Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1861-11-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 novembre 1861 15 novembre 1861
Description : 1861/11/15 (A6,N130). 1861/11/15 (A6,N130).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203283k
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/06/2012
366 L'ISTHME DE SUEZ, .1.
le 26 juillet de cette année.dans le cours d'un voyage
d'exploration et de découverte déjà fort avancé vers
les sources du Nil. Ce triste événement a été signalé
à l'Institut égyptien qui a voulu consigner dans son
procès-verbal les titres de ce soldat valeureux et mo-
deste de la science à l'estime et aux regrets du monde
savant. Nous ne pouvons mieux faire que d'extraire
du procès-verbal de l'Institut la notice qui lui a été
consacrée, et qui exprime beaucoup mieux que nous
ne le pourrions nous-même les hautes qualités et
l'aptitude spéciale du docteur Peney à l'entreprise à
laquelle il s'était si noblement dévoué.
Le procès-verbal de la séance où cette perte a été
- annoncée s'exprime en ces termes :
FLEURY.
« Il me reste encore, Messieurs, avant de clore cette
séance, à remplir auprès de vous un douloureux de-
voir: c'est celui de vous apprendre la mort de l'infortuné
docteur Peney, médecin-inspecteur du Soudan, égyptien,
survenue le 26 juillet dernier, après vingt-quatre heures
de maladie, dans l'un des villages riverains du haut
Fleuve-Blanc, où il se trouvait en mission. — Il était
parti, il y a environ une année, pour aller à la décou-
verte des sources du Nil, de compagnie avec un de ses
compatriotes, muni de l'autorisation de S.A. le vice-
roi, qui l'avait fait pourvoir de tout ce qui pouvait
lui servir à atteindre plus sûrement le but de cette
importante mission; ils étaient déjà parvenus en mai
dernier au village de Gondrokoro, situé entre le troi-
sième et le quatrième degré de latitude septentrionale;
ils attendaient là la crue des eaux du fleuve, pour
continuer leur route vers le sud et c'est dans l'une
des stations ultérieures que ce courageux explorateur
a trouvé la mort, au moment même où il espérait tou-
cher au terme de son périlleux voyage. Son embar-
cation a immédiatement rebroussé chemin jusqu'à
Kordofan, d'où le navire à vapeur de S. A. Halim-Pacha
l'a remorquée jusqu'à Kartoum, où ils sont arrivés le 26
août suivant ; ce navire ramenait, en même tempp, la
femme et l'enfant de notre malheureux collègue, son
journal, ses notes, ses collections, ses cartes, ses des-
sins, ses armes, enfin tout ce qui avait servi et devait
encore servir à l'accomplissement de sa mission si fata-
lement interrompue.
» Cette mort prématurée, Messieurs, est à certains
égards tout ce que je connais de plus regrettable ; ce
n'est pas seulement une perte sensible pour notre ad-
ministration qui le comptait depuis vingt deux ans au
nombre de ses plus excellents employés; pour le corps
médical qu'il honorait par son zèle, ses connaissances
aussi solides que variées et son remarquable désinté-
ressement ; mais ce que plusieurs d'entre vous igno-
rent peut-être, c'est que la mort du docteur Peney
est un vrai malheur pour la science qui avait en lui
un adepte fervent, j'ai presque dit un apôtre, dont la
modestie égalait le mérite, d'un prosélytisme ardent,
d'une de ces constances que rien ne rebutait, d'un
- courage qui s'accroissait avec les obstacles, ajoutés à un
privilége qui ne s'était peut-être pas encore rencontré
parmi les nombreux pionniers que la civilisation pousse,
pour jalonner sa route, vers le centre mystérieux de
cette terre qui semble la braver.
