Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-08-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 25 août 1858 25 août 1858
Description : 1858/08/25 (A3,N53). 1858/08/25 (A3,N53).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203099r
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
438 L'ISTHME DE SUEZ, MERCREDI 25 AOUT.
concorde et de progrès, et non plus œuvre de défiance et de
haine.
» En politique, il faut compter avec les réalités et non avec
les illusions. Ce sera déjà beaucoup si la France et l'Angle-
terre s'unissent sérieusement en vue de la paix, si les intérêts
anglais parviennent à s'accommoder delà politique généreuse
et désintéressée de la France.
» Nous savons bien que les intérêts britanniques ont tout à
gagner à un état de paix durable et sérieux ; mais ces intérêts
ne sont pas toujours clairvoyants ; ils se laissent aveugler ai-
sément par les susceptibilités les plus puériles et par l'amour-
propre le plus exagéré. Sans doute il y a dans le Royaume-Uni
une grande masse d'hommes sensés qui comprennent que
dans l'état actuel de l'Europe la politique anglaise ne peut
plus être ce qu'elle a été jadis; mais l'être collectif John Bull
n'en est pas là encore : il croit que la domination des mers
doit toujours lui appartenir, que toutes les nations doivent
être ses tributaires.
Qui donc lui fera comprendre que les temps sont chan-
gés ; que son intérêt, au contraire, consiste à pacifier le monde
et non à le dominer? Qui, si ce n'est son gouvernement, c'est-
à-dire la partie la plus éclairée, la plus riche, la plus avancée
de la nation anglaise ?
Oui, Cherbourg, ce sera la paix, si, comme nous en
avons l'espoir, le gouvernement anglais, sans rien abdiquer
de sa force, de sa dignité, de sa puissance, de son patriotisme,
entre dans la voie que la France a tracée; s'il consent à réali-
ser, de concert avec nous, sans arrière-pensée égoïste , le pro-
gramme éclatant des réparations envers les peuples et des
œuvres pacifiques; s'il comprend que son union avec nous est
une association sur le pied d'égalité, non pour exploiter le
monde, mais pour le moraliser; pour faire fleurir la liberté
civile, la liberté de conscience et la liberté politique, et pour
l'enrichir enfin par le travail et par la paix.
» N'allons pas au delà du possible : l'union de la France et
de l'Angleterre, mais l'union sincère , l'union active, l'union
se traduisant par des œuvres, tel est le premier but à at-
teindre.
» A chaque jour suffit sa peine. Que les paroles prononcées
à Cherbourg au bruit du canon des deux escadres pavoisées,
fraternellement mouillées dans la rade, protégées par la même
digue, que ces paroles reçoivent en Angleterre une consécra-
tion officielle, qu'elles donnent lieu à des actes de grande
justice envers les peuples et à des actes pacifiques, ne fût-ce
qu'au percement de l'isthme de Suez, et alors nous pourrons
nous écrier avec confiance : Cherbourg, c'est la paix ! la paix
féconde !
» Sinon les fêtes de Cherbourg n'auront été qu'une mani-
festation stérile , un échange de politesses entre deux souve-
rains , et rien de plus. » Louis JOURDAN.
Pour extraits : ERNEST DESPLACES.
LA QUESTION DE L'OPIUM EN CHINE.
Traduit de la brochure : « Our policy in China ».
(Voir nos numéros des 10 juin 1858 , page 294, eL 10 juillet, page 358.)
Nous avions promis de revenir sur la question de l'o-
pium, telle que nous la trouvons traitée dans la brochure
anonyme anglaise d'où nous avons déjà extrait des ren-
seignements si curieux. Nous la reprenons aujourd'hui en
traduisant presque en entier le chapitre fort intéressant
que l'auteur y consacre. Nous ne voulons pas prendre
parti dans une question si controversée; et, pour se
prononcer en toute connaissance de cause, il faudrait
savoir précisément quels sont les effets hygiéniques que
produit l'opium sur ceux qui en consomment sous la
forme qu'ont adoptée les Chinois.
Déjà nous avons rapporté l'opinion de M. Sinibaldo de
Mas (Voir notre numéro du 10 décembre 1857, p. 531),
qui déclare formellement que l'opium ne fait pas plus
de mal à ceux qui en usent que les liqueurs fortes n'en
produisent parmi nous. M. Sinibaldo de Mas a résidé
cinq ans de suite en Chine; et, comme il savait parfaite-
ment la langue du pays, il a pu se mêler de très-près à
la population qu'il observait.
L'aufeur anonyme a, nous le présumons, habité la
Chine plus longtemps encore, et voici son opinion, qui
est assez conforme à celle de M. Sinibaldo de Mas.
