Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1864-01-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 janvier 1864 15 janvier 1864
Description : 1864/01/15 (A9,N182). 1864/01/15 (A9,N182).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62033138
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/05/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 49
été conçu et qu'il doit être exécuté. Mais la direction
des îiffoires extérieures : paix, guerre et traités, ap-
partient, sans conteste, à la Porte Ottomane, et c'est
pour cela que nous reconnaissons qu'elle est compé-
tente pour régler les conditions de neutralité du pas-
sage par le canal, lorsqu'il sera terminé.
» Partant de ces considérations générales, si nous
arrivons à l'affaire de Suez, nous voyons que non-
seulement ceux qui la veulent réduire à consentir sans
compensation à des sacrifices considérables, en vue de
concilier ces intérêts avec les principes soutenus par
la Porte Ottomane, font trop bon marché des préroga-
tives du vice-roi d'Egypte, mais encore prennent, sans
doute involontairement, le parti des prétentions rivales
de la politique française.
» Reconnaissant qu'il existe chez un gouvernement
étranger la pensée de créer des entraves à l'exécution
du canal de Suez, ils conseillent de céder purement et
simplement aux exigences de ce gouvernement.
» A notre sens, c'est précisément le contraire qu'il
faudrait proposer.
» Nous dirions : le canal de Suez est une entreprise
créée sans pensée d'exclusion, mais que la France a
un intérêt spécial à favoriser intérêt politique, parce
que ce canal contribuera à la prospérité de l'Egypte ;
intérêt commercial, parce que notre navigation profi-
tera de ce passage aux mers de l'Inde; intérêt natio-
nal, enfin, parce que les capitaux français sont enga-
gés dans cette affaire. Au lieu donc de pousser la
Compagnie de Suez à céder à des exigences ruineuses,
ne devrait-on pas dire : Agissons pour écarter ces
entraves et réduire ces exigences? Au lieu d'exagérer
la portée et l'étendue des droits suzerains du sultan,
ne devrait-on pas définir et affirmer les droits de la
France? Au lieu de faire, d'ailleurs sans mauvaise in-
tention, les affaires de la politique britannique, ne
serait-il pas préférable de combattre en faveur de la
politique française?
» Telles sont les considération générales que nous
avions à présenter à la suite des débats si animés
auxquels a donné lieu depuis quelque temps la ques-
tion de l'isthme de Suez.
D Maintenant il y a dans les propositions faites à la
Compagnie des questions d'un haut intérêt qui mé-
ritent d'être étudiées sérieusement, mais que nous
devons réserver pour un plus ample examen.
» E. QUINSAC. »
LE MONDE.
13 janvier.
« La Compagnie de l'isthme de Suez est en ce mo-
ment entravée dans ses travaux : elle est même me-
nacée dans son existence. Les intrigues anglaises
semblent plus que jamais peser sur cette entreprise,
et le pacha d'Egypte refuse d'accomplir les engage-
ments pris par son prédécesseur. Il en résulte des pro-
cès. Le pacha a obtenu une consultation signée de
Mil. Odilon Barrot, Dufaure et Jules Favre, trois avo-
cats libéraux. Le pacha, cédant aux obsessions de
l'Angleterre, prétend maintenant que tout était condi-
tionnel dans le traité passé avec la Compagnie, et que
la ratification de la Turquie est nécessaire. Mais le
pacha n'a-t-il pas toute autorité en Egypte? La suze-
raineté de la Porte est purement honorifique. C'est
ainsi qu'on l'entendait lorsque les travaux ont com-
mencé. Le fond de la question est dans la qualité de
mandataire du vice-roi que revendique M. de Lesseps.
