Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-11-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 novembre 1858 25 novembre 1858
Description : 1858/11/25 (A3,N59). 1858/11/25 (A3,N59).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62031051
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
JEUDI 25 NOVEMBRE. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. ti91
fonde sur les bases les plus larges et les plus solides, et qui
est entourée de la confiance et de l'estime publiques.
» -Mais autre chose est de compter sur une association et une
coopération des principales maisons de banque ; autre chose
est de personnifier, dans un des grands noms de la finance,
une affaire qui par son caractère d'universalité ne saurait
être restreinte aux limites d'un seul crédit, si considérable et
si honorable qu'il soit.
» L'affaire de Suez*n'est pas une affaire exclusivement fran-
çaise. Elle doit avoir des ramifications et créer des intérêts
dans le monde entier. Il n'était pas permis de subordonner
ces intérêts, qui peuvent être antipathiques, à une maison
soit française, soit étrangère. Tout le monde connaît d'ailleurs
les rivalités qui divisent entre elles les influences financières.
S'adresser à l'une, c'est s'aliéner toutes les autres. Or, soit dit
sans déprécier l'importance si considérable et le juste crédit
des grandes maisons, une affaire telle que le percement de
l'isthme de Suez, une affaire qui doit réaliser en si peu de
temps un capital de 200 millions, a besoin beaucoup plus du
concours financier de la plupart des grands capitalistes que
de l'appui, même très-dévoué, d'un seul.
» Les représentants accrédités de la haute finance sont tou-
jours timorés, ils redoutent de se mettre en avant, même
dans les affaires les plus sûres et les plus belles, parce que
le succès des entreprises qu'ils patronnent donne la mesure
de leur crédit. Aussi, pour qu'ils sortent de cette réserve
qu'inspire toujours le sentiment de la responsabilité, il faut
l'appât d'un bénéfice brillant et rapide. Ce bénéfice leur est
assuré dans une entreprise si grande et constituée d'une fa-
çon si sérieuse.
» Aussi ils y viendront. L'affluence des petites souscrip-
tions, qui donne à l'affaire des garanties toutes particulières,
non-seulement doit faire évanouir leur réserve, mais éveiller
l'instinct si fier qui les guide dans leurs opérations. Ils n'au-
ront pas besoin d'y mettre du désintéressement, car il y a
de qupi satisfaire dans l'entreprise de Suez la spéculation la
plus ambitieuse. En tout cas, un peu de désintéressement
dans une œuvre si nationale n'eût-il pas été un très-bon cal-
cul, si l'on en avait eu besoin? C'est ce que nous livrons à
l'appréciation générale.
» On ne doit pas s'étonner si le fondateur de l'entreprise,
faisant la part de ces considérations, n'a cru ni de la dignité
ni de l'intérêt de son œuvre d'attendre des appuis qui auraient
pu lui être marchandés, et si de leur côté les grandes nota-
bilités financières de l'Europe, prêtes à concourir à l'entre-
prise dans la mesure qu'elles jugeront utile à leur position et
à leurs intérêts, n'ont pas recherché tout de suite la respon-
sabilité avec les avantages financiers qu'offre l'affaire lors-
qu'elles peuvent avoir les uns sans l'autre, grâce au mode de
souscription adopté.
Voilà ce que nous avions à dire aux personnes qui s'é-
tonnent que le nom d'un banquier de France, d'Angleterre
ou de tout autre pays ne plane pas au-dessus de la souscrip-
tion. Ajoutons que l'entreprise ne manque ni d'un riche ni
d'un puissant patronage. Elle est placée sous la protection
directe du vice-roi d'Egypte, qui a défrayé l'entreprise de
toutes les dépenses qu'il a fallu faire pour la conduire au
point où elle est arrivée. Ces dépenses dépassent aujourd'hui
deux millions cinq cent mille francs.
» Les explications que nous venons de donner pourraient
s'appliquer, dans une certaine mesure, à la seconde objec-
tion, qui porte sur l'absence d'un conseil d'administration. 1
» Et d'abord, pourquoi un conseil d'administration alors
qu'il n'y a rien encore à administrer? .La souscription est
ouverte; les fonds reçus chaque jour sont versés à la Banque
de France; ils y resteront déposés jusqu'à l'époque où, la
Compagnie étant constituée, le conseil d'administration sera
formé, et décidera lui-même quel sera l'emploi des fonds. *
)) Mais, dira-t-on, si la formation immédiate d'un conseil
d'administration n'était pas nécessaire, n'aurait-elle pas du
moins été utile comme garantie de bonne gestion ultérieure
donnée à ceux qu'on appelle à souscrire des actions ? La ré-
ponse à cette demande est fort simple.
» Il est dit dans les statuts de la Compagnie que le conseil
d'administration sera composé des principaux intéressés choi-
sis dans les diverses nationalités qui auront pris part à l'entre-
prise. Or, comment connaître les intéressés, alors que la,
souscription n'est pas faite? La disposition des statuts que
nous venons de rappeler est très-sage. Dans une entreprise où
tous les peuples peuvent acquérir le droit de se faire repré-
-senter, il est essentiel de réserver l'exercice de ce droit à ceux
qui auront des titres à l'exclusion naturelle de ceux à qui il ne
conviendra pas d'en obtenir.
