Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1862-04-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 avril 1862 15 avril 1862
Description : 1862/04/15 (A7,N140). 1862/04/15 (A7,N140).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203294c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/06/2012
llG L'ISTHME DE SUEZ,
Les travaux exécutés à Port-Saïd ont été spéciale-
ment des constructions d'ateliers, de maisons et de
matériel; le débarquement et le transport d'une quan-
tité considérable d'objets de toute nature; le dragage
et le transport des terres. On n'a pas remarqué que
ces travaux aient donné lieu à des affections spécia-
les ou aient augmenté le nombre des maladies qui
existent ordinairement; il en a été de même pour
le travail dans les ateliers et sur les chantiers. Le
dragage et le transport des terres étaient à craindre ;
ils pouvaient donner naissance à quelques fièvres de
mauvaise nature, surtout par l'effet de l'éparpille-
ment de ces terres sur le sol déjà humide: rien ne
s'est manifesté ; au contraire, les affections bron-
chiques et rhumatismales ont diminué à mesure que
le remblai s'effectuait.
La salubrité de Port-Saïd ne s'est pas démentie ;
ce qui le prouve, c'est le chiffre de la mortalité.
Dans l'année 1861 il y a eu dix morts ; le chiffre des
Européens, hommes, femmes et enfante, d'après la
moyenne des douze mois de l'année, a été de 732,
ce qui donne 1.37 0/0 ; en France la mortalité est de
2.43 0/0.
Ras-el-Eiche. — Le campement de Ras-el-Eiche
est situé à 16 kilomètres de Port-Saïd, sur la ligne
du canal maritime. Au premier aspect, lorsque le
niveau du lac est élevé, que l'eau s'avance au pied
des habitations, on doute de la salubrité de la posi-
tion ; il en est de même des dragues habitées par
toute une population de travailleurs. Nous n'avions
pas été sans quelque inquiétude l'année dernière en
voyant apparaître des embarras gastriques, des oph-
thalmies et des diarrhées ; mais bientôt nos craintes
ont cessé, en reconnaissant que ces maladies étaient
dues non à la localité, mais à des privations et à
une alimentation défectueuse. L'abaissement des eaux
du lac avait rendu les communications très-difficiles ;
il fallait s'approvisionner d'eau et de vivres pour
plusieurs jours ; or les aliments frais sont ici de
toute nécessité, surtout l'été. Mais bientôt les eaux
du lac ayant remonté, les communications devinrent
faciles et les affections disparurent.
Le climat du lac est des plus salubres ; ceux qui
habitent Ras-el-Eiche et les dragues jouissent d'une
bonne santé. Pour se bien porter il ne s'agit que d'a-
voir une nourriture saine, des vivres et de l'eau
fraîche ; c'est ce qui existe aujourd'hui.
Les travaux qui ont été exécutés dans les envi-
rons de Ras-el-Eiche, tant à bras d'hommes que par
les dragues, méritent une mention spéciale. L'année
dernière, je faisais remarquer que le mouvement des
terres à Port-Saïd, dans le lac et à Kantara,
n'avait occasionné aucune fièvre intermittente,
et j'ajoutais: « Je puis presque affirmer la sa-
lubrité des terrains des lacs.» Aujourd'hui je n'ai
plus aucun doute. Des milliers d'hommes ont été
employés dans le lac, tant à Port-Saïd que sur la
ligne du canal depuis El-Sig jusqu'à Kantara, tra-
vaillant dans l'eau et la vase ; ils ont remué des
milliers de mètres cubes de terre, creusé un canal de
40 kilomètres au moins, et il n'y a pas eu un seul
cas de fièvre pernicieuse ni même intermittente. On
pourrait croire que les fellahs, étant indigènes, jouis-
saient seuls de cette immunité : les Européens des
dragues se sont trouvés exposés aux mêmes influen-
ces ; bien plus, des ouvriers européens ont été mis
à creuser avec des dragues à la main certaines
parties du canal vaseux : tous ont conservé et conser-
vent encore une magnifique sauté.
Kantara et Ferdane. — Sous le rapport médical,
nous avons peu de chose à dire sur Kantara et Fer-
dane. On continue dans ces deux campements à
se porter parfaitement bien; leur situation sur des
terrains secs et élevés, leurs maisons bâties en brique
ou en pierre, les rendent aussi salubres que possible.
