Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-08-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 août 1858 25 août 1858
Description : 1858/08/25 (A3,N53). 1858/08/25 (A3,N53).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203099r
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
432 L'ISTHME DE SUEZ, MERCREDI 25 AOUT.
un but d'utilité aussi générale que celui qui est en ce mo-
ment poursuivi par le gouvernement égyptien.
Veuillez agréer, monsieur le consul général, les assurances
de ma haute considération.
Le ministre des affaires étrangères
Signé : CHÉRIFF-PACHA.
P. S. Au moment d'expédier la dépêche qui précède, est
parvenue au ministère une nouvelle communication de l'in-
tendance sanitaire de laquelle il résulte qu'en raison du cas
survenu à bord du bâtiment anglais Pactolus, les provenances
de Tanger, Gibraltar et Malte, par décision du 3 courant,
seront soumises à une quarantaine de dix jours, avec dé-
barquement au lazaret des marchandises et des passagers.
CHÉRIFF- PACHA.
Alexandrie, 10 août 1858.
Depuis ma dernière lettre du 3 courant, l'état de la santé
publique du pays a été la préoccupation la plus sérieuse. Rien
de fâcheux jusqu'à présent n'est venu toutefois effrayer la po-
pulation, et on peut même dire que la santé publique n'a ja-
mais été meilleure pour l'intérieur. Mais une infraction aux
règlements sanitaires, d'autant plus regrettable qu'elle a été
commise par le médecin sanitaire du gouvernement français,
a changé la nature des patentes qui sont actuellement brutes.
Voici le fait.
Un des passagers du bâtiment arrivé dernièrement de Ben-
gazi, lequel passager avait été, comme les autres, débarqué au
lazaret, étant tombé malade le 7 de ce mois, une commission
de médecins fut envoyée pour examiner son état. Les opinions
avaient été partagées sur la nature de la maladie; les précau-
tions d'usage avaient été, du reste, parfaitement prises. Après
la visite, tous les médecins partirent, à l'exception d'un seul,
M. Schnepp, médecin sanitaire français, qui, ne croyant pas
à l'existence de la maladie, ne se fit, à ce qu'il paraît, aucun
scrupule de toucher le malade. M. Helmas-Aga, directeur du
lazaret, qui avait eu connaissance de la conduite du mé-
decin français, après le départ de ses collègues, eut la faiblesse
de ne pas oser retenir en quarantaine M. Schnepp, qui sortit
et rentra en ville comme si de rien n'était.
Le lendemain, 8, le malade en question mourut. Aussitôt la
même commission de médecins se rendit au lazaret pour
pratiquer l'autopsie. M. Henricy-Bey, président de l'inten-
dance, accompagnait la commission.
Pendant qu'on faisait l'autopsie, on entendit de grands cris,
et on apprit bientôt que M. Helmas-Aga, poursuivi par le re-
mords de sa faiblesse de la veille, venait de se tirer un coup
de pistolet dans la tête pour expier, avait-il écrit, sa faute.
Chacun était accouru auprès de M. Helmas(dont heureuse-
ment on espère que la blessure ne sera pas mortelle). Ce mal-
heureux fonctionnaire déclara alors ce qui avait eu lieu au
lazaret, et M. Schnepp, présent comme les autres, convint
que le fait était vrai.
Sur un rapport de M. Henricy-Bey, le Ministre des Affaires
étrangères a adressé au corps consulaire une circulaire dont
voici copie. En attendant, le pays étant compromis par suite
de l'imprudence dont je viens de vous parler, les patentes ont
dû naturellement ne plus être délivrées nettes, au grand pré-
judice du commerce et des voyageurs.
Mais, je vous le répète, la santé publique à l'intérieur est
parfaite.
Le bateau anglais vient d'arriver avec les dépêches pour les
Indes; ce navire, n'ayant pas communiqué avec Matte , a dé-
barqué ses passagers en libre pratique,
On n'a reçu aucune nouvelle de Djeddah. Mais on attend à
chaque instant le bateau de la Compagnie Medjidié.le Gabari,
qui a, comme je vous l'ai dit, transporté à Djeddah le commis-
saire turc, son état-major et les troupes égyptiennes.
Le Vice-roi est monté depuis quelques jours dans la haute
Égypte, où il compte rester jusqu'au moment de la coupure
du kalidj, qui est l'occasion, chaque année, d'une grande fête
religieuse et populaire. On s'accorde à regarder le Nil comme
ayant été satisfaisant et promettant une récolte très-passable.
Alexandrie, le 9 août 1858.
MONSIEUR LE CONSUL GÉNÉRAL,
Des infractions au règlement sanitaire ayant été commises,
il en est résulté une modification à la situation du pays, par
suite de laquelle M. le président de l'intendance m'a annoncé
qu'il devait être statué par le conseil sur les conséquences de
ce nouvel état.
