Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-11-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 novembre 1858 25 novembre 1858
Description : 1858/11/25 (A3,N59). 1858/11/25 (A3,N59).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62031051
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
JEUDI 25 NOVËMBHE, JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 599
du Nord; les exportations pour l'Angleterre, par exemple,
- étant descendues de 4,666,563 liv. st. à 3,895,866 liv. st,
l'exportation a diminué principalement :
tase-BW 1857-58
Liv. it. Liv. It.
Pour le sucre, 1,662,499 1,053,329
— le coton, 211,562 104,442
— les soieries., 317,494 202,379
— la gomme, 262,397 112,949
— la graine de moutarde, 119,416 33,034
» Le déficit total est très-petit, eu égard aux circonstances
difficiles de l'année ; mais il aurait été beaucoup plus consi-
dérable si l'exportation de l'opium n'avait augmenté de près
d'un million de liv. st.; elle est montée de 3,823,803 L st.
en 1856-57, à 4,746,082 liv. st. en 1857-58.
» Les importations ont diminué pour les marchandise?, et
augmenté pour le numéraire :
<8S6 6T 1857.59
Liv. it. Liv. al.
Marchandises, 8,024,178 7,407,424
Numéraire. 6,676,053 7,807,088
Total, 14,700,231 15,214.512
Pour tous les Faits divers, ERNEST DESPLACES.
VARIÉTÉS.
LA MER ROUGE EN 1857,
D'APRÈS M. LE BARON RICHARD DE NEIMANS.
(Suite et fin.)
DES MOYENS PROPRES A RÉDUIRE L'INFLUENCE ANGLO-INDIENNE
DANS LA MER ROUGE.
« Toutes les nations commerçantes doivent évidemment
avoir intérêt à neutraliser toute influence de monopole qui
chercherait à les exclure.
» Pour réduire l'influence anglo-indienne, il se présente
comme les moyens les plus sûrs ceux qu'on va indiquer :
» I. Il faut favoriser le commerce d'exportation européen
par Suez. -
n Jusqu'en 1839, le commerce de l'Inde domina et posséda
seul le marché de Djeddah. C'est par l'Inde et Djeddah que
tous les produits de l'Europe furent importés dans la mer
Rouge. Depuis cette époque, le commerce de l'Europe et celui
du Levant s'y sont introduits en faisant une rude concurrence
à celui de l'Inde, de telle sorte que la seule place de Suez
exporte aujourd'hui plus de produits dans la mer Rouge que
les ports de Calcutta, du Bengale et de Malabar, de Bombay et
de Surate réunis. L'exportation des produits européens de Suez
à Djeddah s'est élevée en 1856 à 980,450 thalaris, tandis
que les ports de l'Inde n'en ont envoyé que pour 884,500
thalaris, dont plus du tiers était composé de riz, de sucre et
d'épices.
» Cette proportion augmentera encore considérablement
quand l'Europe donnera plus d'attention et plus de soins à la
route commerciale par l'Egypte. L'avantage que l'industrie
européenne obtiendra par la concurrence avec les marchands
de l'Inde, sera, outre l'accroissement de ses exportations,
principalement l'importation directe des produits de l'Inde,
du coton, des épices, des bois de teinture, etc. Les navires
indiens, qui gagneront aussi au commencement par le place-
ment de leurs produits agricoles, ne pourront cependant pas
soutenir à la longue la concurrence des produits directement
importés contre les, produits indigènes ou anglais apportés de
l'Inde, et ils se verront bientôt obligés de substituer aux pro-
duits de l'industrie ceux du sol et de l'agriculture.
» II. Il faut enlever aux navires anglo-indiens le seul
chargement de retour, qui est le sel.
» Le seul article que les navires de l'Inde peuvent impor-
ter avec profit de l'Hedjaz pour les ports de. Bombay, du
Bengale et de Calcutta, c'est le sel. Ce sel gemme, qui est re-
cueilli en grandes quantités sur les côtes de Souakin et près
du port de Djezan, a. toujours donné de grands profits aux
navires retournant dans l'Inde. En 1855 il en a été exporté
de Djeddah pour près de 100,000 thalaris. Par suite de la
mesure financière du gouvernement turc q,ui a introduit la régie
du sel, l'exportation est descendue en 1856 à 20,000 th., et
la plupart des navires de l'Inde ont été obligés de prendre du
sable pour lest. Les navires marchands qui ne font tous les
ans qu'un seul voyage de Bombay dans la mer Rouge, s'en
trouvaient sensiblement atteints cette année; les armateurs
se plaignaient hautement qu'on leur eût enlevé par le mono-
pole le chargement de retour ordinaire, et les marchands se
plaignaient que les tissus et étoffes apportés, de l'Inde eussent
considérablement haussé sur les années précédentes. C'est
alors que l'on eut recours à l'importation qui arrivait par
Suez.
