Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-02-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 février 1858 25 février 1858
Description : 1858/02/25 (A3,N41). 1858/02/25 (A3,N41).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203087j
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
100 1 L'ISTHME DE SUEZ, JEUDI 25 FÉVRIER.
tion anglaise. La Grande-Bretagne gagnera ptus que toute autre
nation à cet admirable projet, malgré la transformation par-
tielle de la grande navigation en navigation de cabotage qui
suivra très-probablement la construction du canal.
M. Aristide Dumont, ingénieur des ponts et chaussées, a
pris la parole après M. Mougel-Bey. Il entrevoit, a-t-il dit,
dans la construction de cette nouvelle voie de communication
une véritable révolution économique, non-seulement pour
l'Europe, mais encore pour tout l'Orient, l'Égypte, l'Inde et
la Chine elle-même. Il serait impossible de préciser dès
aujourd'hui les effets qui doivent être produits; mais on pres-
sent infailliblement qu'ils seront immenses, et M. N. Bénard,
du Siècle, fait remarquer que lord Palmerston, qui s'obstine
dans une si malencontreuse opposition à ce grand et beau
projet, semble devoir bientôt rester tout seul, de l'autre côté
du détroit, à défendre des préjugés surannés. -
MM. Hippolyte Dussard, H. Peut et Mougel, prennent suc-
cessivement la parole sur les projets de chemins de fer par
l'Euphrate et autres, auxquels on a songé pour mettre en
communication l'Europe et l'Asie. Le dernier a surtout insisté
sur ce point, que la route de l'Euphrate sera plutôt un com-
plément qu'une concurrence de la voie navigable.
Déjà le Journal des Economistes nous a donné plus d'une
fois des témoignages de sa sympathie; et nous en sommes
sincèrement reconnaissants. Il n'est pas en effet de question qui
intéresse l'économie politique appliquée, plus que l'ouverture
de l'isthme de Suez. Cette communication nouvelle changera
encore une fois la route du commerce universel; et dans cette
grande révolution, il y a une foule de questions que les écono-
mistes doivent suivre avec la plus vive attention. Nous avons
cité, dans le temps, un article du Journal des Economistes
(15 octobre 1857), où ces considérations sont développées
avec une grande force. (Voir notre numéro du 25 octobre
1857, p. 449.)
Nous n'y reviendrons pas; mais nous sommes heureux que
des esprits aussi distingués agitent et discutent ces problèmes.
Le canal de Suez ne peut être ouvert que dans quelques an-
nées ; et il est bon que d'ici là, la science s'occupe sérieuse-
ment des changements considérables que l'exécution de ce
travail amènera dans les relations des peuples. On se rappelle
la révolution qu'a causée la découverte du cap de Bonne-Es-
pérance. L'ouverture de l'isthme de Suez ne provoquera pas
de moindres modifications ; et les peuples civilisés auront eu
tout le temps de s'y préparer. Les longs délais que nous avons
subis auront permis à tout le monde d'envisager la question
sous toutes ses faces.
On peut voir par tous les extraits qui précèdent de la presse
européenne que les sympathies restent partout les mêmes et
qu'elles ne perdent rien de leur vivacité. Le monde entier attend
la décision souveraine de la Porte; et chacun la préjuge,
parce que chacun la désire. L'intérêt de la Turquie est évident ;
et si elle le consulte, sa résolution ne peut être douteuse.
Nos lecteurs ont pu voir aussi que nos adversaires, sentant
bien que le moment du triomphe approche, redoublent leurs
efforts ; et comme la réalité n'est pas pour eux, ils ont re-
cours, croyant nous nuire, à des inventions qui ne sont pas
toujours des plus loyales. Tantôt c'est l'Autriche qui renonce
à sa vieille politique et qui veut se mettre avec lord Palmerston
contre le canal maritime, malgré les intérêts manifestes de sa
marine. Tantôt c'est la Porte Ottomane qu'on fait parler, et
on lui prête des résolutions qu'elle n'a pas prises et qu'elle ne
prendra certainement jamais. - ',-,.'
Tout cela est également faux.
