Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1860-09-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 15 septembre 1860 15 septembre 1860
Description : 1860/09/15 (A5,N102). 1860/09/15 (A5,N102).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529968f
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 299
« De la nation de l'islam a la nation de l'infidélité,
» des erreurs, de l'idolâtrie et de l'impiété; à la nation
» qui, contrairement au droit, est devenue fière et or-
» gueilleuse sur cette terre.
» On fait savoir: que vous vous êtes trop enorgueillis;
» - que vous avez fait des changements et répandu le
» trouble sur la terre. — que nous avions ensemencée
» de bien ; — et parce que vous avez trouvé appui de la
» part du gouvernement, — vous avez commis des actes
» qu'aucune nation avant vous n'avait commis.
» Par Allah et, nous le répétons, par Allah, — vous
» n'êtes que des chiens! — Votre massacre est par trop
» facile, — et comme maintenant les traits de la mort
» et du châtiment commencent à peser sur vous, — et
Il que vous êtes tombés du faite dans la privation de
» tout, — vous êtes devenus comme des chiens galeux.
» — Que la malédiction d'Allah tombe sur vous, —
» sur votre race et sur votre croix ; — parce que votre
i. religion est une religion de rien. — La religion de
» Mohammed (qu'Allah prie sur lui et le salue) — est
» bâtie sur la vérité. — Plus tard, vous verrez la vraie
» religion.
» Vous vous êtes adossés aux Faransavi (Français),
» - et vous êtes redevenus des Pharaons.
» Par Allah ! les Faransavi (Français) ne peuvent ni
» tenir devant nous, ni nous combattre, — attendu que
» nos sabres sont des faux, et nos lances des dards
» transperçants. — Nos chevaux sont les meilleurs
» coureurs, - nos cavaliers géants sont des lions farou-
» ches (mot à mot : des lions Darius). — Notre poudre
» rôtirait des côtes humaines; — nos flèches font verser
» des larmes; -- nos cavalcades entraînent les endormis.
» — Malheur sur vous! malheur sur vous! — Dans le
» combat vous verrez ce que nous faisons. — Il aura liou
D cette année, et il vous arrivera comme à ceux de Cham
» (Damas), — car nous n'avons pas peur même d'un lion,
a et nous ne tenons compte de personne. — Votre sang,
» votre honneur de maris et vos biens sont à nous. —
» Vous avez franchi les limites ; — et ceux qui franchis-
D sent les limites perdront ces trois choses. - Cette perte
» vous en êtes vous-mêmes les auteurs : — car Allah,
» le très-haut, dit dans son livre chéri : Vous mangerez
» ce que vos mains auront cueilli. - Et Allah n'est
« pas injuste pour ses sujets.
» Par Allah ! et, nous le répétons, par Allah I — sur
) la terre il ne vous restera que votre nom. — On dira
D qu'il y avait ici tels et tels. - Nous n'avons plus à
» vous parler que par le sabre. - Nous avons fermé les
» yeux une fois, deux fois, trois fois, et vous êtes deve-
» nus des Pharaons superbes, et votre pharaonisme amè-
» nera votre mort et l'effusion de votre sang.
» Vous prétendez qu'Ayssa (la paix tombe sur lui) est
» parmi vous. — Dieu l'en garde ! il ne peut pas être
» content de vous. — Vous êtes destinés au feu, et vous
» y trouverez le châtiment de ce que vous faites. —
» Qu'Allah ne vous relève point de cette chute. Son li-
» vre chéri le dit : Toute offense appelle la peine du
» talion. »
» Les évêques des différentes communions ont porté
plainte au pacha de Saint-Jean-d'Acre, qui ne leur a
fait qu'une réponse évasive. Ils se sont adressés aux di-
vers agents consulaires de Caïpha, qui, après s'être
concertés, en ont tous écrit à Beyrouth. Le consul de
Grèce a aussitôt expédié sur les lieux les forces navales
de sa nation qui se trouvaient ici. On parle aussi de
l'envoi d'un bâtiment anglais. Quant à l'escadre fran- -
çaise, elle est probablement représentée à Saint-Jean-
d'Acre par l'Eclaireur, qui fait une tournée dans ces pa-
ooges.
» Plus près d'ici, dans le district de Bichra, que gou-
verne un certain Metuali nommé Aly-Bey-el Assad, des
villages entiers ont été désertés par leurs habitants
chrétiens, qui n'avaient que ce moyen de se soustraire
aux avanies et aux vexations de l'autorité loca'e. L'ar-
chevêque catholique grec de Tyr, après avoir épuisé
ses faibles ressources pour le soulagement de ces mal-
heureux , est venu ici pour exposer leurs griefs au
pacha.
» Le nord de la Syrie a failli donner un pendant aux
massacres d'Hasbeya, de Der-el-Camar et de Damas.
