Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-02-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 février 1858 25 février 1858
Description : 1858/02/25 (A3,N41). 1858/02/25 (A3,N41).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203087j
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
86 L'ISTHME DE SUEZ, JEUDI 25 FÉVRIER.
Soudan oriental, dont nous n'avons encore sous les yeux que
des relevés généraux. Le percement de l'isthme de Suez, cette
œuvre magnifique réclamée par les amis de la- civilisation et
de la science, achèvera de doter l'Egypte d'ingénieurs qui en
porteront au dernier degré d'exactitude la topographie. Vous
avez manifesté, Messieurs, votre approbation pour un projet
qui ne trouve d'opposition que de la part d'intérêts mesquins
et exclusifs, comprenant qu'une voie de communication de
plus est une brèche nouvelle faite à la barbarie, et qu'ouvrir
un pays au commerce et à l'activité des Européens, c'est as-
surer tôt ou tard sa conquête par les idées d'humanité et de
progrès. )
Nous avons rappelé dans notre dernier numéro la
lettre que la Société de géographie a écrite à M. Ferd.
de Lesseps, et qui donne à notre entreprise une haute
approbation.
Ailleurs, nous trouvons dans le rapport de M. Alfred
Maury le passage suivant :
« De nouveaux voyages se préparent dans l'intérieur de
r Afrique. Le capitaine Burton a courageusement entrepris de
se rendre au grand lac d'Uniamési, et nous comptons avoir
bientôt de ses nouvelles. Tout fait espérer que le Kordofan ne
tardera pas à s'ouvrir à notre commerce et à notre curiosité.
Le percement de l'isthme de Suez achèvera d'abaisser les ob-
stacles qui nous ferment l'accès de l'Afrique orientale. L'en-
semble du cours du Nil finira par être connu jusque dans ses
moindres détails, et l'essai qu'a tenté M. G.-A. de Kloeden
dans son ouvrage sur le bassin du haut Nil pourra être amené
à une précision aujourd'hui impossible. Son ouvrage n'en
restera pas moins un résumé consciencieux de ce que les re-
lations des voyageurs nous ont appris sur cette partie de
l'Afrique. Les documents anciens y sont rapprochés des infor-
mations nouvelles, et discutés savamment. »
Nous croyons en effet, avec M. Alfred Maury, que le
percement de l'isthme de Suez facilitera beaucoup les
explorations de tout genre dans les pays voisins de la
mer Rouge, aujourd'hui trop peu connus; et nous avons
déjà exprimé plusieurs fois cette espérance. Nous sommes
heureux de nous être rencontré avec un géographe
aussi distingué que M. Alfred Maury, et nous le re-
mercions de la sympathie éclairée qu'il veut bien nous
accorder au nom de la science.
ERNEST DESPLACES.
VENISE ET L'ISTHME DE SUEZ.
Nous trouvons dans la Presse d'Orient du 3 février
l'article suivant, que nous reproduisons avec plaisir. Il
est intitulé : Venise et l'Isthme de Suez.
« Si l'on suit attentivement les phases diverses qu'a subies
le projet de percement de l'isthme de Suez depuis les Pharaons
jusqu'à nos jours, on aperçoit une lacune de plusieurs siècles
pendant lesquels la pensée humaine ne semble pas s'être por-
tée sur ce point du monde.
Des recherches historiques nous ont permis de retrouver les
traces d'efforts sérieux tentés avant les travaux qu'ordonna le
général @ Bonaparte pendant l'expédition d'Egypte. Après les
Rois d'Égypte et les Empereurs romains, les Sultans arabes
d'Égypte songèrent à l'établissement du canal maritime. Mais
ces tentatives furent réitérées avec beaucoup d'énergie et d'ac-
tivité par les Sultans oltomans: Suleyman le Grand, Sélim II,
son fils, Murad III, Mustafa III. Les écrivains musulmans Pet-
chéwi, Rausal-ul-Ebrar, des documents diplomatiques publiés
à diverses époques par le gouvernement français et le gouver-
nement autrichien ne laissent aucun doute à cet égard.