Il est à peine besoin d'ajouter que la crise ministérielle qui
vient de se passer en Angleterre ne peut que nous être extrê-
mement favorable. Lord Palmerston a été renversé sur une
question très-délicate ; et c'est un partisan du canal de Suez,
l'illustre M. Gladstone, qui a porté la parole contre le Cabinet
avec le plus d'éloquence et d'efficacité. Quand nous nous rap-
pelons les manifestations du commerce anglais dans vingt
meetings, nous avions le droit de dire que la résistance du
Premier Ministre était tout individuelle. Aujourd'hui qu'il est
tombé-du pouvoir avec peu d'espoir d'y revenir, nous pouvons
croire que cette résistance a pris fin. Elle n'était fondée sur
aucune raison avouable, comme l'ont démontré les violences
de langage auxquelles le Premier Ministre s'est laissé aller
dans les discussions qui ont eu lieu dans le Parlement. Il n'est
pas possible que ses successeurs, quels qu'ils soient, partagent
ses préventions; et ceux dont on prononce déjà les noms sont
trop éclairés pour que nous n'ayons pas tout à espérer. En
même temps les négociations suivent un cours très-favorable
à Constantinople, et tous les journaux de ces derniers jours
l'ont annonce à l'envi les uns des autres.
Pour extraits,
ERNEST DESPLACES.
VAR I ÉTÉS.
L'ÉGYPTE CONTEMPORAINE
1840-1857 r'
DE MÉHÉMET-ALI A SAID PACHA,
PAR M. PAUL MERRUAU,
PRÉCÉDÉE D'UNE LETTRE DE M. FERD. DE LESSEPS. ,
(Un vol. in-8", chez Didier et Cie. libraires-éditeurs, qaii des Augustine 36.)
Les extraits que nous avons déjà donnés de l'ouvrage
de M. Paul Merruau ont pu montrer à nos lecteurs quel
en est le caractère et le but. M. Merruau s'est proposé
de faire connaître à tous ceux qui s'intéressent à l'Egypte
l'état actuel de ce pays et l'administration qui le régit.
Frappé des réformes considérables et bienfaisantes qui
s'y sont accomplies depuis quelques années, il a voulu
les signaler à l'attention des esprits sérieux; et tout
bienveillant qu'il est pour l'Égypte, il s'est attaché avant
tout à être juste. C'est une histoire qu'il fait; ce n'est
pas un panégyrique.
Aussi louons-nous M. P. Merruau d'avoir placé à la
suite de son volume un grand nombre de pièces offi-
cielles, ou plutôt, commeilledit, de pièces justificatives.
L'appréciation d'un prince encore régnant est toujours
très-délicate ; et l'auteur consciencieux qui entreprend
cette tâche épineuse ne saurait s'entourer de trop de
documents ni appuyer ses assertions de trop de témoi-
tion anglaise. La Grande-Bretagne gagnera ptus que toute autre
nation à cet admirable projet, malgré la transformation par-
tielle de la grande navigation en navigation de cabotage qui
suivra très-probablement la construction du canal.
M. Aristide Dumont, ingénieur des ponts et chaussées, a
pris la parole après M. Mougel-Bey. Il entrevoit, a-t-il dit,
dans la construction de cette nouvelle voie de communication
une véritable révolution économique, non-seulement pour
l'Europe, mais encore pour tout l'Orient, l'Égypte, l'Inde et
la Chine elle-même. Il serait impossible de préciser dès
aujourd'hui les effets qui doivent être produits; mais on pres-
sent infailliblement qu'ils seront immenses, et M. N. Bénard,
du Siècle, fait remarquer que lord Palmerston, qui s'obstine
dans une si malencontreuse opposition à ce grand et beau
projet, semble devoir bientôt rester tout seul, de l'autre côté
du détroit, à défendre des préjugés surannés. -
MM. Hippolyte Dussard, H. Peut et Mougel, prennent suc-
cessivement la parole sur les projets de chemins de fer par
l'Euphrate et autres, auxquels on a songé pour mettre en
communication l'Europe et l'Asie. Le dernier a surtout insisté
sur ce point, que la route de l'Euphrate sera plutôt un com-
plément qu'une concurrence de la voie navigable.
Déjà le Journal des Economistes nous a donné plus d'une
fois des témoignages de sa sympathie; et nous en sommes
sincèrement reconnaissants. Il n'est pas en effet de question qui
intéresse l'économie politique appliquée, plus que l'ouverture
de l'isthme de Suez. Cette communication nouvelle changera
encore une fois la route du commerce universel; et dans cette
grande révolution, il y a une foule de questions que les écono-
mistes doivent suivre avec la plus vive attention. Nous avons
cité, dans le temps, un article du Journal des Economistes
(15 octobre 1857), où ces considérations sont développées
avec une grande force. (Voir notre numéro du 25 octobre
1857, p. 449.)