L'eau du Nil, qui souvent manquait, est devenue
abondante par suite des améliorations faites à Tel-el-
Deffné sur l'ancienne branche pélusiaque, et qui
permettent d'alimenter facilement ces deux stations.
Les vivres sont plus variés. Les travaux entrepris
pendant l'année ont eu pour objet le creusement du
canal à travers les dernières lagunes du lac Menza-
leh et du lac Ballah jusqu'au pied du seuil d'El-
Guisr. Ils n'ont donné lieu à aucune observation
particulière, sinon que, malgré la chaleur de l'été,
la santé a toujours été aussi satisfaisante que pos-
sible.
Ainsi donc un travail de canalisation a été exécuté
d'El-Sig jusqu'au delà des dunes de Ferdanc dans
une longueur de 60 kilomètres; sur différents point le
canal a deux tranchées parallèles ; on a creusé dans
la vase, dans le sable, dans des terres sèches et dans
des terres humides, et nulle part la santé n'a été at-
taquée. Il n'y a pas eu un seul cas de fièvre perni-
cieuse, non-seulement chez les Arabes, mais encore
chez les Européens. Deux cas de fièvre intermittente
simple se sont déclarés dernièrement ; on ne sait même
pas fi l'on doit les attribuer au travail.
La question des fièvres sur les lacs Menzaleh et
Ballah peut donc être considérée comme résolue. Il
n'y a pas de fièvres même en remuant les vases.
Seuil d'El-Guisr. — Ici nous quittons les terrains
bas et humides pour les terrains secs et élevés, l'eau
salée pour le sable. Tout change ; les conditions de
sol, de climat, sont modifiées et paraissent meilleures.
La santé suit elle la même progression?
Ce n'est pas sans étonnement que l'on trouve au
milieu du désert une ville là où, il y a un an, il
existait à peine quelques tentes. Il était impossible
de choisir pour cette ville un meilleur emplacement.
Les rues sont larges, les maisons bien aérées, entou-
rées d'une véranda qui abrite les murs des rayons
Les travaux exécutés à Port-Saïd ont été spéciale-
ment des constructions d'ateliers, de maisons et de
matériel; le débarquement et le transport d'une quan-
tité considérable d'objets de toute nature; le dragage
et le transport des terres. On n'a pas remarqué que
ces travaux aient donné lieu à des affections spécia-
les ou aient augmenté le nombre des maladies qui
existent ordinairement; il en a été de même pour
le travail dans les ateliers et sur les chantiers. Le
dragage et le transport des terres étaient à craindre ;
ils pouvaient donner naissance à quelques fièvres de
mauvaise nature, surtout par l'effet de l'éparpille-
ment de ces terres sur le sol déjà humide: rien ne
s'est manifesté ; au contraire, les affections bron-
chiques et rhumatismales ont diminué à mesure que
le remblai s'effectuait.
La salubrité de Port-Saïd ne s'est pas démentie ;
ce qui le prouve, c'est le chiffre de la mortalité.
Dans l'année 1861 il y a eu dix morts ; le chiffre des
Européens, hommes, femmes et enfante, d'après la
moyenne des douze mois de l'année, a été de 732,
ce qui donne 1.37 0/0 ; en France la mortalité est de
2.43 0/0.
Ras-el-Eiche. — Le campement de Ras-el-Eiche
est situé à 16 kilomètres de Port-Saïd, sur la ligne
du canal maritime. Au premier aspect, lorsque le
niveau du lac est élevé, que l'eau s'avance au pied
des habitations, on doute de la salubrité de la posi-
tion ; il en est de même des dragues habitées par
toute une population de travailleurs. Nous n'avions
pas été sans quelque inquiétude l'année dernière en
voyant apparaître des embarras gastriques, des oph-
thalmies et des diarrhées ; mais bientôt nos craintes
ont cessé, en reconnaissant que ces maladies étaient
dues non à la localité, mais à des privations et à
une alimentation défectueuse. L'abaissement des eaux
du lac avait rendu les communications très-difficiles ;
il fallait s'approvisionner d'eau et de vivres pour
plusieurs jours ; or les aliments frais sont ici de
toute nécessité, surtout l'été. Mais bientôt les eaux
du lac ayant remonté, les communications devinrent
faciles et les affections disparurent.
