Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1860-06-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 01 juin 1860 01 juin 1860
Description : 1860/06/01 (A5,N95). 1860/06/01 (A5,N95).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529961j
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
190 L'ISTHME DE SUEZ,
de plus, ils avaient eux-mêmes visité le terrain sur
lequel les renseignements leur étaient demandés.
Le premier de ces témoins est le général Chesney,
Il avait de sa personne parcouru tous les points de
la route proposée par son rival, le lieutenant Wa-
gliorn. Et d'abord sur la nature du sol de l'isthme,
voici comment il s'exprimait.
Demande. a Quelle est la nature du terrain entre
Suez et la Méditerranée?
Réponse. » Un terrain ferme et caillouteux forme le
sous-sol, et à la surface s'étend une légère couche de
sable. »
Le major Head, officier supérieur de l'armée an-
glaise, qui est allé aussi étudier le problème sur les
lieux, est interrogé sur la même question, et pour
bien faire comprendre toute la portée de sa déposi-
tion, rappelons qu'il s'agissait d'établir la possibilité
d'un chemin de fer à travers l'isthme, dans la même
direction que le canal.
Deinande. - « Vous êtes-vous formé une opinion dé-
cidée sur la possibilité du chemin de fer ?
Réponse. - Je ne sais rien dans le monde qui
puisse l'empêcher.
D. » N'y a-t-il point à craindre l'invasion des
sables ?
R,- 8 Le canon marche sur ce terrain sans difficulté.
D. » N'est-il pas vraisemblable qu'il serait en-
combré par les sables?
R. » 11 n'y a pas d'envahissement par les sables;
si cela était, le lit du vieux canal serait comblé. »
Un autre adversaire du canal, M. Peacock, fonc-
tionnaire supérieur de la Compagnie des Indes, affir-
mait aussi très-explicitement la solidité du terrain
de l'isthme; on insiste, on lui demande si, dans
l'isthme, le terrain est plus solide que vers le désert
de Syrie :
« Oui, répond-il, si bien que le vieux lit du canal
» peut être suivi comme une profonde ravine que l'on
» parcourt constamment pendant des milles. »
Nous ne pensons point que le Times nous objecte
que le terrain a changé depuis 1834, et il vient de
voir par des témoignages que corroborent si forte-
ment les opérations entreprises dans ces derniers
temps, que, d'après le général Chesney, le terrain est
ferme et caillouteux; que, d'après le major Head, le
Canon y peut marcher sans difficulté, qu'il n'y a pas
d'envahissement des sables et que, par conséquent,
tous ces éboulements et tous ces encombrements dont
l'a si fort effrayé la légèreté de son correspondant, ne
sont que des chimères et des fantômes.
Toutefois le général Chesney et le major Head ne
s'en tiennent point là. Après avoir affirmé si nette-
ment la qualité propice du terrain pour y créer une
communication soit ferrée, soit maritime, on leur
demande aussi ce qu'ils pensent et ce qu'ils ont re-
cueilli en Egypte de la possibilité de créer un canal
à travers l'isthme, joignant la mer Rouge et la Médi-
terranée : sur cette question le général Chesney, in-
terrogé plusieurs fois, reproduit à plusieurs reprises
son opinion affirmative; pour ne point nous répéter
nous nous bornerons à ce simple extrait de sa dépo-
sition.
« Ce ne serait pas une sérieuse difficulté de créer un
canal maritime à travers l'isthme, de Suez au lac
Menzaleh. »
Le major Head est consulté sur le même point à
son tour, et voici le résumé de son interrogatoire :
D. « Croyez-vous à la possibilité d'un canal ma-
ritime h travers l'isthme?
R. » Sur la possibilité d'un canal maritime, je
pense que si l'Egypte était habitée par une nation
ayant la même science et le même capital que l'An-
gleterre, l'existence du canal ne ferait pas question.
D. - » La nature du pays présente-t-elle des obs-
tacles ?
R. » Aucun qu'on ne puisse surmonter.
D. e Avez-vous jamais entendu exprimer un doute
sur la possibilité de faire un canal direct de Suez à la
Méditerranée, suffisamment large pour laisser passer
un fort navire de commerce ?
J(, » La chose a été très-discutée pendant que
j'étais en Egypte ; il n'y avait pas un douté sur la
possibilité. »
Tels sont les faits constatés par l'enquête de 1834,
et qu'alors personne ne contesta. Si le gouvernement
anglais ne donna pas suite à ces indications,
c'est qu'il aimait mieux essayer d'ouvrir le passage
par la vallée de l'Euphrate, qu'on lui disait exclusi -
veinent avantageux à l'Angleterre, tandis que celui
de Suez pouvait servir à tous les autres pays.
La question de rémunération a été aussi examinée
par le comité d'enquête, et, chose remarquable, au
point de vue financier, le général Chesney croyait
que le canal tel que doit l'exécuter la Compagnie
universelle, présentait des chances de bénéfices que ne
pouvait offrir un chemin de fer. Selon le général,
c'était le canal dans les conditions d'un large et fa-
cile passage pour les navires qui seul présentait les
perspectives d'une rémunération. Citons-le d'ailleurs
lui-même :
D.– « Pour l'Egypte, dans le cas où de plus grandes
difficultés surviendraient pour le canal que vous ne
l'avez prévu, croyez vous probable qu'un chemin de
fer pût être aisément établi, et donnerait des bé-
néfices ?
R. » Je pense qu'il serait facilement établi, mais
je doute de ses bénéfices.
D. » Pourquoi en doutez-vous ?
R. - » Parce que l'Egypte a très-peu de commerce
avec l'Inde.
