Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-01-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 janvier 1858 25 janvier 1858
Description : 1858/01/25 (A3,N39). 1858/01/25 (A3,N39).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203085q
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
LUNDI 25 JANVIER. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. « 37
✓
de la Commission internationale, dont il fut le secrétaire
pendant plus de deux ans, que nous avons pu apprécier
son rare mérite, et voici les deux services éminents qu'il
nous a rendus: c'est lui qui eutspécialementaétudier dans
la baie de Péluse l'emplacement où devait déboucher le
canal maritime; et à Suez, la question des écluses. Il a
résolu ces deux problèmes de la manière la plus heureuse
et la plus simple.
A l'aspect seul des cartes, M. Lieussou avait jugé avec
une haute sagacité que l'entrée du canal dans la Médi-
terranée devait être portée plus à l'ouest; mais lorsqu'en
Égypte, où il était allé avec ses collègues, il eut vu les
lieux, sa première pensée s'arrêta davantage encore; et
dans les instructions qu'il donna à M. Larousse, jeune
ingénieur de grande espérance formé à son école, il lui
recommanda de porter particulièrement ses sondages vers
la baie de Dibeh. Le résultat répondit complétement à
ses prévisions; et c'est là, comme on sait, que M. Larousse
a trouvé les profondeurs de 10 mètres à 2,300 mètres de
là plage, sur une étendue de plus de cinq lieues. Les
observations du capitaine Philigret ont pleinement con-
firmé en, 1857 l'excellence de ce mouillage, abrité sous
la pointe de Damiette. -
C'était là un résultat des plus importants. La question
des écluses à Suez avait encore plus d'intérêt, s'il est
possible. En effet, si le canal maritime avait besoin
d'écluses, il devenait à peu près inutile, puisque l'im-
mense navigation destinée à y passer n'y doit rencontrer
aucun obstacle ni aucun retard. Par l'étude du régime
des eaux, M. Lieussou se convainquit que les écluses
n'étaient pas nécessaires ; et il déposa le fruit de ses re-
cherches dans un savant mémoire qui a été publié avec
le rapport de la Commission internationale, et qui a été
soumis à l'Académie des sciences de l'Institut impénal de
France. La Commission internationale adopta des vues
si pratiques, et elle décida que le canal maritime de Suez
pouvait rester entièrement libre, grâce à ce vaste modé-
rateur du bassin des Lacs amers. M. Lieussou avait dé-
montré que dans toute l'étendue du canal le courant
serait à peine sensible, et qu'il n'aurait rien de redoutable
pour la stabilité des berges là même où il pourrait être
le plus actif.
Voilà les deux points essentiels sur lesquels ont porté
„ lés travaux de M. Lieussou dans le sein de la Commission
internationale, et il n'est pas besoin d'insister pour faire
voir combien ces points sont décisifs.
En 1856, au mois de septembre, M. Lieussou fut
appelé avec M. Renaud, son collègue de la Commission
internationale, à étudier les améliorations dont était
susceptible l'embouchure de l'Adour, que l'Empereur
désirait rectifier dans l'intérêt du port de Bayonne. En
1857, il retourna de nouveau sur les lieux pour examiner
de plus près les données du problème; et il fut nommé
de la Commission chargée de créer un port de refuge à
Saint-Jean de Luz. Dans cette même année, il dut faire
un voyage en Algérie, où la Compagnie qui entreprend de
doter notre conquête africaine de chemins de fer, récla-
mait le secours de ses lumières, dès longtemps éprouvées
en ce qui concernait les ports algériens.
C'est durant ces voyages divers que probablement
M. Lieussou a contracté le germe de la maladie fatale
qui l'a sitôt emporté. Il venait de publier une seconde et
excellente édition de son ouvrage sur les ports de l'A-
friq ue, et d'être chargé de la réorganisation du service
des chronomètres de la marine, quand une mort pré-
maturée l'a ravi à sa famille et à la science. Atteint
d'une fièvre typhoï Je, il est mort au bout de 13 jours de
maladie, le 6 janvier .1858.
La Commission internationale fait en M. Lieussou une
grande perte, qu'elle a très-vivement sentie, et nos ex-
pressions sont ici un bien faible témoignage de la douleur
profonde qu'elle en a éprouvée. Le nom de M. Lieussou
restera toujours atlaché à la grande entreprise du canal
de Suez, comme il le sera également à l'étude des mon-
tres marines et à la création des ports de l'Algérie. Voilà
les titres principaux qui recommanderont sa mémoire ;
mais ce sont eux aussi qui rendent nos regrets d'autant
plus amers. M. Lieussou pouvait être de bien longues
années encore utile à la science et à son pays. Dieu, dans
ses impénétrables décrets, semble l'avoir rappelé de trop
bonne heure à lui.
