Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1864-01-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 janvier 1864 15 janvier 1864
Description : 1864/01/15 (A9,N182). 1864/01/15 (A9,N182).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62033138
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/05/2012
62 L'ISTHME DE SUEZ,
» Nous le demandons à MM. Odilon Barrot, Dufaure et
Jules Favre, qu'en adviendra-t-il si, — ce qu'à Dieu ne
plaise, — la cause qu'ils défendent obtient le succès ?
» Il en adviendra ceci que non-seulement les nom-
breux intérêts privés qui, en France, se sont associés
à une œuvre éminemment nationale, seront compromis,
et l'œuvre elle-même ébranlée dans ses fondements,
sinon ruinée, mais encore qu'une nation dont le génie
s'applique à être, pour la France, le génie du mal,
aura la joie de nous avoir abaissés, et d'avoir anéanti
nos efforts vers l'accomplissement d'une œuvre belle et
glorieuse.
« Mais la France ne souffre pas aisément qu'on l'a-
baisse; et nul ne sait si cette question qui, au fond, semble
être une question privée et purement financière, ne
deviendra pas alors l'une des questions les plus brû-
lantes de la politique. Le gouvernement français s'est
toujours imposé une très-grande réserve à l'endroit des
difficultés qui ont surgi sous les pas de la Compagnie
de Suez, dans les phases diverses de sa constitution et
de ses travaux ; il a eu la sagesse de demeurer impas-
sible devant les menées les moins équivoques du gou-
vernement anglais. Un jour cependant, cédant à une
pensée de conciliation et de loyauté, le gouvernement
français a proposé au cabinet britannique de traiter
par les voies diplomatiques les diverses questions qui,
se-rattachant à l'exécution du canal, pouvaient être
résolues avec accord entre les deux pays. C'était pren-
dre au défaut de la cuirasse un adversaire sans défense
avouable. Aussi le cabinet anglais n'a pas hésité, il a
refusé péremptoirement. Il avait ses raisons pour préfé-
rer les avantages aléatoires d'une guerre sourde à l'é-
clat d'une discussion loyale.
» Il est évident que l'Angleterre voudrait bien du
canal, mais elle veut que le canal soit une œuvre non
pas française, non pas européenne, mais purement an-
glaise. Tel est le but qu'elle s'applique à atteindre,
» En résumé, ce qui nous tient au cœur dans tout
ceci c'est que les deux consultations dont nous parlons
servent aujourd'hui de principal fondement aux récri-
minations de la presse anglaise et des ennemis de la
Compagnie de Suez, et que, sans leur autorité, nous
n'aurions pas, pour l'avenir, la perspective de conflits
peut-être redoutables. L'avenir appartient à Dieu, aux
hommes appartient la responsabilité de leurs actes.
Nous craignons que celle qu'ont assumée MM. 0. Bar-
rot, Dufaure et J. Favre, en signant leurs consultations,
ne soit plus grande qu'ils ne l'ont pensé.
» G. CHARRIER. D
JOURNAL DE LA SAVOIE (CHAMBÉRY.)
3 janvier.
« Nous doutons qu'il n'existe dans l'histoire d'aucun
pays civilisé un exemple des machinations pareilles à
celles qui ont été mises en œuvre depuis six ans pour
empêcher l'exécution définitive d'une entreprise aussi
universellement désirée que le percement de l'isthme
de Suez. L'effet de ces manœuvres s'est produit depuis
quelques mois dans la presse française, qui s'est par-
tagée en deux camps, dans une question où il nous
semble que l'unanimité la plus entière devait régner.
Essayons d'exposer les éléments et l'historique de ce ]
grand débat. j
« Personne n'ignore les tentatives qui avaient été faites j
à diverses époques, et depuis les temps les plus reculés, j
pour arriver à supprimer l'obstacle que cet isthme de J
29 lieues de profondeur oppose aux relations maritimes
de l'Europe avec l'Inde et l'extrême Orient. Le parcours
de la navigation que nécessite l'état actuel des choses
est en moyenne de 6,000 lieues : la jonction de la Mé- j
diterranée avec la mer Rouge le réduirait à 3,000. Ainsi, j
l'exécution du canal maritime réaliserait au profit du ]
commerce et des rapports généraux avec cette partie du
- monde une économie de moitié sur le temps et les frais j
du voyage. Pour quiconque à la moindre idée de l'in- j
fluence que de tels avantages exercent généralement
sur les relations de peuple à peuple, il n'est pas besoin
d'expliquer autrement la haute importance de l'entre-
prise.
