Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-02-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 février 1858 25 février 1858
Description : 1858/02/25 (A3,N41). 1858/02/25 (A3,N41).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203087j
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
82 L'ISTHME DE SUEZ, mNI 25 FÉVRIER.
Vice-roi de se passer de la sanction suzeraine, si elle est refu-
sée ou indéfiniment ajournée. »
Pour extrait : L. BOXIFACK.
La Gazette de Trieste du G février donne l'extrait
suivant d'une de ses correspondances de Turquie :
Péra , le 30 janvier.
« Un proverbe italien dit : CM va piano, va sanoy e chi va
sano, va lontano. » Si ce proverbe n'est pas un mensonge,
et on a pu en vérifier maintes fois la justesse, le grand projet
de M. Ferd. de Lesseps doit se réaliser très-prochainement,
puisque depuis trois ans on a pris assez de temps pour l'exé-
cution définitive de ce projet.
» Il est hors de doute, soyez-en certain, que le gouvernement
turc maintiendra avec toute fermeté ce principe, que l'auto-
risation ou la suspension de ce projet d'un intérêt universel
repose uniquement dans ses mains, et la Porte est fermement
résolue à ne se laisser guider d'aucune manière par des in-
fluences étrangères.
Il est digne en effet de la Porte Ottomane de ne céder
dans une affaire aussi importante pour elle et pour l'Eu-
rope à aucune pression illégitime. Comme nous l'avons
dit bien souvent, la Turquie ne doit consulter que son
propre intérêt et se prononcer avec une pleine indépen-
dance.
ERNEST DESPLACES.
Voici l'excellent article du Constitutionnel que nous
n'avons pu donner faute d'espace dans notre dernier
numéro :
CI Par le dernier courrier de Constantinople, nous avons
appris que M. de Lesseps poursuivait avec fermeté, auprès du
Divan, les démarches nécessaires pour obtenir l'adhésion de la
Porte au projet de percement de l'isthme de Suez. Le même
courrier a de plus apporté, en Belgique, telle correspondance,
bien intentionnée peut-être, mais qui pourrait, en Europe et
à Constantinople, donner le change sur la véritable position
de la Turquie dans cette affaire.
» Le correspondant dont nous parlons a d'abord raison;
car il se porte garant du bon vouloir du gouvernement
turc; il le disculpe de tout préjugé religieux et de tout
aveuglement politique dans l'examen de ce grand projet.
Ce gouvernement, d'après lui, comprend que la Turquie
est la première intéressée à l'exécution de l'entreprise. De
sa part, point. d'objection. Le Divan se sent tout disposé à
accorder le firman qu'on lui demande. Mais, ajoute le jour-
nal belge, il faut aussi consulter l'Europe. Les puissances
ne sont pas d'accord. L'Angleterre, il est vrai, par l'organe
de son Premier Ministre, a déclaré que son opposition
était motivée uniquement par le désir de maintenir l'indépen-
dance de la Turquie. Par conséquent, du moment que la Tur-
quie ne regarde pas son indépendance comme menacée, l'An-
gleterre est hqrs de cause. Mais il y a l'Autriche aussi. Tout
le monde sait que cette puissance est, entre toutes, celle qui a
fait, en faveur du percement de l'isthme, les démonstrations
les plus éclatantes; c'est aussi celle qui, après la Turquie, a
le plus à gagner à l'exécution de l'entreprise. N'importe! l'Au-
triche, *dit le correspondant, n'est pas si favorable qu'on le
croit généralement. Il n'affirme pas qu'elle crée des difficultés.
Il suppose qu'elle en pourra susciter. Lesquelles ? Il ne sait.
» Ces hypothèses blessantes, pour une puissance aussi pru-
dente, aussi réservée que l'Autriche, fausses, d'ailleurs, sont
l'expression du dernier effort de l'ambassade anglaise pour
entraver l'opération dont elle voit approcher le succès. Elles
tendent tout simplement à suggérer à la Turquie la pensée de
répondre que l'affaire ne peut être décidée sans le concours
unanime des puissances européennes. Telle est, en effet, la
conclusion du correspondant, qui se fait ainsi l'écho de deux
journaux allemands, qu'avait inspirés lord Strattford de Red-
cliffe, lors de son passage en Autriche. Cet écho nous revient
donc de Turquie, après avoir passé par la France, il y a un
mois, et le journal de Belgique en prend le bruit pour une
nouveauté. *
» Or, nous l'avons déjà dit, les puissances européennes
n'ont rien à voir dans cette affaire tant qu'elle reste circon-
scrite dans les limites d'une question d'administration inté-
rieure. M. de Lesseps demande à la Porte l'autorisation d'exé-
cuter sur son territoire une entreprise de haute utilité publique.
La Porte, comme puissance indépendante, a le droit de se
prononcer sans s'arrêter à aucune autre considération que
celle de son intérêt. Ce n'est pas seulement son droit, c'est
aussi son devoir, pour peu qu'elle tienne à sauvegarder sa
dignité.
