Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-12-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 décembre 1858 10 décembre 1858
Description : 1858/12/10 (A3,N60). 1858/12/10 (A3,N60).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203106f
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
VENDREDI 10'DÉCEMBRE. JOURNAL DE L'UNION DES PEUX MERS. 6©9
» Cette situation intérieure et traditionnelle des souverains
de l'Égypte, que l'on pouvait autrefois considérer comme ap-
partenant au sultan, successeur des califes conquérants, le
hatti-schérif de 1841, rendu sous l'inspiration directe de l'An-
gleterre, et garanti par les" grandes puissances européennes,
l'a réellement transférée aux pachas de l'Egypte, en élevant
le gouvernement temporaire de Méhémet-Ali-Pacha à la hau-
teur d'une autorité dynastique. En effet, le hatti-schérif dé-
clare, en propres termes; que le gouvernement de l'Egypte
est rendu héréditaire en faveur de Méhémet-Ali et de sa des-
cendance ; que le Vice-roi a la faculté d'entretenir une armée
indigène, et que, moyennant un tribut fixe et annuel envers
le Sultan, le Vice-roi a l'entière perception et gestion des re-
venus de l'Egypte.
» Ce hatti-schérif, dicté et garanti par les puissances euro-
péennes, à la suite de la lutte armée de 1840, caractérise de la
manière la plus nette la situation et l'autorité des vice-rois
d'Egypte. Ils sont substitués héréditairement à tous les droits
du Sultan sur les sujets égyptiens , et pourvu qu'ils payent
un, tribut fixe et annuel, ils gouvernent et administrent
l'Egypte avec une pleine et entière indépendance.
» Des faits d'administration intérieure d'une nature tout
à fait caractéristique et d'une importance considérable, sont
venus sanctionner cette situation. Le canal Mahmoudiéh a été
creusé en Egypte, et le chemin de fer d'Alexandrie au Caire
et du Caire à Suez s'achève en ce moment, sans que les vice-
rois de la dynastie de Méhémet-Ali aient cru devoir obtenir
l'autorisation du Sultan. Ils ont pour lui la déférence et le
respect dus au suzerain et au chef de l'Islamisme; quarante
mille hommes de l'armée égyptienne ont généreusement et
glorieusement soutenu, sur les bords du Danube et en Crimée,
les droits et l'honneur de la métropole, pendant la guerre
d'Orient; mais, en fait d'administration intérieure, les vice-
rois, successeurs de Méhémet-Ali, sont maîtres chez eux; et
la concession du canal de Suez, faite à M. Ferdinand de
Lesseps, le 15 novembre 1854, par S. A. Mohammed-Saïd-
Pacha, n'a nullement besoin, pour être définitive, d'un firman
confirmatif du Sultan. Tout au plus son adhésion gracieuse et
tacite pouvait-elle être désirable et même précieuse ; et l'on
sait, ou l'on peut savoir, que M. Ferdinand de Lesseps en a
reçu l'assurance la plus positive. »
GRANIER DE CASSAGNAC,
Député au Corps législatif.
REVUE DE LA PRESSE.
L'issue de la souscription est, par la constitution du capital
social, l'ouverture d'une période toute nouvelle pour le canal
des Deux-Mers. Les questions d'hier sont résolues ou effacées.
La pratique, après la théorie, va mettre la main à l'œuvre;
d'autres phases s'inaugurent: novus ordo. Le monde veut, et
le monde agit dans l'ordre de sa volonté. s
La presse cependant a combattu jusqu'à la dernière heure
pour le grand résultat. En Autriche, en Italie, en Belgique,
en Espagne comme en France, elle attendait avec sollicitude,
elle secondait avec ardeur l'heureux dénoûment espéré, prévu,
mais non encore acquis. Nous ne saurions exprimer l'em-
pressement joyeux avec lequel toute bonne nouvelle était
accueillie. Il nous faudrait nommer presque tous les journaux
continentaux et en particulier tous les journaux de nos dé-
partements, si nous voulions faire à chacun seulement sa
très-petite part dans cette décisive campagne. Jamais événe-
ment n'a plus universellement ému ce monde de l'intelligence
lettrée, et pendant vingt-cinq jours il a été comme suspendu
aux chances de ce mouvement.
Que la presse, pour une fois, nous pardonne ce bref et
sommaire résumé. Le but qu'elle poursuivait hier est aujour-
d'hui atteint. A quoi bon prolongerions-nous le bruit de la
fusillade après la victoire?
