Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1864-01-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 janvier 1864 15 janvier 1864
Description : 1864/01/15 (A9,N182). 1864/01/15 (A9,N182).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62033138
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/05/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MEUS. 51
signée Odilon Barrot, Joies Favre et Dufaure, défavo-,
rable à la Compagnie, et rédigée sur des documents
que Nubar-Pacha a reconnu avoir fournis lui-même ;
mais, dit l'assignation, altérés, falsifiés, « dans le but
» de surprendre la bonne foi des trois signataires dont
» il calculait que l'opinion et les noms auraient en sa
» faveur une grande influence. »
» L'affaire, comme on le voit, ne manque pas de
gravité ; et, dès que la requête est fondée, nous ne
pouvons que féliciter le Conseil d'administration du ca-
nal de Suez d'en finir par la voie la plus courte pour
mettre un terme aux attaques dont il est l'objet. Nous
ne saurions préjuger l'issue du procès ; mais nous pou-
vons bien dire dès à présent que l'assignation de M. de
Lesseps nous soulage d'un grand poids. En apprenant
qu'il y a eu des textes falsifiés, nous pouvons admet-
tre la bonne foi des publicistes comme des jurisconsul-
tes qui n'ont pas craint, dans une question de cette
nature, où l'influence nationale est si profondément
engagée, de porter le poids de leur nom et (Le leur in-
fluence du côté de nos adversaires les moins délicats.
» Ce n'est un mystère pour personne que Nubar-
Pacha, sous le couvert d'une mission du vice-roi d'E-
gypte, agit surtout selon les vœux et les inspirations
de l'Angleterre ; ne le sût-on pas, que les procédés
qu'il emploie pour se faire des partisans en France
eussent fait deviner la main secrète qui le pousse. Eh
bien ! la querelle va venir au grand jour de la justice ;
là le soleil luit pour tout le monde, pour ceux qui se
cachent, comme pour ceux qui marchent à visage dé-
couverte A. GAULT. »
L'ESPÉRANCE (NANCY).
30 décembre i863.
« Un curieux procès va s'engager devant le tribunal
civil de première instance de la Seine. Le président, le
vice-président et quatre membres du comité de direc-
tion de la Compagnie universelle du canal de Suez assignent
un certain M. Nubar — agent de l'Angleterre ou agent
du vice-roi d'Egypte, — on ne sait pas au juste, — à l'ef-
fet de s'entendre « condamner par toutes les voies de
» droit à payer à la Compagnie universelle du canal
» de Suez la somme de 300,000 francs à titre de dom-
» mages-intérêts.
» S'entendre en outre condamner aux dépens,
» Sous toutes réserves de fait et de droit. »
» Avant de parler spécialement de cette affaire, quel-
ques réflexions sur la nature de l'entreprise que M. de
Lesseps a commencée et qu'il poursuit si fermement
ne seront pas inutiles.
» Le canal de Suez est destiné à relier la Méditerra-
née à la mer Rouge ; par conséquent à supprimer pour
les grands vaisseaux marchands la longue et périlleuse
route du cap de Bonne-Espérance, mieux nommé le
cap des Tempêtes.
» Il suffit de jeter les yeux sur une carte de géogra_
phie pour se convaincre de l'immense utilité de cette
tentative colossale. — Nous l'avons trop souvent expo-
sée, pour ne pas être dispensé de nous y arrêter c'a te
moment.
» Mais comment se fait-il qu'une affaire si importante
et si avantageuse rencontre des contradicteurs et des
ennemis ?
» Cela s'explique par deux motifs : l'Angleterre est
jalouse de voir un Français entreprendre le percement
de l'isthme, et l'Angleterre a peur de voir réussir ce
Français en son dessein. La jalousie et la peur, voilà
ce qui suscite tant d'entraves à M. de Lesseps.
» Jusqu'en ces derniers temps, cependant, les voix
discordantes et les tristes manœuvres n'avaient trouvé
en France ni écho ni assistance. Aussi l'œuvre marchait
parfaitement. Le canal d'eau douce est terminé ; sur ses
bords, de vastes espaces, longtemps stériles, sont trans-
formés en terres productives ; des villages se sont cons-
truits; des villes sont nées dans le désert, et le grand
canal est lui'même aux trois quarts fini.
