Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-05-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 mai 1858 10 mai 1858
Description : 1858/05/10 (A3,N46). 1858/05/10 (A3,N46).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203092v
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
- LuriDI 10 MAI. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 243
de même pour la lettre du Daily-News sur la Syrie, et le troi-
sième donne le travail-de M. F. Gisborne sur le télégraphe
par la mer Rouge. Nous reviendrons sur ces articles, que nous
ne pouvons reproduire aujourd'hui.
Nous empruntons à un article delà Gazette de Cologne, in-
titulé les Anglais en Asie, le passage suivant, qui concerne le
canal de Suez :
« L'île Périm, occupée et fortifiée par les Anglais, est
faite pour former le troisième anneau important de la redou-
table chaîne de forteresses par laquelle l'Angleterre peut fer-
mer la route de l'Inde à tout rival européen. Ainsi que l'oc-
cupation de Gibraltar et celle de Malle, la fortification de
Périm est un événement important dans l'histoire du dévelop-
pement de la puissance maritime anglaise. Quant à la question
de droit, il faut faire remarquer que le traité de Paris garantit
l'intégrité de tout l'empire turc, non pas seulement de la
Turquie d'Europe, comme certains journaux l'ont prétendu;
mais il ne saurait guère être constaté que la Porte ait jamais
été en possession réelle de cette île, tandis que les Anglais y
plantent leur pavillon pour la deuxième fois déjà. Que cette
occupation ait lieu pour contre-balancer, comme on le donne
à entendre, l'influence croissante des Français en Egypte, il
est certain que la nation anglaise ne pardonnerait jamais à
un premier ministre de négliger, dans les circontances ac-
tuelles, les moindres choses propres à diminuer les inquié-
tudes peut-être exagérées des possesseurs de papier indien.
» Si le canal de Suez a réellement et comme nous le croyons
autant d'avantages sur un chemin de fer que le prétendent les
promoteurs du canal, il se fera assurément; car des intérêts
commerciaux et politiques reconnus urgents et évidents sont
plus forts qu'un premier ministre anglais. Mais l'occupation
de Périm n'est-elle pas de fait la confirmation de ce que lord
Palmerston n'a aucunement méconnu : l'importance de la
voie maritime par la mer Rouge? En homme d'État expéri-
menté, il n'a voulu rien faire pour le canal avant que l'An-
gleterre tînt la clef de la mer Rouge; en homme d'Etat
expérimenté, il se sera également convaincu que la Porte, si
elle peut établir son droit, finirait par se contenter d'une in-
demnité quelconque. Le Sultan n'a jamais pu entretenir une
police suffisante dans la mer Rouge, ou seulement assurer
partout sa souveraineté; voilà pourquoi l'île Périm a toujours
été considérée tantôt comme appartenant au Sultan ou à l'iman
de Mascate, tantôt comme n'appartenant à personne. »
La Gazette de Cologne du 26 avril publie un article de
M. Szarvady que nous résumons : « Rien n'est changé dans la
situation de l'affaire du canal, dit M. Szarvady, depuis les
interpellations de M. Griffith; en Angleterre aussi bien qu'à
Constantinople tout reste en l'état, et tout est faux dans ce
qui a été publié par certains journaux sur une prétendue
intervention d'e M. de Thouvenel ou sur le départ de M. de
Lesseps.
» Le langage des feuilles anglaises prouve la justesse de ce
que nous avons dit dans un article antérieur : le moment
n'est pas venu pour des démarches plus énergiques à faire en
Angleterre en faveur d'une entreprise qualiGée à tort d'entre-
prise française; il faut laisser passer l'irritation publique , et
avoir patience.
» Mais tandis que nous supportons ce qui est inévitable et
que nous tenons compte de tout ce qui met la presse anglaise
de mauvaise humeur, nous souhaitons, d'un autre côté, que
le Times ait au moins de meilleurs arguments; on dirait, avec
le Charivari, que l'impossibilité de l'exécution est démontrée
par cette seule circonstance que le Times ne l'a pas encore
fait à son propre compte. De même il est inadmissible de pré*
ter un caractère exclusivement français à une entreprise qui
promet de conquérir à la civilisation européenne plusieurs
centaines de millions d'Asiatiques. Les Anglais ont montra
dans l'Inde que cette tâche était trop lourde pour eux seuls.
L'Europe ne se laissera pas toujours restreindre dans son ex-
pansion par l'Angleterre, et quoique des malentendus polit-
tiques aient donné au Cabinet anglais un moment de répit de
le part des gouvernements d'Europe, cela ne pourra pas du-
rer éternellement.
» D'un autre côté, on conteste les revenus probables de
l'entreprise; quand il sera temps on donnera, quoiqu'on les ait
déjà plusieurs fois donnés, des chiffres détaillés et indubitables
à cet égard. Cependant lorsqu'il s'agit d'une entreprise aussi
importante, le revenu immédiat est une -question très-secon-
daire. Les capitalistes qui veulent y placer leur argent ont un
grand intérêt à être éclairés sur ce point, et nous le répétons,
cet éclaircissement leur a été et leur sera donné; mais nous
sommes persuadés que si même le canal n'était pas financiè-
rement parlant une bonne affaire, l'entreprise n'échouerait
pas faute de capitaux.
