Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-02-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 février 1858 10 février 1858
Description : 1858/02/10 (A3,N40). 1858/02/10 (A3,N40).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030864
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
MERCREDI 10 FÉVRIER. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. '61
nés pour le passage des renforts par l'Egypte. A la Com-
pagnie Gisborne, qui s'était formée en 1855 , on a suscité
la concurrence impuissante du télégraphe par la vallée
de l'Euphrate ; puis quand cette première machine a
échoué, on a fait une opposition aussi vive à la Compa-
gnie Marshmann, qui s'est formée au mois d'août der-
nier. On lui avait cependant promis aide et assistance en
face du Parlement assemblé ; mais ces belles promesses
n'ont point été ténues, et la Compagnie n'a pu obtenir
du gouvernement anglais une garantie de 5 sur un
capital de 18,000,000 fr., c'est-à-dire en réalité une
subvention éventuelle de 900,000 fr. au maximum.
De quelle utilité cependant ne serait pas en ce mo-
ment un télégraphe électrique d'Angleterre aux Indes !
Si c'est en effeLla faute du cabinet, et s'il est cause
que la métropole et les colonies sont privées de cette
précieuse communication, ce sera là un grief considé-
rable; et l'on se demandera dans quelle intention ou par
quel singulier aveuglement le ministère s'est entêté à
faire passer les troupes envoyées aux Indes par le cap de
Bonne-Espérance, et à repousser le télégraphe de Con-
stantinople à Alexandrie et de Suez à Bombay. Si l'on
fiût commencé les travaux au mois d'août dernier, le té-
légraphe irait peut-être aujourd'hui jusqu'à Aden , et ce
serait encore six ou sept jours de gagnés.
Le Parlement voudra bientôt sans doute approfondir
cet autre mystère. *
G. WAGENER.
PÉTITION DE LA COMPAGNIE DES INDES ORIENTALES
« AU PARLEMENT.
La Compagnie des Indes orientales n'entend pas rester inac-
ti-ve dans l'attente du coup mortel que le gouvernement an-
glais a l'intention de lui porter. La Cour des directeurs est
convoquée dans de fréquentes réunions, afin de délibérer sur
les mesures à prendre pour éviter le danger qui la menace.
La première démarché a été d'adresser au Parlement une péti-
tion contre le projet du gouvernement. Cette adresse, sur
laquelle les débats ont commencé dans une réunion des direc-
teurs le 20 janvier, a pour but de prier le Parlement de ne pas
donner sa sanction à un changement quelconque du gouver-
nement des Indes, tant que durera le malheureux état présent
des choses, ni sans une enquête minutieuse sur les effets du
système actuel pour toutes les branches de l'administration.
Cette demande de la Compagnie est motivée par de nom-
breux considérants qu il serait trop long de reproduire en
entier. Il nous suffit d'énumérer en quelques mois les argu-
ments principaux, en observant l'ordre même que suit la
pétition.
C'est la Compagnie des Indes qui à l'aide de ses ressources
et de ses agents a originairement conquis le magnifique em-
pire de l'Est, l'a gouverné et conservé au mieux pendant un
siècle, tandis que le gouvernement par les fautes de son admi-
nistration perdait sur l'autre hémisphère une immense colonie.
L'administration de la Compagnie a été plusieurs fois
soumise aux enquêtes et aux délibérations sérieuses de la part
du Parlement; mais toujours le Parlement a confirmé les pou-
voirs des directeurs, et récemment encore en 1853.
Il serait injuste de les condamner sans avoir fait une enquête
préalable; aussi - ont-ils donné ordre au gouvernement des
Indes de nommer une commission chargée de rechercher avec
soin les causes primitives de l'insurrection, et ils désirent
ardemment que le Parlement se décide à prendre une mesure
semblable, afin que l'on puisse constater s'il faut attribuer ces
funestes événements à une mauvaise administration. -
Mais même dans le cas où les fautes de l'administration
seraient mises hors de doute, ce ne serait pas encore une
raison pour abolir la Compagnie. Le gouvernement serait
également responsable; car il partage avec la Compagnie le
pouvoir administratif, et c'est lui qui décide princi palement de
tous les actes de l'administration de l'Inde. Le Ministre de la
Couronne est tout-puissant ; la Cour des directeurs n'est que
son conseil; et croire que le Ministre gouvernerait mieux étant -
tout seul, ce serait croire qu'il a mal conduit les affaires
parce qu'il avait auprès de lui des conseillers expérimentés et
responsables.