» L'Angleterre a compris qu'il était temps de porter
un grand coup. — Trop habile pour démasquer ses bat-
teries et combattre au grand jour, elle a fait écrire, le
6 avril dernier, par le ministre du sultan, une circu-
laire qui n'a produit aucun effet à Paris. Trop tenace
pour se décourager, elle a fait intervenir aussitôt d'au-
tres exigences;
» Ici, quelques détails sont indispensables. — Un con.
trat a été passé entre le précédent vice-roi et la Com-
pagnie. Aux termes de ce contrat, le chef du gouverne-
ment égyptien est obligé de fournir à la Compagnie le
nombre d'ouvriers indigènes jugé nécessaire à l'exécu-
tion des travaux; l'envoyé du nouveau gouvernement
égyptien — M. Nubar, un Arménien cousu d'or, paraît-
il, — propose à la Compagnie de réduire le contingent
actuel de 20,000 ouvriers par mois à 6,000. Un règlement
arrêté d'un commun accord entre le gouvernement égyp-
tien et la Compagnie, a fixé le salaire des ouvriers à
un taux supérieur du double à celui du salaire que re-
çoivent les ouvriers employés au service des particu-
liers; l'agent du nouveau vice-roi propose à la Compa-
gnie d'augmenter le salaire actuel dans une proportion
considérable. Le contrat stipule en faveur de la Com-
pagnie deux avantages particuliers, savoir : la conces-
sion d'un canal dérivé du Nil et qui doit mettre le ca-
nal maritime en communication avec l'intérieur de
l'Egypte, et la concession des terres incultes que la
Compagnie pourra féconder avec le canal d'eau douce.
L'envoyé du vice-roi propose à la Compagnie de renoncer
à la concession de ces terres et d'y renoncer sans indem-
nité ; de renoncer à la concession du canal d'eau douce
entièrement construit par elle, et d'y renoncer sans au-
tre compensation que l'offre de lui rembourser les frais
de construction.
» Naturellement la Compagnie a refusé de s'entendre
sur ce pied-là. Elle n'a pas voulu se suicider, et elle a
eu raison.
» Ceci n'est cependant pas l'avis de tout le monde.
« Jusqu'en ces derniers temps, avons-nous dit, la Com-
paguie du canal de Suez n'avait eu que des partisane en
signée Odilon Barrot, Joies Favre et Dufaure, défavo-,
rable à la Compagnie, et rédigée sur des documents
que Nubar-Pacha a reconnu avoir fournis lui-même ;
mais, dit l'assignation, altérés, falsifiés, « dans le but
» de surprendre la bonne foi des trois signataires dont
» il calculait que l'opinion et les noms auraient en sa
» faveur une grande influence. »
» L'affaire, comme on le voit, ne manque pas de
gravité ; et, dès que la requête est fondée, nous ne
pouvons que féliciter le Conseil d'administration du ca-
nal de Suez d'en finir par la voie la plus courte pour
mettre un terme aux attaques dont il est l'objet. Nous
ne saurions préjuger l'issue du procès ; mais nous pou-
vons bien dire dès à présent que l'assignation de M. de
Lesseps nous soulage d'un grand poids. En apprenant
qu'il y a eu des textes falsifiés, nous pouvons admet-
tre la bonne foi des publicistes comme des jurisconsul-
tes qui n'ont pas craint, dans une question de cette
nature, où l'influence nationale est si profondément
engagée, de porter le poids de leur nom et (Le leur in-
fluence du côté de nos adversaires les moins délicats.
» Ce n'est un mystère pour personne que Nubar-
Pacha, sous le couvert d'une mission du vice-roi d'E-
gypte, agit surtout selon les vœux et les inspirations
de l'Angleterre ; ne le sût-on pas, que les procédés
qu'il emploie pour se faire des partisans en France
eussent fait deviner la main secrète qui le pousse. Eh
bien ! la querelle va venir au grand jour de la justice ;
là le soleil luit pour tout le monde, pour ceux qui se
cachent, comme pour ceux qui marchent à visage dé-
couverte A. GAULT. »
L'ESPÉRANCE (NANCY).
30 décembre i863.