Si le mandat est prouvé, la responsabilité du vice-roi
est évidente. Voici les paroles de la Consultation :
« Nous avons démontré dans notre précédente con-
» sultation. que cette prétention ne reposait que sur
» une assez puérile équivoque :
» Le firman par lequel le vice-roi autorisait M. de
» Lesseps à former une compagnie anonyme pour l'exé-
: cution du canal, traduit en français, emploie cette
» formule : « Nous lui avons donné, par ces présentes,
» pouvoir exclusif de constituer et de diriger une compa-
» gnie universelle pour le percement de l'isthme de
» Suez. »
« C'est de ces mots : pouvoir exclusif, qui sont évi-
» demment pris pour ceux de droit exclusif, que M. de
» Lesseps a fait sortir son prétendu mandat. »
» Nous le demandons à tous les gens de bonne foi et
il ceux qui sont initiés aux principes et aux termes
du droit : si je donne pouvoir à quelqu'un d'agir en
mon nom, est-ce que je ne lui donne pas le droit d'a-
gir en mon nom? Comment le vice-roi, donnant à
M. de Lesseps le pouvoir de constituer sa Société, ne
lui aurait-il pas donné en même temps le droit de la
constituer ? La Consultation appelle cela c une assez pué-
rile équivoque! » Des sommes considérables ont été dé-
pensées, les travaux sont en bon état. La ruine de
l'entreprise ne profiterait qu'à l'influence anglaise. Nous
verrions peut-être une compagnie anglaise reprendre à
vil prix les travaux et les achever pour le compte de
l'Angleterre ; alors, l'Egypte serait bien près de deve-
nir une colonie anglaise. Ce n'est pas la Porte qui s'y
opposerait, puisqu'elle s'appuie exclusivement sur l'An-
gleterre. En réalité, ce qui est dans ce débat, c'est la
conquête de l'Egypte par l'Angleterre, conquête paci-
fique sans doute, opérée par les moyens commerciaux
à l'usage de notre ancienne alliée, et qui durerait plus
que nos conquêtes militaires. Ce côté politique de la
question n'influencera pas l'autorité judiciaire ; mais il
sert à caractériser le mauvais vouloir de la Porte, du
pacha d'Egypte et de l'Angleterre. Le subterfuge ima-
giné par le pacha pour échapper aux engagements de
son prédécesseur ne trompera personne. Il y a un re-
virement de politique ; mais les questions de droit ne
sauraient changer : un contrat a été passé entre Saïd-
Pacha et M. de Lesseps ; ce contrat est valable pour et
contre les parties et leurs ayants cause. Les termes
mêmes du traité cité par la Consultation des trois avo-
cats ne permettent aucune équivoque. Le gouvernement
français est mis en demeure de soutenir à Constanti-
nople la cause des intérêts français ; mais c'est surtout
à Londres qu'il faudrait les soutenir, puisque c'est de
là que part le mouvement auquel obéissent le Grand
Turc et le pacha d'Egypte. COQUILLE. »
été conçu et qu'il doit être exécuté. Mais la direction
des îiffoires extérieures : paix, guerre et traités, ap-
partient, sans conteste, à la Porte Ottomane, et c'est
pour cela que nous reconnaissons qu'elle est compé-
tente pour régler les conditions de neutralité du pas-
sage par le canal, lorsqu'il sera terminé.
» Partant de ces considérations générales, si nous
arrivons à l'affaire de Suez, nous voyons que non-
seulement ceux qui la veulent réduire à consentir sans
compensation à des sacrifices considérables, en vue de
concilier ces intérêts avec les principes soutenus par
la Porte Ottomane, font trop bon marché des préroga-
tives du vice-roi d'Egypte, mais encore prennent, sans
doute involontairement, le parti des prétentions rivales
de la politique française.
» Reconnaissant qu'il existe chez un gouvernement
étranger la pensée de créer des entraves à l'exécution
du canal de Suez, ils conseillent de céder purement et
simplement aux exigences de ce gouvernement.
» A notre sens, c'est précisément le contraire qu'il
faudrait proposer.
» Nous dirions : le canal de Suez est une entreprise
créée sans pensée d'exclusion, mais que la France a
un intérêt spécial à favoriser intérêt politique, parce
que ce canal contribuera à la prospérité de l'Egypte ;
intérêt commercial, parce que notre navigation profi-
tera de ce passage aux mers de l'Inde; intérêt natio-
nal, enfin, parce que les capitaux français sont enga-
gés dans cette affaire. Au lieu donc de pousser la
Compagnie de Suez à céder à des exigences ruineuses,
ne devrait-on pas dire : Agissons pour écarter ces
entraves et réduire ces exigences? Au lieu d'exagérer
la portée et l'étendue des droits suzerains du sultan,
ne devrait-on pas définir et affirmer les droits de la
France? Au lieu de faire, d'ailleurs sans mauvaise in-
tention, les affaires de la politique britannique, ne
serait-il pas préférable de combattre en faveur de la
politique française?
