Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-02-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 février 1858 10 février 1858
Description : 1858/02/10 (A3,N40). 1858/02/10 (A3,N40).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030864
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
MEItCRÉDI 10 FÉVRIER. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 63
partis? Telle est ou devrait êtrelaCour des directeurs; si ce corps
est supprimé, la majorité des hommes qui le composent sont
précisément ceux que le gouvernement se verra dans la né-
cessité d'employer sous d'autres noms. Le temps n'est plus où
la Compagnie pourrait avoir des intérêts distincts de ceux de
l'Inde et de l'Angleterre. Elle n'a pas de monopole commer-
cial à défendre, elle n'a pas de propriété à elle, excepté un
impôt fixe sur les revenus territoriaux de l'Inde et un capital
de fonds placés en Angleterre. Les membres n'ont ni collec-
tivètnent ni individuellement aucun profit ni avantage à
chercher, excepiê celui de l'État qu'ils servent; même leur
patronage a été grandement réduit depuis que les emplois
ci vite tout mis an concours public. Il serait difficile de trouver
un autre exemple d'hommes qui dévouent leur temps et leur
talent au gouvernement de l'empire avec aussi peu d'avantage
personnel.
La Compagnie des Indes orientales tient son pouvoir du
Parlement,, et Le Parlement est le tribunal propre à reviser son
administration et à corriger ses erreurs. Mais nous craignons
que personne ayant à cœur le bien-être et la stabilité de l'Inde
ne, puisse désirer qu'un contrôle plus direct et plus actif soit
exfifcépaf lâChambre des communes. Ce n'est pas un reproche
adressé à la Chambre des communes que de dire que ses dé-
libérations sut* les affaires de l'Inde ont été habituellement ou
passionnées Ou indifférentes, et que l'un et l'autre empêchent
également DD calme jugement sur un sujet très:-dilficile. Ces
inconvénients peuvent encore être aggravés par les artifices
de la discussion; et l'opinion d'une nombreuse assemblée peut
être grossièrement abusée, lorsqu'elle doit décider des affaires
qui s'écartent tant des expériences faites pn Angleterre, sur-
tout lorsque des intérêts de parti viennent à s'y mêler.
Mais avant tout, l'intervention directe et constante de
l'autorité parlementaire, si elle était possible, paralyserait
extrêmement le gouvernement de l'Inde dans l'Inde même.
C'est l^eî non eu Angleterre, que doit être la force de l'empire;
cèsliâ, et non éh Angleterre, que l'on voit clairement les périls,
les ilriérêts, les risques et lés devoirs du pouvoir su p ême.
Chacun des grands et ht-ureux gouverneurs généraux de l'Inde
à exercé sans contrôle M vaste pouvoir. Lui, et non pas les
autorités de l'Angleterre, est le véritable miuistre de l'Inde; et
rien Me pourrait être aussi fatal à l'exercice de son autorité
que d'être sujet à toutes les critiques du gouvernement parle-
mentaire. Choisissez l'homme le plus capable que vous puis-
siez trouver, donnez-lui de larges pouvoirs; rappelez-le s'il
en use mal. Mais tant qu'il reste là, qu'il soit le chef de
Empire de 1 Orient. Il est le serviteur de l'Angleterre, mais
il est le souverain de l'Inde; et tant qu'il règne, il importe
plus de maintenir sa suprématie sur le peuple indien que de
le forcer de se soumettre au peuple anglais.
Tout ce qui tend à fortifier le mécanisme gouvernemen-
tal à Calcutta est d'une importance incalculable; car c'est là
le véritable gouvernement exécutif. Le mode suivant lequel,
ea conduit les délibérations en Angleterre est d'une impor-
tance secondaire.
Nous voyons donc peu de profits pratiques et peut-être
quelques dangers dans les débats qui s'élèveront probablement
relativement à la direction des affaires de l'Inde en Angleterre;
mais nous tirons une conclusion bien plus importante des
grands événements qui ont captivé l'attention du monde. Ce
n'est ni vers Leadeohallstreet, ni vers Cannon row, ni vers
la charte de la Compagnie, ni vers l'autorité de la reine que
nous tournons les regards pour un grand et salutaire change-
ment dans les relations de l'Angleterre avec l'Inde. Mais l'in-
térêt de là nation étant intimement lié avec ce pays, c'est par
le capital anglais appliqué avec l'activité anglaise an travail
des indigènes que les revenus de l'Inde peuvent être aug-
mentés, et ses ressources naturelles mises au jour. Ce n'estpas
seulement par les troupes anglaises que l'autorité du pouvoir su-
prême peut être soutenue. Le temps est venu où un code, non
pas servilement adopté par des cadis mahontétàns ou imité
des institutions de Manou, mais rédigé par les-législateurs
anglais, donnera la même droit à tous.