Entre Aman, Alep, Tripoli et Lataquié, est disséminée,
au nombre d'environ cent mille âmes, la peuplade des
Ansariès, qui reconnaît le prophète Ali, mais qui n'a
que ce point de contact avec les diverses sectes musul-
manes. Le fond de la doctrine religieuse des Ansariès
paraît être une dérivation plus ou moins directe du culte
antique d'Adonis. Ils considèrent la femme comme le
principe et la fin de toute création, et élisent annuelle-
ment pour déesse ou pour prêtresse une jeune fille à
laquelle ils adressent des invocations qui roulent sur
cette idée : « De toi nous sommes sortis ; en toi nous
» rentrerons. » Les Ansariès ont en outre des assemblées
annuelles, où les sectaires de tout âge et de tout sexe
(il y en a trois en Orient) se réunissent pêle-mêle et au
milieu des ténèbres, dans un lieu clos, et l'enfer seul
peut savoir ce qui s'y passe.
» Le district de Saffita, où se trouvent 25 à 30,000 de
ces sectaires, confondus avec 6 à 8,000 chrétiens, a pour
gouverneur un certain Mohamed-Sok'ân, frère de ce
gouverneur de Saïda qui fit fermer les portes de la ville
aux chrétiens des villages voisins, traqués par les mas
sacreurs. Mohamed-Bey-Sok'an, que les lauriers d'Ach-
met-Pacha et de Kurschid-Pacha empêchaient de dormir,
convoqua , il y a quelques jours, à sa résidence de
Dreikich, les deux principales familles Ansariès, celle
des Roslan et celle desGhamsin, leur exposa que le sul-
tan voulait purger le pays de chrétiens, et les engagea
à s'unir pour cette œuvre avec les musulmans, comme
n'avaient pas hésité à le faire ailleurs les Druses et les
Metualis.
D Les Roslan et les Ghamsin demandèrent à voir le
firman impérial qui ordonnait la mort des chrétiens.
Mohamed-Bey-Sok'àn répliqua que les massacres com-
mis ailleurs par permission, ou avec le concours des
autorités, établissaient surabondamment l'existence de
ces ordres sublimes, et qu'au surplus il était de l'intérêt
des fidèles esclaves de Sa Hautesse de ne pas s'arrêter
à des scrupules de forme qui enlèveraient presque tout
mérite à leur obéissance.
» Les chefs se retirèrent sans se prononcer, et en ob-
jectant la nécessité de consulter préalablement leurs
frères Ansariès. A peine de retour dans leur résidence
« De la nation de l'islam a la nation de l'infidélité,
» des erreurs, de l'idolâtrie et de l'impiété; à la nation
» qui, contrairement au droit, est devenue fière et or-
» gueilleuse sur cette terre.
» On fait savoir: que vous vous êtes trop enorgueillis;
» - que vous avez fait des changements et répandu le
» trouble sur la terre. — que nous avions ensemencée
» de bien ; — et parce que vous avez trouvé appui de la
» part du gouvernement, — vous avez commis des actes
» qu'aucune nation avant vous n'avait commis.
» Par Allah et, nous le répétons, par Allah, — vous
» n'êtes que des chiens! — Votre massacre est par trop
» facile, — et comme maintenant les traits de la mort
» et du châtiment commencent à peser sur vous, — et
Il que vous êtes tombés du faite dans la privation de
» tout, — vous êtes devenus comme des chiens galeux.
» — Que la malédiction d'Allah tombe sur vous, —
» sur votre race et sur votre croix ; — parce que votre
i. religion est une religion de rien. — La religion de
» Mohammed (qu'Allah prie sur lui et le salue) — est
» bâtie sur la vérité. — Plus tard, vous verrez la vraie
» religion.
» Vous vous êtes adossés aux Faransavi (Français),
» - et vous êtes redevenus des Pharaons.
» Par Allah ! les Faransavi (Français) ne peuvent ni
» tenir devant nous, ni nous combattre, — attendu que
» nos sabres sont des faux, et nos lances des dards
» transperçants. — Nos chevaux sont les meilleurs
» coureurs, - nos cavaliers géants sont des lions farou-
» ches (mot à mot : des lions Darius). — Notre poudre
» rôtirait des côtes humaines; — nos flèches font verser
» des larmes; -- nos cavalcades entraînent les endormis.
» — Malheur sur vous! malheur sur vous! — Dans le
» combat vous verrez ce que nous faisons. — Il aura liou
D cette année, et il vous arrivera comme à ceux de Cham
» (Damas), — car nous n'avons pas peur même d'un lion,
a et nous ne tenons compte de personne. — Votre sang,
» votre honneur de maris et vos biens sont à nous. —
» Vous avez franchi les limites ; — et ceux qui franchis-
D sent les limites perdront ces trois choses. - Cette perte
» vous en êtes vous-mêmes les auteurs : — car Allah,
» le très-haut, dit dans son livre chéri : Vous mangerez
» ce que vos mains auront cueilli. - Et Allah n'est
« pas injuste pour ses sujets.