La légalisation du commerce de l'opium, dit l'auteur ano-
nyme de la brochure, est une mesure réclamée avec instance
par les négociants en Chine, et son immoralité vraie
ou fausse a été longtemps un sujet de dénonciations en Angle-
terre, pour des raisons morales et religieuses.
Dans une question si importante et si controversée, il y a
nécessairement une forte quantité d'erreurs; cette part d'er-
reurs est même tellement grande, qu'il est impossible de re-
connaître le véritable état des choses, et qu'un nouvel exposé
des faits est indispensable. J'y apporte une entière impartia-
lité, étant complètement en dehors de ce commerce ou d'autres
intérêts se rattachant à la question de l'opium. En revanche
j'ai beaucoup étudié le sujet et cherché la vérité avec le plus
grand soin.
Il n'y a pas de question concernant la Chine et nos rela-
tions avec ce pays qui ait autant attiré l'attention générale
que le commerce de l'opium et notre intervention active dans
l'approvisionnement de cette marchandise. Elle fut la cause
directe de notre première guerre avec la Chine en 1839, dont
la conséquence fut un changement notable dans les relations
des deux pays. Elle a formé l'objet d'une enquête devant une
commission spéciale de la Chambre des Communes. Comme
question politique d'une grande importance pour toutes nos
relations avec la Chine, elle a souvent occupé l'attention des
divers gouvernements, soit avant, soit après la rupture de
1839. Il reste toujours un grand commerce et un grand fait
à traiter au point de vue du bien et du mal, non par des
déclamations, mais par des faits. Son importance politique est
telle qu'on doit le placer au premier rang des objets d'une
grave considération et d'un arrangement difficile, attaquée
parmi nous par des raisons hygiéniques, par les dénoncia-
teurs de tous les stimulants, et surtout les stimulants nar-
cotiques , les plus dangereux de tous, attaquée aussi par des
raisons morales et religieuses par les missionnaires et leurs
amis, elle est toujours la question controversée à Exeter -Hall,
une arme offensive entre les mains des censeurs continentaux
de notre moralité et de notre politique nationale; c'est une
source permanente d'opprobres et de difficultés sur les côtes
de Chine.
Cela suffit donc à démontrer quelle matière il y a là pour
un résumé clair et impartial de tous les faits; et combien est
urgente la nécessité de prendre en considération la portée
réelle de la question, par rapport à nos relations et à nos in-
térêts dans le temps actuel.
concorde et de progrès, et non plus œuvre de défiance et de
haine.
» En politique, il faut compter avec les réalités et non avec
les illusions. Ce sera déjà beaucoup si la France et l'Angle-
terre s'unissent sérieusement en vue de la paix, si les intérêts
anglais parviennent à s'accommoder delà politique généreuse
et désintéressée de la France.
» Nous savons bien que les intérêts britanniques ont tout à
gagner à un état de paix durable et sérieux ; mais ces intérêts
ne sont pas toujours clairvoyants ; ils se laissent aveugler ai-
sément par les susceptibilités les plus puériles et par l'amour-
propre le plus exagéré. Sans doute il y a dans le Royaume-Uni
une grande masse d'hommes sensés qui comprennent que
dans l'état actuel de l'Europe la politique anglaise ne peut
plus être ce qu'elle a été jadis; mais l'être collectif John Bull
n'en est pas là encore : il croit que la domination des mers
doit toujours lui appartenir, que toutes les nations doivent
être ses tributaires.
Qui donc lui fera comprendre que les temps sont chan-
gés ; que son intérêt, au contraire, consiste à pacifier le monde
et non à le dominer? Qui, si ce n'est son gouvernement, c'est-
à-dire la partie la plus éclairée, la plus riche, la plus avancée
de la nation anglaise ?
Oui, Cherbourg, ce sera la paix, si, comme nous en
avons l'espoir, le gouvernement anglais, sans rien abdiquer
de sa force, de sa dignité, de sa puissance, de son patriotisme,
entre dans la voie que la France a tracée; s'il consent à réali-
ser, de concert avec nous, sans arrière-pensée égoïste , le pro-
gramme éclatant des réparations envers les peuples et des
œuvres pacifiques; s'il comprend que son union avec nous est
une association sur le pied d'égalité, non pour exploiter le
monde, mais pour le moraliser; pour faire fleurir la liberté
civile, la liberté de conscience et la liberté politique, et pour
l'enrichir enfin par le travail et par la paix.