» Le gouvernement anglais fit tous ses efforts pour amener
le pacha à supprimer le monopole du sel, qui rapportait
28,000 th. par an.
n Ainsi en soutenant le maintien du monopole du sel, on
porterait au commue anglo-indien un rude coup, qui ne
pourrait que favoriser l'importation européenne, et qui frappe-
rait surtout les marchands de l'Inde.
n III. En troisième lieu il faudrait établir dans la mer
Rouge, notamment à Djeddah et à Massoua, des consulats
autrichiens qui auraient à remplir une double tâche : 1° d'af-
faiblir l'influence prépondérante des agents anglais à Djeddah
et Massoua; et 2° de rédiger des tableaux statistiques exacts,
afin de procurer à leurs nationaux les connaissances néces-
saires sur la nature du commerce dans ces parages.
L'INFLUENCE FRANÇAISE DANS LA MER ROUGE.
» L'influence française dans la mer Rouge est nulle.
Quoique la France entretienne depuis 1849 un consulat dans
l'Hedjaz, ses agents n'ont jamais réussi à acquérir quelque
influence à leur gouvernement.
» Depuis huit ans que ce consulat existe, ces fonctions ont
été remplies successivement par six consuls et presque autant
de chanceliers, sans qu'aucun d'eux soit resté assez long-
temps sur les lieux pour connaître, ne fût-ce que superfi-
ciellement, la situation de la mer Rouge ou de la ville de
Djeddah.
» Il en a été de même pour le consulat de Massoua en
Abyssinie. La politique de la France ne faisant que tâtonner,
avait depuis 1843 entretenu , à l'aide de présents et par l'in-
termédiaire du lieutenant Lefèvre, des relations avec le ras
Ubié (aujourd'hui prisonnier de l'empereur Théodore), afin
d'obtenir des conditions particulières et des privilèges pour le
commerce français, tandis que le ras Ubié avait été favorisé
de vaines promesses d'envois d'armes et de secours contre
ses ennemis intérieurs. Cette politique a été continuée par
les Français encore pendant les dernières luttes, de sorte que
bien inutilement ils ont fait de l'empereur Théodore leur
du Nord; les exportations pour l'Angleterre, par exemple,
- étant descendues de 4,666,563 liv. st. à 3,895,866 liv. st,
l'exportation a diminué principalement :
tase-BW 1857-58
Liv. it. Liv. It.
Pour le sucre, 1,662,499 1,053,329
— le coton, 211,562 104,442
— les soieries., 317,494 202,379
— la gomme, 262,397 112,949
— la graine de moutarde, 119,416 33,034
» Le déficit total est très-petit, eu égard aux circonstances
difficiles de l'année ; mais il aurait été beaucoup plus consi-
dérable si l'exportation de l'opium n'avait augmenté de près
d'un million de liv. st.; elle est montée de 3,823,803 L st.
en 1856-57, à 4,746,082 liv. st. en 1857-58.
» Les importations ont diminué pour les marchandise?, et
augmenté pour le numéraire :
<8S6 6T 1857.59
Liv. it. Liv. al.
Marchandises, 8,024,178 7,407,424
Numéraire. 6,676,053 7,807,088
Total, 14,700,231 15,214.512
Pour tous les Faits divers, ERNEST DESPLACES.
VARIÉTÉS.
LA MER ROUGE EN 1857,
D'APRÈS M. LE BARON RICHARD DE NEIMANS.
(Suite et fin.)
DES MOYENS PROPRES A RÉDUIRE L'INFLUENCE ANGLO-INDIENNE
DANS LA MER ROUGE.
« Toutes les nations commerçantes doivent évidemment
avoir intérêt à neutraliser toute influence de monopole qui
chercherait à les exclure.
» Pour réduire l'influence anglo-indienne, il se présente
comme les moyens les plus sûrs ceux qu'on va indiquer :
» I. Il faut favoriser le commerce d'exportation européen
par Suez. -
n Jusqu'en 1839, le commerce de l'Inde domina et posséda
seul le marché de Djeddah. C'est par l'Inde et Djeddah que
tous les produits de l'Europe furent importés dans la mer
Rouge. Depuis cette époque, le commerce de l'Europe et celui
du Levant s'y sont introduits en faisant une rude concurrence
à celui de l'Inde, de telle sorte que la seule place de Suez
exporte aujourd'hui plus de produits dans la mer Rouge que
les ports de Calcutta, du Bengale et de Malabar, de Bombay et
de Surate réunis. L'exportation des produits européens de Suez
à Djeddah s'est élevée en 1856 à 980,450 thalaris, tandis
que les ports de l'Inde n'en ont envoyé que pour 884,500
thalaris, dont plus du tiers était composé de riz, de sucre et
d'épices.
