Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1860-01-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 janvier 1860 15 janvier 1860
Description : 1860/01/15 (A5,N86). 1860/01/15 (A5,N86).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529952k
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
20 L'ISTHME DE SUEZ,
» des ingénieurs égyptiens et indiquera les modifica-
Il tions ou les changements qu'elle croira devoir adop-
» ter. Tous les moyens seront mis à sa disposition pour
» visiter l'isthme de Suez.
» Ce sera seulement après l'adoption du tracé de
» communication des deux mers, et lorsque tous les
» avantages et toutes les obligations de ceux qui pren-
» dront part à l'entreprise seront bien déterminés, que
» les capitalistes et le public seront appelés à souscrire
» des actions, et que les représentants des intéressés
» décideront en dernier ressort sur les questions se rat-
» tachant à l'administration, à l'exécution et à l'exploi-
» tation de l'entreprise. J)
D'un autre côté, le vice-roi se rappelait que, sous le
gouvernement de ses prédécesseurs, de vives luttes
d'influence s'étaient produites à Alexandrie et à Cons-
tantinople entre les agents de France et ceux d'An-
gleterre, toutes les fois qu'il avait été question soit d'un
canal, soit d'un chemin de fer continu entre la Médi-
terranée et la mer Rouge. Il pensait que le meilleur
moyen de contribuer à mettre d'accord les deux poli-
tiques, tout en travaillant à la prospérité de l'empire
ottoman en général et de l'Egypte en particulier, était
de faire jouir tous les pays indistinctement des avan-
tages qu'ils pouvaient se promettre dans leurs relations
commerciales avec l'extrême Orient, par l'ouverture si-
multanée. à travers l'Égypte, d'un canal maritime et
d'un railway. En conséquence, il se décida à trancher
lui-même immédiatement la question d'une communi-
cation internationale entre la Méditerranée et la mer
Rouge, et il décréta spontanément l'exécution du che-
min de fer du Caire à Suez en continuation de la ligne
d'Alexandrie que la politique n'avait pas d'abord permis
de prolonger au delà du Caire. Cette décision ne sus-
cita naturellement aucune réclamation de la part de la
Porte Ottomane, parce que d'une part elle était agréa-
ble au représentant de l'Angleterre, et que de l'autre
part, il avait été, depuis quelque temps, recommandé
aux agents français en Orient, non-seulement de ne pas
s'opposer, mais encore de prêter le concours de leur
influence à la création de voies de communication et
d'entreprises d'utilité publique destinées à améliorer la
condition des populations de l'Orient.
Cet antécédent ne m'a pas paru inutile à rappeler dans
les circonstances actuelles.
Une commission internationale, composée des plus cé-
lèbres ingénieurs de l'Europe, se rendit en Egypte, dans
les derniers mois de 1855, pour vérifier les travaux de
l'avant-projet et pour préparer les éléments d'un projet
définitif. Lorsqu'elle eut terminé ses études et opéra-
tions, et qu'elle en eut fait connaître le résultat par un
rapport sommaire qu'elleîprésenta elle-même au vice-
roi, le prince confirma, le 5 janvier 1856, son premier
acte de concession. Il me délivra un nouveau décret
contenant vingt-trois articles et intitulé : Acte de conces-
sion et cahier des charges. Il y inséra particulièrement cette
clause ;
« Sont approuvés les statuts ci-annexés de la Société
» créée sous la dénomination de Compagnie universelle
» du canal maritime de Suez, la présente approbation
» valant autorisation de constitution dans la forme des So-
» ciétés anonymes, à dater du jour où le capital so-
» cial sera entièrement souscrit. »
Un appendice ajouté à l'acte du 5 janvier disait : « La
» concession accordée à la Compagnie universelle du
» canal de Suez devant être ratifiée par S. M. I. le sul-
» tan, je vous remets cette copie authentique afin que vous puis-
» siez constituer ladite Compagnie financière. Quant aux
» travaux relatifs au percement de l'isthme, elle pourra
les exécuter elle-même dès que l'autorisation de la
Sublime Porte m'aura été accordée. »
Les termes de cette recommandation additionnelle,
qui m'était faite en dehors des clauses constitutives et
inaltérables du contrat, démontrent que le vice-roi, à
la suite des négociations engagées depuis un an, avait
la ferme confiance que le sultan devait ratifier son pro-
jet, d'autant plus que Sa Majesté Impériale venait d'ac-
corder, avec la plus grande facilité, au général Ches-
ney, sur la demande et la présentation de l'ambassadeur
d'Angleterre, en garantissant même un intérêt de 6 0/0
(ce qui n'avait pas été réclamé par l'entreprise du ca-
nal) la concession d'une communication par chemin de
fer et par l'Euphrate, entre la Méditerranée et le golfe
Persique. En conséquence, il me donnait dès lors, sans
aucune espèce de réserve, l'autorisation formelle de cons-
tituer la Compagnie financière, c'est-à-dire d'appeler et de
réunir les capitaux, non certainement dans l'intention
de les attirer dana une entreprise douteuse ni de les
laisser in actifs.