Nous n'y reviendrons pas; mais nous sommes heureux que
des esprits aussi distingués agitent et discutent ces problèmes.
Le canal de Suez ne peut être ouvert que dans quelques an-
nées ; et il est bon que d'ici là, la science s'occupe sérieuse-
ment des changements considérables que l'exécution de ce
travail amènera dans les relations des peuples. On se rappelle
la révolution qu'a causée la découverte du cap de Bonne-Es-
pérance. L'ouverture de l'isthme de Suez ne provoquera pas
de moindres modifications ; et les peuples civilisés auront eu
tout le temps de s'y préparer. Les longs délais que nous avons
subis auront permis à tout le monde d'envisager la question
sous toutes ses faces.
On peut voir par tous les extraits qui précèdent de la presse
européenne que les sympathies restent partout les mêmes et
qu'elles ne perdent rien de leur vivacité. Le monde entier attend
la décision souveraine de la Porte; et chacun la préjuge,
parce que chacun la désire. L'intérêt de la Turquie est évident ;
et si elle le consulte, sa résolution ne peut être douteuse.
Nos lecteurs ont pu voir aussi que nos adversaires, sentant
bien que le moment du triomphe approche, redoublent leurs
efforts ; et comme la réalité n'est pas pour eux, ils ont re-
cours, croyant nous nuire, à des inventions qui ne sont pas
toujours des plus loyales. Tantôt c'est l'Autriche qui renonce
à sa vieille politique et qui veut se mettre avec lord Palmerston
contre le canal maritime, malgré les intérêts manifestes de sa
marine. Tantôt c'est la Porte Ottomane qu'on fait parler, et
on lui prête des résolutions qu'elle n'a pas prises et qu'elle ne
prendra certainement jamais. - ',-,.'
Tout cela est également faux.
Il est à peine besoin d'ajouter que la crise ministérielle qui
vient de se passer en Angleterre ne peut que nous être extrê-
mement favorable. Lord Palmerston a été renversé sur une
question très-délicate ; et c'est un partisan du canal de Suez,
l'illustre M. Gladstone, qui a porté la parole contre le Cabinet
avec le plus d'éloquence et d'efficacité. Quand nous nous rap-
pelons les manifestations du commerce anglais dans vingt
meetings, nous avions le droit de dire que la résistance du
Premier Ministre était tout individuelle. Aujourd'hui qu'il est
tombé-du pouvoir avec peu d'espoir d'y revenir, nous pouvons
croire que cette résistance a pris fin. Elle n'était fondée sur
aucune raison avouable, comme l'ont démontré les violences
de langage auxquelles le Premier Ministre s'est laissé aller
dans les discussions qui ont eu lieu dans le Parlement. Il n'est
pas possible que ses successeurs, quels qu'ils soient, partagent
ses préventions; et ceux dont on prononce déjà les noms sont
trop éclairés pour que nous n'ayons pas tout à espérer. En
même temps les négociations suivent un cours très-favorable
à Constantinople, et tous les journaux de ces derniers jours
l'ont annonce à l'envi les uns des autres.
Pour extraits,
ERNEST DESPLACES.
VAR I ÉTÉS.
L'ÉGYPTE CONTEMPORAINE
1840-1857 r'
DE MÉHÉMET-ALI A SAID PACHA,
PAR M. PAUL MERRUAU,
PRÉCÉDÉE D'UNE LETTRE DE M. FERD. DE LESSEPS. ,
(Un vol. in-8", chez Didier et Cie. libraires-éditeurs, qaii des Augustine 36.)
Les extraits que nous avons déjà donnés de l'ouvrage
de M. Paul Merruau ont pu montrer à nos lecteurs quel
en est le caractère et le but. M. Merruau s'est proposé
de faire connaître à tous ceux qui s'intéressent à l'Egypte
l'état actuel de ce pays et l'administration qui le régit.
Frappé des réformes considérables et bienfaisantes qui
s'y sont accomplies depuis quelques années, il a voulu
les signaler à l'attention des esprits sérieux; et tout
bienveillant qu'il est pour l'Égypte, il s'est attaché avant
tout à être juste. C'est une histoire qu'il fait; ce n'est
pas un panégyrique.
Aussi louons-nous M. P. Merruau d'avoir placé à la
suite de son volume un grand nombre de pièces offi-
cielles, ou plutôt, commeilledit, de pièces justificatives.
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très-délicate ; et l'auteur consciencieux qui entreprend
cette tâche épineuse ne saurait s'entourer de trop de
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