» Cette proportion augmentera encore considérablement
quand l'Europe donnera plus d'attention et plus de soins à la
route commerciale par l'Egypte. L'avantage que l'industrie
européenne obtiendra par la concurrence avec les marchands
de l'Inde, sera, outre l'accroissement de ses exportations,
principalement l'importation directe des produits de l'Inde,
du coton, des épices, des bois de teinture, etc. Les navires
indiens, qui gagneront aussi au commencement par le place-
ment de leurs produits agricoles, ne pourront cependant pas
soutenir à la longue la concurrence des produits directement
importés contre les, produits indigènes ou anglais apportés de
l'Inde, et ils se verront bientôt obligés de substituer aux pro-
duits de l'industrie ceux du sol et de l'agriculture.
» II. Il faut enlever aux navires anglo-indiens le seul
chargement de retour, qui est le sel.
» Le seul article que les navires de l'Inde peuvent impor-
ter avec profit de l'Hedjaz pour les ports de. Bombay, du
Bengale et de Calcutta, c'est le sel. Ce sel gemme, qui est re-
cueilli en grandes quantités sur les côtes de Souakin et près
du port de Djezan, a. toujours donné de grands profits aux
navires retournant dans l'Inde. En 1855 il en a été exporté
de Djeddah pour près de 100,000 thalaris. Par suite de la
mesure financière du gouvernement turc q,ui a introduit la régie
du sel, l'exportation est descendue en 1856 à 20,000 th., et
la plupart des navires de l'Inde ont été obligés de prendre du
sable pour lest. Les navires marchands qui ne font tous les
ans qu'un seul voyage de Bombay dans la mer Rouge, s'en
trouvaient sensiblement atteints cette année; les armateurs
se plaignaient hautement qu'on leur eût enlevé par le mono-
pole le chargement de retour ordinaire, et les marchands se
plaignaient que les tissus et étoffes apportés, de l'Inde eussent
considérablement haussé sur les années précédentes. C'est
alors que l'on eut recours à l'importation qui arrivait par
Suez.
» Le gouvernement anglais fit tous ses efforts pour amener
le pacha à supprimer le monopole du sel, qui rapportait
28,000 th. par an.
n Ainsi en soutenant le maintien du monopole du sel, on
porterait au commue anglo-indien un rude coup, qui ne
pourrait que favoriser l'importation européenne, et qui frappe-
rait surtout les marchands de l'Inde.
n III. En troisième lieu il faudrait établir dans la mer
Rouge, notamment à Djeddah et à Massoua, des consulats
autrichiens qui auraient à remplir une double tâche : 1° d'af-
faiblir l'influence prépondérante des agents anglais à Djeddah
et Massoua; et 2° de rédiger des tableaux statistiques exacts,
afin de procurer à leurs nationaux les connaissances néces-
saires sur la nature du commerce dans ces parages.
L'INFLUENCE FRANÇAISE DANS LA MER ROUGE.
» L'influence française dans la mer Rouge est nulle.
Quoique la France entretienne depuis 1849 un consulat dans
l'Hedjaz, ses agents n'ont jamais réussi à acquérir quelque
influence à leur gouvernement.
» Depuis huit ans que ce consulat existe, ces fonctions ont
été remplies successivement par six consuls et presque autant
de chanceliers, sans qu'aucun d'eux soit resté assez long-
temps sur les lieux pour connaître, ne fût-ce que superfi-
ciellement, la situation de la mer Rouge ou de la ville de
Djeddah.
» Il en a été de même pour le consulat de Massoua en
Abyssinie. La politique de la France ne faisant que tâtonner,
avait depuis 1843 entretenu , à l'aide de présents et par l'in-
termédiaire du lieutenant Lefèvre, des relations avec le ras
Ubié (aujourd'hui prisonnier de l'empereur Théodore), afin
d'obtenir des conditions particulières et des privilèges pour le
commerce français, tandis que le ras Ubié avait été favorisé
de vaines promesses d'envois d'armes et de secours contre
ses ennemis intérieurs. Cette politique a été continuée par
les Français encore pendant les dernières luttes, de sorte que
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