Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-02-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 février 1858 25 février 1858
Description : 1858/02/25 (A3,N41). 1858/02/25 (A3,N41).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203087j
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
JEUDI 25 FÉVRIER. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 88
Il va sans dire, d'ailleurs, qu'en proposant de subordonner
à l'assentiment unanime de l'Europe la ratification du projet
formé par M. de Lesseps, le gouvernement anglais calcule que
le sort de ce projet sera remis entre ses mains, et qu'il réussira,
comme on dit, à l'enterrer. En effet, l'opinion de toutes les
puissances est connue. Si la question devait être résolue à la
majorité des votes, il serait puéril de la soumettre à l'Europe.
Le Divan n'aurait qu'à consulter les ambassadeurs ; ce n'est pas
la majorité qui émettrait un avis favorable, c'est l'unanimité
moins un. Il n'y a qu'une seule voix qui soit discordante dans
Je concert général des puissances, c'est celle de l'Angleterre;
mais cette voix suffit pour empêcher à jamais l'unanimité.
Attendre cette unanimité, ce serait, comme on l'a dit, opposer
-au projet une fin de non-recevoir. Le Divan, par le fait,
annoncerait qu'il remet ses pouvoirs à la Grande-Bretagne.
Question de dignité et d'indépendance à part, ceci est plus
difficile à faire que le correspondant du journal belge ne
l'imagine. Il est fort difficile, en effet, de mécontenter profon-
dément toutes les autres puissances au profit de l'égoïsme d'un
seul gouvernement ou des passions isolées d'un homme
d'État, si élevé qu'il soit. Ce n'est pas là une affaire qu'on
puisse étouffer dans le cabinet. Les imaginations s'en sont
emparées; l'opinion publique est fortement émue dans le
monde entier. Un déni de justice est devenu presque impos-
sible. Il serait donc beaucoup plus embarrassant, pour le gou-
vernement ottoman, d'employer le biais qu'on lui suggère,
que de prendre une résolution franche et nette. En supposant
que les hommes d'État de la Turquie aient ce désir dominant
d'éviter toute difficulté, que les agents de la politique anglaise
leur supposent sans doute fort gratuitement, ils feraient certes
un bien mauvais calcul en ayant recours aux moyens dila-
toires.
» Mais ce n'est pas le sentiment qui les déterminera. Lors-
que tout le monde voit que l'indépendance de la Turquie peut
être hautement affirmée de nouveau ou bien compromise,
selon que le Divan retiendra ou abandonnera la question, il
serait ridicule de penser que cette évidence échappe à des
hommes habiles et expérimentés comme ceux qui composent
le ministère ottoman. Cela suffit pour qu'on sache d'avance
quelle sera leur condùite.
» Quant à l'Autrichê, n'en déplaise au correspondant du
journal belge, elle est plus ferme que jamais dans l'appui
qu'elle a toujours donné à cette importante entreprise. Eh !
pourquoi donc sacrifierait-elle le haut intérêt qu'elle doit
y attacher? Dans quel but?
On peut, selon les cas, approuver ou critiquer la politique
de cette puissance; mais quand donc l'a-t-on vue manquer de
consistance? Le correspondant dit qu'elle éprouve plus que
jamais le besoin de rattacher sa politique à celle de l'Angle-
terre. Encore un argument suranné qui a vu le jour en France
et qui a été réduit à sa juste valeur. Les relations de l'Autriche
avec l'Angleterre, de même que l'alliance de l'Angleterre avec
la France, n'empêchent pas que ces puissances n'aient sou- -
vent un avis opposé sur des questions secondaires, témoin celle
de la navigation dii Danube.
» Les quelques hommes politiques de l'Angleterre qui ont
pris en antipathie l'entreprise de M. de Lesseps, uniquement,
sans doute, parce que M. de Lesseps est Français, n'auront
donc pas à compter, on peut en être certain, sur le concours
de l'Autriche. Le gouvernement autrichien, loin d'abandonner
cette entreprise, y donne toujours sa cordiale adhésion. Qu'on
renonce donc à cette manœuvre, dont le but est éventé, et qui
n'empêchera pas le succès espéré par l'Europe entière. »
P. DUBOIS.
INTERPELLATIONS DE M. DARBY GRIFFITH
SUR LE CANAL DE SUEZ.