Toutefois, je ne voulus pas encore profiter de cette
autorisation, attendant le moment où la publication du
rapport définitif de la Commission internationale, les
opérations d'études et d'essais continuées dans l'isthme
de Suez, les enquêtes commerciales que je me proposais
de faire dans les principales villes de l'Europe, les con-
troverses que je sollicitais, auraient complétement
éclairé l'opinion publique.
Peu de mois après, je remettais au vice-roi d'Égypte
tous les plans et le rapport complet de la Commission
internationale. J'étais en outre porteur, de la part du
prince de Metternich, d'une très-remarquable consulta-
tion politique que cet illustre homme d'État m'avait
permis d'écrire sous sa dictée. Je crois devoir reproduire
ici les principaux passages de ce document, qui, avec
l'approbation du prince de Metternich, fut ensuite com-
muniqué par moi à la Sublime Porte et à toutes les
autres cours de l'Europe :
« Vienne, 8 juillet 1856.
» S. A. Mohammed Saïd avait le droit de décréter l'exé-
» cution du cana) de Suez. Toutes les mesures prises
» par lui à ce sujet méritent l'assentiment des hommes
» d'État de l'Europe. Mais, dans une question de cette
importance où il y avait lieu de prévoir que la politi-
» que étrangère finirait par s'engager, il a très-sage-
» ment fait de demander la ratification de la Porte.
» L'approbation officielle d'une entreprise si utile aux
» intérêts de l'empire ottoman comme à ceux de toutes
» les nations, ne peut plus laisser de doute, depuis que
» la science a rendu un jugement favorable, et que des
» capitaux sufiisants sont prêts pour l'exécution
» Sa Ilautesse se placera dans une situation excel-
» des ingénieurs égyptiens et indiquera les modifica-
Il tions ou les changements qu'elle croira devoir adop-
» ter. Tous les moyens seront mis à sa disposition pour
» visiter l'isthme de Suez.
» Ce sera seulement après l'adoption du tracé de
» communication des deux mers, et lorsque tous les
» avantages et toutes les obligations de ceux qui pren-
» dront part à l'entreprise seront bien déterminés, que
» les capitalistes et le public seront appelés à souscrire
» des actions, et que les représentants des intéressés
» décideront en dernier ressort sur les questions se rat-
» tachant à l'administration, à l'exécution et à l'exploi-
» tation de l'entreprise. J)
D'un autre côté, le vice-roi se rappelait que, sous le
gouvernement de ses prédécesseurs, de vives luttes
d'influence s'étaient produites à Alexandrie et à Cons-
tantinople entre les agents de France et ceux d'An-
gleterre, toutes les fois qu'il avait été question soit d'un
canal, soit d'un chemin de fer continu entre la Médi-
terranée et la mer Rouge. Il pensait que le meilleur
moyen de contribuer à mettre d'accord les deux poli-
tiques, tout en travaillant à la prospérité de l'empire
ottoman en général et de l'Egypte en particulier, était
de faire jouir tous les pays indistinctement des avan-
tages qu'ils pouvaient se promettre dans leurs relations
commerciales avec l'extrême Orient, par l'ouverture si-
multanée. à travers l'Égypte, d'un canal maritime et
d'un railway. En conséquence, il se décida à trancher
lui-même immédiatement la question d'une communi-
cation internationale entre la Méditerranée et la mer
Rouge, et il décréta spontanément l'exécution du che-
min de fer du Caire à Suez en continuation de la ligne
d'Alexandrie que la politique n'avait pas d'abord permis
de prolonger au delà du Caire. Cette décision ne sus-
cita naturellement aucune réclamation de la part de la
Porte Ottomane, parce que d'une part elle était agréa-
ble au représentant de l'Angleterre, et que de l'autre
part, il avait été, depuis quelque temps, recommandé
aux agents français en Orient, non-seulement de ne pas
s'opposer, mais encore de prêter le concours de leur
influence à la création de voies de communication et
d'entreprises d'utilité publique destinées à améliorer la
condition des populations de l'Orient.
