrier de cette année, pour entrer en fonctions à partir
du 1er avril. Ce grade est, à ce que nous croyons, le
plus élevé dans le corps des ingénieurs de l'État en
Hollande: - C'est la juste récompense d'un mérite dès -
longtemps éprouvé.
ERNEST DESPLACES.
PRISE DE CANTON.
-RAPPORT DE M. RIC-AULT DE GENOUILLY.
- L'amiral ministre de la marine et des colonies a reçu
le rapport suivant du contre-amiral Rigault de Genouilly,
au sujet de la prise de Canton :
Quartier général des forces alliées.
Canton, le Il janvier 1858.
Monsieur le ministre,
Une dépêche télégraphique en date du 29 décembre a porté
à Votre Excellence la nouvelle des succès obtenus par les
armes dé l'Angleterre et de la France, et de la capture de
Canton ; le présent courrier vous porte le duplicata de cette
dépêche.
Le débarquement de notre corps expéditionnaire a eu lieu
le 28, à neuf heures du matin, dans le canal de Kupper. Il
devait suivre celui du 59e régiment britannique; mais comme
la marée était très- basse, les canonnières portant ce régiment
s'étaient échouées, et il fut résolu entre le général Strauben-
sée et moi, à la suite d'une reconnaissance que nous venions
de faire ensemble, que nos bataillons seraient sur-le-champ
jetés à terre, d'autant que l'ennemi s'était montré dans le
voisinage du point de débarquement. A peine notre premier
bataillon avait-il débouché des maisons qui se trouvaient
aux abords du débarcadère, et pris position sur une hauteur
à petite distance, qu'une vive fusillade s'engagèa entre lui et
une masse de tirailleurs chinois embusqués dans tous les plis ,
de terrain, derrière tous les bouquets d'arbres et dans deux
villages, dont l'un nous faisait face, dont l'autre se trouvait
aussi en avant, mais beaucoup sur notre gauche.
Dès que le 2e bataillon, qui arrivait au pas de course, fut :
à ma portée, je lançai plusieurs compagnies pour nettoyer les
villages ennemis, et nous portant en avant, nous vînmes, avéc
les deux bataillons, occuper plusieurs collines qui se trouvaient
en face de nous et d'où l'on découvrait le fort Lyn.
Dans cette nouvelle position, le feu des tirailleurs ennemis,
qui ne s'était pas ralenti, était cependant beaucoup moins in-
commode. Pendant que nous opérions ce mouvement ep.avant,,-
les compagnies du 59e mises à terre le suivaient,, en couvrant
notre droite, vers laquelle se montraient de nombreux ras-
semblements. C'est dans cette situation que nous attendîmes
environ pendant une heure notre artillerie, qui nous arriva j
sous la protection de l'arrière-garde. En même temps qu'elle, i
nous rejoignait, plusieurs pièces de l'artillerie anglaise,ar^ J
rivaient aussi en position sous la protection des compagnies,
du 59e. Il était midi, les forces mises en ligne s' élevaienf à-
1,500 hommes environ, dont 1,000 hommes du corps expé-
ditionnaire français. Les batteries établies, les pièces de l'ar-
tillerie anglaise et nos obusiers ouvrirent leur feu sur le fort
Lyn. Les projectiles, parfaitement dirigés, tombaient dans ce
fort ou sur les masses de tirailleurs qui étaient embusqués j
dans tous ses environs. Le feu de l'artillerie de cet ouvrage
était très-lent, mais il partait de ses parapets un très-grand
nombre de fusées, dont plusieurs ont causé des blessures
graves- Voulant profiter de l'élan des troupes, nous résolûmes,
le général Straubensée et moi, de marcher en avant pour
enlever le fort Lyn. En ce moment d'ailleurs on voyait
paraître, sur les hauteurs que nous avions laissées en arrière,
les premières têtes de colonnes des bataillons de marine.