» Telles sont les considération générales que nous
avions à présenter à la suite des débats si animés
auxquels a donné lieu depuis quelque temps la ques-
tion de l'isthme de Suez.
D Maintenant il y a dans les propositions faites à la
Compagnie des questions d'un haut intérêt qui mé-
ritent d'être étudiées sérieusement, mais que nous
devons réserver pour un plus ample examen.
» E. QUINSAC. »
LE MONDE.
13 janvier.
« La Compagnie de l'isthme de Suez est en ce mo-
ment entravée dans ses travaux : elle est même me-
nacée dans son existence. Les intrigues anglaises
semblent plus que jamais peser sur cette entreprise,
et le pacha d'Egypte refuse d'accomplir les engage-
ments pris par son prédécesseur. Il en résulte des pro-
cès. Le pacha a obtenu une consultation signée de
Mil. Odilon Barrot, Dufaure et Jules Favre, trois avo-
cats libéraux. Le pacha, cédant aux obsessions de
l'Angleterre, prétend maintenant que tout était condi-
tionnel dans le traité passé avec la Compagnie, et que
la ratification de la Turquie est nécessaire. Mais le
pacha n'a-t-il pas toute autorité en Egypte? La suze-
raineté de la Porte est purement honorifique. C'est
ainsi qu'on l'entendait lorsque les travaux ont com-
mencé. Le fond de la question est dans la qualité de
mandataire du vice-roi que revendique M. de Lesseps.
Si le mandat est prouvé, la responsabilité du vice-roi
est évidente. Voici les paroles de la Consultation :
« Nous avons démontré dans notre précédente con-
» sultation. que cette prétention ne reposait que sur
» une assez puérile équivoque :
» Le firman par lequel le vice-roi autorisait M. de
» Lesseps à former une compagnie anonyme pour l'exé-
: cution du canal, traduit en français, emploie cette
» formule : « Nous lui avons donné, par ces présentes,
» pouvoir exclusif de constituer et de diriger une compa-
» gnie universelle pour le percement de l'isthme de
» Suez. »
« C'est de ces mots : pouvoir exclusif, qui sont évi-
» demment pris pour ceux de droit exclusif, que M. de
» Lesseps a fait sortir son prétendu mandat. »
» Nous le demandons à tous les gens de bonne foi et
il ceux qui sont initiés aux principes et aux termes
du droit : si je donne pouvoir à quelqu'un d'agir en
mon nom, est-ce que je ne lui donne pas le droit d'a-
gir en mon nom? Comment le vice-roi, donnant à
M. de Lesseps le pouvoir de constituer sa Société, ne
lui aurait-il pas donné en même temps le droit de la
constituer ? La Consultation appelle cela c une assez pué-
rile équivoque! » Des sommes considérables ont été dé-
pensées, les travaux sont en bon état. La ruine de
l'entreprise ne profiterait qu'à l'influence anglaise. Nous
verrions peut-être une compagnie anglaise reprendre à
vil prix les travaux et les achever pour le compte de
l'Angleterre ; alors, l'Egypte serait bien près de deve-
nir une colonie anglaise. Ce n'est pas la Porte qui s'y
opposerait, puisqu'elle s'appuie exclusivement sur l'An-
gleterre. En réalité, ce qui est dans ce débat, c'est la
conquête de l'Egypte par l'Angleterre, conquête paci-
fique sans doute, opérée par les moyens commerciaux
à l'usage de notre ancienne alliée, et qui durerait plus
que nos conquêtes militaires. Ce côté politique de la
question n'influencera pas l'autorité judiciaire ; mais il
sert à caractériser le mauvais vouloir de la Porte, du
pacha d'Egypte et de l'Angleterre. Le subterfuge ima-
giné par le pacha pour échapper aux engagements de
son prédécesseur ne trompera personne. Il y a un re-
virement de politique ; mais les questions de droit ne
sauraient changer : un contrat a été passé entre Saïd-
Pacha et M. de Lesseps ; ce contrat est valable pour et
contre les parties et leurs ayants cause. Les termes
mêmes du traité cité par la Consultation des trois avo-
cats ne permettent aucune équivoque. Le gouvernement
français est mis en demeure de soutenir à Constanti-
nople la cause des intérêts français ; mais c'est surtout
à Londres qu'il faudrait les soutenir, puisque c'est de
là que part le mouvement auquel obéissent le Grand
Turc et le pacha d'Egypte. COQUILLE. »
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