» En effet M. le docteur Peney réunissait aux qualités
des explorateurs que l'Europe savante députe de temps
à autre vers ces régions restées jusqu'ici inconnues,
une expérience de vingt et un ans passés au milieu des
tribus qui avoisinent les latitudes équatoriales; il en
connaissait les mœurs, la langue, les habitudes, il y
avait même établi des liens de famille , toutes cir-
constances qui aplanissaient pour lui une foulo de
difficultés presque insurmontables pour tout autre, et
l'on peut avancer, sans être taxé de témérité, que ja-
mais un voyageur n'avait réuni plus de chances pour
découvrir enfin les sources du Nil, et résoudre le pro-
blème des régions soudanniennes, jusqu'à ce jour insolu-
ble.-Il est amer d'être forcé de renoncer à d'aussi beUes
et aussi légitimes espérances, précisément au moment
où elles étaient à la veille de se réaliser. — Aussi notre
regret n'en est que plus douloureux, et notre empres-
sement n'en est que plus grand à payer un juste tribut
d'éloges au courage malheureux eCa l'héroïque simpli-
cité du modeste savant dont nous déplorons la perte,
qui seul avec son énergie indomptable, sans même re-
garder derrière lui pour mendier à ses contemporains
ces encouragements sans lesquels d'autres n'ont jamais
su faire un pas en avant, s'est élancé vers des horizons
inconnus, exposé à des fatigues plus aisées à imagi-
ner qu'à décrire, hasardant journellement son exis-
tence, pour pouvoir doter le monde de connaissances
nouvelles et reculer les limites de la science. — Je
m'acquitte de ce pieux devoir avec d'autant plus de
zèle que sa périlleuse entreprise a été conçue et pré-
parée par lui seul et presque menée à bonne fin par
ses seules et personnelles ressources ; et de plus parce
qu'elle a été exécutée loin du monde civilisé, dans un
coin obscur de l'Afrique, et que les regrets que nous lui
donnons aujourd'hui dans cette enceinte seront peut-
être la seule récompense qui lui en reviendra. »
LETTRES SUR LE HEDJAZ.
(VIe LETTRE.)
(Suite et fin. — Voir le numéro du 1er novembre.)
PÊCHE DES TORTUES.
Les tortues qui sont pêchées dans l'archipel de Dahlac,
sont de l'espèce dite : tortue franche et le caret.
Cette pêche ne dure que quarante jours environ, et
a lieu en même temps que celle des huîtres et des co-
quillages.
C'est alors la saison où ces reptiles chéloniens sor-
tent de l'eau et se retirent sur les plages des iles de
l'archipel pour s'accoupler. — Quelques jours aupara-
vant, les indigènes creusent, aux abords du rivage que
les tortues choisissent de préférence pour se retirer,
le 26 juillet de cette année.dans le cours d'un voyage
d'exploration et de découverte déjà fort avancé vers
les sources du Nil. Ce triste événement a été signalé
à l'Institut égyptien qui a voulu consigner dans son
procès-verbal les titres de ce soldat valeureux et mo-
deste de la science à l'estime et aux regrets du monde
savant. Nous ne pouvons mieux faire que d'extraire
du procès-verbal de l'Institut la notice qui lui a été
consacrée, et qui exprime beaucoup mieux que nous
ne le pourrions nous-même les hautes qualités et
l'aptitude spéciale du docteur Peney à l'entreprise à
laquelle il s'était si noblement dévoué.
Le procès-verbal de la séance où cette perte a été
- annoncée s'exprime en ces termes :
FLEURY.
« Il me reste encore, Messieurs, avant de clore cette
séance, à remplir auprès de vous un douloureux de-
voir: c'est celui de vous apprendre la mort de l'infortuné
docteur Peney, médecin-inspecteur du Soudan, égyptien,
survenue le 26 juillet dernier, après vingt-quatre heures
de maladie, dans l'un des villages riverains du haut
Fleuve-Blanc, où il se trouvait en mission. — Il était
parti, il y a environ une année, pour aller à la décou-
verte des sources du Nil, de compagnie avec un de ses
compatriotes, muni de l'autorisation de S.A. le vice-
roi, qui l'avait fait pourvoir de tout ce qui pouvait
lui servir à atteindre plus sûrement le but de cette
importante mission; ils étaient déjà parvenus en mai
dernier au village de Gondrokoro, situé entre le troi-
sième et le quatrième degré de latitude septentrionale;
ils attendaient là la crue des eaux du fleuve, pour
continuer leur route vers le sud et c'est dans l'une
des stations ultérieures que ce courageux explorateur
a trouvé la mort, au moment même où il espérait tou-
cher au terme de son périlleux voyage. Son embar-
cation a immédiatement rebroussé chemin jusqu'à
Kordofan, d'où le navire à vapeur de S. A. Halim-Pacha
l'a remorquée jusqu'à Kartoum, où ils sont arrivés le 26
août suivant ; ce navire ramenait, en même tempp, la
femme et l'enfant de notre malheureux collègue, son
journal, ses notes, ses collections, ses cartes, ses des-
sins, ses armes, enfin tout ce qui avait servi et devait
encore servir à l'accomplissement de sa mission si fata-
lement interrompue.