Dans la séance du Parlement anglais-de vendredi
5 février, M. Darby Griffith avait annoncé qu'il adresse-
rait, le 19 février, "des interpellations ail Premier Ministre
pour lui demander, en considération des intérêts futurs
du pays pour ses communications avec l'Inde, et en con-
sidération des hautes manifestations qui ont eu lieu en
faveur du canal de Suez dans tous les pays de l'Europe,
si le gouvernement de Sa Majesté regarde toujours
comme de son devoir de s'opposer d'une manière posi-
tive au percement de l'isthme de Suez.,,
M. Griffith a demandé dans la séance du 19 que les
interpellations sur le canal de Suez fussent remises
au 26, c'est à-dire à Jiuit jours. La Chambre des
Communes était absorbée tout entière par la grave ques-
tion du bill présenté par lord Palmerston à l'occasion
des derniers événements, et nous pensons que M. Darby
Griffith a fait prudemment d'agir comme il l'a fait.
M. Gladstone, en portant un coup mortel au Cabinet
de lord Palmerston, a eu l'occasion de parler du canal
de Suez. Dans son discours à la Chambre des Communes,
le 19, sur le bill des réfugiés, il a dit, en parlant de la
sincère amitié qui existe entre les deux gouvernements
de la France et de l'Angleterre :
Je vais plus loin et je dis : Combien je déplore profondé-
ment que, depuis la conclusion de la paix de 1856, quoique
l'alliance ait été maintenue avec loyauté, comme je n'en doute
pas, des deux côtés, et, je le pense, avec sagesse et avec discer-
nement, d'un côté tout au moins, il paraisse s'être élevé une série
de questions d'abord sur l'ile des Serpents, .puis sur les Prin-
cipautés, et enfin sur l'isthme de Suez, l'une après l'autre,
qui, il faut le dire, me semblent avoir occasionné, et cela non
par la faute du gouvernement français, un antagonisme d'opi-
nions et d'actions entre les deux pays, qui est devenu notoire
pour tout le monde ! (Écoutez! écoulez !) Tout cela, je le re-
grette profondément, et je crois que ces dissentiments mani-
festes ont considérablement affaibli la position de l'Angleterre
envers le gouvernement français, et l'ont réduite à ce qu'elle
était au moment où le funeste événement que nous déplorons
tous a eu lieu.
Nous remercions l'illustre orateur d'avoir donné ce
souvenir à notre entreprise au milieu de ces graves dis-
cussions. La presse française et anglaise avait exprimé
déjà ces sentiments, qui nous paraissent fort jusles;
mais nous sommes heureux qu'une bouche aussi élo-
quente que celle de M. Gladstone les ait portés à la tri-
bune du Parlement anglais.
ERNEST DESPLÀCES.
LA « GAZETTE AUTRICHIENNE »
ET « L'OST-DEUTSCHE POST »
Nous trouvons dans la Gazette autrichienne du 9 fé-
vriér un article remarquable que nous donnons plus bas
Il va sans dire, d'ailleurs, qu'en proposant de subordonner
à l'assentiment unanime de l'Europe la ratification du projet
formé par M. de Lesseps, le gouvernement anglais calcule que
le sort de ce projet sera remis entre ses mains, et qu'il réussira,
comme on dit, à l'enterrer. En effet, l'opinion de toutes les
puissances est connue. Si la question devait être résolue à la
majorité des votes, il serait puéril de la soumettre à l'Europe.
Le Divan n'aurait qu'à consulter les ambassadeurs ; ce n'est pas
la majorité qui émettrait un avis favorable, c'est l'unanimité
moins un. Il n'y a qu'une seule voix qui soit discordante dans
Je concert général des puissances, c'est celle de l'Angleterre;
mais cette voix suffit pour empêcher à jamais l'unanimité.
Attendre cette unanimité, ce serait, comme on l'a dit, opposer
-au projet une fin de non-recevoir. Le Divan, par le fait,
annoncerait qu'il remet ses pouvoirs à la Grande-Bretagne.
Question de dignité et d'indépendance à part, ceci est plus
difficile à faire que le correspondant du journal belge ne
l'imagine. Il est fort difficile, en effet, de mécontenter profon-
dément toutes les autres puissances au profit de l'égoïsme d'un
seul gouvernement ou des passions isolées d'un homme
d'État, si élevé qu'il soit. Ce n'est pas là une affaire qu'on
puisse étouffer dans le cabinet. Les imaginations s'en sont
emparées; l'opinion publique est fortement émue dans le
monde entier. Un déni de justice est devenu presque impos-
sible. Il serait donc beaucoup plus embarrassant, pour le gou-
vernement ottoman, d'employer le biais qu'on lui suggère,
que de prendre une résolution franche et nette. En supposant
que les hommes d'État de la Turquie aient ce désir dominant
d'éviter toute difficulté, que les agents de la politique anglaise
leur supposent sans doute fort gratuitement, ils feraient certes
un bien mauvais calcul en ayant recours aux moyens dila-
toires.