» Ce fut en 1854 que le projet en fut adopté par un
prince éclairé , ami des grandes choses, Mohammed-
Saïd, troisième successeur de Méhémet-Aly, le fonda-
teur de la dynastie actuellement régnante en Egypte.
Frappé des bienfaits qui résulteraient pour l'Egypte
elle-même, il appela près de lui M. Ferdinand de Les-
seps, depuis longtemps connu dans le Levant par les
missions diplomatiques qu'il y avait remplies ainsi que
son père, le comte Mathieu de Lesseps, notre premier
représentant en Egypte après l'expédition française de
1198. Nous disons il l'appela, car il est bon de remar-
quer que l'entreprise du canal de Suez a son origine,
non pas dans l'initiative d'un ingénieur ou d'un spécu-
lateur quelconque, mais dans l'appel et la volonté
propres de l'autorité investie, par les lois et par les
traités, du gouvernement de l'Égypte ; d'où la consé-
quence que c'est sur la foi de cette autorité même que
les capitaux français et autres ont été engagés dans
les travaux de la Compagnie universelle créée par
M. de Lesseps.
» On sait comment se forma cette Compagnie. Les
plans présentés pour l'établissement du canal par les
ingénieurs du vice-roi lui-même et revisés par la grande
commission internationale de 1855 qui se composait,
comme on sait, des hommes les plus compétents en
France, en Allemagne , en Hollande, en Espagne, en
Italie et même en Angleterre, ces plans évaluaient
à 200 millions de francs les dépenses de toute nature.
Cette somme fut réunie par les soins de M. de Lesseps aux
conditions d'un acte de société anonyme parfaitement
régulier. Les clauses de cet acte stipulent, entéchange
et comme rémunération des travaux et des dépenses
imposées à la Compagnie :
» 1° La concession gratuite de tous les terrains néces-
saires pour l'établissement du grand canal maritime, et
d'un autre canal d'eau douce et d'arrosement que la
Compagnie aurait la faculté de percer sur l'ancienne
terre de Gessen, si célèbre dans la Bible, par sa ferti-
lité, mais depuis longtemps inculte et dépendant du
domaine public,
D 2° La propriété absolue des terres que ce dernier
canal traversera et la concession pendant quatre-vingt-
dix-neuf :'.us des droits de passage à percevoir aux deux
» Nous le demandons à MM. Odilon Barrot, Dufaure et
Jules Favre, qu'en adviendra-t-il si, — ce qu'à Dieu ne
plaise, — la cause qu'ils défendent obtient le succès ?
» Il en adviendra ceci que non-seulement les nom-
breux intérêts privés qui, en France, se sont associés
à une œuvre éminemment nationale, seront compromis,
et l'œuvre elle-même ébranlée dans ses fondements,
sinon ruinée, mais encore qu'une nation dont le génie
s'applique à être, pour la France, le génie du mal,
aura la joie de nous avoir abaissés, et d'avoir anéanti
nos efforts vers l'accomplissement d'une œuvre belle et
glorieuse.
« Mais la France ne souffre pas aisément qu'on l'a-
baisse; et nul ne sait si cette question qui, au fond, semble
être une question privée et purement financière, ne
deviendra pas alors l'une des questions les plus brû-
lantes de la politique. Le gouvernement français s'est
toujours imposé une très-grande réserve à l'endroit des
difficultés qui ont surgi sous les pas de la Compagnie
de Suez, dans les phases diverses de sa constitution et
de ses travaux ; il a eu la sagesse de demeurer impas-
sible devant les menées les moins équivoques du gou-
vernement anglais. Un jour cependant, cédant à une
pensée de conciliation et de loyauté, le gouvernement
français a proposé au cabinet britannique de traiter
par les voies diplomatiques les diverses questions qui,
se-rattachant à l'exécution du canal, pouvaient être
résolues avec accord entre les deux pays. C'était pren-
dre au défaut de la cuirasse un adversaire sans défense
avouable. Aussi le cabinet anglais n'a pas hésité, il a
refusé péremptoirement. Il avait ses raisons pour préfé-
rer les avantages aléatoires d'une guerre sourde à l'é-
clat d'une discussion loyale.