Dans le moyen âge, la République de Venise porta aussi son
attention sur l'isthme de Suez ; des travaux récemment pu-
bliés en France nous apportent de précieux renseignements.
Nous nous réservons de raconter les intelligents efforts des
Sultans ottomans; aujourd'hui, nous nous occuperons spécia-
lement de la République de Venise.
De la fin du treizième siècle au quinzième, la Sérénissime
République exerçait une influence prépondérante sur les mers
et dans le nord de l'Italie. Son drapeau flottait du pied des
Alpes au Caucase; elle avait Zanthe et la Morée, elle avait
Chypre et Candie; ses navires dominaient dans la mer Noire
et dans la mer d'Azoff, dans l'Archipel et sur les côtes de
Syrie et d'Egypte. On s'étonne de voir dans les monta-
gnes de l'Abazie des tribus qui portent encore des noms de
Gênes ou de Venise, et des armoiries qu'on retrouve sur les
palais du Rialto. Par les ports de Caffa, de la Syrie et de l'É-
gypte, le pavillon de Saint-Marc recevait les précieuses den-
rées amenées à grands frais de l'Asie centrale et de la Chine,
ou des Indes par Suez, et il les répandait par le détroit de
Gibraltar dans toute l'Europe. Alors la République possédait
3,300 navires montés par 40,000 matelots.
Au quinzième siècle, une immense révolution s'accomplit
dans l'Europe. Presque en même temps, Christophe Colomb don-
nait un monde à l'Espagne et Vasco de Gama montrait au Por-
tugal la route des Indes par le cap de Bonne-Espérance ; le
commerce suivit hardiment la voie nouvelle qui lui était ouverte.
Venise s'effraya. Maîtresse du commerce de tout l'Orient, de
la Méditerranée jusqu'à la Chine, elle était ainsi menacée de
voir lui échapper tout à la fois et ses riches bénéfices et l'in-
fluence que lui assurait son immense trafic. Venise avait jus-
que-là imposé ses rudes conditions à l'Occident; l'Orient ces-
sant d'être la route de l'Inde, la République, au lieu d'être
l'entrepôt de l'Europe, allait se trouver reléguée au fond d'une
impasse perdue.
L'Espagne et le Portugal se placèrent tout à coup au pre.
niier rang des puissances commerciales et maritimes.
Le grand commerce de Venise chercha à conjurer le dan-
ger, les intérêts de ses opérations se trouvant indissolublement
liés aux intérêts politiques de la République; la noblesse pa-
tricienne étudia aussi le redoutable problème. Enfin des
hommes jeunes, entreprenants, proposèrent de percer l'isthme
de Suez, comme l'attestent les documents recueillis dans les
archives de Venise par M. Paul de Musset.
L'idée fut chaleureusement accueillie. On se mit à l'étude ;
des hommes spéciaux furent envoyés sur les lieux; la Répu-
blique chargea successivement plusieurs hommes politiques
d'aller traiter de cette grande affaire avec les gouverneurs de
l'Egypte. Malheureusement ces efforts hardis échouèrent devant
l'opiniâtre résistance des vieillards qui dirigeaient les affaires
de l'État. Les flottes commerciales s'habituèrent à franchir le
cap de Bonne-Espérance pour aller chercher les riches cargai-
sons des Indes et de la Chine, et Venise vit tarir chaque jour
les sources de sa puissance et de sa splendeur. La guerre de
Candie éclata entre la République et les Turcs; les bâtiments
hollandais, français et anglais s'emparèrent des marchés
de la mer Noire, de Constantinople et de l'Archipel, réser-
vés jusque-là aux maisons vénitiennes. Venise ne fut plus
qu'une ombre illustre par son passé, jusqu'à l'heure où le gé-
néral Bonaparte, cédant à des inspirations depuis regrettées,
la raya de la carte européenne.
