Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-12-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 décembre 1863 15 décembre 1863
Description : 1863/12/15 (A8,N180)-1863/12/17. 1863/12/15 (A8,N180)-1863/12/17.
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203259x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 535
En 1858, au moment où le grand vizir Reschid-
Pacha va donner aux actes de concession une appro-
bation officielle, il est frappé de mort subite. Aali-
Pacha lui succède au premier poste de l'empire.
L'opposition anglaise redouble d'efforts. Aali est
intimidé, et c'est alors qu'il exprime à la fois son
bon vouloir et l'intimidation qu'il subit à notre am-
bassadeur, qui atteste l'un et l'autre dans l'écrit sui-
vant :
« J'ai vu Aali et Fuad-Pacha. Je les ai trouvés
dans les mêmes dispositions, c'est-à-dire toujours
favorables au canal, et très-désireux d'établir publi-
quement que la Porte n'oppose de son chef aucun
obstacle à la réalisation de votre grande entre-
prise. »
Comme nous l'avons déjà dit, les mêmes assurances
étaient données aux ambassadeurs d'Autriche et
d'Espagne, qui s'empressèrent de les transmettre à
M. de Lesseps, lequel dans ses conférences personnel-
les recevait les mêmes protestations du grand vizir.
Le premier ministre ne demandait qu'une seule
chose, c'est qu'on ne le forçât point, par une décla-
ration publique, à se brouiller avec l'Angleterre, qui
le menaçait de toute son inimitié.
Dans le but de ménager ces appréhensions assez
naturelles de la Turquie, sans cependant nuire aux
intérêts de l'entreprise, il fut convenu qu'il ne serait
pas insisté pour obtenir un témoignage public de
l'autorisation de la Porte. Le divan, de son côté, ne
devait apporter aucun obstacle à l'accomplissement
du mandat donné par le vice-roi à M. de Lesseps.
En conséquence, ce dernier expédia de Constanti-
nople à ses collaborateurs en France et à l'étranger
des instructions détaillées pour leur prescrire les
préparatifs nécessaires à l'ouverture de la souscrip-
tion et à la constitution de la Compagnie, afin de
procéder ensuite à l'exécution des travaux.
M. de Lesseps, avant de les faire partir, donna
lecture de ces instructions au grand vizir qui en
approuva le contenu et l'envoi. Il lui en laissa une
copie et en déposa une autre copie à l'ambassade de
France. De ce document très-explicite, nous extrayons
le passage suivant, constatant la situation telle que
le grand vizir l'avait acceptée.
« La Compagnie universelle du canal de Suez,
» armée de la concession régulière de S. A. le vice-
» roi d'Egypte, à laquelle le gouvernement de S. m. le
» sultan ne s'oppose pas en'ce qui concerne ses droits de
» suzeraineté et les intérêts de son empire, aura toute-
o fois la sagesse de ne pas provoquer un conflit entre
» la politique du progrès et la politique du passé, et
» pour éviter de donner à la mauvaise foi un prétexte
» d'exploiter des préjugés ou de faire naître des
» malentendus dans une affaire qui devrait conser-
« ver son caractère commercial et général, elle ne
» réclamera l'assistance d'aucun des gouvernements
» dont l'appui lui est assuré. Mais elle va constituer
» son organisation définitive. Elle marchera résolû-
» ment et ELLE ACCOMPLIRA LE FAIT, appuyée par les
» capitaux des souscripteurs de tous les pays et par
» l'opinion publique du monde entier. »
Cette déclaration si nette contenait donc trois cons-
tatations principales :
La première, l'assentiment du gouvernement otto-
man au projet en ce qui concernait les droits de sa
suzeraineté et les intérêts de son empire ;
La seconde, l'accord entre l'Egypte et la Turquie,
pour tourner tacitement entre elles l'opposition de
l'Angleterre au lieu de la braver de front;
La troisième, le consentement de la Porte à l'orga-
nisation définitive de la Compagnie et à sa marche
résolue pour l'accomplissement du fait.
C'est dans ces termes et dans ces conditions que
M. Ferdinand de Lesseps a procédé à la formation
de la Compagnie universelle dont il énonçait et fai-
sait prévoir toutes les conséquences.
Si cet historique est exact, si ces communications
ont été faites à la Porte, si elle n'y a rien trouvé à
redire, n'est-il pas incontestable qu'elle sanctionnait
dès lors et l'organisation de la Compagnie et l'exé-
cution des travaux projetés qui, sous peine de ruine,
étaient le corollaire indispensable de cette constitu-
tion.
Or, ces faits ont été publiquement et officiellement
attestés par M. de Lesseps en deux circonstances
solennelles, la première fois, le 15 mai 1860, dans son
premier rapport à l'assemblée générale des action-
naires, et la seconde fois, dans son dernier rapport à
cette même assemblée générale, en sa séance du
15 juillet 18G3.
Aucune dénégation n'a été opposée ni par la Porte
elle-même ni par son ministre Aali-Pacha, soit à
l'une soit à l'autre de ces attestations réitérées. Elles
sont d'ailleurs pleinement confirmées par les attesta-
tions antécédentes des trois ambassadeurs de France,
d'Autriche et d'Espagne.
De plus, l'autorisation de la Porte à l'organisation
de la Compagnie est encore démontrée par l'ouver-
ture de la souscription dans toutes les grandes villes
de l'Europe, et spécialement sous ses yeux, à Cons-
tantinople, sans aucune protestation ni empêchement
de sa part..