D. » N'est-il pas très-vraisemblable que le chemin
de fer serait plus profitable, parce que sa dépense
de plus, ils avaient eux-mêmes visité le terrain sur
lequel les renseignements leur étaient demandés.
Le premier de ces témoins est le général Chesney,
Il avait de sa personne parcouru tous les points de
la route proposée par son rival, le lieutenant Wa-
gliorn. Et d'abord sur la nature du sol de l'isthme,
voici comment il s'exprimait.
Demande. a Quelle est la nature du terrain entre
Suez et la Méditerranée?
Réponse. » Un terrain ferme et caillouteux forme le
sous-sol, et à la surface s'étend une légère couche de
sable. »
Le major Head, officier supérieur de l'armée an-
glaise, qui est allé aussi étudier le problème sur les
lieux, est interrogé sur la même question, et pour
bien faire comprendre toute la portée de sa déposi-
tion, rappelons qu'il s'agissait d'établir la possibilité
d'un chemin de fer à travers l'isthme, dans la même
direction que le canal.
Deinande. - « Vous êtes-vous formé une opinion dé-
cidée sur la possibilité du chemin de fer ?
Réponse. - Je ne sais rien dans le monde qui
puisse l'empêcher.
D. » N'y a-t-il point à craindre l'invasion des
sables ?
R,- 8 Le canon marche sur ce terrain sans difficulté.
D. » N'est-il pas vraisemblable qu'il serait en-
combré par les sables?
R. » 11 n'y a pas d'envahissement par les sables;
si cela était, le lit du vieux canal serait comblé. »
Un autre adversaire du canal, M. Peacock, fonc-
tionnaire supérieur de la Compagnie des Indes, affir-
mait aussi très-explicitement la solidité du terrain
de l'isthme; on insiste, on lui demande si, dans
l'isthme, le terrain est plus solide que vers le désert
de Syrie :
« Oui, répond-il, si bien que le vieux lit du canal
» peut être suivi comme une profonde ravine que l'on
» parcourt constamment pendant des milles. »
Nous ne pensons point que le Times nous objecte
que le terrain a changé depuis 1834, et il vient de
voir par des témoignages que corroborent si forte-
ment les opérations entreprises dans ces derniers
temps, que, d'après le général Chesney, le terrain est
ferme et caillouteux; que, d'après le major Head, le
Canon y peut marcher sans difficulté, qu'il n'y a pas
d'envahissement des sables et que, par conséquent,
tous ces éboulements et tous ces encombrements dont
l'a si fort effrayé la légèreté de son correspondant, ne
sont que des chimères et des fantômes.
Toutefois le général Chesney et le major Head ne
s'en tiennent point là. Après avoir affirmé si nette-
ment la qualité propice du terrain pour y créer une
communication soit ferrée, soit maritime, on leur
demande aussi ce qu'ils pensent et ce qu'ils ont re-
cueilli en Egypte de la possibilité de créer un canal
à travers l'isthme, joignant la mer Rouge et la Médi-
terranée : sur cette question le général Chesney, in-
terrogé plusieurs fois, reproduit à plusieurs reprises
son opinion affirmative; pour ne point nous répéter
nous nous bornerons à ce simple extrait de sa dépo-
sition.
« Ce ne serait pas une sérieuse difficulté de créer un
canal maritime à travers l'isthme, de Suez au lac
Menzaleh. »
Le major Head est consulté sur le même point à
son tour, et voici le résumé de son interrogatoire :
D. « Croyez-vous à la possibilité d'un canal ma-
ritime h travers l'isthme?
R. » Sur la possibilité d'un canal maritime, je
pense que si l'Egypte était habitée par une nation
ayant la même science et le même capital que l'An-
gleterre, l'existence du canal ne ferait pas question.
D. - » La nature du pays présente-t-elle des obs-
tacles ?
R. » Aucun qu'on ne puisse surmonter.
D. e Avez-vous jamais entendu exprimer un doute
sur la possibilité de faire un canal direct de Suez à la
Méditerranée, suffisamment large pour laisser passer
un fort navire de commerce ?
J(, » La chose a été très-discutée pendant que
j'étais en Egypte ; il n'y avait pas un douté sur la
possibilité. »
Tels sont les faits constatés par l'enquête de 1834,
et qu'alors personne ne contesta. Si le gouvernement
anglais ne donna pas suite à ces indications,
c'est qu'il aimait mieux essayer d'ouvrir le passage
par la vallée de l'Euphrate, qu'on lui disait exclusi -
veinent avantageux à l'Angleterre, tandis que celui
de Suez pouvait servir à tous les autres pays.
La question de rémunération a été aussi examinée
par le comité d'enquête, et, chose remarquable, au
point de vue financier, le général Chesney croyait
que le canal tel que doit l'exécuter la Compagnie
universelle, présentait des chances de bénéfices que ne
pouvait offrir un chemin de fer. Selon le général,
c'était le canal dans les conditions d'un large et fa-
cile passage pour les navires qui seul présentait les
perspectives d'une rémunération. Citons-le d'ailleurs
lui-même :
D.– « Pour l'Egypte, dans le cas où de plus grandes
difficultés surviendraient pour le canal que vous ne
l'avez prévu, croyez vous probable qu'un chemin de
fer pût être aisément établi, et donnerait des bé-
néfices ?
R. » Je pense qu'il serait facilement établi, mais
je doute de ses bénéfices.
D. » Pourquoi en doutez-vous ?
R. - » Parce que l'Egypte a très-peu de commerce
avec l'Inde.
D. » N'est-il pas très-vraisemblable que le chemin
de fer serait plus profitable, parce que sa dépense
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