» Cette mort prématurée, Messieurs, est à certains
égards tout ce que je connais de plus regrettable ; ce
n'est pas seulement une perte sensible pour notre ad-
ministration qui le comptait depuis vingt deux ans au
nombre de ses plus excellents employés; pour le corps
médical qu'il honorait par son zèle, ses connaissances
aussi solides que variées et son remarquable désinté-
ressement ; mais ce que plusieurs d'entre vous igno-
rent peut-être, c'est que la mort du docteur Peney
est un vrai malheur pour la science qui avait en lui
un adepte fervent, j'ai presque dit un apôtre, dont la
modestie égalait le mérite, d'un prosélytisme ardent,
d'une de ces constances que rien ne rebutait, d'un
- courage qui s'accroissait avec les obstacles, ajoutés à un
privilége qui ne s'était peut-être pas encore rencontré
parmi les nombreux pionniers que la civilisation pousse,
pour jalonner sa route, vers le centre mystérieux de
cette terre qui semble la braver.
» En effet M. le docteur Peney réunissait aux qualités
des explorateurs que l'Europe savante députe de temps
à autre vers ces régions restées jusqu'ici inconnues,
une expérience de vingt et un ans passés au milieu des
tribus qui avoisinent les latitudes équatoriales; il en
connaissait les mœurs, la langue, les habitudes, il y
avait même établi des liens de famille , toutes cir-
constances qui aplanissaient pour lui une foulo de
difficultés presque insurmontables pour tout autre, et
l'on peut avancer, sans être taxé de témérité, que ja-
mais un voyageur n'avait réuni plus de chances pour
découvrir enfin les sources du Nil, et résoudre le pro-
blème des régions soudanniennes, jusqu'à ce jour insolu-
ble.-Il est amer d'être forcé de renoncer à d'aussi beUes
et aussi légitimes espérances, précisément au moment
où elles étaient à la veille de se réaliser. — Aussi notre
regret n'en est que plus douloureux, et notre empres-
sement n'en est que plus grand à payer un juste tribut
d'éloges au courage malheureux eCa l'héroïque simpli-
cité du modeste savant dont nous déplorons la perte,
qui seul avec son énergie indomptable, sans même re-
garder derrière lui pour mendier à ses contemporains
ces encouragements sans lesquels d'autres n'ont jamais
su faire un pas en avant, s'est élancé vers des horizons
inconnus, exposé à des fatigues plus aisées à imagi-
ner qu'à décrire, hasardant journellement son exis-
tence, pour pouvoir doter le monde de connaissances
nouvelles et reculer les limites de la science. — Je
m'acquitte de ce pieux devoir avec d'autant plus de
zèle que sa périlleuse entreprise a été conçue et pré-
parée par lui seul et presque menée à bonne fin par
ses seules et personnelles ressources ; et de plus parce
qu'elle a été exécutée loin du monde civilisé, dans un
coin obscur de l'Afrique, et que les regrets que nous lui
donnons aujourd'hui dans cette enceinte seront peut-
être la seule récompense qui lui en reviendra. »
LETTRES SUR LE HEDJAZ.
(VIe LETTRE.)
(Suite et fin. — Voir le numéro du 1er novembre.)
PÊCHE DES TORTUES.
Les tortues qui sont pêchées dans l'archipel de Dahlac,
sont de l'espèce dite : tortue franche et le caret.
Cette pêche ne dure que quarante jours environ, et
a lieu en même temps que celle des huîtres et des co-
quillages.
C'est alors la saison où ces reptiles chéloniens sor-
tent de l'eau et se retirent sur les plages des iles de
l'archipel pour s'accoupler. — Quelques jours aupara-
vant, les indigènes creusent, aux abords du rivage que
les tortues choisissent de préférence pour se retirer,
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