Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-02-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 février 1858 10 février 1858
Description : 1858/02/10 (A3,N40). 1858/02/10 (A3,N40).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030864
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
MERCREDI 10 FÉVRIER. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 50
La Chambre de commerce de Messénie opine que le perce-
ment de l'isthme de Suez sera d'un immense avantage pour la
navigation et le commerce helléniques.
Calamès-, le 10 décembre 1057.
Signé : TH. MARCOPOULOS, vice-président ;
, SCLAVOPOULOS, secrétaire; ,
COKIRELLI, AuÉxr, membres.
Pour extraits,
ERNEST DESPLACES.
LE « MORNING CHRONICLE «
ET LE CANAL DE SUEZ.
Nous avons déjà eu occasion de citer, à plusieurs re-
prises, d'excellents articles du Morning Chroniple. Aux
mois d'octobre et de novembre derniers, nous en avons
reproduit quelques-uns soit en totalité, soit en partie
(voirnos numéros du lOoctobre etdu iOnovembre 1857,
pages 420 et 480). Au moment où le Parlement va se
réunir, le Morning Chronicle a cru devoir revenir sur
la question du canal de Suez, qui, depuis lors, a pris
une nouvelle et plus grande importance par les événe-
ments déplorables dont l'Inde est le théâtre; et il insiste
de nouveau, avec une grande force, sur l'urgence d'une
solution.
Nous traduisons donc en entier l'article suivant, qui
se recommande à l'attention du Parlement, dont la ses-
sion s'est ouverte le 4 février.
Une des plus grandes entreprises internationales qui aient
jamais été projetées est incontestablement le projet du canal
de Suez, et nous croyons le moment opportun pour appeler
l'attention publique sur l'état de cette question, son utilité
pour le commerce, et sur les causes qui eu retardent encore
la réalisation.
Après un examen consciencieux des faits qui se rattachent à
cette entreprise nous ne pouvons nous empêcher de dire que
la distinction faite entre les intérêts commerciaux de notre
pays et la politique de notre gouvernement a grandement
contribué à obscurcir le vrai point de vue où il faut se pla-
cer, et à ajouter des difficultés considérables à la discussion
d'un problème qui doit avoir des résultats si éminemment
importants. Il est admis d'un côté, et cela sur une autorité
qui n'est pas moindre que l'opinion unanime des classes
commerçantes et industrielles du pays, que l'ouverture d'une
route maritime à travers l'isthme de Suez serait un grand
bienfait pour le commerce anglais. Les principales villes et
ports du royaume ont été d'accord à ce sujet.
* D'un autre côté, ceux qui doivent veiller aux intérêts de
notre pays prétendent que l'ouverture du canal est contraire
à notre politique immuable. Leurs arguments sont au
nombre de deux : d'abord le canal aurait pour conséquence
la séparation de l'Egypte d'avec la Turquie, et ensuite il don-
nerait à nos alliés les Français une avance de quelques jours
par rapport aux possessions de l'Inde.
C'est de ces déclarations que nous allons nous occuper
particulièrement, afin d'examiner les points faibles ou forts.
Notre sollicitude paternelle pour le bien-être de la Turquie
est sans doute digne des plus grands éloges ; mais cet argu-
ment n'est-il pas un subterfuge pour cacher les raisons qui
ont dirigé lord Palmerston dans sa polilique étrangère? Nous
comprenons que notre intervention dans les affaires intérieures
d'un autre État est accueillie à Constantinople avec des sen-
timents d'extrême méfiance, attendu que le Sultan, selon
toute probabilité, est un meilleur juge de la fidélité et du
dévouement du Vice-roi d Egypte que le gouvernement anglais.
Si la politique anglaise a pour but d'étouffer dans les autres
pays tout développement naissant, d'entraver les progrès de
la civilisation, afin de conserver notre supériorité et notre
force, nous n'hésitons pas à dire que c'est une politique fausse.
Elle est inconstitutionnelle, totalement contraire à l'esprit de
notre époque éclairée, qui tend vers la liberté du commerce
et les mesures générales de réforme. En qualité d'Anglais,
nous serions naturellement disposés à juger favorable-
ment le subterfuge de lord Palmerston, attendu que dans la
diplomatie de semblables moyens peuvent être nécessaires à
l'occasion pour éviter ce qui pourrait blesser les sentiments
des autres pays avec lesquels nous sommes en rapport
d'amitié. -
Mais lorsque Sa Seigneurie déclare du même coup, et
sans dissimuler, sa jalousie contre la France, parce que le
canal lui donnerait une avance de quelques jours, nous nous
avouons complétement incapables de mettre d'accord ces deux
objections. Elle ne peuvent être exactes toutes les deux; et il
faut espérer que le pays ne découvrira pas, quand il sera trop
tard, qu'un sentiment personnel pourrait bien être le véritable
motif des retards apportés à la réalisation de l'entreprise.