Partisans d'une tolérance absolue pour les convictions de
tous nos sujets, nous réclamons le droit de mettre la fQi que
nous professons sur le même pied que celle de toute autre
race. L'éducation continuera de répandre la connaissance de
la langue et des sciences anglaises parmi les indigènes. Des
facilités de communication et de commerce intérieur ouvri-
ront l'Inde à un plus grand nombre d'Européens. Une insur-
rection a éclaté contre les progrès de la civilisation, bes my-
riades d'ennemis barbares et fanatiques ont assailli la petite
mais vaillante troupe qui était l'avant-garde de notre pays.
Pas un n'a manqué, pas un n'a douté du résultat; car ils
savaient que l'Angleterre les secourrait ou les vengerait. Et il
en est de même avec la cause qu'ils défendent. Superstitions,
jalousies, ignorance, dangers autour d'elle; mais la cause est
celle de la vérité et du devoir. Elle tiendra ferme jusqu'à ce
que de nouvelles ressources augmentent son énergie et réta-
blissent son pouvoir. »
Les conclusions de ce travail si sérieux nous semblent
très-sages. La tâche que l'Angleterre doit entreprendre
aujourd'hui dans l'Inde est toute de civilisation, et c'est
surtout en portant dans ce pays la justice, le bien-être
et tous les bienfaits de l'industrie avec une administra-
tion bienveillante, que les Anglais réussiront à rétablir
et à justifier leur domination. La Revue d Edimbourg
a raison de ne pas attacher grande importance à tous
les expédients législatifs qui ne feront que pallier le mal
sans le guérir. Le nombre des Anglais établis dans
l'Inde est très-petit en dehors de l'armée , dix mille au
plus; et si ce nombre ne s'augmente pas, il est fort à
craindre que le fond des choses ne change guère.
L'émigration se porte avec ardeur en Australie et aux
États-Ullis d'Amérique; elle fuit au contraire les Indes
orientales. D'où vient cette répugnance.? Comment la
détruire et y substituer une disposition contraire? Ce
sont là des questions fort difficileg à éclaircir, et les ré-
volutions morales sont bien autrement longues à accom-
plir que les révolutions politiques et administratives.
Nous ne savons si les discussions qui vont s'ouvrir au
Parlement anglais jetteront quelque jour sur ces côtéa
de la question.
ERNEST DESPLAGES.
INDEMNITÉ POUR L'ÎLE PÉRIM.
Le Times du 29 janvier annonce, dans sa correspon-
dance de Paris, que le gouvernement anglais désirë
donner à la Porte une indemnité pécuniaire pour l'île
Périm. Cette indemnité serait réglée de gré à gpé, entré
les deux puissances, sans l'intervention d'aucune autre.
Nous ne savons jusqu'à quel point cette nouvelle est
fondée, bien qu'ori puisse croire qu'elle est fort probable,
d'après le journal qui la publie. Nous n'insistons pas,
partis? Telle est ou devrait êtrelaCour des directeurs; si ce corps
est supprimé, la majorité des hommes qui le composent sont
précisément ceux que le gouvernement se verra dans la né-
cessité d'employer sous d'autres noms. Le temps n'est plus où
la Compagnie pourrait avoir des intérêts distincts de ceux de
l'Inde et de l'Angleterre. Elle n'a pas de monopole commer-
cial à défendre, elle n'a pas de propriété à elle, excepté un
impôt fixe sur les revenus territoriaux de l'Inde et un capital
de fonds placés en Angleterre. Les membres n'ont ni collec-
tivètnent ni individuellement aucun profit ni avantage à
chercher, excepiê celui de l'État qu'ils servent; même leur
patronage a été grandement réduit depuis que les emplois
ci vite tout mis an concours public. Il serait difficile de trouver
un autre exemple d'hommes qui dévouent leur temps et leur
talent au gouvernement de l'empire avec aussi peu d'avantage
personnel.
La Compagnie des Indes orientales tient son pouvoir du
Parlement,, et Le Parlement est le tribunal propre à reviser son
administration et à corriger ses erreurs. Mais nous craignons
que personne ayant à cœur le bien-être et la stabilité de l'Inde
ne, puisse désirer qu'un contrôle plus direct et plus actif soit
exfifcépaf lâChambre des communes. Ce n'est pas un reproche
adressé à la Chambre des communes que de dire que ses dé-
libérations sut* les affaires de l'Inde ont été habituellement ou
passionnées Ou indifférentes, et que l'un et l'autre empêchent
également DD calme jugement sur un sujet très:-dilficile. Ces
inconvénients peuvent encore être aggravés par les artifices
de la discussion; et l'opinion d'une nombreuse assemblée peut
être grossièrement abusée, lorsqu'elle doit décider des affaires
qui s'écartent tant des expériences faites pn Angleterre, sur-
tout lorsque des intérêts de parti viennent à s'y mêler.
Mais avant tout, l'intervention directe et constante de
l'autorité parlementaire, si elle était possible, paralyserait
extrêmement le gouvernement de l'Inde dans l'Inde même.