» Par Allah ! et, nous le répétons, par Allah I — sur
) la terre il ne vous restera que votre nom. — On dira
D qu'il y avait ici tels et tels. - Nous n'avons plus à
» vous parler que par le sabre. - Nous avons fermé les
» yeux une fois, deux fois, trois fois, et vous êtes deve-
» nus des Pharaons superbes, et votre pharaonisme amè-
» nera votre mort et l'effusion de votre sang.
» Vous prétendez qu'Ayssa (la paix tombe sur lui) est
» parmi vous. — Dieu l'en garde ! il ne peut pas être
» content de vous. — Vous êtes destinés au feu, et vous
» y trouverez le châtiment de ce que vous faites. —
» Qu'Allah ne vous relève point de cette chute. Son li-
» vre chéri le dit : Toute offense appelle la peine du
» talion. »
» Les évêques des différentes communions ont porté
plainte au pacha de Saint-Jean-d'Acre, qui ne leur a
fait qu'une réponse évasive. Ils se sont adressés aux di-
vers agents consulaires de Caïpha, qui, après s'être
concertés, en ont tous écrit à Beyrouth. Le consul de
Grèce a aussitôt expédié sur les lieux les forces navales
de sa nation qui se trouvaient ici. On parle aussi de
l'envoi d'un bâtiment anglais. Quant à l'escadre fran- -
çaise, elle est probablement représentée à Saint-Jean-
d'Acre par l'Eclaireur, qui fait une tournée dans ces pa-
ooges.
» Plus près d'ici, dans le district de Bichra, que gou-
verne un certain Metuali nommé Aly-Bey-el Assad, des
villages entiers ont été désertés par leurs habitants
chrétiens, qui n'avaient que ce moyen de se soustraire
aux avanies et aux vexations de l'autorité loca'e. L'ar-
chevêque catholique grec de Tyr, après avoir épuisé
ses faibles ressources pour le soulagement de ces mal-
heureux , est venu ici pour exposer leurs griefs au
pacha.
» Le nord de la Syrie a failli donner un pendant aux
massacres d'Hasbeya, de Der-el-Camar et de Damas.
Entre Aman, Alep, Tripoli et Lataquié, est disséminée,
au nombre d'environ cent mille âmes, la peuplade des
Ansariès, qui reconnaît le prophète Ali, mais qui n'a
que ce point de contact avec les diverses sectes musul-
manes. Le fond de la doctrine religieuse des Ansariès
paraît être une dérivation plus ou moins directe du culte
antique d'Adonis. Ils considèrent la femme comme le
principe et la fin de toute création, et élisent annuelle-
ment pour déesse ou pour prêtresse une jeune fille à
laquelle ils adressent des invocations qui roulent sur
cette idée : « De toi nous sommes sortis ; en toi nous
» rentrerons. » Les Ansariès ont en outre des assemblées
annuelles, où les sectaires de tout âge et de tout sexe
(il y en a trois en Orient) se réunissent pêle-mêle et au
milieu des ténèbres, dans un lieu clos, et l'enfer seul
peut savoir ce qui s'y passe.
» Le district de Saffita, où se trouvent 25 à 30,000 de
ces sectaires, confondus avec 6 à 8,000 chrétiens, a pour
gouverneur un certain Mohamed-Sok'ân, frère de ce
gouverneur de Saïda qui fit fermer les portes de la ville
aux chrétiens des villages voisins, traqués par les mas
sacreurs. Mohamed-Bey-Sok'an, que les lauriers d'Ach-
met-Pacha et de Kurschid-Pacha empêchaient de dormir,
convoqua , il y a quelques jours, à sa résidence de
Dreikich, les deux principales familles Ansariès, celle
des Roslan et celle desGhamsin, leur exposa que le sul-
tan voulait purger le pays de chrétiens, et les engagea
à s'unir pour cette œuvre avec les musulmans, comme
n'avaient pas hésité à le faire ailleurs les Druses et les
Metualis.
D Les Roslan et les Ghamsin demandèrent à voir le
firman impérial qui ordonnait la mort des chrétiens.
Mohamed-Bey-Sok'àn répliqua que les massacres com-
mis ailleurs par permission, ou avec le concours des
autorités, établissaient surabondamment l'existence de
ces ordres sublimes, et qu'au surplus il était de l'intérêt
des fidèles esclaves de Sa Hautesse de ne pas s'arrêter
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mérite à leur obéissance.
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