L'abolition de la Compagnie dans ce moment ne serait pas
seulement une grande injustice envers elle, puisque ce serait
l'accuser d'avoir donné lieu , par une longue administration
vicieuse, à une sanglante insurrection; mais cette mesure
aurait aussi des conséquences funestes pour l'Inde même. Aux
yeux des Hindous, abolir le gouvernement de la Compagnie,
c'est abolir tout le système d'administration anglaise, et con-
damner toute la politique passée du gouvernement pour avoir
été trop indulgente et trop bienviellante envers les indigènes.
En voyant toutes, ces velléités de réformes, le changement
de fonctionnaires, etc., les Hindous croiront que la politique
anglaise va pren dre dorénavant un caractère agressif, et que l'on
fera la guerre à leurs mœurs et à leurs croyances, à leur
religion et à leurs institutions. Celte conviction du peuple hindou
peut avoir les conséquences les plus graves et donner lieu à
une insurrection générale cent fois plus terrible que celle
d'aujourd'hui; car si les princes indigènes et les masses de la
population ne se sont pas joints aux cipayes, c'est grâce à la *
sage politique de la Compagnie, qui a toujours ménagé les
sentiments des Hindous.
La Compagnie a vu avec regret les démonstrations d'une
aveugle animosité contre les Hindous de la part des Anglais
dans l'Inde et dans la métropole; si une pareille conduite doit
se continuer encore, il sera extrêmement difficile d'inspirer de
nouveau aux indigènes quelque confiance dans l'administra-
tion anglaise.
Si le gouvernement de l'Inde doitêtre conféré à un Ministre,
il faudra absolument qu'il ait à ses côtés une commission con-
sultative; mais pour que cette commission puisse exercer une
influence salutaire, il faut qu'elle soit composée d'hommes
connaissant parfaitement les Indes, qu'elle soit munie de pou-
voirs suffisants et personnellement indépendante du Ministre
gouvernant l'Inde. Nnl ne saurait mieux remplir le rôle de
conseillers indépendants et influents que la Cour des directeurs.
Si ce Conseil était nommé exclusivement par le Ministre,
il perdrait cette heureuse indépendance de toute influence de
parlement ou de parti, qui a toujours distingué l'administra-
tion de l'Inde.
La pétition expose ensuite d'une manière très-explicite les
pouvoirs qu'il faudrait con férer à cette commission délibérative,
et elle réfute le reproche que l'on a fait au gouvernement de
l'Inde d'être un gouvernement double, composé de deux auto-
rités distinctes. Cela peut être un inconvénient pour un moment
d'exécution; mais pour surveiller l'administration, pour indi-
quer la politique générale à suivre, un Conseil indépendant
et responsable n'est pas une entrave; c'est au contraire une
ressource indispensable et très-utile.
nés pour le passage des renforts par l'Egypte. A la Com-
pagnie Gisborne, qui s'était formée en 1855 , on a suscité
la concurrence impuissante du télégraphe par la vallée
de l'Euphrate ; puis quand cette première machine a
échoué, on a fait une opposition aussi vive à la Compa-
gnie Marshmann, qui s'est formée au mois d'août der-
nier. On lui avait cependant promis aide et assistance en
face du Parlement assemblé ; mais ces belles promesses
n'ont point été ténues, et la Compagnie n'a pu obtenir
du gouvernement anglais une garantie de 5 sur un
capital de 18,000,000 fr., c'est-à-dire en réalité une
subvention éventuelle de 900,000 fr. au maximum.
De quelle utilité cependant ne serait pas en ce mo-
ment un télégraphe électrique d'Angleterre aux Indes !
Si c'est en effeLla faute du cabinet, et s'il est cause
que la métropole et les colonies sont privées de cette
précieuse communication, ce sera là un grief considé-
rable; et l'on se demandera dans quelle intention ou par
quel singulier aveuglement le ministère s'est entêté à
faire passer les troupes envoyées aux Indes par le cap de
Bonne-Espérance, et à repousser le télégraphe de Con-
stantinople à Alexandrie et de Suez à Bombay. Si l'on
fiût commencé les travaux au mois d'août dernier, le té-
légraphe irait peut-être aujourd'hui jusqu'à Aden , et ce
serait encore six ou sept jours de gagnés.
Le Parlement voudra bientôt sans doute approfondir
cet autre mystère. *
G. WAGENER.
PÉTITION DE LA COMPAGNIE DES INDES ORIENTALES
« AU PARLEMENT.
La Compagnie des Indes orientales n'entend pas rester inac-
ti-ve dans l'attente du coup mortel que le gouvernement an-
glais a l'intention de lui porter. La Cour des directeurs est
convoquée dans de fréquentes réunions, afin de délibérer sur
les mesures à prendre pour éviter le danger qui la menace.
La première démarché a été d'adresser au Parlement une péti-
tion contre le projet du gouvernement. Cette adresse, sur
laquelle les débats ont commencé dans une réunion des direc-
teurs le 20 janvier, a pour but de prier le Parlement de ne pas
donner sa sanction à un changement quelconque du gouver-
nement des Indes, tant que durera le malheureux état présent
des choses, ni sans une enquête minutieuse sur les effets du
système actuel pour toutes les branches de l'administration.
