Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1864-09-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 01 septembre 1864 01 septembre 1864
Description : 1864/09/01 (A9,N197). 1864/09/01 (A9,N197).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203328q
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/05/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 381
décret de 1856. Par ses propres moyens et en dehors
de l'action du gouvernement local, elle put réunir -
sur ses chantiers jusqu'à huit mille ouvriers. L'avis
ci-annexé (no 2) qui a été publié dans tous les villa-
ges de l'Egypte, en février 1861, indique comment
l'entrepreneur général des travaux a pu réunir le
nombre d'ouvriers nécessaires pour l'exécution des tra-
vaux préparatoires.
» Mais dès que l'eau du Nil a été amenée au milieu
de l'isthme ; dès qu'une rigole maritime a pu faire
communiquer Port-Saïd avec le seuil d'El-Guisr, il
a fallu songer sérieusement à enlever, par des moyens
suffisants, l'obstacle qui empêchait la Méditerranée
d'atteindre le lac Timsali.
v Pour obtenir ce résultat dans un délai qui per-
mït à la Compagnie de ne pas voir ses intérêts com-
promis, il était nécessaire d'employer immédiatement
vingt mille travailleurs au moins, et de les porter peu
de temps après au chiffre de quarante mille.
» Les recrutements des ouvriers du canal s'opèrent
donc, dans toute l'Egypte, en vertu du contrat passé
entre le vice-roi et la Compagnie; contrat invoqué
naturellement par l'entrepreneur chargé de l'exécu-
tion, et qui ne pouvait manquer d'être fidèlement
observé. On a déjà fait remarquer que ce contrat
prend justement son origine dans le désir de calmer
l'opposition anglaise, de dissiper son inquiétude, et
on peut dire avec vérité qu'elle en est le principal
auteur. L'engagement contracté par le vice-roi avec
M. de Lesseps et la Compagnie a été la réponse ^le
Son Altesse à des accusations plus ou moins sincères
qui tendaient à représenter l'Égypte comme livrée
par sa faute à des éventualités dangereuses. D'un
autre côté l'engagement du vice-roi a donné à M. de
Lesseps le moyen de garantir aux futurs souscrip-
teurs de la Compagnie que l'exécution des travaux
était certaine, qu'elle ne serait point entravée par le
manque de bras. Le gouvernement égyptien, en lui
interdisant l'emploi des travailleurs étrangers, lui
assurait l'assistance des travailleurs indigènes.
» Ce contrat fait partie des conditions auxquelles
la souscription a été ouverte, la Compagnie formée
et ses capitaux engagés dans l'entreprise.
» Mais tout en s'obligeant, conformément aux usa-
ges de son pays et aux principes les plus simples de
la bonne foi, à fournir à la Compagnie les ouvriers
nécessaires à la poursuite de son œuvre. Son Altesse
a voulu améliorer la condition du travail en Egypte.
» Le règlement qu'elle a décrété contient dans son
préambule une déclaration qui a pour objet d'assu-
rer l'exécution des travaux du canal de Suez, de pour-
voir au bon traitement des ouvriers égyptiens qui y
sont employés, et de veiller en même temps aux in-
térêts des propriétaires, cultivateurs et entrepreneurs
du pays.
» Par l'article 1 cr, le gouvernement s'engage à. four -
nir des ouvriers à la Compagnie dans la mesure de
ses1 besoins. -
» Par l'article 2, il fixe le salaire de ces ouvriers
à un tauxsupérieur à la moyenne des salaires égyp-
tiens.
» Par l'article 3, il détermine la tâche imposée à
chaque ouvrier.
» Par l'article 4, il règle la police des chantiers.
» Par l'article 5, il prescrit que les punitions infli-
gées ne pourront être qu'une réduction ou une rete-
nue de salaire modérée et déterminée.
» Par l'article 6, il oblige la Compagnie à abriter
les ouvriers ; à entretenir des hôpitaux ou des am-
bulances, où elle doit traiter gratuitement les ma
lades.
» Par l'article 7, il met à la charge de la Compa-
gnie les frais de voyages des ouvriers engagéset de
r3
leurs familles, depuis le lieu de leur départ jusqu'à
leur arrivée sur les chantiers, et il stipule pour
chaque ouvrier malade, outre les soins que réclamera
son état, une paie égale à la moitié de son salaire,
» Par l'article 8, il attribue une paie supérieure
aux ouvriers d'art indigènes.
u Enfin, par l'article 9, il réserve aux militaires
qui seraient employés aux travaux du canal, une
paie directe égale à celle des ouvriers civils.
» Peut-on reprocher au gouvernement égyptien
d'avoir fait un règlement où le bien-être de ses
fellahs est prévu avec une telle sollicitude ? Peut-on
lui reprocher d'avoir été fidèle à ses engagements ?
» L'Angleterre n'avait pas pris les mêmes ména-
gements, lorsqu'elle fit décréter par Abbas-Pacha
l'exécution du chemin de fer d'Alexandrie à Suez.
Elle trouvait alors excellent qu'Abbas-Pacba épuisât
toutes les ressources et toutes les rigueurs du sys-
tème des corvées, que l'on pouvait bien appeler à
cette époque le travail forcé..
» - M. de Lesseps affirme que l'Angleterre a pesé
sur le vice-roi de toute son influence, afin de pousser
activement les travaux par le régime du travail forcé.
