Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1864-04-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 avril 1864 01 avril 1864
Description : 1864/04/01 (A9,N187). 1864/04/01 (A9,N187).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203318b
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/05/2012
196 L'ISTHME DE SUEZ,
un village où nous trouvons une barque qui. à tra-
vers le lac, nous conduit en quelques heures-à Port-
Saïd.
Port-Saïd a été choisi par nous pour l'ouverture du
canal. La ville est située sur un simple cordon litto-
ral de 20 à 30 mètres de largeur, qui, dans les tem-
pêtes, était quelquefois couvert par les eaux de la
mer, d'un côté, et par les eaux du lac Menzaleh, de
l'autre.
Le lac Menzaleh, comme les autrès lacs qui sont
sur la côte d'Egypte, sert de déversoir aux canaux
et aux anciennes branches du Nil, qui n'ont plus
d'embouchure directe à la mer. Lorsque le Nil est
très-bas, la mer entre dans ce lac; lorsque le Nil est
très-haut, il s'établit un courant vers la mer. Le lac
Menzaleh a 50 lieues de tour. La pêche y est très-
abondante; il nous sert de voie de communication
entre Port-Saïd et Damiette.
Nous avons commencé à établir quelques tentes sur
ce point, où mouillent les bâtiments, où le fond est
solide, où l'ancrage est sùr, parce que la pointe de
Damiette qui s'avance garantit cette partie de la
côte contre les vents du nord et nord-ouest, qui
sont les vents habituellement régnants. On n'a pas
fait l'ouverture du canal dans le fond de la baie de
Péluse parce qu'on n'y trouve la profondeur de 8 mè-
tres qu'à 6,000 mètres de la plage, tandis que devant
Port-Saïd, ce même fond se trouve à 2,600 mètres.
A Port-Saïd, après avoir construit quelques
maisons sur pilotis, nous avons établi des ateliers
et des magasins considérables. La population y
est de 5,000 habitants, dont 3,000 indigènes et
2,000 européens, composés en grande partie de
Grecs, venus des îles de l'Archipel, et de Dalmates,
des bords de l'Adriatique. Nous avons dernièrement
passé des contrats pour exécuter, en quatre ans, à
Port-Saïd des jetées, afin d'arriver dans la mer à la
profondeur, que je vous signalais tout à l'heure, de
8 à 9 mètres.
Entre les jetées on creusera, avec les dragues à
vapeur, le chenal qui permettra aux bâtiments de
passer de la mer dans le canal maritime.
Pendant qu'on creusera ce chenal, les sables poussés
par les vents régnants et les tempêtes, et le mouve-
ment des lames de fond, viendraient certainement bou-
cher la tranchée au fur et à mesure qu'on la fera, si
l'on n'avait la précaution de leur opposer l'obstacle
qu'indique l'art de l'ingénieur, c'est-à-dire des jetées
se prolongeant dans la mer jusqu'au point où le mou-
vement des sables ne s'opère plus. Tel est le prin-
cipe des jetées pour empêcher l'encombrement des
chenaux par lesquels passent les navires.
Les sables ne sont pas autre chose que le produit
de la corrosion des rochers qui bordent les mers. Les
débris de rochers, détachés peu à peu par les vagues,
deviennent des galets, qui roulés par le flot pendant des
siècles, vont se détachant en molécules et forment
ainsi le sable, et ce sable, poussé sur la plage, séché
au soleil et enlevé par le vent, forme à la longue les
dunes qui garnissent certaines côtes. C'est pour pré-
server l'entrée du chenal de l'envahissement de ces
sables, qu'on a déterminé à Port-Saïd deux jetées
à la mer, l'une de 2,000, l'autre de 3,000 mètres de
longueur.