Cette demande de la Compagnie est motivée par de nom-
breux considérants qu il serait trop long de reproduire en
entier. Il nous suffit d'énumérer en quelques mois les argu-
ments principaux, en observant l'ordre même que suit la
pétition.
C'est la Compagnie des Indes qui à l'aide de ses ressources
et de ses agents a originairement conquis le magnifique em-
pire de l'Est, l'a gouverné et conservé au mieux pendant un
siècle, tandis que le gouvernement par les fautes de son admi-
nistration perdait sur l'autre hémisphère une immense colonie.
L'administration de la Compagnie a été plusieurs fois
soumise aux enquêtes et aux délibérations sérieuses de la part
du Parlement; mais toujours le Parlement a confirmé les pou-
voirs des directeurs, et récemment encore en 1853.
Il serait injuste de les condamner sans avoir fait une enquête
préalable; aussi - ont-ils donné ordre au gouvernement des
Indes de nommer une commission chargée de rechercher avec
soin les causes primitives de l'insurrection, et ils désirent
ardemment que le Parlement se décide à prendre une mesure
semblable, afin que l'on puisse constater s'il faut attribuer ces
funestes événements à une mauvaise administration. -
Mais même dans le cas où les fautes de l'administration
seraient mises hors de doute, ce ne serait pas encore une
raison pour abolir la Compagnie. Le gouvernement serait
également responsable; car il partage avec la Compagnie le
pouvoir administratif, et c'est lui qui décide princi palement de
tous les actes de l'administration de l'Inde. Le Ministre de la
Couronne est tout-puissant ; la Cour des directeurs n'est que
son conseil; et croire que le Ministre gouvernerait mieux étant -
tout seul, ce serait croire qu'il a mal conduit les affaires
parce qu'il avait auprès de lui des conseillers expérimentés et
responsables.
L'abolition de la Compagnie dans ce moment ne serait pas
seulement une grande injustice envers elle, puisque ce serait
l'accuser d'avoir donné lieu , par une longue administration
vicieuse, à une sanglante insurrection; mais cette mesure
aurait aussi des conséquences funestes pour l'Inde même. Aux
yeux des Hindous, abolir le gouvernement de la Compagnie,
c'est abolir tout le système d'administration anglaise, et con-
damner toute la politique passée du gouvernement pour avoir
été trop indulgente et trop bienviellante envers les indigènes.
En voyant toutes, ces velléités de réformes, le changement
de fonctionnaires, etc., les Hindous croiront que la politique
anglaise va pren dre dorénavant un caractère agressif, et que l'on
fera la guerre à leurs mœurs et à leurs croyances, à leur
religion et à leurs institutions. Celte conviction du peuple hindou
peut avoir les conséquences les plus graves et donner lieu à
une insurrection générale cent fois plus terrible que celle
d'aujourd'hui; car si les princes indigènes et les masses de la
population ne se sont pas joints aux cipayes, c'est grâce à la *
sage politique de la Compagnie, qui a toujours ménagé les
sentiments des Hindous.
La Compagnie a vu avec regret les démonstrations d'une
aveugle animosité contre les Hindous de la part des Anglais
dans l'Inde et dans la métropole; si une pareille conduite doit
se continuer encore, il sera extrêmement difficile d'inspirer de
nouveau aux indigènes quelque confiance dans l'administra-
tion anglaise.
Si le gouvernement de l'Inde doitêtre conféré à un Ministre,
il faudra absolument qu'il ait à ses côtés une commission con-
sultative; mais pour que cette commission puisse exercer une
influence salutaire, il faut qu'elle soit composée d'hommes
connaissant parfaitement les Indes, qu'elle soit munie de pou-
voirs suffisants et personnellement indépendante du Ministre
gouvernant l'Inde. Nnl ne saurait mieux remplir le rôle de
conseillers indépendants et influents que la Cour des directeurs.
Si ce Conseil était nommé exclusivement par le Ministre,
il perdrait cette heureuse indépendance de toute influence de
parlement ou de parti, qui a toujours distingué l'administra-
tion de l'Inde.
La pétition expose ensuite d'une manière très-explicite les
pouvoirs qu'il faudrait con férer à cette commission délibérative,
et elle réfute le reproche que l'on a fait au gouvernement de
l'Inde d'être un gouvernement double, composé de deux auto-
rités distinctes. Cela peut être un inconvénient pour un moment
d'exécution; mais pour surveiller l'administration, pour indi-
quer la politique générale à suivre, un Conseil indépendant
et responsable n'est pas une entrave; c'est au contraire une
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