Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-03-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 mars 1858 10 mars 1858
Description : 1858/03/10 (A3,N42). 1858/03/10 (A3,N42).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203088z
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
124 L'ISTHME DE SUEZ, MERCREDI 10 MARS.
visa ger l'Angleterre ministérielle comme un obstacle à ses
inclinations et à ses intentions de se rendre à la fois utile et
populaire en Europe, en hâtant le jour d'une solution trop
longtemps attendue. Nous avons dit qu'elle ferait par là acte
d'indépendance; nous ajoutons maintenant qu'elle ferait acte
d'habileté, de clairvoyance et d'intelligence envers le futur
cabinet de Londres. En effet, si prenant enfin conseil de sa
fermeté, interprétant dans sa mesure la plus naturelle la
chute de lord Palmerston, le gouvernement turc sanctionnait
immédiatement l'acte de concession du Vice-roi, quelles seraient
et quelles pourraient être les conséquences de cette détermi-
nation ?
>i D'abord, l'Europe satisfaite applaudirait sans contredit,
et à ses applaudissements se mêleraient ceux des intérêts
commerciaux de l'Angleterre. Ensuite, le nouveau Cabinet
anglais trouverait la question résolue, et par conséquent il
serait affranchi de l'ennui des formes, des négociations, des
conférences, des démarches, des décisions à prendre et même
des tracasseries possibles de lord Palmerston dans l'opposi-
tion, s'il en suscite, puisque l'affaire aurait été résolue en
dehors de l'existence du nouveau Cabinet. Si lord Palmerston
voulait réclamer, le ministère, certes, contre lequel il ne pour-
rait invoquer aucune responsabilité , aurait sa réponse facile
et prête; il lui dirait : Quand vous avez quitté le ministère,
» vous aviez publiquement déclaré à la Turquie que votre
» résistance n'était pas fondée sur les intérêts anglais, mais
* uniquement sur l'intérêt turc. Le Sultan était évidemment
* le meilleur juge de ses intérêts, et, autorisé d'ailleurs par
» votre propre déclaration, il a reconnu, au contraire, que le
» canal était avantageux à son Empire et il en a ratifié l'exé-
n cution. Il n'y a rien là que de naturel et de juste, même
» dans vos doctrines; car, si vous avez à vous plaindre, vous
» n'avez à vous plaindre que de vous-même qui avez officielle-
» ment désintéressé l'Angleterre dans cette négociation. »
» Par conséquent, le prochain Cabinet, qui certainement
sera bienveillant au canal des deux mers, aurait l'obligation
à la Turquie de l'avoir exonéré de toute complication et de
toute difficulté sur ce point, d'avoir terminé cette question si
déplorablement pendante, et la Turquie aurait à la fois tous
les honneurs, et d'avoir saisi avec intelligence et jugement
l'opportunité des circonstances, et d'avoir constaté devant le
monde la liberté de son action et sa souveraineté pratique
dans -les matières d'administration intérieure. L'Angleterre
non-seulement n'aurait pas lieu d'en être mécontente, mais
encore lui en saurait bon gré, et la plus légère résolution suf-
firait à terminer heureusement cette question qui tient en
suspens et trouble peut-être la solution de plus d'une autre
grosse question dans l'Orient. »
Dans un article très-développé sur l'Egypte et la Turquie,
le Moniteur industriel cite et commente le message du Vice-
roi d'Egypte à M. de Lesseps, que nous avons donné d'après
le Constitutionnel dans notre dernier numéro. Il publie ensuite
une longue correspondance de la Presse d'Orient sur les dés-
ordres dont est troublée la vallée de l'Euphrate, où l'on pré-
tendait si vainement faire passer le chemin de fer, et il termine
par un extrait de l'ouvrage de M. P. Merruau, l'Egypte con-
temporaine, sur le curage du Mahmoudieh.
Le Moniteur industriel du 4 mars examine les conséquen-
ces que doit avoir la chute de lord Palmerston, et il trouve
qu'elle donne de nouvelles facilités à la solution qu'on attend
de Constantinople. Il rappelle que lord Palmerston était
resté isolé dans son opposition au canal de Suez en Angle-
terre, et que l'opinion publique aussi bien que la presse
s'était séparée de lui sur cette question. M. P. B-s Darnis
espère que le nouveau Cabinet de lord Derby ne succède
pas à lord Palmerston pour l'imiter en le continuant.
Dans un autre article, le Moniteur industriel signale la
démission de lord Strattford de Redcliffe comme le premier
acte diplomatique du Cabinet anglais; et il regarde cet acte
comme étant d'excellent augure. La Porte ne manquera pas
de saisir l'occasion que lui offrent ces circonstances.
Enfin le Moniteur industriel donne d'après le Times et le
Courrier de Lyon de longs détails sur les événements de Can-
ton, qui ouvrent la Chine au commerce des peuples civilisés.