« Un curieux procès va s'engager devant le tribunal
civil de première instance de la Seine. Le président, le
vice-président et quatre membres du comité de direc-
tion de la Compagnie universelle du canal de Suez assignent
un certain M. Nubar — agent de l'Angleterre ou agent
du vice-roi d'Egypte, — on ne sait pas au juste, — à l'ef-
fet de s'entendre « condamner par toutes les voies de
» droit à payer à la Compagnie universelle du canal
» de Suez la somme de 300,000 francs à titre de dom-
» mages-intérêts.
» S'entendre en outre condamner aux dépens,
» Sous toutes réserves de fait et de droit. »
» Avant de parler spécialement de cette affaire, quel-
ques réflexions sur la nature de l'entreprise que M. de
Lesseps a commencée et qu'il poursuit si fermement
ne seront pas inutiles.
» Le canal de Suez est destiné à relier la Méditerra-
née à la mer Rouge ; par conséquent à supprimer pour
les grands vaisseaux marchands la longue et périlleuse
route du cap de Bonne-Espérance, mieux nommé le
cap des Tempêtes.
» Il suffit de jeter les yeux sur une carte de géogra_
phie pour se convaincre de l'immense utilité de cette
tentative colossale. — Nous l'avons trop souvent expo-
sée, pour ne pas être dispensé de nous y arrêter c'a te
moment.
» Mais comment se fait-il qu'une affaire si importante
et si avantageuse rencontre des contradicteurs et des
ennemis ?
» Cela s'explique par deux motifs : l'Angleterre est
jalouse de voir un Français entreprendre le percement
de l'isthme, et l'Angleterre a peur de voir réussir ce
Français en son dessein. La jalousie et la peur, voilà
ce qui suscite tant d'entraves à M. de Lesseps.
» Jusqu'en ces derniers temps, cependant, les voix
discordantes et les tristes manœuvres n'avaient trouvé
en France ni écho ni assistance. Aussi l'œuvre marchait
parfaitement. Le canal d'eau douce est terminé ; sur ses
bords, de vastes espaces, longtemps stériles, sont trans-
formés en terres productives ; des villages se sont cons-
truits; des villes sont nées dans le désert, et le grand
canal est lui'même aux trois quarts fini.
» L'Angleterre a compris qu'il était temps de porter
un grand coup. — Trop habile pour démasquer ses bat-
teries et combattre au grand jour, elle a fait écrire, le
6 avril dernier, par le ministre du sultan, une circu-
laire qui n'a produit aucun effet à Paris. Trop tenace
pour se décourager, elle a fait intervenir aussitôt d'au-
tres exigences;
» Ici, quelques détails sont indispensables. — Un con.
trat a été passé entre le précédent vice-roi et la Com-
pagnie. Aux termes de ce contrat, le chef du gouverne-
ment égyptien est obligé de fournir à la Compagnie le
nombre d'ouvriers indigènes jugé nécessaire à l'exécu-
tion des travaux; l'envoyé du nouveau gouvernement
égyptien — M. Nubar, un Arménien cousu d'or, paraît-
il, — propose à la Compagnie de réduire le contingent
actuel de 20,000 ouvriers par mois à 6,000. Un règlement
arrêté d'un commun accord entre le gouvernement égyp-
tien et la Compagnie, a fixé le salaire des ouvriers à
un taux supérieur du double à celui du salaire que re-
çoivent les ouvriers employés au service des particu-
liers; l'agent du nouveau vice-roi propose à la Compa-
gnie d'augmenter le salaire actuel dans une proportion
considérable. Le contrat stipule en faveur de la Com-
pagnie deux avantages particuliers, savoir : la conces-
sion d'un canal dérivé du Nil et qui doit mettre le ca-
nal maritime en communication avec l'intérieur de
l'Egypte, et la concession des terres incultes que la
Compagnie pourra féconder avec le canal d'eau douce.
L'envoyé du vice-roi propose à la Compagnie de renoncer
à la concession de ces terres et d'y renoncer sans indem-
nité ; de renoncer à la concession du canal d'eau douce
entièrement construit par elle, et d'y renoncer sans au-
tre compensation que l'offre de lui rembourser les frais
de construction.
» Naturellement la Compagnie a refusé de s'entendre
sur ce pied-là. Elle n'a pas voulu se suicider, et elle a
eu raison.
» Ceci n'est cependant pas l'avis de tout le monde.
« Jusqu'en ces derniers temps, avons-nous dit, la Com-
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