On me fait très-souvent cette objection, et il n'y a
pas un de vous qui ne l'ait entendu faire, que l'en-
trée dans la mer est impossible parce que les sables
viendront l'obstruer. On ne peut pas nier l'existence
des sables, ni leur mouvement, mais on leur oppose
un obstacle; et l'obstacle, je viens de vous le dire,
c'est la jetée. Les sables viennent s'amonceler dans
l'angle qui est formé par la jetée et le rivage. En
général, on ne calcule pas que les sables puissent
s'avancer au-delà des fonds de 5 à 6 mètres, or, la
jetée devant être poussée jusqu'au fond de 10 mètres,
il se passera plusieurs siècles avant qu'on ait à crain-
dre, dans les circonstances les plus défavorables que
nos ingénieurs ne prévoient pas, l'arrivée des sables
vers la tête de la jetée. Dans ce cas, nos arrière-petits
neveux en seraient quittes pour prolonger la jetée de
quelques mètres. Vous voyez donc qu'il n'y a pas
de difficulté insurmontable, et que rien n'empêchera
la conservation de l'entrée du canal, lorsque les jetées
auront été faites à la profondeur voulue.
Je crois vous en avoir assez dit, messieurs, pour
vous montrer que l'ensablement de l'entrée du ca-
nal n'est qu'une chimère, et que les difficultés se-
raient vaincues sans peine par l'art de l'ingénieur.
Nous entrons dans le lac Menzaleh, ou la ligne du
canal maritime suit en ligne droite, du nord au sud,
un parcours de 44 kilomètres jusqu'à un point qu'on
appelle Kantara, à la hauteur de Salahieh. Ces 44 ki-
lomètrès nous ont donné beaucoup de peine. Il a
fallu creuser un chenal au milieu des boues du lac
Menzaleh. L'eau, dans plusieurs endroits, n'a que quel-
ques centimètres de profondeur, de sorte qu'à peine
on pouvait y faire flotter une planche. Nous avons
lutté contre les plus grands obstacles, pour y creuser
d'abord un simple chenal de quatre mètres de lar-
geur ; quand nous sommes arrivés à ce résultat,
nous avons introduit des petites dragues à vapeur,
et enfin nous sommes arrivés, à force de persévé-
rance, à placer des bourrelets à 60 mètres de distance,
c'est-à-dire à la largeur normale du canal maritime.
Ces bourrelets ont fini par devenir des digues qui,
peu à peu, se sont séchées sous l'influence du soleil.
Nous avons aujourd'hui un canal qui a 60 mètres
de largeur à la ligne d'eau, sur l ID 50 à 2 mètres
un village où nous trouvons une barque qui. à tra-
vers le lac, nous conduit en quelques heures-à Port-
Saïd.
Port-Saïd a été choisi par nous pour l'ouverture du
canal. La ville est située sur un simple cordon litto-
ral de 20 à 30 mètres de largeur, qui, dans les tem-
pêtes, était quelquefois couvert par les eaux de la
mer, d'un côté, et par les eaux du lac Menzaleh, de
l'autre.
Le lac Menzaleh, comme les autrès lacs qui sont
sur la côte d'Egypte, sert de déversoir aux canaux
et aux anciennes branches du Nil, qui n'ont plus
d'embouchure directe à la mer. Lorsque le Nil est
très-bas, la mer entre dans ce lac; lorsque le Nil est
très-haut, il s'établit un courant vers la mer. Le lac
Menzaleh a 50 lieues de tour. La pêche y est très-
abondante; il nous sert de voie de communication
entre Port-Saïd et Damiette.
Nous avons commencé à établir quelques tentes sur
ce point, où mouillent les bâtiments, où le fond est
solide, où l'ancrage est sùr, parce que la pointe de
Damiette qui s'avance garantit cette partie de la
côte contre les vents du nord et nord-ouest, qui
sont les vents habituellement régnants. On n'a pas
fait l'ouverture du canal dans le fond de la baie de
Péluse parce qu'on n'y trouve la profondeur de 8 mè-
tres qu'à 6,000 mètres de la plage, tandis que devant
Port-Saïd, ce même fond se trouve à 2,600 mètres.
A Port-Saïd, après avoir construit quelques
maisons sur pilotis, nous avons établi des ateliers
et des magasins considérables. La population y
est de 5,000 habitants, dont 3,000 indigènes et
2,000 européens, composés en grande partie de
Grecs, venus des îles de l'Archipel, et de Dalmates,
des bords de l'Adriatique. Nous avons dernièrement
passé des contrats pour exécuter, en quatre ans, à
Port-Saïd des jetées, afin d'arriver dans la mer à la
profondeur, que je vous signalais tout à l'heure, de
8 à 9 mètres.