Mais pour elle, le combat de la veille n'est que le prélude
de la marche du lendemain. Nous avons encore à marcher et
à lutter ensemble. Sans la généreuse conjuration de son
unanimité, le percement de l'isthme ne toucherait pas à son
exécution; peut être il eût été impossible. Il est son œuvre
aussi, et elle ne l'abandonnera qu'après l'avoir conduite à
toute sa croissance et à son achèvement.
ERNEST DESPLACES.
PROCÈS-VERBAUX
DU
CONSEIL SUPÉRIEUR DES TRAVAUX.
PREMIÈRE SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1858,
A HUIT HEURES DU MATIN.
M. Ferdinand de Lesseps expose que le but en vue
duquel avait été formée la Commission internationale
se trouve aujourd'hui complétement atteint, et que la
mission de cette assemblée doit être considérée comme
accomplie.
M. de Lesseps, et avec lui les personnes présentes
à la réunion, expriment les pénibles regrets que leur a
fait éprouver la perte de trois membres éminents de la
Commission internationale, MM. de Négrelli de Mol-
delbe, inspecteur général des chemins de fer d'Autriche;
Lieussou, ingénieur hydrographe de la marine impé-
riale de France, et Rendel, ingénieur à Londres , en-
levés tous trois, par une mort prématurée, à l'accom-
plissement d'une œuvre pour laquelle leur coopération
avait été déjà aussi utile que dévouée.
M. de Lesseps fait ensuite connaître qu'au moment
où s'organise la Compagnie qui doit assurer l'exécution
du projet dont les bases ont été fixées par la Commission
internationale, il lui a paru nécessaire de former, sous
sa présidence, un Conseil supérieur, qui se réunirait
à Paris pour examiner tous les projets de détail, les
questions d'art et les marchés qui se rattachent à l'exé-
cution des travaux.
Qu'il a réclamé, pour en faire partie, le concours de :
M. Paléocapa, ancien ministre des travaux publics,
ministre d'Etat du royaume de Sardaigne; ,"
De M. Conrad, inspecteur du Waterstaat du royaume
des Pays-Bas ;
De M. Renaud, inspecteur général, et membre du
Conseil général des ponts et chaussées de France; - -
De M. C. deFourcy, ingénieur en chef, secrétaire
du même Conseil (section de la navigation) ;
De M. Pascal, ingénieur en chef des ports de Marseille,
» Cette situation intérieure et traditionnelle des souverains
de l'Égypte, que l'on pouvait autrefois considérer comme ap-
partenant au sultan, successeur des califes conquérants, le
hatti-schérif de 1841, rendu sous l'inspiration directe de l'An-
gleterre, et garanti par les" grandes puissances européennes,
l'a réellement transférée aux pachas de l'Egypte, en élevant
le gouvernement temporaire de Méhémet-Ali-Pacha à la hau-
teur d'une autorité dynastique. En effet, le hatti-schérif dé-
clare, en propres termes; que le gouvernement de l'Egypte
est rendu héréditaire en faveur de Méhémet-Ali et de sa des-
cendance ; que le Vice-roi a la faculté d'entretenir une armée
indigène, et que, moyennant un tribut fixe et annuel envers
le Sultan, le Vice-roi a l'entière perception et gestion des re-
venus de l'Egypte.
» Ce hatti-schérif, dicté et garanti par les puissances euro-
péennes, à la suite de la lutte armée de 1840, caractérise de la
manière la plus nette la situation et l'autorité des vice-rois
d'Egypte. Ils sont substitués héréditairement à tous les droits
du Sultan sur les sujets égyptiens , et pourvu qu'ils payent
un, tribut fixe et annuel, ils gouvernent et administrent
l'Egypte avec une pleine et entière indépendance.