Je mis aussitôt en mouvement nos bataillons déployés, le
premier bataillon s'avançant précédé de tirailleurs, les obu-
siers marchant entre les pelotons, le second bataillon en
soutien, mais appuyant sur notre gauche, de plus en plus
inquiétée par le feu des tirailleurs ennemis à mesure que nous
'approchions du grand faubourg de l'Est. Le terrain parcouru
depuis le point de débarq uement était très-accidenté, cou pé
de fossés, de cultures, et notre artillerie n'avait pu arriver et
ne pouvait Suivre qu'au prix des plus énergiques efforts des
équipages des obusiers, qui se doublaient pour franchir les
obstacles. Un pli de terrain venait de nous masquer le fort
Lyn, lorsque le général Straubensée me fit prier d'occuper un
mamelon situé près de ce fort, d'où les tirailleurs chinois,
accumulés en grand nombre, faisaient. un feu très-vif. Les
clairons sonnèrent aussitôt la marche en avant, nos tirailleurs
j
i
qu'a touchés le savant président de la Commission in-
ternationale.
( Après avoir indiqué par quelques considérations gé-
nérales l'importance du canal maritime de Suez, il a
retracé les progrès qu'a faits laquestion depuis 1846 et sur-
tout depuis 1854, époque à laquelle M. Ferd. de Lessepsa
reçu la concession de S. A. le Vice-roi d'Égypte. Il raconte
plusparticulièrement la composition et les travaux de la
Commission internationale; et pour faire bien com-
prendre le projet qu'elle a définitivement arrêté, il exa-
mine les questions suivantes :
La géographie générale deTÉgypte; le Nil, avec le
régime si merveilleux de ses eaux; l'isthme de Suez avec
sa géologie; le tracé proposé; le régime des eaux des
deux rades de Suez et de Péluse ; les forages ; les écluses;
les dimensions du canal maritime; le port de Suez ; le
port Saïd ; le lac Timsah ; les dépenses présumées du
canal; l'éclairage des côtes.
Puis l'auteur étudie- ensuite les conséquences de
l'ouverture de l'isthme de Suez; et naturellement il
s'arrête surtout aux intérêts néerlandais. Enfin, il ter-
mine en citant quelques passages remarquables du
rapport de M. le baron Charles Dupin à l'Académie des
sciences de l'Institut de France; et il convie l'Académie
royale des sciences de Hollande à émettre, comme
notre Académie, un vœu en faveur de l'isthme de Suez.
Il n'appartenait à personne plus qu'à M. Conrad d'ex-
poser ce grand sujet. Il a une autorité toute particu-
lière, que lui donnent à la fois ses travaux bien connus
comme ingénieur, et sa position personnelle dans le
sein de la Commission nationale qu'il préside. Nous
avons rappelé déjà quel succès avait eu le discours de
M. F. W. Conrad devant son auditoire ; nous croyons qu'à
la lecture ce discours ne sera ni moins goûté ni moins
instructif. Ce sera sans aucun doute un des documents
les plus intéressants que contiendront les Mémoires de
l'Académie royale de Hollande.
M. F. W. Conrad, ingénieur du Waterstaat, a été
nommé inspecte 'ur,- par arrêté royal en date du 1er fé-
vrier de cette année, pour entrer en fonctions à partir
du 1er avril. Ce grade est, à ce que nous croyons, le
plus élevé dans le corps des ingénieurs de l'État en
Hollande: - C'est la juste récompense d'un mérite dès -
longtemps éprouvé.
ERNEST DESPLACES.
PRISE DE CANTON.
-RAPPORT DE M. RIC-AULT DE GENOUILLY.
- L'amiral ministre de la marine et des colonies a reçu
le rapport suivant du contre-amiral Rigault de Genouilly,
au sujet de la prise de Canton :
Quartier général des forces alliées.
Canton, le Il janvier 1858.
Monsieur le ministre,
Une dépêche télégraphique en date du 29 décembre a porté
à Votre Excellence la nouvelle des succès obtenus par les
armes dé l'Angleterre et de la France, et de la capture de
Canton ; le présent courrier vous porte le duplicata de cette
dépêche.