Le climat du lac est des plus salubres ; ceux qui
habitent Ras-el-Eiche et les dragues jouissent d'une
bonne santé. Pour se bien porter il ne s'agit que d'a-
voir une nourriture saine, des vivres et de l'eau
fraîche ; c'est ce qui existe aujourd'hui.
Les travaux qui ont été exécutés dans les envi-
rons de Ras-el-Eiche, tant à bras d'hommes que par
les dragues, méritent une mention spéciale. L'année
dernière, je faisais remarquer que le mouvement des
terres à Port-Saïd, dans le lac et à Kantara,
n'avait occasionné aucune fièvre intermittente,
et j'ajoutais: « Je puis presque affirmer la sa-
lubrité des terrains des lacs.» Aujourd'hui je n'ai
plus aucun doute. Des milliers d'hommes ont été
employés dans le lac, tant à Port-Saïd que sur la
ligne du canal depuis El-Sig jusqu'à Kantara, tra-
vaillant dans l'eau et la vase ; ils ont remué des
milliers de mètres cubes de terre, creusé un canal de
40 kilomètres au moins, et il n'y a pas eu un seul
cas de fièvre pernicieuse ni même intermittente. On
pourrait croire que les fellahs, étant indigènes, jouis-
saient seuls de cette immunité : les Européens des
dragues se sont trouvés exposés aux mêmes influen-
ces ; bien plus, des ouvriers européens ont été mis
à creuser avec des dragues à la main certaines
parties du canal vaseux : tous ont conservé et conser-
vent encore une magnifique sauté.
Kantara et Ferdane. — Sous le rapport médical,
nous avons peu de chose à dire sur Kantara et Fer-
dane. On continue dans ces deux campements à
se porter parfaitement bien; leur situation sur des
terrains secs et élevés, leurs maisons bâties en brique
ou en pierre, les rendent aussi salubres que possible.
L'eau du Nil, qui souvent manquait, est devenue
abondante par suite des améliorations faites à Tel-el-
Deffné sur l'ancienne branche pélusiaque, et qui
permettent d'alimenter facilement ces deux stations.
Les vivres sont plus variés. Les travaux entrepris
pendant l'année ont eu pour objet le creusement du
canal à travers les dernières lagunes du lac Menza-
leh et du lac Ballah jusqu'au pied du seuil d'El-
Guisr. Ils n'ont donné lieu à aucune observation
particulière, sinon que, malgré la chaleur de l'été,
la santé a toujours été aussi satisfaisante que pos-
sible.
Ainsi donc un travail de canalisation a été exécuté
d'El-Sig jusqu'au delà des dunes de Ferdanc dans
une longueur de 60 kilomètres; sur différents point le
canal a deux tranchées parallèles ; on a creusé dans
la vase, dans le sable, dans des terres sèches et dans
des terres humides, et nulle part la santé n'a été at-
taquée. Il n'y a pas eu un seul cas de fièvre perni-
cieuse, non-seulement chez les Arabes, mais encore
chez les Européens. Deux cas de fièvre intermittente
simple se sont déclarés dernièrement ; on ne sait même
pas fi l'on doit les attribuer au travail.
La question des fièvres sur les lacs Menzaleh et
Ballah peut donc être considérée comme résolue. Il
n'y a pas de fièvres même en remuant les vases.
Seuil d'El-Guisr. — Ici nous quittons les terrains
bas et humides pour les terrains secs et élevés, l'eau
salée pour le sable. Tout change ; les conditions de
sol, de climat, sont modifiées et paraissent meilleures.
La santé suit elle la même progression?
Ce n'est pas sans étonnement que l'on trouve au
milieu du désert une ville là où, il y a un an, il
existait à peine quelques tentes. Il était impossible
de choisir pour cette ville un meilleur emplacement.
Les rues sont larges, les maisons bien aérées, entou-
rées d'une véranda qui abrite les murs des rayons
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.97%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.97%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 4/16
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6203294c/f4.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6203294c/f4.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6203294c/f4.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6203294c
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6203294c
Facebook
Twitter