Cet antécédent ne m'a pas paru inutile à rappeler dans
les circonstances actuelles.
Une commission internationale, composée des plus cé-
lèbres ingénieurs de l'Europe, se rendit en Egypte, dans
les derniers mois de 1855, pour vérifier les travaux de
l'avant-projet et pour préparer les éléments d'un projet
définitif. Lorsqu'elle eut terminé ses études et opéra-
tions, et qu'elle en eut fait connaître le résultat par un
rapport sommaire qu'elleîprésenta elle-même au vice-
roi, le prince confirma, le 5 janvier 1856, son premier
acte de concession. Il me délivra un nouveau décret
contenant vingt-trois articles et intitulé : Acte de conces-
sion et cahier des charges. Il y inséra particulièrement cette
clause ;
« Sont approuvés les statuts ci-annexés de la Société
» créée sous la dénomination de Compagnie universelle
» du canal maritime de Suez, la présente approbation
» valant autorisation de constitution dans la forme des So-
» ciétés anonymes, à dater du jour où le capital so-
» cial sera entièrement souscrit. »
Un appendice ajouté à l'acte du 5 janvier disait : « La
» concession accordée à la Compagnie universelle du
» canal de Suez devant être ratifiée par S. M. I. le sul-
» tan, je vous remets cette copie authentique afin que vous puis-
» siez constituer ladite Compagnie financière. Quant aux
» travaux relatifs au percement de l'isthme, elle pourra
les exécuter elle-même dès que l'autorisation de la
Sublime Porte m'aura été accordée. »
Les termes de cette recommandation additionnelle,
qui m'était faite en dehors des clauses constitutives et
inaltérables du contrat, démontrent que le vice-roi, à
la suite des négociations engagées depuis un an, avait
la ferme confiance que le sultan devait ratifier son pro-
jet, d'autant plus que Sa Majesté Impériale venait d'ac-
corder, avec la plus grande facilité, au général Ches-
ney, sur la demande et la présentation de l'ambassadeur
d'Angleterre, en garantissant même un intérêt de 6 0/0
(ce qui n'avait pas été réclamé par l'entreprise du ca-
nal) la concession d'une communication par chemin de
fer et par l'Euphrate, entre la Méditerranée et le golfe
Persique. En conséquence, il me donnait dès lors, sans
aucune espèce de réserve, l'autorisation formelle de cons-
tituer la Compagnie financière, c'est-à-dire d'appeler et de
réunir les capitaux, non certainement dans l'intention
de les attirer dana une entreprise douteuse ni de les
laisser in actifs.
Toutefois, je ne voulus pas encore profiter de cette
autorisation, attendant le moment où la publication du
rapport définitif de la Commission internationale, les
opérations d'études et d'essais continuées dans l'isthme
de Suez, les enquêtes commerciales que je me proposais
de faire dans les principales villes de l'Europe, les con-
troverses que je sollicitais, auraient complétement
éclairé l'opinion publique.
Peu de mois après, je remettais au vice-roi d'Égypte
tous les plans et le rapport complet de la Commission
internationale. J'étais en outre porteur, de la part du
prince de Metternich, d'une très-remarquable consulta-
tion politique que cet illustre homme d'État m'avait
permis d'écrire sous sa dictée. Je crois devoir reproduire
ici les principaux passages de ce document, qui, avec
l'approbation du prince de Metternich, fut ensuite com-
muniqué par moi à la Sublime Porte et à toutes les
autres cours de l'Europe :
« Vienne, 8 juillet 1856.
» S. A. Mohammed Saïd avait le droit de décréter l'exé-
» cution du cana) de Suez. Toutes les mesures prises
» par lui à ce sujet méritent l'assentiment des hommes
» d'État de l'Europe. Mais, dans une question de cette
importance où il y avait lieu de prévoir que la politi-
» que étrangère finirait par s'engager, il a très-sage-
» ment fait de demander la ratification de la Porte.
» L'approbation officielle d'une entreprise si utile aux
» intérêts de l'empire ottoman comme à ceux de toutes
» les nations, ne peut plus laisser de doute, depuis que
» la science a rendu un jugement favorable, et que des
» capitaux sufiisants sont prêts pour l'exécution
» Sa Ilautesse se placera dans une situation excel-
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 4/16
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6529952k/f4.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6529952k/f4.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6529952k/f4.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6529952k
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6529952k
Facebook
Twitter