Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-04-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 15 avril 1863 15 avril 1863
Description : 1863/04/15 (A8,N164). 1863/04/15 (A8,N164).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62032432
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
118 L'ISTHME DE SUEZ,
ou elle est mauvaise : si elle est bonne, si elle est
de nature à développer des influences, elle est ou-
verte à tous, et les Anglais comme les autres, en s'y
mêlant, peuvent participer à ces influences et à ces
bénéfices ; si elle est mauvaise, si elle doit échouer,
il n'y en a rien à craindre, à condition de n'y pas
engager ses capitaux et en l'abandonnant à ses
chances malheureuses.
Nous ne savons si ce raisonnement judicieux et
irréfutable a effrayé l'impartialité du Times. Quoi
qu'il en soit, nous avons quelques raisons de penser
que ces observations ne sont pas sans écho de l'autre
côté de la Manche, car nos dernières nouvelles de
Londres nous informent que l'opinion se rectifie de
plus en plus chez nos voisins, et même le conseil
donné par l'honorable correspondant aurait produit
son effet si, comme le bruit en est venu jusqu'à
nous, les demandes anglaises n'auraient pas été sans
influence sur la hausse permanente et progressive
qui s'est manifestée pendant cette quinzaine à la
Bourse de Paris, quant aux actions de la Compagnie
universelle.
Voici le texte de cette lettre :
ERNEST DÉSPLACES.
« A l'éditeur du DAILY-NEWS.
» Monsieur, aussi longtemps que l'Inde sera le
joyau le plus brillant de la couronne d'Angleterre,
le passage le plus court pour le commerce de l'Inde
doit s'imposer à l'intérêt de tout Anglais réfléchis-
sant.
» Ce passage le plus court sera-t-il jamais fourni
efficacement par le canal de l'isthme de Suez? C'est
une question sur laquelle des opinions contraires se
sont exprimées avec une égale confiance. Je n'ai pas
la prétention de la résoudre ; mais venant de traver-
ser toute la longueur de la ligne du canal projeté
depuis la Méditerranée jusqu'à la mer Rouge, dans
la condition d'un voyageur également étranger à la
politique, au commerce et à la spéculation, je suis
peut-être en état de donner sur ce sujet quelques
renseignements qui peuvent être nouveaux pour
une partie de vos lecteurs.
» Je n'aborderai pas la question technique ou finan-
cière parce que je suis informé qu'elle donnera lieu
très-prochainement à la publication d'un rapport très-
remarquable et très-élaboré émanant du président de
l'institution des ingénieurs civils à Londres, qui a
parcouru tous les travaux, en a fait une inspection
minutieuse, et de plus parce que je craindrais que
cela n'occupât un trop grand espace dans vos esti-
mables colonnes.
» Le défunt vice-roi a conféré à la Compagnie un
avantage d'une très-grande valeur; c'est la conces-
sion sur chaque côté du canal d'une aussi grande
quantité de terre qu'elle en pourra arroser et mettre
en culture. Maintenant, par suite des habitudes noma-
des des Bédouins qui seuls occupent le désert, le nom-
bre de ceux disposés à coloniser et à cultiver est
comparativement faible. Année par année cependant
ce nombre augmentera, et comme il n'y a d'autres li-
mites aux terrains capables d'être cultivés que le chif-
fre des travailleurs et l'abondance de l'eau, qui ne
peut jamais manquer puisqu'elle vient du Nil, les
possessions futures de la Compagnie doivent s'élever
à une valeur dont l'importance est peu prévue au-
jourd'hui.
» Un achat récemment fait par la Compagnie,
comprenant une grande portion de la terre de Ges-
sen, célèbre comme l'ancien et fertile lieu d'habi-
tation des Israëlites pasteurs, a déjà été affermé à
une tribu de Bédouins qui s'y sont établis, et 20,000
acres de désert sont maintenant converties en
champs couverts de blé et de coton qui croît là
comme une plante indigène. Il est impossible de
regarder ces riches moissons flottant sur cette
terre sans éprouver ce sentiment que les spéculations
de l'homme, même inintentionnellement, accomplis-
sent la parole de Dieu et « font fleurir le désert
» comme une rose. »
» A présent, un des grands objets que l'on pour-
suit est d'attirer les Bédouins sur les lieux, de les
décider par leur propre intérêt à changer leurs ha-
bitudes vagabondes contre une existence agricole,
car des colons européens ne pourraient pas vivre en
travaillant la terre sous ce soleil égyptien.
» Rien dans cette excursion ne m'a plus intéressé
que la découverte de ce fait, que le désert ou ce que
l'on nomme ainsi, n'est pas tel par l'irrévocable dé-
cret de la nature, et qu'à peu de pouces au-dessous
du sable qui le caractérise et constitue se trouve un
riche sol d'alluvion provenant des dépôts du Nil
pendant les siècles passés. Ce fait présente les opé-
rations de la Compagnie du canal sous un nouvel
aspect. Considérées au point de vue politique, par
rapport à une guerre entre les grandes puissances
de l'Europe, on peut supposer qu'elles auraient telle
ou telle tendance; les envisageant dans les seuls in-
térêts de l'humanité, il est manifeste que changer
des dizaines et des centaines de mille acres d'un
désert en champs de blé et de coton, c'est répandre
sur ce pays un inappréciable bienfait en accroissant
sa production plus spécialement en coton et étendre
ce bienfait à l'avenir de milliers d'ouvriers du Lan-
cashire. Ces ouvriers en ce moment ne seraient point
dans la détresse si l'Egypte avait été arrosée, si le
coton eût poussé dans ces solitudes l'année dernière,
comme il pourra le faire désormais sous les influen-
ces maintenant mises en œuvre,
ou elle est mauvaise : si elle est bonne, si elle est
de nature à développer des influences, elle est ou-
verte à tous, et les Anglais comme les autres, en s'y
mêlant, peuvent participer à ces influences et à ces
bénéfices ; si elle est mauvaise, si elle doit échouer,
il n'y en a rien à craindre, à condition de n'y pas
engager ses capitaux et en l'abandonnant à ses
chances malheureuses.