» Il faut vraiment que lord Strattford de Redcliffe juge bien
défavorablement les hommes d'Etat de la Turquie, peut-être
à cause de la partialité que plusieurs d'entre eux ont eue pour
lui. Il faut qu'il leur suppose une grande répugnance à tran-
cher les questions embarrassantes, pour avoir imaginé de leur
suggérer ce prétexte d'abandonner une partie où se joue l'in-
térêt de l'Empire. Il leur a lancé cette flèche du Parthe en
quittant Constantinople pour prendre un congé nécessaire.
Pour nous, si nous avions l'honneur de servir la Turquie,
nous regarderions cette conduite non-seulement comme hos-
tile, mais comme offensante.
» Le prétexte est mal imaginé; la flèche manquera son but.
Le Divan sait très-bien qu'il n'est pas appelé à entamer une
négociation avec l'Europe. Les vœux de celle-ci sont évidents.
Peut-être, en définitive, ces vœux, s'ils étaient trompés, devien-
draient-ils prépondérants. Mais aucun ami de la Turquie ne
lui conseillerait de courir la chance de se les laisser imposer.
A plus forte raison ceux qui s'intéressent à l'existence indé-
pendante de l'Empire Ottoman ne l'engageraient-ils jamais à
aller au-devant de cette déchéance, à la solliciter même.
» Certes, il y aura lieu d'adhérer plus tard à la neutralité
du canal. Quand cette nouvelle route maritime laissera passage
entre l'Arabie et l'Afrique aux bâtiments de tous pavillons, une
question d'intérêt international sera soulevée. Jusque-là, cet
intérêt international n'existe pas.
» La souveraineté de la Porte est seule engagée. Seule, elle
doit avoir l'honneur de rendre une décision qui modifiera pro-
fondément et de la manière la plus heureuse la carte du globe,
et qui donnera à la navigation et au commerce un immense
essor.
n Elle aura aussi toute la responsabilité de cette décision,
et c'est en vain que les adversaires du canal de Suez, spécu-
lant sur une pusillanimité supposée, proposent au Divan ce
qu'en langage de palais on appelle « un échappatoire.. Ils le
trompent ou ils se trompent eux-mêmes. Avouer qu'on dépend
de l'Europe pour autoriser, dans les limites de la souveraineté
intérieure, une entreprise reconnue utile et avantageuse pour
l'Empire Ottoman, ce serait abdiquer, ce serait donner raison
au Times, qui a si longtemps disserté pour prouver que cet
Empire n'était pas viable, et que son indépendance était une
chimère.
Vice-roi de se passer de la sanction suzeraine, si elle est refu-
sée ou indéfiniment ajournée. »
Pour extrait : L. BOXIFACK.
La Gazette de Trieste du G février donne l'extrait
suivant d'une de ses correspondances de Turquie :
Péra , le 30 janvier.
« Un proverbe italien dit : CM va piano, va sanoy e chi va
sano, va lontano. » Si ce proverbe n'est pas un mensonge,
et on a pu en vérifier maintes fois la justesse, le grand projet
de M. Ferd. de Lesseps doit se réaliser très-prochainement,
puisque depuis trois ans on a pris assez de temps pour l'exé-
cution définitive de ce projet.
» Il est hors de doute, soyez-en certain, que le gouvernement
turc maintiendra avec toute fermeté ce principe, que l'auto-
risation ou la suspension de ce projet d'un intérêt universel
repose uniquement dans ses mains, et la Porte est fermement
résolue à ne se laisser guider d'aucune manière par des in-
fluences étrangères.
Il est digne en effet de la Porte Ottomane de ne céder
dans une affaire aussi importante pour elle et pour l'Eu-
rope à aucune pression illégitime. Comme nous l'avons
dit bien souvent, la Turquie ne doit consulter que son
propre intérêt et se prononcer avec une pleine indépen-
dance.
ERNEST DESPLACES.
Voici l'excellent article du Constitutionnel que nous
n'avons pu donner faute d'espace dans notre dernier
numéro :
CI Par le dernier courrier de Constantinople, nous avons
appris que M. de Lesseps poursuivait avec fermeté, auprès du
Divan, les démarches nécessaires pour obtenir l'adhésion de la
Porte au projet de percement de l'isthme de Suez. Le même
courrier a de plus apporté, en Belgique, telle correspondance,
bien intentionnée peut-être, mais qui pourrait, en Europe et
à Constantinople, donner le change sur la véritable position
de la Turquie dans cette affaire.
» Le correspondant dont nous parlons a d'abord raison;
car il se porte garant du bon vouloir du gouvernement
turc; il le disculpe de tout préjugé religieux et de tout
aveuglement politique dans l'examen de ce grand projet.