BARTHÉLEMY SAINT-HILAIRE.
L'ACADÉMIE DES SCIENCES DE VIENNE
ET LE CANAL DE SUEZ.
* Nous lisons dans la Gazette d'Augsbourg du 13 jan-
vier la correspondance suivante :
a Vienne, le 8 janvier 1858.
M. le baron de Czoernig, chef de section au ministère du
commerce et chef du bureau de statistique administrative, a
fait aujourd'hui, dans l'Académie des sciences, un rapport que
l'on avait attendu avec une impatience et un intérêt des plus
vifs, sur la grande question du canal de Suez.
Les sièges académiques étaient tous occupés en grand
nombre, et un public choisi et nombreux s'était réuni pour
assister à cette séance solennelle, on y remarquait aussi les
ministres de Bruck et de Toggenburg.
L'orateur a signalé surtout l'identité de l'intérêt autrichien
et celui de l'Europe centrale, en traitant d'une manière géné-
rale des différents points de vue dans la direction des intérêts
d'économie politique, des nations, de l'historique du projet
du canal de Suez, de ses conséquences générales et de son
influence sur les autres nations européennes.
Quant à l'Autriche, les effets du canal se résument ainsi
d'après M. de Czoernig : « Le courant du commerce universel
passera de nouveau pan Trieste et Venise, et ces villes devien-
dront les deux portes par lesquelles le commerce indo-chinois
aura son entrée dans le centre de l'Europe. Vienne, point cen-*
tral de toutes les communications par terre ou par mer, qui
auront pris alors une large extension , sera l'entrepôt du
commerce de l'Inde. Sans parler du commerce indien, qui
est pour la plus grande partie entre les mains de l'Angle-
terre, l'Autriche dirigera son attention sur les États non-anglais
des mers de l'Inde, et le débouché de ses produits, qui s'étend
déjà au delà de la Nunie et de l'Abyssinie, s'agrandira d'une
manière extraordinaire, quand les navires autrichiens pourront
se mettre en communication directe avec ces pays. Les finances
de l'Autriche se ressentiront également des conséquences du
✓
de la Commission internationale, dont il fut le secrétaire
pendant plus de deux ans, que nous avons pu apprécier
son rare mérite, et voici les deux services éminents qu'il
nous a rendus: c'est lui qui eutspécialementaétudier dans
la baie de Péluse l'emplacement où devait déboucher le
canal maritime; et à Suez, la question des écluses. Il a
résolu ces deux problèmes de la manière la plus heureuse
et la plus simple.
A l'aspect seul des cartes, M. Lieussou avait jugé avec
une haute sagacité que l'entrée du canal dans la Médi-
terranée devait être portée plus à l'ouest; mais lorsqu'en
Égypte, où il était allé avec ses collègues, il eut vu les
lieux, sa première pensée s'arrêta davantage encore; et
dans les instructions qu'il donna à M. Larousse, jeune
ingénieur de grande espérance formé à son école, il lui
recommanda de porter particulièrement ses sondages vers
la baie de Dibeh. Le résultat répondit complétement à
ses prévisions; et c'est là, comme on sait, que M. Larousse
a trouvé les profondeurs de 10 mètres à 2,300 mètres de
là plage, sur une étendue de plus de cinq lieues. Les
observations du capitaine Philigret ont pleinement con-
firmé en, 1857 l'excellence de ce mouillage, abrité sous
la pointe de Damiette. -
C'était là un résultat des plus importants. La question
des écluses à Suez avait encore plus d'intérêt, s'il est
possible. En effet, si le canal maritime avait besoin
d'écluses, il devenait à peu près inutile, puisque l'im-
mense navigation destinée à y passer n'y doit rencontrer
aucun obstacle ni aucun retard. Par l'étude du régime
des eaux, M. Lieussou se convainquit que les écluses
n'étaient pas nécessaires ; et il déposa le fruit de ses re-
cherches dans un savant mémoire qui a été publié avec
le rapport de la Commission internationale, et qui a été
soumis à l'Académie des sciences de l'Institut impénal de
France. La Commission internationale adopta des vues
si pratiques, et elle décida que le canal maritime de Suez
pouvait rester entièrement libre, grâce à ce vaste modé-
rateur du bassin des Lacs amers. M. Lieussou avait dé-
montré que dans toute l'étendue du canal le courant
serait à peine sensible, et qu'il n'aurait rien de redoutable
pour la stabilité des berges là même où il pourrait être
le plus actif.