» Mais ce n'est pas le sentiment qui les déterminera. Lors-
que tout le monde voit que l'indépendance de la Turquie peut
être hautement affirmée de nouveau ou bien compromise,
selon que le Divan retiendra ou abandonnera la question, il
serait ridicule de penser que cette évidence échappe à des
hommes habiles et expérimentés comme ceux qui composent
le ministère ottoman. Cela suffit pour qu'on sache d'avance
quelle sera leur condùite.
» Quant à l'Autrichê, n'en déplaise au correspondant du
journal belge, elle est plus ferme que jamais dans l'appui
qu'elle a toujours donné à cette importante entreprise. Eh !
pourquoi donc sacrifierait-elle le haut intérêt qu'elle doit
y attacher? Dans quel but?
On peut, selon les cas, approuver ou critiquer la politique
de cette puissance; mais quand donc l'a-t-on vue manquer de
consistance? Le correspondant dit qu'elle éprouve plus que
jamais le besoin de rattacher sa politique à celle de l'Angle-
terre. Encore un argument suranné qui a vu le jour en France
et qui a été réduit à sa juste valeur. Les relations de l'Autriche
avec l'Angleterre, de même que l'alliance de l'Angleterre avec
la France, n'empêchent pas que ces puissances n'aient sou- -
vent un avis opposé sur des questions secondaires, témoin celle
de la navigation dii Danube.
» Les quelques hommes politiques de l'Angleterre qui ont
pris en antipathie l'entreprise de M. de Lesseps, uniquement,
sans doute, parce que M. de Lesseps est Français, n'auront
donc pas à compter, on peut en être certain, sur le concours
de l'Autriche. Le gouvernement autrichien, loin d'abandonner
cette entreprise, y donne toujours sa cordiale adhésion. Qu'on
renonce donc à cette manœuvre, dont le but est éventé, et qui
n'empêchera pas le succès espéré par l'Europe entière. »
P. DUBOIS.
INTERPELLATIONS DE M. DARBY GRIFFITH
SUR LE CANAL DE SUEZ.
Dans la séance du Parlement anglais-de vendredi
5 février, M. Darby Griffith avait annoncé qu'il adresse-
rait, le 19 février, "des interpellations ail Premier Ministre
pour lui demander, en considération des intérêts futurs
du pays pour ses communications avec l'Inde, et en con-
sidération des hautes manifestations qui ont eu lieu en
faveur du canal de Suez dans tous les pays de l'Europe,
si le gouvernement de Sa Majesté regarde toujours
comme de son devoir de s'opposer d'une manière posi-
tive au percement de l'isthme de Suez.,,
M. Griffith a demandé dans la séance du 19 que les
interpellations sur le canal de Suez fussent remises
au 26, c'est à-dire à Jiuit jours. La Chambre des
Communes était absorbée tout entière par la grave ques-
tion du bill présenté par lord Palmerston à l'occasion
des derniers événements, et nous pensons que M. Darby
Griffith a fait prudemment d'agir comme il l'a fait.
M. Gladstone, en portant un coup mortel au Cabinet
de lord Palmerston, a eu l'occasion de parler du canal
de Suez. Dans son discours à la Chambre des Communes,
le 19, sur le bill des réfugiés, il a dit, en parlant de la
sincère amitié qui existe entre les deux gouvernements
de la France et de l'Angleterre :
Je vais plus loin et je dis : Combien je déplore profondé-
ment que, depuis la conclusion de la paix de 1856, quoique
l'alliance ait été maintenue avec loyauté, comme je n'en doute
pas, des deux côtés, et, je le pense, avec sagesse et avec discer-
nement, d'un côté tout au moins, il paraisse s'être élevé une série
de questions d'abord sur l'ile des Serpents, .puis sur les Prin-
cipautés, et enfin sur l'isthme de Suez, l'une après l'autre,
qui, il faut le dire, me semblent avoir occasionné, et cela non
par la faute du gouvernement français, un antagonisme d'opi-
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pour tout le monde ! (Écoutez! écoulez !) Tout cela, je le re-
grette profondément, et je crois que ces dissentiments mani-
festes ont considérablement affaibli la position de l'Angleterre
envers le gouvernement français, et l'ont réduite à ce qu'elle
était au moment où le funeste événement que nous déplorons
tous a eu lieu.
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souvenir à notre entreprise au milieu de ces graves dis-
cussions. La presse française et anglaise avait exprimé
déjà ces sentiments, qui nous paraissent fort jusles;
mais nous sommes heureux qu'une bouche aussi élo-
quente que celle de M. Gladstone les ait portés à la tri-
bune du Parlement anglais.
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