Soudan oriental, dont nous n'avons encore sous les yeux que
des relevés généraux. Le percement de l'isthme de Suez, cette
œuvre magnifique réclamée par les amis de la- civilisation et
de la science, achèvera de doter l'Egypte d'ingénieurs qui en
porteront au dernier degré d'exactitude la topographie. Vous
avez manifesté, Messieurs, votre approbation pour un projet
qui ne trouve d'opposition que de la part d'intérêts mesquins
et exclusifs, comprenant qu'une voie de communication de
plus est une brèche nouvelle faite à la barbarie, et qu'ouvrir
un pays au commerce et à l'activité des Européens, c'est as-
surer tôt ou tard sa conquête par les idées d'humanité et de
progrès. )
Nous avons rappelé dans notre dernier numéro la
lettre que la Société de géographie a écrite à M. Ferd.
de Lesseps, et qui donne à notre entreprise une haute
approbation.
Ailleurs, nous trouvons dans le rapport de M. Alfred
Maury le passage suivant :
« De nouveaux voyages se préparent dans l'intérieur de
r Afrique. Le capitaine Burton a courageusement entrepris de
se rendre au grand lac d'Uniamési, et nous comptons avoir
bientôt de ses nouvelles. Tout fait espérer que le Kordofan ne
tardera pas à s'ouvrir à notre commerce et à notre curiosité.
Le percement de l'isthme de Suez achèvera d'abaisser les ob-
stacles qui nous ferment l'accès de l'Afrique orientale. L'en-
semble du cours du Nil finira par être connu jusque dans ses
moindres détails, et l'essai qu'a tenté M. G.-A. de Kloeden
dans son ouvrage sur le bassin du haut Nil pourra être amené
à une précision aujourd'hui impossible. Son ouvrage n'en
restera pas moins un résumé consciencieux de ce que les re-
lations des voyageurs nous ont appris sur cette partie de
l'Afrique. Les documents anciens y sont rapprochés des infor-
mations nouvelles, et discutés savamment. »
Nous croyons en effet, avec M. Alfred Maury, que le
percement de l'isthme de Suez facilitera beaucoup les
explorations de tout genre dans les pays voisins de la
mer Rouge, aujourd'hui trop peu connus; et nous avons
déjà exprimé plusieurs fois cette espérance. Nous sommes
heureux de nous être rencontré avec un géographe
aussi distingué que M. Alfred Maury, et nous le re-
mercions de la sympathie éclairée qu'il veut bien nous
accorder au nom de la science.
ERNEST DESPLACES.
VENISE ET L'ISTHME DE SUEZ.
Nous trouvons dans la Presse d'Orient du 3 février
l'article suivant, que nous reproduisons avec plaisir. Il
est intitulé : Venise et l'Isthme de Suez.
« Si l'on suit attentivement les phases diverses qu'a subies
le projet de percement de l'isthme de Suez depuis les Pharaons
jusqu'à nos jours, on aperçoit une lacune de plusieurs siècles
pendant lesquels la pensée humaine ne semble pas s'être por-
tée sur ce point du monde.
Des recherches historiques nous ont permis de retrouver les
traces d'efforts sérieux tentés avant les travaux qu'ordonna le
général @ Bonaparte pendant l'expédition d'Egypte. Après les
Rois d'Égypte et les Empereurs romains, les Sultans arabes
d'Égypte songèrent à l'établissement du canal maritime. Mais
ces tentatives furent réitérées avec beaucoup d'énergie et d'ac-
tivité par les Sultans oltomans: Suleyman le Grand, Sélim II,
son fils, Murad III, Mustafa III. Les écrivains musulmans Pet-
chéwi, Rausal-ul-Ebrar, des documents diplomatiques publiés
à diverses époques par le gouvernement français et le gouver-
nement autrichien ne laissent aucun doute à cet égard.