C'est l^eî non eu Angleterre, que doit être la force de l'empire;
cèsliâ, et non éh Angleterre, que l'on voit clairement les périls,
les ilriérêts, les risques et lés devoirs du pouvoir su p ême.
Chacun des grands et ht-ureux gouverneurs généraux de l'Inde
à exercé sans contrôle M vaste pouvoir. Lui, et non pas les
autorités de l'Angleterre, est le véritable miuistre de l'Inde; et
rien Me pourrait être aussi fatal à l'exercice de son autorité
que d'être sujet à toutes les critiques du gouvernement parle-
mentaire. Choisissez l'homme le plus capable que vous puis-
siez trouver, donnez-lui de larges pouvoirs; rappelez-le s'il
en use mal. Mais tant qu'il reste là, qu'il soit le chef de
Empire de 1 Orient. Il est le serviteur de l'Angleterre, mais
il est le souverain de l'Inde; et tant qu'il règne, il importe
plus de maintenir sa suprématie sur le peuple indien que de
le forcer de se soumettre au peuple anglais.
Tout ce qui tend à fortifier le mécanisme gouvernemen-
tal à Calcutta est d'une importance incalculable; car c'est là
le véritable gouvernement exécutif. Le mode suivant lequel,
ea conduit les délibérations en Angleterre est d'une impor-
tance secondaire.
Nous voyons donc peu de profits pratiques et peut-être
quelques dangers dans les débats qui s'élèveront probablement
relativement à la direction des affaires de l'Inde en Angleterre;
mais nous tirons une conclusion bien plus importante des
grands événements qui ont captivé l'attention du monde. Ce
n'est ni vers Leadeohallstreet, ni vers Cannon row, ni vers
la charte de la Compagnie, ni vers l'autorité de la reine que
nous tournons les regards pour un grand et salutaire change-
ment dans les relations de l'Angleterre avec l'Inde. Mais l'in-
térêt de là nation étant intimement lié avec ce pays, c'est par
le capital anglais appliqué avec l'activité anglaise an travail
des indigènes que les revenus de l'Inde peuvent être aug-
mentés, et ses ressources naturelles mises au jour. Ce n'estpas
seulement par les troupes anglaises que l'autorité du pouvoir su-
prême peut être soutenue. Le temps est venu où un code, non
pas servilement adopté par des cadis mahontétàns ou imité
des institutions de Manou, mais rédigé par les-législateurs
anglais, donnera la même droit à tous.
Partisans d'une tolérance absolue pour les convictions de
tous nos sujets, nous réclamons le droit de mettre la fQi que
nous professons sur le même pied que celle de toute autre
race. L'éducation continuera de répandre la connaissance de
la langue et des sciences anglaises parmi les indigènes. Des
facilités de communication et de commerce intérieur ouvri-
ront l'Inde à un plus grand nombre d'Européens. Une insur-
rection a éclaté contre les progrès de la civilisation, bes my-
riades d'ennemis barbares et fanatiques ont assailli la petite
mais vaillante troupe qui était l'avant-garde de notre pays.
Pas un n'a manqué, pas un n'a douté du résultat; car ils
savaient que l'Angleterre les secourrait ou les vengerait. Et il
en est de même avec la cause qu'ils défendent. Superstitions,
jalousies, ignorance, dangers autour d'elle; mais la cause est
celle de la vérité et du devoir. Elle tiendra ferme jusqu'à ce
que de nouvelles ressources augmentent son énergie et réta-
blissent son pouvoir. »
Les conclusions de ce travail si sérieux nous semblent
très-sages. La tâche que l'Angleterre doit entreprendre
aujourd'hui dans l'Inde est toute de civilisation, et c'est
surtout en portant dans ce pays la justice, le bien-être
et tous les bienfaits de l'industrie avec une administra-
tion bienveillante, que les Anglais réussiront à rétablir
et à justifier leur domination. La Revue d Edimbourg
a raison de ne pas attacher grande importance à tous
les expédients législatifs qui ne feront que pallier le mal
sans le guérir. Le nombre des Anglais établis dans
l'Inde est très-petit en dehors de l'armée , dix mille au
plus; et si ce nombre ne s'augmente pas, il est fort à
craindre que le fond des choses ne change guère.
L'émigration se porte avec ardeur en Australie et aux
États-Ullis d'Amérique; elle fuit au contraire les Indes
orientales. D'où vient cette répugnance.? Comment la
détruire et y substituer une disposition contraire? Ce
sont là des questions fort difficileg à éclaircir, et les ré-
volutions morales sont bien autrement longues à accom-
plir que les révolutions politiques et administratives.
Nous ne savons si les discussions qui vont s'ouvrir au
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de la question.
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Le Times du 29 janvier annonce, dans sa correspon-
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donner à la Porte une indemnité pécuniaire pour l'île
Périm. Cette indemnité serait réglée de gré à gpé, entré
les deux puissances, sans l'intervention d'aucune autre.
Nous ne savons jusqu'à quel point cette nouvelle est
fondée, bien qu'ori puisse croire qu'elle est fort probable,
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