Ce gouvernement, d'après lui, comprend que la Turquie
est la première intéressée à l'exécution de l'entreprise. De
sa part, point. d'objection. Le Divan se sent tout disposé à
accorder le firman qu'on lui demande. Mais, ajoute le jour-
nal belge, il faut aussi consulter l'Europe. Les puissances
ne sont pas d'accord. L'Angleterre, il est vrai, par l'organe
de son Premier Ministre, a déclaré que son opposition
était motivée uniquement par le désir de maintenir l'indépen-
dance de la Turquie. Par conséquent, du moment que la Tur-
quie ne regarde pas son indépendance comme menacée, l'An-
gleterre est hqrs de cause. Mais il y a l'Autriche aussi. Tout
le monde sait que cette puissance est, entre toutes, celle qui a
fait, en faveur du percement de l'isthme, les démonstrations
les plus éclatantes; c'est aussi celle qui, après la Turquie, a
le plus à gagner à l'exécution de l'entreprise. N'importe! l'Au-
triche, *dit le correspondant, n'est pas si favorable qu'on le
croit généralement. Il n'affirme pas qu'elle crée des difficultés.
Il suppose qu'elle en pourra susciter. Lesquelles ? Il ne sait.
» Ces hypothèses blessantes, pour une puissance aussi pru-
dente, aussi réservée que l'Autriche, fausses, d'ailleurs, sont
l'expression du dernier effort de l'ambassade anglaise pour
entraver l'opération dont elle voit approcher le succès. Elles
tendent tout simplement à suggérer à la Turquie la pensée de
répondre que l'affaire ne peut être décidée sans le concours
unanime des puissances européennes. Telle est, en effet, la
conclusion du correspondant, qui se fait ainsi l'écho de deux
journaux allemands, qu'avait inspirés lord Strattford de Red-
cliffe, lors de son passage en Autriche. Cet écho nous revient
donc de Turquie, après avoir passé par la France, il y a un
mois, et le journal de Belgique en prend le bruit pour une
nouveauté. *
» Or, nous l'avons déjà dit, les puissances européennes
n'ont rien à voir dans cette affaire tant qu'elle reste circon-
scrite dans les limites d'une question d'administration inté-
rieure. M. de Lesseps demande à la Porte l'autorisation d'exé-
cuter sur son territoire une entreprise de haute utilité publique.
La Porte, comme puissance indépendante, a le droit de se
prononcer sans s'arrêter à aucune autre considération que
celle de son intérêt. Ce n'est pas seulement son droit, c'est
aussi son devoir, pour peu qu'elle tienne à sauvegarder sa
dignité.
» Il faut vraiment que lord Strattford de Redcliffe juge bien
défavorablement les hommes d'Etat de la Turquie, peut-être
à cause de la partialité que plusieurs d'entre eux ont eue pour
lui. Il faut qu'il leur suppose une grande répugnance à tran-
cher les questions embarrassantes, pour avoir imaginé de leur
suggérer ce prétexte d'abandonner une partie où se joue l'in-
térêt de l'Empire. Il leur a lancé cette flèche du Parthe en
quittant Constantinople pour prendre un congé nécessaire.
Pour nous, si nous avions l'honneur de servir la Turquie,
nous regarderions cette conduite non-seulement comme hos-
tile, mais comme offensante.
» Le prétexte est mal imaginé; la flèche manquera son but.
Le Divan sait très-bien qu'il n'est pas appelé à entamer une
négociation avec l'Europe. Les vœux de celle-ci sont évidents.
Peut-être, en définitive, ces vœux, s'ils étaient trompés, devien-
draient-ils prépondérants. Mais aucun ami de la Turquie ne
lui conseillerait de courir la chance de se les laisser imposer.
A plus forte raison ceux qui s'intéressent à l'existence indé-
pendante de l'Empire Ottoman ne l'engageraient-ils jamais à
aller au-devant de cette déchéance, à la solliciter même.
» Certes, il y aura lieu d'adhérer plus tard à la neutralité
du canal. Quand cette nouvelle route maritime laissera passage
entre l'Arabie et l'Afrique aux bâtiments de tous pavillons, une
question d'intérêt international sera soulevée. Jusque-là, cet
intérêt international n'existe pas.
» La souveraineté de la Porte est seule engagée. Seule, elle
doit avoir l'honneur de rendre une décision qui modifiera pro-
fondément et de la manière la plus heureuse la carte du globe,
et qui donnera à la navigation et au commerce un immense
essor.
n Elle aura aussi toute la responsabilité de cette décision,
et c'est en vain que les adversaires du canal de Suez, spécu-
lant sur une pusillanimité supposée, proposent au Divan ce
qu'en langage de palais on appelle « un échappatoire.. Ils le
trompent ou ils se trompent eux-mêmes. Avouer qu'on dépend
de l'Europe pour autoriser, dans les limites de la souveraineté
intérieure, une entreprise reconnue utile et avantageuse pour
l'Empire Ottoman, ce serait abdiquer, ce serait donner raison
au Times, qui a si longtemps disserté pour prouver que cet
Empire n'était pas viable, et que son indépendance était une
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