Entre les jetées on creusera, avec les dragues à
vapeur, le chenal qui permettra aux bâtiments de
passer de la mer dans le canal maritime.
Pendant qu'on creusera ce chenal, les sables poussés
par les vents régnants et les tempêtes, et le mouve-
ment des lames de fond, viendraient certainement bou-
cher la tranchée au fur et à mesure qu'on la fera, si
l'on n'avait la précaution de leur opposer l'obstacle
qu'indique l'art de l'ingénieur, c'est-à-dire des jetées
se prolongeant dans la mer jusqu'au point où le mou-
vement des sables ne s'opère plus. Tel est le prin-
cipe des jetées pour empêcher l'encombrement des
chenaux par lesquels passent les navires.
Les sables ne sont pas autre chose que le produit
de la corrosion des rochers qui bordent les mers. Les
débris de rochers, détachés peu à peu par les vagues,
deviennent des galets, qui roulés par le flot pendant des
siècles, vont se détachant en molécules et forment
ainsi le sable, et ce sable, poussé sur la plage, séché
au soleil et enlevé par le vent, forme à la longue les
dunes qui garnissent certaines côtes. C'est pour pré-
server l'entrée du chenal de l'envahissement de ces
sables, qu'on a déterminé à Port-Saïd deux jetées
à la mer, l'une de 2,000, l'autre de 3,000 mètres de
longueur.
On me fait très-souvent cette objection, et il n'y a
pas un de vous qui ne l'ait entendu faire, que l'en-
trée dans la mer est impossible parce que les sables
viendront l'obstruer. On ne peut pas nier l'existence
des sables, ni leur mouvement, mais on leur oppose
un obstacle; et l'obstacle, je viens de vous le dire,
c'est la jetée. Les sables viennent s'amonceler dans
l'angle qui est formé par la jetée et le rivage. En
général, on ne calcule pas que les sables puissent
s'avancer au-delà des fonds de 5 à 6 mètres, or, la
jetée devant être poussée jusqu'au fond de 10 mètres,
il se passera plusieurs siècles avant qu'on ait à crain-
dre, dans les circonstances les plus défavorables que
nos ingénieurs ne prévoient pas, l'arrivée des sables
vers la tête de la jetée. Dans ce cas, nos arrière-petits
neveux en seraient quittes pour prolonger la jetée de
quelques mètres. Vous voyez donc qu'il n'y a pas
de difficulté insurmontable, et que rien n'empêchera
la conservation de l'entrée du canal, lorsque les jetées
auront été faites à la profondeur voulue.
Je crois vous en avoir assez dit, messieurs, pour
vous montrer que l'ensablement de l'entrée du ca-
nal n'est qu'une chimère, et que les difficultés se-
raient vaincues sans peine par l'art de l'ingénieur.
Nous entrons dans le lac Menzaleh, ou la ligne du
canal maritime suit en ligne droite, du nord au sud,
un parcours de 44 kilomètres jusqu'à un point qu'on
appelle Kantara, à la hauteur de Salahieh. Ces 44 ki-
lomètrès nous ont donné beaucoup de peine. Il a
fallu creuser un chenal au milieu des boues du lac
Menzaleh. L'eau, dans plusieurs endroits, n'a que quel-
ques centimètres de profondeur, de sorte qu'à peine
on pouvait y faire flotter une planche. Nous avons
lutté contre les plus grands obstacles, pour y creuser
d'abord un simple chenal de quatre mètres de lar-
geur ; quand nous sommes arrivés à ce résultat,
nous avons introduit des petites dragues à vapeur,
et enfin nous sommes arrivés, à force de persévé-
rance, à placer des bourrelets à 60 mètres de distance,
c'est-à-dire à la largeur normale du canal maritime.
Ces bourrelets ont fini par devenir des digues qui,
peu à peu, se sont séchées sous l'influence du soleil.
Nous avons aujourd'hui un canal qui a 60 mètres
de largeur à la ligne d'eau, sur l ID 50 à 2 mètres
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