Le Courrier de Paris du 24 février publie une lettre très-ho-
norable de M. Armand Baschet, qui décline le mérite qui lui est
attribué par un journal anglais , le lIlorning-Post, d'avoir dé-
couvert certains documents relatifs à l'ouverture de l'isthme de
Suez par les Vénitiens au seizième siècle. M. Armand Baschet
tient à déclarer que c'est M. Paul de Musset qui a fait cette
découverte dans les archives de Venise. Nos lecteurs se rap-
pellent sans doute que c'est à M. Paul de Musset que nous
avons rapporté ces curieuses recherches, d'après l'article de
la Presse d'Orient que nous avons cité (voir notre numéro
du 25 février 1858, page 86); néanmoins nous tenons à en-
registrer la déclaration de M. Armand Baschet; elle lui fait
honneur, et comme il le dit : Il Il ne faut pas plus permettre
» la méprise de l'éloge que celle du blâme. »
Le Siècle industriel du 21 et du 28 février contient deux ar-
ticles très-favorables suri Egypte contemporaine de M. P. Mer-
ruau. Ces articles signés de M. Emile Cardon.
Le journal mensuel la Vie humaine, publie dans son nu-
méro de janvier-février 1858, un article favorable à l'entre-
prise du canal de Suez , dont il espère la prompte réalisation.
Pour extraits :
ERNEST DESPLACES.
VARI ÉTÉS.
L'EMPIRE DES INDES.
Nous recevons d'un de nos correspondants que nos
lecteurs connaissent bien, M. J. M. Bozoli, de Ferraie,
un travail assez étendu sur l'Inde. L'intention de M. Bo-
zoli a été de présenter une revue rapide de la statistique
et de l'histoire de ce vaste pays, depuis la conquête
musulmane jusqu'à nos jours. L'auteur a dû s'arrêter
plus particulièrement à ce qui concerne les Anglais,
puisque ce sont eux aujourd'hui qui dominent l'Inde
presque entière, et qui, selon toute apparence, l'auront
bientôt sous leur domination absolue. Le tableau que
fait M. Bozoli n'a pas la prétention d'être complet; mais
dans le cadre où il a dû se restreindre, il a su réunir
une foule de faits et de chiffres fort intéressants dont
l'ensemble a quelque chose qui frappe vivement. L'Em-
pire anglo-indien est le plus vaste qu'ait jamais formé,
à aucune autre époque de l'histoire, un peuple civilisé.
On a vu par l'insurrection des cipayes que l'organisation
actuelle présentait de bien périlleuses lacunes. Ce sys-
tème sera prochainement changé, et il est a croire que
la métropole saura le rendre plus solide.
visa ger l'Angleterre ministérielle comme un obstacle à ses
inclinations et à ses intentions de se rendre à la fois utile et
populaire en Europe, en hâtant le jour d'une solution trop
longtemps attendue. Nous avons dit qu'elle ferait par là acte
d'indépendance; nous ajoutons maintenant qu'elle ferait acte
d'habileté, de clairvoyance et d'intelligence envers le futur
cabinet de Londres. En effet, si prenant enfin conseil de sa
fermeté, interprétant dans sa mesure la plus naturelle la
chute de lord Palmerston, le gouvernement turc sanctionnait
immédiatement l'acte de concession du Vice-roi, quelles seraient
et quelles pourraient être les conséquences de cette détermi-
nation ?
>i D'abord, l'Europe satisfaite applaudirait sans contredit,
et à ses applaudissements se mêleraient ceux des intérêts
commerciaux de l'Angleterre. Ensuite, le nouveau Cabinet
anglais trouverait la question résolue, et par conséquent il
serait affranchi de l'ennui des formes, des négociations, des
conférences, des démarches, des décisions à prendre et même
des tracasseries possibles de lord Palmerston dans l'opposi-
tion, s'il en suscite, puisque l'affaire aurait été résolue en
dehors de l'existence du nouveau Cabinet. Si lord Palmerston
voulait réclamer, le ministère, certes, contre lequel il ne pour-
rait invoquer aucune responsabilité , aurait sa réponse facile
et prête; il lui dirait : Quand vous avez quitté le ministère,
» vous aviez publiquement déclaré à la Turquie que votre
» résistance n'était pas fondée sur les intérêts anglais, mais
* uniquement sur l'intérêt turc. Le Sultan était évidemment
* le meilleur juge de ses intérêts, et, autorisé d'ailleurs par
» votre propre déclaration, il a reconnu, au contraire, que le
» canal était avantageux à son Empire et il en a ratifié l'exé-
n cution. Il n'y a rien là que de naturel et de juste, même
» dans vos doctrines; car, si vous avez à vous plaindre, vous
» n'avez à vous plaindre que de vous-même qui avez officielle-
» ment désintéressé l'Angleterre dans cette négociation. »
» Par conséquent, le prochain Cabinet, qui certainement
sera bienveillant au canal des deux mers, aurait l'obligation
à la Turquie de l'avoir exonéré de toute complication et de
toute difficulté sur ce point, d'avoir terminé cette question si
déplorablement pendante, et la Turquie aurait à la fois tous
les honneurs, et d'avoir saisi avec intelligence et jugement
l'opportunité des circonstances, et d'avoir constaté devant le
monde la liberté de son action et sa souveraineté pratique
dans -les matières d'administration intérieure. L'Angleterre
non-seulement n'aurait pas lieu d'en être mécontente, mais
encore lui en saurait bon gré, et la plus légère résolution suf-
firait à terminer heureusement cette question qui tient en
suspens et trouble peut-être la solution de plus d'une autre
grosse question dans l'Orient. »
Dans un article très-développé sur l'Egypte et la Turquie,
le Moniteur industriel cite et commente le message du Vice-
roi d'Egypte à M. de Lesseps, que nous avons donné d'après
le Constitutionnel dans notre dernier numéro. Il publie ensuite
une longue correspondance de la Presse d'Orient sur les dés-
ordres dont est troublée la vallée de l'Euphrate, où l'on pré-
tendait si vainement faire passer le chemin de fer, et il termine
par un extrait de l'ouvrage de M. P. Merruau, l'Egypte con-
temporaine, sur le curage du Mahmoudieh.