A l'approche de la session du Parlement, il nous faut absolument
prendre en considération l'urgente nécessité d'arriver à quelque
résultat définitif et satisfaisant à l'égard de l'opposition que
manifeste le gouvernement.
Voyons d'abord les conséquences de cette opposition.
N'est-ce rien que d'arrêter le courant naturel que le commerce
indique lui-même sans qu'il soit possible de s'y méprendre?
N'est-ce rien que de retarder, ne fût-ce que pour un jour, les
avantages que le pays réclame à haute voix? N'est-ce rien
que d'entraver nos mouvements militaires à l'égard de l'Inde,
parce qu'une politique, erronée probablement, ose dénoncer
et arrêter court toute tentative d'une franche discussion dans
la Chambre des communes? Ceux qui se rappellent les efforts
faits pendant la dernière session par quelques-uns des mem-
bres pour que la question fût nettement débattue n'ont
pu voir sans douleur et humiliation que dans notre époque
de progrès éclairé, les promoteurs du canal de Suez sont
peut-être destinés à partager le sort de ces hommes qui ont
inventé les premiers l'emploi de la vapeur ou d'autres choses
d'aussi grande utilité. Il y a peut-être encore des gens
qu'une voiture de chemin de fer couvre de confusion et de re-
proches, en leur rappelant les doutes exprimés autrefois sur
la possibilité et l'utilité des chemins de fer. Assurément l'ex-
périence du passé aurait dû nous apprendre la témérité et la
folie de ces opinions étroites. Que dira-t-on plus tard, quand
les avantages d'une route maritime à travers l'isthme se seront
pleinement manifestés au monde entier? Il ne peut y avoir de
doute que le canal ne soit exécuté plus tôt ou plus tard,
C'est notre grande route pour l'Inde; c'est dans cette direction
que le commerce cherche à s'ouvrir un passage, sinon par
mer, du moins par terre.
La Compagnie Péninsulaire et Orientale a ses services de
vapeurs aux deux extrémités de la route. Nos troupes tra-
versent le désert par tous les moyens imaginables, en voiture,
à cheval et à âne; et pourtant on laisse encore subsister cette
étroite bande de terre. On la laisse non-seulement subsister;
mais les efforts infatigables de quelques hommes, qui se dé-
vouent entièrement à cette cause, afin d'ouvrir le passage,
sont entravés par tous les moyens possibles que lord Palmer-
La Chambre de commerce de Messénie opine que le perce-
ment de l'isthme de Suez sera d'un immense avantage pour la
navigation et le commerce helléniques.
Calamès-, le 10 décembre 1057.
Signé : TH. MARCOPOULOS, vice-président ;
, SCLAVOPOULOS, secrétaire; ,
COKIRELLI, AuÉxr, membres.
Pour extraits,
ERNEST DESPLACES.
LE « MORNING CHRONICLE «
ET LE CANAL DE SUEZ.
Nous avons déjà eu occasion de citer, à plusieurs re-
prises, d'excellents articles du Morning Chroniple. Aux
mois d'octobre et de novembre derniers, nous en avons
reproduit quelques-uns soit en totalité, soit en partie
(voirnos numéros du lOoctobre etdu iOnovembre 1857,
pages 420 et 480). Au moment où le Parlement va se
réunir, le Morning Chronicle a cru devoir revenir sur
la question du canal de Suez, qui, depuis lors, a pris
une nouvelle et plus grande importance par les événe-
ments déplorables dont l'Inde est le théâtre; et il insiste
de nouveau, avec une grande force, sur l'urgence d'une
solution.
Nous traduisons donc en entier l'article suivant, qui
se recommande à l'attention du Parlement, dont la ses-
sion s'est ouverte le 4 février.
Une des plus grandes entreprises internationales qui aient
jamais été projetées est incontestablement le projet du canal
de Suez, et nous croyons le moment opportun pour appeler
l'attention publique sur l'état de cette question, son utilité
pour le commerce, et sur les causes qui eu retardent encore
la réalisation.
Après un examen consciencieux des faits qui se rattachent à
cette entreprise nous ne pouvons nous empêcher de dire que
la distinction faite entre les intérêts commerciaux de notre
pays et la politique de notre gouvernement a grandement
contribué à obscurcir le vrai point de vue où il faut se pla-
cer, et à ajouter des difficultés considérables à la discussion
d'un problème qui doit avoir des résultats si éminemment
importants. Il est admis d'un côté, et cela sur une autorité
qui n'est pas moindre que l'opinion unanime des classes
commerçantes et industrielles du pays, que l'ouverture d'une
route maritime à travers l'isthme de Suez serait un grand
bienfait pour le commerce anglais. Les principales villes et
ports du royaume ont été d'accord à ce sujet.