» N'allons pas au delà du possible : l'union de la France et
de l'Angleterre, mais l'union sincère , l'union active, l'union
se traduisant par des œuvres, tel est le premier but à at-
teindre.
» A chaque jour suffit sa peine. Que les paroles prononcées
à Cherbourg au bruit du canon des deux escadres pavoisées,
fraternellement mouillées dans la rade, protégées par la même
digue, que ces paroles reçoivent en Angleterre une consécra-
tion officielle, qu'elles donnent lieu à des actes de grande
justice envers les peuples et à des actes pacifiques, ne fût-ce
qu'au percement de l'isthme de Suez, et alors nous pourrons
nous écrier avec confiance : Cherbourg, c'est la paix ! la paix
féconde !
» Sinon les fêtes de Cherbourg n'auront été qu'une mani-
festation stérile , un échange de politesses entre deux souve-
rains , et rien de plus. » Louis JOURDAN.
Pour extraits : ERNEST DESPLACES.
LA QUESTION DE L'OPIUM EN CHINE.
Traduit de la brochure : « Our policy in China ».
(Voir nos numéros des 10 juin 1858 , page 294, eL 10 juillet, page 358.)
Nous avions promis de revenir sur la question de l'o-
pium, telle que nous la trouvons traitée dans la brochure
anonyme anglaise d'où nous avons déjà extrait des ren-
seignements si curieux. Nous la reprenons aujourd'hui en
traduisant presque en entier le chapitre fort intéressant
que l'auteur y consacre. Nous ne voulons pas prendre
parti dans une question si controversée; et, pour se
prononcer en toute connaissance de cause, il faudrait
savoir précisément quels sont les effets hygiéniques que
produit l'opium sur ceux qui en consomment sous la
forme qu'ont adoptée les Chinois.
Déjà nous avons rapporté l'opinion de M. Sinibaldo de
Mas (Voir notre numéro du 10 décembre 1857, p. 531),
qui déclare formellement que l'opium ne fait pas plus
de mal à ceux qui en usent que les liqueurs fortes n'en
produisent parmi nous. M. Sinibaldo de Mas a résidé
cinq ans de suite en Chine; et, comme il savait parfaite-
ment la langue du pays, il a pu se mêler de très-près à
la population qu'il observait.
L'aufeur anonyme a, nous le présumons, habité la
Chine plus longtemps encore, et voici son opinion, qui
est assez conforme à celle de M. Sinibaldo de Mas.
La légalisation du commerce de l'opium, dit l'auteur ano-
nyme de la brochure, est une mesure réclamée avec instance
par les négociants en Chine, et son immoralité vraie
ou fausse a été longtemps un sujet de dénonciations en Angle-
terre, pour des raisons morales et religieuses.
Dans une question si importante et si controversée, il y a
nécessairement une forte quantité d'erreurs; cette part d'er-
reurs est même tellement grande, qu'il est impossible de re-
connaître le véritable état des choses, et qu'un nouvel exposé
des faits est indispensable. J'y apporte une entière impartia-
lité, étant complètement en dehors de ce commerce ou d'autres
intérêts se rattachant à la question de l'opium. En revanche
j'ai beaucoup étudié le sujet et cherché la vérité avec le plus
grand soin.
Il n'y a pas de question concernant la Chine et nos rela-
tions avec ce pays qui ait autant attiré l'attention générale
que le commerce de l'opium et notre intervention active dans
l'approvisionnement de cette marchandise. Elle fut la cause
directe de notre première guerre avec la Chine en 1839, dont
la conséquence fut un changement notable dans les relations
des deux pays. Elle a formé l'objet d'une enquête devant une
commission spéciale de la Chambre des Communes. Comme
question politique d'une grande importance pour toutes nos
relations avec la Chine, elle a souvent occupé l'attention des
divers gouvernements, soit avant, soit après la rupture de
1839. Il reste toujours un grand commerce et un grand fait
à traiter au point de vue du bien et du mal, non par des
déclamations, mais par des faits. Son importance politique est
telle qu'on doit le placer au premier rang des objets d'une
grave considération et d'un arrangement difficile, attaquée
parmi nous par des raisons hygiéniques, par les dénoncia-
teurs de tous les stimulants, et surtout les stimulants nar-
cotiques , les plus dangereux de tous, attaquée aussi par des
raisons morales et religieuses par les missionnaires et leurs
amis, elle est toujours la question controversée à Exeter -Hall,
une arme offensive entre les mains des censeurs continentaux
de notre moralité et de notre politique nationale; c'est une
source permanente d'opprobres et de difficultés sur les côtes
de Chine.
Cela suffit donc à démontrer quelle matière il y a là pour
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