Le débarquement de notre corps expéditionnaire a eu lieu
le 28, à neuf heures du matin, dans le canal de Kupper. Il
devait suivre celui du 59e régiment britannique; mais comme
la marée était très- basse, les canonnières portant ce régiment
s'étaient échouées, et il fut résolu entre le général Strauben-
sée et moi, à la suite d'une reconnaissance que nous venions
de faire ensemble, que nos bataillons seraient sur-le-champ
jetés à terre, d'autant que l'ennemi s'était montré dans le
voisinage du point de débarquement. A peine notre premier
bataillon avait-il débouché des maisons qui se trouvaient
aux abords du débarcadère, et pris position sur une hauteur
à petite distance, qu'une vive fusillade s'engagèa entre lui et
une masse de tirailleurs chinois embusqués dans tous les plis ,
de terrain, derrière tous les bouquets d'arbres et dans deux
villages, dont l'un nous faisait face, dont l'autre se trouvait
aussi en avant, mais beaucoup sur notre gauche.
Dès que le 2e bataillon, qui arrivait au pas de course, fut :
à ma portée, je lançai plusieurs compagnies pour nettoyer les
villages ennemis, et nous portant en avant, nous vînmes, avéc
les deux bataillons, occuper plusieurs collines qui se trouvaient
en face de nous et d'où l'on découvrait le fort Lyn.
Dans cette nouvelle position, le feu des tirailleurs ennemis,
qui ne s'était pas ralenti, était cependant beaucoup moins in-
commode. Pendant que nous opérions ce mouvement ep.avant,,-
les compagnies du 59e mises à terre le suivaient,, en couvrant
notre droite, vers laquelle se montraient de nombreux ras-
semblements. C'est dans cette situation que nous attendîmes
environ pendant une heure notre artillerie, qui nous arriva j
sous la protection de l'arrière-garde. En même temps qu'elle, i
nous rejoignait, plusieurs pièces de l'artillerie anglaise,ar^ J
rivaient aussi en position sous la protection des compagnies,
du 59e. Il était midi, les forces mises en ligne s' élevaienf à-
1,500 hommes environ, dont 1,000 hommes du corps expé-
ditionnaire français. Les batteries établies, les pièces de l'ar-
tillerie anglaise et nos obusiers ouvrirent leur feu sur le fort
Lyn. Les projectiles, parfaitement dirigés, tombaient dans ce
fort ou sur les masses de tirailleurs qui étaient embusqués j
dans tous ses environs. Le feu de l'artillerie de cet ouvrage
était très-lent, mais il partait de ses parapets un très-grand
nombre de fusées, dont plusieurs ont causé des blessures
graves- Voulant profiter de l'élan des troupes, nous résolûmes,
le général Straubensée et moi, de marcher en avant pour
enlever le fort Lyn. En ce moment d'ailleurs on voyait
paraître, sur les hauteurs que nous avions laissées en arrière,
les premières têtes de colonnes des bataillons de marine.
Je mis aussitôt en mouvement nos bataillons déployés, le
premier bataillon s'avançant précédé de tirailleurs, les obu-
siers marchant entre les pelotons, le second bataillon en
soutien, mais appuyant sur notre gauche, de plus en plus
inquiétée par le feu des tirailleurs ennemis à mesure que nous
'approchions du grand faubourg de l'Est. Le terrain parcouru
depuis le point de débarq uement était très-accidenté, cou pé
de fossés, de cultures, et notre artillerie n'avait pu arriver et
ne pouvait Suivre qu'au prix des plus énergiques efforts des
équipages des obusiers, qui se doublaient pour franchir les
obstacles. Un pli de terrain venait de nous masquer le fort
Lyn, lorsque le général Straubensée me fit prier d'occuper un
mamelon situé près de ce fort, d'où les tirailleurs chinois,
accumulés en grand nombre, faisaient. un feu très-vif. Les
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