Après la constitution de la Compagnie, tous ses
actes, tous ses plans, tous ses projets furent égale-
ment soumis au grand vizir. Le 1er mars 1859,
M. Ferdinand de Lesseps lui adressait une lettre où
il lui faisait part, avec détails circonstanciés, non-
En 1858, au moment où le grand vizir Reschid-
Pacha va donner aux actes de concession une appro-
bation officielle, il est frappé de mort subite. Aali-
Pacha lui succède au premier poste de l'empire.
L'opposition anglaise redouble d'efforts. Aali est
intimidé, et c'est alors qu'il exprime à la fois son
bon vouloir et l'intimidation qu'il subit à notre am-
bassadeur, qui atteste l'un et l'autre dans l'écrit sui-
vant :
« J'ai vu Aali et Fuad-Pacha. Je les ai trouvés
dans les mêmes dispositions, c'est-à-dire toujours
favorables au canal, et très-désireux d'établir publi-
quement que la Porte n'oppose de son chef aucun
obstacle à la réalisation de votre grande entre-
prise. »
Comme nous l'avons déjà dit, les mêmes assurances
étaient données aux ambassadeurs d'Autriche et
d'Espagne, qui s'empressèrent de les transmettre à
M. de Lesseps, lequel dans ses conférences personnel-
les recevait les mêmes protestations du grand vizir.
Le premier ministre ne demandait qu'une seule
chose, c'est qu'on ne le forçât point, par une décla-
ration publique, à se brouiller avec l'Angleterre, qui
le menaçait de toute son inimitié.
Dans le but de ménager ces appréhensions assez
naturelles de la Turquie, sans cependant nuire aux
intérêts de l'entreprise, il fut convenu qu'il ne serait
pas insisté pour obtenir un témoignage public de
l'autorisation de la Porte. Le divan, de son côté, ne
devait apporter aucun obstacle à l'accomplissement
du mandat donné par le vice-roi à M. de Lesseps.
En conséquence, ce dernier expédia de Constanti-
nople à ses collaborateurs en France et à l'étranger
des instructions détaillées pour leur prescrire les
préparatifs nécessaires à l'ouverture de la souscrip-
tion et à la constitution de la Compagnie, afin de
procéder ensuite à l'exécution des travaux.
M. de Lesseps, avant de les faire partir, donna
lecture de ces instructions au grand vizir qui en
approuva le contenu et l'envoi. Il lui en laissa une
copie et en déposa une autre copie à l'ambassade de
France. De ce document très-explicite, nous extrayons
le passage suivant, constatant la situation telle que
le grand vizir l'avait acceptée.
« La Compagnie universelle du canal de Suez,
» armée de la concession régulière de S. A. le vice-
» roi d'Egypte, à laquelle le gouvernement de S. m. le
» sultan ne s'oppose pas en'ce qui concerne ses droits de
» suzeraineté et les intérêts de son empire, aura toute-
o fois la sagesse de ne pas provoquer un conflit entre
» la politique du progrès et la politique du passé, et
» pour éviter de donner à la mauvaise foi un prétexte
» d'exploiter des préjugés ou de faire naître des
» malentendus dans une affaire qui devrait conser-
« ver son caractère commercial et général, elle ne
» réclamera l'assistance d'aucun des gouvernements
» dont l'appui lui est assuré. Mais elle va constituer
» son organisation définitive. Elle marchera résolû-
» ment et ELLE ACCOMPLIRA LE FAIT, appuyée par les
» capitaux des souscripteurs de tous les pays et par
» l'opinion publique du monde entier. »
Cette déclaration si nette contenait donc trois cons-
tatations principales :
La première, l'assentiment du gouvernement otto-
man au projet en ce qui concernait les droits de sa
suzeraineté et les intérêts de son empire ;
La seconde, l'accord entre l'Egypte et la Turquie,
pour tourner tacitement entre elles l'opposition de
l'Angleterre au lieu de la braver de front;
La troisième, le consentement de la Porte à l'orga-
nisation définitive de la Compagnie et à sa marche
résolue pour l'accomplissement du fait.
C'est dans ces termes et dans ces conditions que
M. Ferdinand de Lesseps a procédé à la formation
de la Compagnie universelle dont il énonçait et fai-
sait prévoir toutes les conséquences.
Si cet historique est exact, si ces communications
ont été faites à la Porte, si elle n'y a rien trouvé à
redire, n'est-il pas incontestable qu'elle sanctionnait
dès lors et l'organisation de la Compagnie et l'exé-
cution des travaux projetés qui, sous peine de ruine,
étaient le corollaire indispensable de cette constitu-
tion.
Or, ces faits ont été publiquement et officiellement
attestés par M. de Lesseps en deux circonstances
solennelles, la première fois, le 15 mai 1860, dans son
premier rapport à l'assemblée générale des action-
naires, et la seconde fois, dans son dernier rapport à
cette même assemblée générale, en sa séance du
15 juillet 18G3.
Aucune dénégation n'a été opposée ni par la Porte
elle-même ni par son ministre Aali-Pacha, soit à
l'une soit à l'autre de ces attestations réitérées. Elles
sont d'ailleurs pleinement confirmées par les attesta-
tions antécédentes des trois ambassadeurs de France,
d'Autriche et d'Espagne.
De plus, l'autorisation de la Porte à l'organisation
de la Compagnie est encore démontrée par l'ouver-
ture de la souscription dans toutes les grandes villes
de l'Europe, et spécialement sous ses yeux, à Cons-
tantinople, sans aucune protestation ni empêchement
de sa part..
Après la constitution de la Compagnie, tous ses
actes, tous ses plans, tous ses projets furent égale-
ment soumis au grand vizir. Le 1er mars 1859,
M. Ferdinand de Lesseps lui adressait une lettre où
il lui faisait part, avec détails circonstanciés, non-
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