En attendant la décision qui sera prise très-incessamment,
la délivrance des patentes, telles qu'elles étaient données an-
térieurement, demeure suspendue.
Veuillez agréer, etc.
Signé Le ministre des affaires étrangères,
CHÉRIF-PACHA.
Pour extraits, ERXEST DESPLACES.
REVUE DE LA PRESSE.
Le Railway-Times du 7 août, dans son article consacré au
canal de Suez, parle de la réception chaleureuse dont M. de
Lesseps a été l'objet lors de son séjour à Alexandrie. Il rend
compte ensuite de la nouvelle ligne télégraphique d'Angleterre
aux Indes (par la mer Rouge), et il cite à cette occasion un
article du Joint-Stock-Ledger, duquel nous extrayons les pas-
sages suivants:
«La future pacification des Indes sera due en grande partie
à la Compagnie Péninsulaire et Orientale, et la guerre
comme le commerce profiteront également des avantages
qu'elle offre à tous deux. D'autres entreprises s'ensuivront
nécessairement. Les commerçants découvriront quels retards et
dangers leur impose la route autour du Cap. Ils en chercheront
une qui, grâce à l'établissement d'une ligne télégraphique, leur
permettra d'avoir souvent des nouvelles de leurs vaisseaux.
Alors les avantages de la route par le canal de Suez devien-
dront plus apparents que jamais; et si les services de ce canal
pouvaient alors être bien assurés, cela serait le meilleur
moyen de tranquilliser, de coloniser, de civiliser et de conver-
tir les Indes. )
Le Railway-Times discute aussi la lettre de M. Stéphenson
à M. de Négrelli, en la citant tout entière. Il blâme M. Sté-
phenson de passer sous silence les travaux de la Commission
internationale, et l'importance que, d'un autre côté, il donne
aux travaux du capitaine Spratt; il fait remarquer que l'au-
teur de la lettre a trop peu visité et exploré les lieux, sur l'é-
tat desquels roule la question, pour pouvoir la résoudre d'une
manière satisfaisante.
Le Railway-Times du 14août revient sur M. Milner Gibson,
comme il est revenu sur M. Roebuck et M. Gladstone, à propos
de la discussion sur le canal de Suez.
Le Daily-News du 9 août se félicite du succès que vient d'ob-
tenir la pose du câble transatlantique; et il ajoute :
« Nous croyons qu'une ligne télégraphique directe sous-
marine pour les Indes, ne passant pas par un pays étranger,
un but d'utilité aussi générale que celui qui est en ce mo-
ment poursuivi par le gouvernement égyptien.
Veuillez agréer, monsieur le consul général, les assurances
de ma haute considération.
Le ministre des affaires étrangères
Signé : CHÉRIFF-PACHA.
P. S. Au moment d'expédier la dépêche qui précède, est
parvenue au ministère une nouvelle communication de l'in-
tendance sanitaire de laquelle il résulte qu'en raison du cas
survenu à bord du bâtiment anglais Pactolus, les provenances
de Tanger, Gibraltar et Malte, par décision du 3 courant,
seront soumises à une quarantaine de dix jours, avec dé-
barquement au lazaret des marchandises et des passagers.
CHÉRIFF- PACHA.
Alexandrie, 10 août 1858.
Depuis ma dernière lettre du 3 courant, l'état de la santé
publique du pays a été la préoccupation la plus sérieuse. Rien
de fâcheux jusqu'à présent n'est venu toutefois effrayer la po-
pulation, et on peut même dire que la santé publique n'a ja-
mais été meilleure pour l'intérieur. Mais une infraction aux
règlements sanitaires, d'autant plus regrettable qu'elle a été
commise par le médecin sanitaire du gouvernement français,
a changé la nature des patentes qui sont actuellement brutes.
Voici le fait.
Un des passagers du bâtiment arrivé dernièrement de Ben-
gazi, lequel passager avait été, comme les autres, débarqué au
lazaret, étant tombé malade le 7 de ce mois, une commission
de médecins fut envoyée pour examiner son état. Les opinions
avaient été partagées sur la nature de la maladie; les précau-
tions d'usage avaient été, du reste, parfaitement prises. Après
la visite, tous les médecins partirent, à l'exception d'un seul,
M. Schnepp, médecin sanitaire français, qui, ne croyant pas
à l'existence de la maladie, ne se fit, à ce qu'il paraît, aucun
scrupule de toucher le malade. M. Helmas-Aga, directeur du
lazaret, qui avait eu connaissance de la conduite du mé-
decin français, après le départ de ses collègues, eut la faiblesse
de ne pas oser retenir en quarantaine M. Schnepp, qui sortit
et rentra en ville comme si de rien n'était.