ZD
Il atteste que cette pression était incessante et près
que implacable. Lorsque deux mille ouvriers étaient
répartis sur la ligne des opérations, le consul britan-
nique intervenait et en réclamait cinq mille; lors-
qu'il en avait obtenu cinq mille, il intervenait en-
core et en réclamait dix mille. Il était pressé, il fal-
lait que les malles de l'Inde pussent rapidement
arriver de Suez à Alexandrie, et dans ce but tout
semblait légitime. Il n'écoutait aucune objection.
décret de 1856. Par ses propres moyens et en dehors
de l'action du gouvernement local, elle put réunir -
sur ses chantiers jusqu'à huit mille ouvriers. L'avis
ci-annexé (no 2) qui a été publié dans tous les villa-
ges de l'Egypte, en février 1861, indique comment
l'entrepreneur général des travaux a pu réunir le
nombre d'ouvriers nécessaires pour l'exécution des tra-
vaux préparatoires.
» Mais dès que l'eau du Nil a été amenée au milieu
de l'isthme ; dès qu'une rigole maritime a pu faire
communiquer Port-Saïd avec le seuil d'El-Guisr, il
a fallu songer sérieusement à enlever, par des moyens
suffisants, l'obstacle qui empêchait la Méditerranée
d'atteindre le lac Timsali.
v Pour obtenir ce résultat dans un délai qui per-
mït à la Compagnie de ne pas voir ses intérêts com-
promis, il était nécessaire d'employer immédiatement
vingt mille travailleurs au moins, et de les porter peu
de temps après au chiffre de quarante mille.
» Les recrutements des ouvriers du canal s'opèrent
donc, dans toute l'Egypte, en vertu du contrat passé
entre le vice-roi et la Compagnie; contrat invoqué
naturellement par l'entrepreneur chargé de l'exécu-
tion, et qui ne pouvait manquer d'être fidèlement
observé. On a déjà fait remarquer que ce contrat
prend justement son origine dans le désir de calmer
l'opposition anglaise, de dissiper son inquiétude, et
on peut dire avec vérité qu'elle en est le principal
auteur. L'engagement contracté par le vice-roi avec
M. de Lesseps et la Compagnie a été la réponse ^le
Son Altesse à des accusations plus ou moins sincères
qui tendaient à représenter l'Égypte comme livrée
par sa faute à des éventualités dangereuses. D'un
autre côté l'engagement du vice-roi a donné à M. de
Lesseps le moyen de garantir aux futurs souscrip-
teurs de la Compagnie que l'exécution des travaux
était certaine, qu'elle ne serait point entravée par le
manque de bras. Le gouvernement égyptien, en lui
interdisant l'emploi des travailleurs étrangers, lui
assurait l'assistance des travailleurs indigènes.
» Ce contrat fait partie des conditions auxquelles
la souscription a été ouverte, la Compagnie formée
et ses capitaux engagés dans l'entreprise.
» Mais tout en s'obligeant, conformément aux usa-
ges de son pays et aux principes les plus simples de
la bonne foi, à fournir à la Compagnie les ouvriers
nécessaires à la poursuite de son œuvre. Son Altesse
a voulu améliorer la condition du travail en Egypte.
» Le règlement qu'elle a décrété contient dans son
préambule une déclaration qui a pour objet d'assu-
rer l'exécution des travaux du canal de Suez, de pour-
voir au bon traitement des ouvriers égyptiens qui y
sont employés, et de veiller en même temps aux in-
térêts des propriétaires, cultivateurs et entrepreneurs
du pays.
» Par l'article 1 cr, le gouvernement s'engage à. four -
nir des ouvriers à la Compagnie dans la mesure de
ses1 besoins. -
» Par l'article 2, il fixe le salaire de ces ouvriers
à un tauxsupérieur à la moyenne des salaires égyp-
tiens.
» Par l'article 3, il détermine la tâche imposée à
chaque ouvrier.
» Par l'article 4, il règle la police des chantiers.
» Par l'article 5, il prescrit que les punitions infli-
gées ne pourront être qu'une réduction ou une rete-
nue de salaire modérée et déterminée.
» Par l'article 6, il oblige la Compagnie à abriter
les ouvriers ; à entretenir des hôpitaux ou des am-
bulances, où elle doit traiter gratuitement les ma
lades.
» Par l'article 7, il met à la charge de la Compa-
gnie les frais de voyages des ouvriers engagéset de
r3
leurs familles, depuis le lieu de leur départ jusqu'à
leur arrivée sur les chantiers, et il stipule pour
chaque ouvrier malade, outre les soins que réclamera
son état, une paie égale à la moitié de son salaire,
» Par l'article 8, il attribue une paie supérieure
aux ouvriers d'art indigènes.
u Enfin, par l'article 9, il réserve aux militaires
qui seraient employés aux travaux du canal, une
paie directe égale à celle des ouvriers civils.
» Peut-on reprocher au gouvernement égyptien
d'avoir fait un règlement où le bien-être de ses
fellahs est prévu avec une telle sollicitude ? Peut-on
lui reprocher d'avoir été fidèle à ses engagements ?
» L'Angleterre n'avait pas pris les mêmes ména-
gements, lorsqu'elle fit décréter par Abbas-Pacha
l'exécution du chemin de fer d'Alexandrie à Suez.
Elle trouvait alors excellent qu'Abbas-Pacba épuisât
toutes les ressources et toutes les rigueurs du sys-
tème des corvées, que l'on pouvait bien appeler à
cette époque le travail forcé..
» - M. de Lesseps affirme que l'Angleterre a pesé
sur le vice-roi de toute son influence, afin de pousser
activement les travaux par le régime du travail forcé.
ZD
Il atteste que cette pression était incessante et près
que implacable. Lorsque deux mille ouvriers étaient
répartis sur la ligne des opérations, le consul britan-
nique intervenait et en réclamait cinq mille; lors-
qu'il en avait obtenu cinq mille, il intervenait en-
core et en réclamait dix mille. Il était pressé, il fal-
lait que les malles de l'Inde pussent rapidement
arriver de Suez à Alexandrie, et dans ce but tout
semblait légitime. Il n'écoutait aucune objection.
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