Dans le moyen âge, la République de Venise porta aussi son
attention sur l'isthme de Suez ; des travaux récemment pu-
bliés en France nous apportent de précieux renseignements.
Nous nous réservons de raconter les intelligents efforts des
Sultans ottomans; aujourd'hui, nous nous occuperons spécia-
lement de la République de Venise.
De la fin du treizième siècle au quinzième, la Sérénissime
République exerçait une influence prépondérante sur les mers
et dans le nord de l'Italie. Son drapeau flottait du pied des
Alpes au Caucase; elle avait Zanthe et la Morée, elle avait
Chypre et Candie; ses navires dominaient dans la mer Noire
et dans la mer d'Azoff, dans l'Archipel et sur les côtes de
Syrie et d'Egypte. On s'étonne de voir dans les monta-
gnes de l'Abazie des tribus qui portent encore des noms de
Gênes ou de Venise, et des armoiries qu'on retrouve sur les
palais du Rialto. Par les ports de Caffa, de la Syrie et de l'É-
gypte, le pavillon de Saint-Marc recevait les précieuses den-
rées amenées à grands frais de l'Asie centrale et de la Chine,
ou des Indes par Suez, et il les répandait par le détroit de
Gibraltar dans toute l'Europe. Alors la République possédait
3,300 navires montés par 40,000 matelots.
Au quinzième siècle, une immense révolution s'accomplit
dans l'Europe. Presque en même temps, Christophe Colomb don-
nait un monde à l'Espagne et Vasco de Gama montrait au Por-
tugal la route des Indes par le cap de Bonne-Espérance ; le
commerce suivit hardiment la voie nouvelle qui lui était ouverte.
Venise s'effraya. Maîtresse du commerce de tout l'Orient, de
la Méditerranée jusqu'à la Chine, elle était ainsi menacée de
voir lui échapper tout à la fois et ses riches bénéfices et l'in-
fluence que lui assurait son immense trafic. Venise avait jus-
que-là imposé ses rudes conditions à l'Occident; l'Orient ces-
sant d'être la route de l'Inde, la République, au lieu d'être
l'entrepôt de l'Europe, allait se trouver reléguée au fond d'une
impasse perdue.
L'Espagne et le Portugal se placèrent tout à coup au pre.
niier rang des puissances commerciales et maritimes.
Le grand commerce de Venise chercha à conjurer le dan-
ger, les intérêts de ses opérations se trouvant indissolublement
liés aux intérêts politiques de la République; la noblesse pa-
tricienne étudia aussi le redoutable problème. Enfin des
hommes jeunes, entreprenants, proposèrent de percer l'isthme
de Suez, comme l'attestent les documents recueillis dans les
archives de Venise par M. Paul de Musset.
L'idée fut chaleureusement accueillie. On se mit à l'étude ;
des hommes spéciaux furent envoyés sur les lieux; la Répu-
blique chargea successivement plusieurs hommes politiques
d'aller traiter de cette grande affaire avec les gouverneurs de
l'Egypte. Malheureusement ces efforts hardis échouèrent devant
l'opiniâtre résistance des vieillards qui dirigeaient les affaires
de l'État. Les flottes commerciales s'habituèrent à franchir le
cap de Bonne-Espérance pour aller chercher les riches cargai-
sons des Indes et de la Chine, et Venise vit tarir chaque jour
les sources de sa puissance et de sa splendeur. La guerre de
Candie éclata entre la République et les Turcs; les bâtiments
hollandais, français et anglais s'emparèrent des marchés
de la mer Noire, de Constantinople et de l'Archipel, réser-
vés jusque-là aux maisons vénitiennes. Venise ne fut plus
qu'une ombre illustre par son passé, jusqu'à l'heure où le gé-
néral Bonaparte, cédant à des inspirations depuis regrettées,
la raya de la carte européenne.
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.86%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.86%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 6/24
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6203087j/f6.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6203087j/f6.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6203087j/f6.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6203087j
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6203087j
Facebook
Twitter