» Des faits d'administration intérieure d'une nature tout
à fait caractéristique et d'une importance considérable, sont
venus sanctionner cette situation. Le canal Mahmoudiéh a été
creusé en Egypte, et le chemin de fer d'Alexandrie au Caire
et du Caire à Suez s'achève en ce moment, sans que les vice-
rois de la dynastie de Méhémet-Ali aient cru devoir obtenir
l'autorisation du Sultan. Ils ont pour lui la déférence et le
respect dus au suzerain et au chef de l'Islamisme; quarante
mille hommes de l'armée égyptienne ont généreusement et
glorieusement soutenu, sur les bords du Danube et en Crimée,
les droits et l'honneur de la métropole, pendant la guerre
d'Orient; mais, en fait d'administration intérieure, les vice-
rois, successeurs de Méhémet-Ali, sont maîtres chez eux; et
la concession du canal de Suez, faite à M. Ferdinand de
Lesseps, le 15 novembre 1854, par S. A. Mohammed-Saïd-
Pacha, n'a nullement besoin, pour être définitive, d'un firman
confirmatif du Sultan. Tout au plus son adhésion gracieuse et
tacite pouvait-elle être désirable et même précieuse ; et l'on
sait, ou l'on peut savoir, que M. Ferdinand de Lesseps en a
reçu l'assurance la plus positive. »
GRANIER DE CASSAGNAC,
Député au Corps législatif.
REVUE DE LA PRESSE.
L'issue de la souscription est, par la constitution du capital
social, l'ouverture d'une période toute nouvelle pour le canal
des Deux-Mers. Les questions d'hier sont résolues ou effacées.
La pratique, après la théorie, va mettre la main à l'œuvre;
d'autres phases s'inaugurent: novus ordo. Le monde veut, et
le monde agit dans l'ordre de sa volonté. s
La presse cependant a combattu jusqu'à la dernière heure
pour le grand résultat. En Autriche, en Italie, en Belgique,
en Espagne comme en France, elle attendait avec sollicitude,
elle secondait avec ardeur l'heureux dénoûment espéré, prévu,
mais non encore acquis. Nous ne saurions exprimer l'em-
pressement joyeux avec lequel toute bonne nouvelle était
accueillie. Il nous faudrait nommer presque tous les journaux
continentaux et en particulier tous les journaux de nos dé-
partements, si nous voulions faire à chacun seulement sa
très-petite part dans cette décisive campagne. Jamais événe-
ment n'a plus universellement ému ce monde de l'intelligence
lettrée, et pendant vingt-cinq jours il a été comme suspendu
aux chances de ce mouvement.
Que la presse, pour une fois, nous pardonne ce bref et
sommaire résumé. Le but qu'elle poursuivait hier est aujour-
d'hui atteint. A quoi bon prolongerions-nous le bruit de la
fusillade après la victoire?
Mais pour elle, le combat de la veille n'est que le prélude
de la marche du lendemain. Nous avons encore à marcher et
à lutter ensemble. Sans la généreuse conjuration de son
unanimité, le percement de l'isthme ne toucherait pas à son
exécution; peut être il eût été impossible. Il est son œuvre
aussi, et elle ne l'abandonnera qu'après l'avoir conduite à
toute sa croissance et à son achèvement.
ERNEST DESPLACES.
PROCÈS-VERBAUX
DU
CONSEIL SUPÉRIEUR DES TRAVAUX.
PREMIÈRE SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1858,
A HUIT HEURES DU MATIN.
M. Ferdinand de Lesseps expose que le but en vue
duquel avait été formée la Commission internationale
se trouve aujourd'hui complétement atteint, et que la
mission de cette assemblée doit être considérée comme
accomplie.
M. de Lesseps, et avec lui les personnes présentes
à la réunion, expriment les pénibles regrets que leur a
fait éprouver la perte de trois membres éminents de la
Commission internationale, MM. de Négrelli de Mol-
delbe, inspecteur général des chemins de fer d'Autriche;
Lieussou, ingénieur hydrographe de la marine impé-
riale de France, et Rendel, ingénieur à Londres , en-
levés tous trois, par une mort prématurée, à l'accom-
plissement d'une œuvre pour laquelle leur coopération
avait été déjà aussi utile que dévouée.
M. de Lesseps fait ensuite connaître qu'au moment
où s'organise la Compagnie qui doit assurer l'exécution
du projet dont les bases ont été fixées par la Commission
internationale, il lui a paru nécessaire de former, sous
sa présidence, un Conseil supérieur, qui se réunirait
à Paris pour examiner tous les projets de détail, les
questions d'art et les marchés qui se rattachent à l'exé-
cution des travaux.
Qu'il a réclamé, pour en faire partie, le concours de :
M. Paléocapa, ancien ministre des travaux publics,
ministre d'Etat du royaume de Sardaigne; ,"
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des Pays-Bas ;
De M. Renaud, inspecteur général, et membre du
Conseil général des ponts et chaussées de France; - -
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du même Conseil (section de la navigation) ;
De M. Pascal, ingénieur en chef des ports de Marseille,
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