» Ces observations nous ont paru assez concluantes pour que
nous ayons cru devoir en faire part à nos lecteurs. Nous
souhaitons qu'ils partagent notre conviction, et que la grande
entreprise dont notre compatriote s'est fait l'énergique promo-
teur obtienne tout l'appui qu'une grande manifestation des
capitaux peut lui assurer. « EUGÈNE VASSAL
La Semaine financière, 20 novembre.
"Le mouvement d'opinion qui a suivi l'infatigable promo-
teur du percement de l'isthme de Suez, M. de Lesseps, l'ac-
compagne encore dans la phase toute pratique où est main-
tenant entrée cette grande pensée. La souscription à l'œuvre
du canal s'accomplit dans les conditions qu'on avait dû pré-
voir. Le chiffre des actions souscrites est déjà, dit-on,
considérable. Mais c'est surtout pendant les derniers jours de
la souscription que se produiront les résultats les plus frap-
pants, la plupart des capitalistes ne se souciant pas, et c'est
bien naturel, de laisser improductives durant plusieurs se-
maines les sommes qu'ils auront à verser pour le montant
de leurs actions. Ce n'est donc, suivant nous, qu'à partir de
la semaine prochaine que l'on devra attacher une véritable
importance financière au mouvement des souscriptions du
canal de Suez.
Pour notre compte, nous avons mis nos lecteurs au cou-
rant des éléments sur lesquels repose cette belle affaire. Sans
tomber dans d'inutiles redites, nous nous contenterons de les
résumer succinctement.
» Le canal de Suez est praticable, les autorités européennes
les plus compétentes l'ont proclamé après une étude appro-
fondie.
» Non-seulement le canal est praticable, mais les savants
ingénieurs qui composaient la Commission scientifique ont
étudié avec une rare application et précisé, après les investi-
gations les plus minutieuses, les travaux auxquels il doit don-
ner lieu et le coût de ces travaux.
» Les dépenses de construction ont été estimées à 143 mil-
lions. Il ne saurait y avoir de mécompte dans ce chiffre,
puisqu'il comprend pour des sommes considérables une mul-
titude de travaux accessoires que la Compagnie pourra au
besoin se dispenser d'exécuter, et puisque l'élément le plus
variable, le prix de la main-d'oeuvre, est fixé d'avance par
le traité où le vice-roi d'Egypte s'engage à fournir à un prix
minime (1 fr. par homme et par jour) tous les travailleurs
nécessaires. Au lieu de craindre que les devis ne soient dépas-
fonde sur les bases les plus larges et les plus solides, et qui
est entourée de la confiance et de l'estime publiques.
» -Mais autre chose est de compter sur une association et une
coopération des principales maisons de banque ; autre chose
est de personnifier, dans un des grands noms de la finance,
une affaire qui par son caractère d'universalité ne saurait
être restreinte aux limites d'un seul crédit, si considérable et
si honorable qu'il soit.
» L'affaire de Suez*n'est pas une affaire exclusivement fran-
çaise. Elle doit avoir des ramifications et créer des intérêts
dans le monde entier. Il n'était pas permis de subordonner
ces intérêts, qui peuvent être antipathiques, à une maison
soit française, soit étrangère. Tout le monde connaît d'ailleurs
les rivalités qui divisent entre elles les influences financières.
S'adresser à l'une, c'est s'aliéner toutes les autres. Or, soit dit
sans déprécier l'importance si considérable et le juste crédit
des grandes maisons, une affaire telle que le percement de
l'isthme de Suez, une affaire qui doit réaliser en si peu de
temps un capital de 200 millions, a besoin beaucoup plus du
concours financier de la plupart des grands capitalistes que
de l'appui, même très-dévoué, d'un seul.
» Les représentants accrédités de la haute finance sont tou-
jours timorés, ils redoutent de se mettre en avant, même
dans les affaires les plus sûres et les plus belles, parce que
le succès des entreprises qu'ils patronnent donne la mesure
de leur crédit. Aussi, pour qu'ils sortent de cette réserve
qu'inspire toujours le sentiment de la responsabilité, il faut
l'appât d'un bénéfice brillant et rapide. Ce bénéfice leur est
assuré dans une entreprise si grande et constituée d'une fa-
çon si sérieuse.
» Aussi ils y viendront. L'affluence des petites souscrip-
tions, qui donne à l'affaire des garanties toutes particulières,
non-seulement doit faire évanouir leur réserve, mais éveiller
l'instinct si fier qui les guide dans leurs opérations. Ils n'au-
ront pas besoin d'y mettre du désintéressement, car il y a
de qupi satisfaire dans l'entreprise de Suez la spéculation la
plus ambitieuse. En tout cas, un peu de désintéressement
dans une œuvre si nationale n'eût-il pas été un très-bon cal-
cul, si l'on en avait eu besoin? C'est ce que nous livrons à
l'appréciation générale.