* D'un autre côté, ceux qui doivent veiller aux intérêts de
notre pays prétendent que l'ouverture du canal est contraire
à notre politique immuable. Leurs arguments sont au
nombre de deux : d'abord le canal aurait pour conséquence
la séparation de l'Egypte d'avec la Turquie, et ensuite il don-
nerait à nos alliés les Français une avance de quelques jours
par rapport aux possessions de l'Inde.
C'est de ces déclarations que nous allons nous occuper
particulièrement, afin d'examiner les points faibles ou forts.
Notre sollicitude paternelle pour le bien-être de la Turquie
est sans doute digne des plus grands éloges ; mais cet argu-
ment n'est-il pas un subterfuge pour cacher les raisons qui
ont dirigé lord Palmerston dans sa polilique étrangère? Nous
comprenons que notre intervention dans les affaires intérieures
d'un autre État est accueillie à Constantinople avec des sen-
timents d'extrême méfiance, attendu que le Sultan, selon
toute probabilité, est un meilleur juge de la fidélité et du
dévouement du Vice-roi d Egypte que le gouvernement anglais.
Si la politique anglaise a pour but d'étouffer dans les autres
pays tout développement naissant, d'entraver les progrès de
la civilisation, afin de conserver notre supériorité et notre
force, nous n'hésitons pas à dire que c'est une politique fausse.
Elle est inconstitutionnelle, totalement contraire à l'esprit de
notre époque éclairée, qui tend vers la liberté du commerce
et les mesures générales de réforme. En qualité d'Anglais,
nous serions naturellement disposés à juger favorable-
ment le subterfuge de lord Palmerston, attendu que dans la
diplomatie de semblables moyens peuvent être nécessaires à
l'occasion pour éviter ce qui pourrait blesser les sentiments
des autres pays avec lesquels nous sommes en rapport
d'amitié. -
Mais lorsque Sa Seigneurie déclare du même coup, et
sans dissimuler, sa jalousie contre la France, parce que le
canal lui donnerait une avance de quelques jours, nous nous
avouons complétement incapables de mettre d'accord ces deux
objections. Elle ne peuvent être exactes toutes les deux; et il
faut espérer que le pays ne découvrira pas, quand il sera trop
tard, qu'un sentiment personnel pourrait bien être le véritable
motif des retards apportés à la réalisation de l'entreprise.
A l'approche de la session du Parlement, il nous faut absolument
prendre en considération l'urgente nécessité d'arriver à quelque
résultat définitif et satisfaisant à l'égard de l'opposition que
manifeste le gouvernement.
Voyons d'abord les conséquences de cette opposition.
N'est-ce rien que d'arrêter le courant naturel que le commerce
indique lui-même sans qu'il soit possible de s'y méprendre?
N'est-ce rien que de retarder, ne fût-ce que pour un jour, les
avantages que le pays réclame à haute voix? N'est-ce rien
que d'entraver nos mouvements militaires à l'égard de l'Inde,
parce qu'une politique, erronée probablement, ose dénoncer
et arrêter court toute tentative d'une franche discussion dans
la Chambre des communes? Ceux qui se rappellent les efforts
faits pendant la dernière session par quelques-uns des mem-
bres pour que la question fût nettement débattue n'ont
pu voir sans douleur et humiliation que dans notre époque
de progrès éclairé, les promoteurs du canal de Suez sont
peut-être destinés à partager le sort de ces hommes qui ont
inventé les premiers l'emploi de la vapeur ou d'autres choses
d'aussi grande utilité. Il y a peut-être encore des gens
qu'une voiture de chemin de fer couvre de confusion et de re-
proches, en leur rappelant les doutes exprimés autrefois sur
la possibilité et l'utilité des chemins de fer. Assurément l'ex-
périence du passé aurait dû nous apprendre la témérité et la
folie de ces opinions étroites. Que dira-t-on plus tard, quand
les avantages d'une route maritime à travers l'isthme se seront
pleinement manifestés au monde entier? Il ne peut y avoir de
doute que le canal ne soit exécuté plus tôt ou plus tard,
C'est notre grande route pour l'Inde; c'est dans cette direction
que le commerce cherche à s'ouvrir un passage, sinon par
mer, du moins par terre.
La Compagnie Péninsulaire et Orientale a ses services de
vapeurs aux deux extrémités de la route. Nos troupes tra-
versent le désert par tous les moyens imaginables, en voiture,
à cheval et à âne; et pourtant on laisse encore subsister cette
étroite bande de terre. On la laisse non-seulement subsister;
mais les efforts infatigables de quelques hommes, qui se dé-
vouent entièrement à cette cause, afin d'ouvrir le passage,
sont entravés par tous les moyens possibles que lord Palmer-
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