Nous ne savons si ce raisonnement judicieux et
irréfutable a effrayé l'impartialité du Times. Quoi
qu'il en soit, nous avons quelques raisons de penser
que ces observations ne sont pas sans écho de l'autre
côté de la Manche, car nos dernières nouvelles de
Londres nous informent que l'opinion se rectifie de
plus en plus chez nos voisins, et même le conseil
donné par l'honorable correspondant aurait produit
son effet si, comme le bruit en est venu jusqu'à
nous, les demandes anglaises n'auraient pas été sans
influence sur la hausse permanente et progressive
qui s'est manifestée pendant cette quinzaine à la
Bourse de Paris, quant aux actions de la Compagnie
universelle.
Voici le texte de cette lettre :
ERNEST DÉSPLACES.
« A l'éditeur du DAILY-NEWS.
» Monsieur, aussi longtemps que l'Inde sera le
joyau le plus brillant de la couronne d'Angleterre,
le passage le plus court pour le commerce de l'Inde
doit s'imposer à l'intérêt de tout Anglais réfléchis-
sant.
» Ce passage le plus court sera-t-il jamais fourni
efficacement par le canal de l'isthme de Suez? C'est
une question sur laquelle des opinions contraires se
sont exprimées avec une égale confiance. Je n'ai pas
la prétention de la résoudre ; mais venant de traver-
ser toute la longueur de la ligne du canal projeté
depuis la Méditerranée jusqu'à la mer Rouge, dans
la condition d'un voyageur également étranger à la
politique, au commerce et à la spéculation, je suis
peut-être en état de donner sur ce sujet quelques
renseignements qui peuvent être nouveaux pour
une partie de vos lecteurs.
» Je n'aborderai pas la question technique ou finan-
cière parce que je suis informé qu'elle donnera lieu
très-prochainement à la publication d'un rapport très-
remarquable et très-élaboré émanant du président de
l'institution des ingénieurs civils à Londres, qui a
parcouru tous les travaux, en a fait une inspection
minutieuse, et de plus parce que je craindrais que
cela n'occupât un trop grand espace dans vos esti-
mables colonnes.
» Le défunt vice-roi a conféré à la Compagnie un
avantage d'une très-grande valeur; c'est la conces-
sion sur chaque côté du canal d'une aussi grande
quantité de terre qu'elle en pourra arroser et mettre
en culture. Maintenant, par suite des habitudes noma-
des des Bédouins qui seuls occupent le désert, le nom-
bre de ceux disposés à coloniser et à cultiver est
comparativement faible. Année par année cependant
ce nombre augmentera, et comme il n'y a d'autres li-
mites aux terrains capables d'être cultivés que le chif-
fre des travailleurs et l'abondance de l'eau, qui ne
peut jamais manquer puisqu'elle vient du Nil, les
possessions futures de la Compagnie doivent s'élever
à une valeur dont l'importance est peu prévue au-
jourd'hui.
» Un achat récemment fait par la Compagnie,
comprenant une grande portion de la terre de Ges-
sen, célèbre comme l'ancien et fertile lieu d'habi-
tation des Israëlites pasteurs, a déjà été affermé à
une tribu de Bédouins qui s'y sont établis, et 20,000
acres de désert sont maintenant converties en
champs couverts de blé et de coton qui croît là
comme une plante indigène. Il est impossible de
regarder ces riches moissons flottant sur cette
terre sans éprouver ce sentiment que les spéculations
de l'homme, même inintentionnellement, accomplis-
sent la parole de Dieu et « font fleurir le désert
» comme une rose. »
» A présent, un des grands objets que l'on pour-
suit est d'attirer les Bédouins sur les lieux, de les
décider par leur propre intérêt à changer leurs ha-
bitudes vagabondes contre une existence agricole,
car des colons européens ne pourraient pas vivre en
travaillant la terre sous ce soleil égyptien.
» Rien dans cette excursion ne m'a plus intéressé
que la découverte de ce fait, que le désert ou ce que
l'on nomme ainsi, n'est pas tel par l'irrévocable dé-
cret de la nature, et qu'à peu de pouces au-dessous
du sable qui le caractérise et constitue se trouve un
riche sol d'alluvion provenant des dépôts du Nil
pendant les siècles passés. Ce fait présente les opé-
rations de la Compagnie du canal sous un nouvel
aspect. Considérées au point de vue politique, par
rapport à une guerre entre les grandes puissances
de l'Europe, on peut supposer qu'elles auraient telle
ou telle tendance; les envisageant dans les seuls in-
térêts de l'humanité, il est manifeste que changer
des dizaines et des centaines de mille acres d'un
désert en champs de blé et de coton, c'est répandre
sur ce pays un inappréciable bienfait en accroissant
sa production plus spécialement en coton et étendre
ce bienfait à l'avenir de milliers d'ouvriers du Lan-
cashire. Ces ouvriers en ce moment ne seraient point
dans la détresse si l'Egypte avait été arrosée, si le
coton eût poussé dans ces solitudes l'année dernière,
comme il pourra le faire désormais sous les influen-
ces maintenant mises en œuvre,
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