Le lendemain, 8, le malade en question mourut. Aussitôt la
même commission de médecins se rendit au lazaret pour
pratiquer l'autopsie. M. Henricy-Bey, président de l'inten-
dance, accompagnait la commission.
Pendant qu'on faisait l'autopsie, on entendit de grands cris,
et on apprit bientôt que M. Helmas-Aga, poursuivi par le re-
mords de sa faiblesse de la veille, venait de se tirer un coup
de pistolet dans la tête pour expier, avait-il écrit, sa faute.
Chacun était accouru auprès de M. Helmas(dont heureuse-
ment on espère que la blessure ne sera pas mortelle). Ce mal-
heureux fonctionnaire déclara alors ce qui avait eu lieu au
lazaret, et M. Schnepp, présent comme les autres, convint
que le fait était vrai.
Sur un rapport de M. Henricy-Bey, le Ministre des Affaires
étrangères a adressé au corps consulaire une circulaire dont
voici copie. En attendant, le pays étant compromis par suite
de l'imprudence dont je viens de vous parler, les patentes ont
dû naturellement ne plus être délivrées nettes, au grand pré-
judice du commerce et des voyageurs.
Mais, je vous le répète, la santé publique à l'intérieur est
parfaite.
Le bateau anglais vient d'arriver avec les dépêches pour les
Indes; ce navire, n'ayant pas communiqué avec Matte , a dé-
barqué ses passagers en libre pratique,
On n'a reçu aucune nouvelle de Djeddah. Mais on attend à
chaque instant le bateau de la Compagnie Medjidié.le Gabari,
qui a, comme je vous l'ai dit, transporté à Djeddah le commis-
saire turc, son état-major et les troupes égyptiennes.
Le Vice-roi est monté depuis quelques jours dans la haute
Égypte, où il compte rester jusqu'au moment de la coupure
du kalidj, qui est l'occasion, chaque année, d'une grande fête
religieuse et populaire. On s'accorde à regarder le Nil comme
ayant été satisfaisant et promettant une récolte très-passable.
Alexandrie, le 9 août 1858.
MONSIEUR LE CONSUL GÉNÉRAL,
Des infractions au règlement sanitaire ayant été commises,
il en est résulté une modification à la situation du pays, par
suite de laquelle M. le président de l'intendance m'a annoncé
qu'il devait être statué par le conseil sur les conséquences de
ce nouvel état.
En attendant la décision qui sera prise très-incessamment,
la délivrance des patentes, telles qu'elles étaient données an-
térieurement, demeure suspendue.
Veuillez agréer, etc.
Signé Le ministre des affaires étrangères,
CHÉRIF-PACHA.
Pour extraits, ERXEST DESPLACES.
REVUE DE LA PRESSE.
Le Railway-Times du 7 août, dans son article consacré au
canal de Suez, parle de la réception chaleureuse dont M. de
Lesseps a été l'objet lors de son séjour à Alexandrie. Il rend
compte ensuite de la nouvelle ligne télégraphique d'Angleterre
aux Indes (par la mer Rouge), et il cite à cette occasion un
article du Joint-Stock-Ledger, duquel nous extrayons les pas-
sages suivants:
«La future pacification des Indes sera due en grande partie
à la Compagnie Péninsulaire et Orientale, et la guerre
comme le commerce profiteront également des avantages
qu'elle offre à tous deux. D'autres entreprises s'ensuivront
nécessairement. Les commerçants découvriront quels retards et
dangers leur impose la route autour du Cap. Ils en chercheront
une qui, grâce à l'établissement d'une ligne télégraphique, leur
permettra d'avoir souvent des nouvelles de leurs vaisseaux.
Alors les avantages de la route par le canal de Suez devien-
dront plus apparents que jamais; et si les services de ce canal
pouvaient alors être bien assurés, cela serait le meilleur
moyen de tranquilliser, de coloniser, de civiliser et de conver-
tir les Indes. )
Le Railway-Times discute aussi la lettre de M. Stéphenson
à M. de Négrelli, en la citant tout entière. Il blâme M. Sté-
phenson de passer sous silence les travaux de la Commission
internationale, et l'importance que, d'un autre côté, il donne
aux travaux du capitaine Spratt; il fait remarquer que l'au-
teur de la lettre a trop peu visité et exploré les lieux, sur l'é-
tat desquels roule la question, pour pouvoir la résoudre d'une
manière satisfaisante.
Le Railway-Times du 14août revient sur M. Milner Gibson,
comme il est revenu sur M. Roebuck et M. Gladstone, à propos
de la discussion sur le canal de Suez.
Le Daily-News du 9 août se félicite du succès que vient d'ob-
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