» Il est évident que l'Angleterre voudrait bien du
canal, mais elle veut que le canal soit une œuvre non
pas française, non pas européenne, mais purement an-
glaise. Tel est le but qu'elle s'applique à atteindre,
» En résumé, ce qui nous tient au cœur dans tout
ceci c'est que les deux consultations dont nous parlons
servent aujourd'hui de principal fondement aux récri-
minations de la presse anglaise et des ennemis de la
Compagnie de Suez, et que, sans leur autorité, nous
n'aurions pas, pour l'avenir, la perspective de conflits
peut-être redoutables. L'avenir appartient à Dieu, aux
hommes appartient la responsabilité de leurs actes.
Nous craignons que celle qu'ont assumée MM. 0. Bar-
rot, Dufaure et J. Favre, en signant leurs consultations,
ne soit plus grande qu'ils ne l'ont pensé.
» G. CHARRIER. D
JOURNAL DE LA SAVOIE (CHAMBÉRY.)
3 janvier.
« Nous doutons qu'il n'existe dans l'histoire d'aucun
pays civilisé un exemple des machinations pareilles à
celles qui ont été mises en œuvre depuis six ans pour
empêcher l'exécution définitive d'une entreprise aussi
universellement désirée que le percement de l'isthme
de Suez. L'effet de ces manœuvres s'est produit depuis
quelques mois dans la presse française, qui s'est par-
tagée en deux camps, dans une question où il nous
semble que l'unanimité la plus entière devait régner.
Essayons d'exposer les éléments et l'historique de ce ]
grand débat. j
« Personne n'ignore les tentatives qui avaient été faites j
à diverses époques, et depuis les temps les plus reculés, j
pour arriver à supprimer l'obstacle que cet isthme de J
29 lieues de profondeur oppose aux relations maritimes
de l'Europe avec l'Inde et l'extrême Orient. Le parcours
de la navigation que nécessite l'état actuel des choses
est en moyenne de 6,000 lieues : la jonction de la Mé- j
diterranée avec la mer Rouge le réduirait à 3,000. Ainsi, j
l'exécution du canal maritime réaliserait au profit du ]
commerce et des rapports généraux avec cette partie du
- monde une économie de moitié sur le temps et les frais j
du voyage. Pour quiconque à la moindre idée de l'in- j
fluence que de tels avantages exercent généralement
sur les relations de peuple à peuple, il n'est pas besoin
d'expliquer autrement la haute importance de l'entre-
prise.
» Ce fut en 1854 que le projet en fut adopté par un
prince éclairé , ami des grandes choses, Mohammed-
Saïd, troisième successeur de Méhémet-Aly, le fonda-
teur de la dynastie actuellement régnante en Egypte.
Frappé des bienfaits qui résulteraient pour l'Egypte
elle-même, il appela près de lui M. Ferdinand de Les-
seps, depuis longtemps connu dans le Levant par les
missions diplomatiques qu'il y avait remplies ainsi que
son père, le comte Mathieu de Lesseps, notre premier
représentant en Egypte après l'expédition française de
1198. Nous disons il l'appela, car il est bon de remar-
quer que l'entreprise du canal de Suez a son origine,
non pas dans l'initiative d'un ingénieur ou d'un spécu-
lateur quelconque, mais dans l'appel et la volonté
propres de l'autorité investie, par les lois et par les
traités, du gouvernement de l'Égypte ; d'où la consé-
quence que c'est sur la foi de cette autorité même que
les capitaux français et autres ont été engagés dans
les travaux de la Compagnie universelle créée par
M. de Lesseps.
» On sait comment se forma cette Compagnie. Les
plans présentés pour l'établissement du canal par les
ingénieurs du vice-roi lui-même et revisés par la grande
commission internationale de 1855 qui se composait,
comme on sait, des hommes les plus compétents en
France, en Allemagne , en Hollande, en Espagne, en
Italie et même en Angleterre, ces plans évaluaient
à 200 millions de francs les dépenses de toute nature.
Cette somme fut réunie par les soins de M. de Lesseps aux
conditions d'un acte de société anonyme parfaitement
régulier. Les clauses de cet acte stipulent, entéchange
et comme rémunération des travaux et des dépenses
imposées à la Compagnie :
» 1° La concession gratuite de tous les terrains néces-
saires pour l'établissement du grand canal maritime, et
d'un autre canal d'eau douce et d'arrosement que la
Compagnie aurait la faculté de percer sur l'ancienne
terre de Gessen, si célèbre dans la Bible, par sa ferti-
lité, mais depuis longtemps inculte et dépendant du
domaine public,
D 2° La propriété absolue des terres que ce dernier
canal traversera et la concession pendant quatre-vingt-
dix-neuf :'.us des droits de passage à percevoir aux deux
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