» On ne doit pas s'étonner si le fondateur de l'entreprise,
faisant la part de ces considérations, n'a cru ni de la dignité
ni de l'intérêt de son œuvre d'attendre des appuis qui auraient
pu lui être marchandés, et si de leur côté les grandes nota-
bilités financières de l'Europe, prêtes à concourir à l'entre-
prise dans la mesure qu'elles jugeront utile à leur position et
à leurs intérêts, n'ont pas recherché tout de suite la respon-
sabilité avec les avantages financiers qu'offre l'affaire lors-
qu'elles peuvent avoir les uns sans l'autre, grâce au mode de
souscription adopté.
Voilà ce que nous avions à dire aux personnes qui s'é-
tonnent que le nom d'un banquier de France, d'Angleterre
ou de tout autre pays ne plane pas au-dessus de la souscrip-
tion. Ajoutons que l'entreprise ne manque ni d'un riche ni
d'un puissant patronage. Elle est placée sous la protection
directe du vice-roi d'Egypte, qui a défrayé l'entreprise de
toutes les dépenses qu'il a fallu faire pour la conduire au
point où elle est arrivée. Ces dépenses dépassent aujourd'hui
deux millions cinq cent mille francs.
» Les explications que nous venons de donner pourraient
s'appliquer, dans une certaine mesure, à la seconde objec-
tion, qui porte sur l'absence d'un conseil d'administration. 1
» Et d'abord, pourquoi un conseil d'administration alors
qu'il n'y a rien encore à administrer? .La souscription est
ouverte; les fonds reçus chaque jour sont versés à la Banque
de France; ils y resteront déposés jusqu'à l'époque où, la
Compagnie étant constituée, le conseil d'administration sera
formé, et décidera lui-même quel sera l'emploi des fonds. *
)) Mais, dira-t-on, si la formation immédiate d'un conseil
d'administration n'était pas nécessaire, n'aurait-elle pas du
moins été utile comme garantie de bonne gestion ultérieure
donnée à ceux qu'on appelle à souscrire des actions ? La ré-
ponse à cette demande est fort simple.
» Il est dit dans les statuts de la Compagnie que le conseil
d'administration sera composé des principaux intéressés choi-
sis dans les diverses nationalités qui auront pris part à l'entre-
prise. Or, comment connaître les intéressés, alors que la,
souscription n'est pas faite? La disposition des statuts que
nous venons de rappeler est très-sage. Dans une entreprise où
tous les peuples peuvent acquérir le droit de se faire repré-
-senter, il est essentiel de réserver l'exercice de ce droit à ceux
qui auront des titres à l'exclusion naturelle de ceux à qui il ne
conviendra pas d'en obtenir.
» Ces observations nous ont paru assez concluantes pour que
nous ayons cru devoir en faire part à nos lecteurs. Nous
souhaitons qu'ils partagent notre conviction, et que la grande
entreprise dont notre compatriote s'est fait l'énergique promo-
teur obtienne tout l'appui qu'une grande manifestation des
capitaux peut lui assurer. « EUGÈNE VASSAL
La Semaine financière, 20 novembre.
"Le mouvement d'opinion qui a suivi l'infatigable promo-
teur du percement de l'isthme de Suez, M. de Lesseps, l'ac-
compagne encore dans la phase toute pratique où est main-
tenant entrée cette grande pensée. La souscription à l'œuvre
du canal s'accomplit dans les conditions qu'on avait dû pré-
voir. Le chiffre des actions souscrites est déjà, dit-on,
considérable. Mais c'est surtout pendant les derniers jours de
la souscription que se produiront les résultats les plus frap-
pants, la plupart des capitalistes ne se souciant pas, et c'est
bien naturel, de laisser improductives durant plusieurs se-
maines les sommes qu'ils auront à verser pour le montant
de leurs actions. Ce n'est donc, suivant nous, qu'à partir de
la semaine prochaine que l'on devra attacher une véritable
importance financière au mouvement des souscriptions du
canal de Suez.
Pour notre compte, nous avons mis nos lecteurs au cou-
rant des éléments sur lesquels repose cette belle affaire. Sans
tomber dans d'inutiles redites, nous nous contenterons de les
résumer succinctement.
» Le canal de Suez est praticable, les autorités européennes
les plus compétentes l'ont proclamé après une étude appro-
fondie.
» Non-seulement le canal est praticable, mais les savants
ingénieurs qui composaient la Commission scientifique ont
étudié avec une rare application et précisé, après les investi-
gations les plus minutieuses, les travaux auxquels il doit don-
ner lieu et le coût de ces travaux.
» Les dépenses de construction ont été estimées à 143 mil-
lions. Il ne saurait y avoir de mécompte dans ce chiffre,
puisqu'il comprend pour des sommes considérables une mul-
titude de travaux accessoires que la Compagnie pourra au
besoin se dispenser d'exécuter, et puisque l'élément le plus
variable, le prix de la main-d'oeuvre, est fixé d'avance par
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