Voilà les deux points essentiels sur lesquels ont porté
„ lés travaux de M. Lieussou dans le sein de la Commission
internationale, et il n'est pas besoin d'insister pour faire
voir combien ces points sont décisifs.
En 1856, au mois de septembre, M. Lieussou fut
appelé avec M. Renaud, son collègue de la Commission
internationale, à étudier les améliorations dont était
susceptible l'embouchure de l'Adour, que l'Empereur
désirait rectifier dans l'intérêt du port de Bayonne. En
1857, il retourna de nouveau sur les lieux pour examiner
de plus près les données du problème; et il fut nommé
de la Commission chargée de créer un port de refuge à
Saint-Jean de Luz. Dans cette même année, il dut faire
un voyage en Algérie, où la Compagnie qui entreprend de
doter notre conquête africaine de chemins de fer, récla-
mait le secours de ses lumières, dès longtemps éprouvées
en ce qui concernait les ports algériens.
C'est durant ces voyages divers que probablement
M. Lieussou a contracté le germe de la maladie fatale
qui l'a sitôt emporté. Il venait de publier une seconde et
excellente édition de son ouvrage sur les ports de l'A-
friq ue, et d'être chargé de la réorganisation du service
des chronomètres de la marine, quand une mort pré-
maturée l'a ravi à sa famille et à la science. Atteint
d'une fièvre typhoï Je, il est mort au bout de 13 jours de
maladie, le 6 janvier .1858.
La Commission internationale fait en M. Lieussou une
grande perte, qu'elle a très-vivement sentie, et nos ex-
pressions sont ici un bien faible témoignage de la douleur
profonde qu'elle en a éprouvée. Le nom de M. Lieussou
restera toujours atlaché à la grande entreprise du canal
de Suez, comme il le sera également à l'étude des mon-
tres marines et à la création des ports de l'Algérie. Voilà
les titres principaux qui recommanderont sa mémoire ;
mais ce sont eux aussi qui rendent nos regrets d'autant
plus amers. M. Lieussou pouvait être de bien longues
années encore utile à la science et à son pays. Dieu, dans
ses impénétrables décrets, semble l'avoir rappelé de trop
bonne heure à lui.
BARTHÉLEMY SAINT-HILAIRE.
L'ACADÉMIE DES SCIENCES DE VIENNE
ET LE CANAL DE SUEZ.
* Nous lisons dans la Gazette d'Augsbourg du 13 jan-
vier la correspondance suivante :
a Vienne, le 8 janvier 1858.
M. le baron de Czoernig, chef de section au ministère du
commerce et chef du bureau de statistique administrative, a
fait aujourd'hui, dans l'Académie des sciences, un rapport que
l'on avait attendu avec une impatience et un intérêt des plus
vifs, sur la grande question du canal de Suez.
Les sièges académiques étaient tous occupés en grand
nombre, et un public choisi et nombreux s'était réuni pour
assister à cette séance solennelle, on y remarquait aussi les
ministres de Bruck et de Toggenburg.
L'orateur a signalé surtout l'identité de l'intérêt autrichien
et celui de l'Europe centrale, en traitant d'une manière géné-
rale des différents points de vue dans la direction des intérêts
d'économie politique, des nations, de l'historique du projet
du canal de Suez, de ses conséquences générales et de son
influence sur les autres nations européennes.
Quant à l'Autriche, les effets du canal se résument ainsi
d'après M. de Czoernig : « Le courant du commerce universel
passera de nouveau pan Trieste et Venise, et ces villes devien-
dront les deux portes par lesquelles le commerce indo-chinois
aura son entrée dans le centre de l'Europe. Vienne, point cen-*
tral de toutes les communications par terre ou par mer, qui
auront pris alors une large extension , sera l'entrepôt du
commerce de l'Inde. Sans parler du commerce indien, qui
est pour la plus grande partie entre les mains de l'Angle-
terre, l'Autriche dirigera son attention sur les États non-anglais
des mers de l'Inde, et le débouché de ses produits, qui s'étend
déjà au delà de la Nunie et de l'Abyssinie, s'agrandira d'une
manière extraordinaire, quand les navires autrichiens pourront
se mettre en communication directe avec ces pays. Les finances
de l'Autriche se ressentiront également des conséquences du
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 5/24
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6203085q/f5.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6203085q/f5.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6203085q/f5.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6203085q
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6203085q
Facebook
Twitter