Le Moniteur industriel du 4 mars examine les conséquen-
ces que doit avoir la chute de lord Palmerston, et il trouve
qu'elle donne de nouvelles facilités à la solution qu'on attend
de Constantinople. Il rappelle que lord Palmerston était
resté isolé dans son opposition au canal de Suez en Angle-
terre, et que l'opinion publique aussi bien que la presse
s'était séparée de lui sur cette question. M. P. B-s Darnis
espère que le nouveau Cabinet de lord Derby ne succède
pas à lord Palmerston pour l'imiter en le continuant.
Dans un autre article, le Moniteur industriel signale la
démission de lord Strattford de Redcliffe comme le premier
acte diplomatique du Cabinet anglais; et il regarde cet acte
comme étant d'excellent augure. La Porte ne manquera pas
de saisir l'occasion que lui offrent ces circonstances.
Enfin le Moniteur industriel donne d'après le Times et le
Courrier de Lyon de longs détails sur les événements de Can-
ton, qui ouvrent la Chine au commerce des peuples civilisés.
Le Courrier de Paris du 24 février publie une lettre très-ho-
norable de M. Armand Baschet, qui décline le mérite qui lui est
attribué par un journal anglais , le lIlorning-Post, d'avoir dé-
couvert certains documents relatifs à l'ouverture de l'isthme de
Suez par les Vénitiens au seizième siècle. M. Armand Baschet
tient à déclarer que c'est M. Paul de Musset qui a fait cette
découverte dans les archives de Venise. Nos lecteurs se rap-
pellent sans doute que c'est à M. Paul de Musset que nous
avons rapporté ces curieuses recherches, d'après l'article de
la Presse d'Orient que nous avons cité (voir notre numéro
du 25 février 1858, page 86); néanmoins nous tenons à en-
registrer la déclaration de M. Armand Baschet; elle lui fait
honneur, et comme il le dit : Il Il ne faut pas plus permettre
» la méprise de l'éloge que celle du blâme. »
Le Siècle industriel du 21 et du 28 février contient deux ar-
ticles très-favorables suri Egypte contemporaine de M. P. Mer-
ruau. Ces articles signés de M. Emile Cardon.
Le journal mensuel la Vie humaine, publie dans son nu-
méro de janvier-février 1858, un article favorable à l'entre-
prise du canal de Suez , dont il espère la prompte réalisation.
Pour extraits :
ERNEST DESPLACES.
VARI ÉTÉS.
L'EMPIRE DES INDES.
Nous recevons d'un de nos correspondants que nos
lecteurs connaissent bien, M. J. M. Bozoli, de Ferraie,
un travail assez étendu sur l'Inde. L'intention de M. Bo-
zoli a été de présenter une revue rapide de la statistique
et de l'histoire de ce vaste pays, depuis la conquête
musulmane jusqu'à nos jours. L'auteur a dû s'arrêter
plus particulièrement à ce qui concerne les Anglais,
puisque ce sont eux aujourd'hui qui dominent l'Inde
presque entière, et qui, selon toute apparence, l'auront
bientôt sous leur domination absolue. Le tableau que
fait M. Bozoli n'a pas la prétention d'être complet; mais
dans le cadre où il a dû se restreindre, il a su réunir
une foule de faits et de chiffres fort intéressants dont
l'ensemble a quelque chose qui frappe vivement. L'Em-
pire anglo-indien est le plus vaste qu'ait jamais formé,
à aucune autre époque de l'histoire, un peuple civilisé.
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actuelle présentait de bien périlleuses lacunes. Ce sys-
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