» Il est inutile de compliquer encore la question. Les amis
du canal ont d'abord à vaincre les obstacles venant d'Angle-
terre ; le reste se fera de soi-même et la question du revenu ne
manquera pas d'être traitée par toute la presse européenne,
avec toute la profondeur désirable. Il y aura toujours des
gens qui douteront d'un revenu suffisant, aussi bien qu'il y a
encore des gens qui doutent de la possibilité de l'exécution.
Si un ingénieur de la renommée de M. Stephenson se permet
de dire à la face du monde que le canal est matériellement
impossible, pourquoi un financier hésitera-t-il à déclarer et à
démontrer que le canal est aussi une mauvaise spécula-
tion ? )
La Gazette de Cologne reproduit ensuite notre article sur
la politique du cabinet Derby, la lettre de M. Lange au comte
de Malmesbury et la seconde lettre sur la mer Rouge donnée
dans notre numéro du 25 avril.
La Gazeta de los caminos de Hierro de Madrid, en ren-
dant compte de la réponse de M. Disraëli aux interpellations
de M. Griffith, fait les observations suivantes : « Nous croyons
qu'il est ridicule de s'occuper plus longtemps encore de la vo-
lonté de l'Angleterre; si le gouvernement anglais s'oppose à
l'exécution du canal, l'Europe entière devrait surmonter cette
opposition par un accord unanime, et quant aux capitaux
nécessaires à l'entreprise , que l'Angleterre garde les siens ;
les autres nations de l'Europe sont assez riches pour exécuter
le canal à elles seules. »
Le Bollettino delf Istmo di Suez du 15 avril reproduit le
compte rendu du Times sur les interpellations de M. Griffith
et la réponse de M. Disraëli, ainsi que l'article du Constitu-
tionnel concernant le même sujet ; et dans un article original
il démontre la nature peu sérieuse des arguments de M. Dis-
raëli et les dangers de la politique anglaise, qui est en contra-
diction évidente avec les principes de liberté, adoptés en
premier lieu par l'Angleterre dans les relations commerciales
entre les diverses nations. Le Bollettino espère que les ques-
tions du canal et de l'île Périm seront portées devant le con-
grès de Paris, pour y être résolues dans un sens conforme
aux intérêts de l'Europe et de l'humanité entière.
Il reproduit ensuite un article de la Rivista euganea du
25 mars 1858, qui touche un côté pratique de la question que
l'on a presque entièrement négligé jusqu'aujourd'hui, le côté
de même pour la lettre du Daily-News sur la Syrie, et le troi-
sième donne le travail-de M. F. Gisborne sur le télégraphe
par la mer Rouge. Nous reviendrons sur ces articles, que nous
ne pouvons reproduire aujourd'hui.
Nous empruntons à un article delà Gazette de Cologne, in-
titulé les Anglais en Asie, le passage suivant, qui concerne le
canal de Suez :
« L'île Périm, occupée et fortifiée par les Anglais, est
faite pour former le troisième anneau important de la redou-
table chaîne de forteresses par laquelle l'Angleterre peut fer-
mer la route de l'Inde à tout rival européen. Ainsi que l'oc-
cupation de Gibraltar et celle de Malle, la fortification de
Périm est un événement important dans l'histoire du dévelop-
pement de la puissance maritime anglaise. Quant à la question
de droit, il faut faire remarquer que le traité de Paris garantit
l'intégrité de tout l'empire turc, non pas seulement de la
Turquie d'Europe, comme certains journaux l'ont prétendu;
mais il ne saurait guère être constaté que la Porte ait jamais
été en possession réelle de cette île, tandis que les Anglais y
plantent leur pavillon pour la deuxième fois déjà. Que cette
occupation ait lieu pour contre-balancer, comme on le donne
à entendre, l'influence croissante des Français en Egypte, il
est certain que la nation anglaise ne pardonnerait jamais à
un premier ministre de négliger, dans les circontances ac-
tuelles, les moindres choses propres à diminuer les inquié-
tudes peut-être exagérées des possesseurs de papier indien.
» Si le canal de Suez a réellement et comme nous le croyons
autant d'avantages sur un chemin de fer que le prétendent les
promoteurs du canal, il se fera assurément; car des intérêts
commerciaux et politiques reconnus urgents et évidents sont
plus forts qu'un premier ministre anglais. Mais l'occupation
de Périm n'est-elle pas de fait la confirmation de ce que lord
Palmerston n'a aucunement méconnu : l'importance de la
voie maritime par la mer Rouge? En homme d'État expéri-
menté, il n'a voulu rien faire pour le canal avant que l'An-
gleterre tînt la clef de la mer Rouge; en homme d'Etat
expérimenté, il se sera également convaincu que la Porte, si
elle peut établir son droit, finirait par se contenter d'une in-
demnité quelconque. Le Sultan n'a jamais pu entretenir une
police suffisante dans la mer Rouge, ou seulement assurer
partout sa souveraineté; voilà pourquoi l'île Périm a toujours
été considérée tantôt comme appartenant au Sultan ou à l'iman
de Mascate, tantôt comme n'appartenant à personne. »
La Gazette de Cologne du 26 avril publie un article de
M. Szarvady que nous résumons : « Rien n'est changé dans la
situation de l'affaire du canal, dit M. Szarvady, depuis les
interpellations de M. Griffith; en Angleterre aussi bien qu'à
Constantinople tout reste en l'état, et tout est faux dans ce
qui a été publié par certains journaux sur une prétendue
intervention d'e M. de Thouvenel ou sur le départ de M. de
Lesseps.
» Le langage des feuilles anglaises prouve la justesse de ce
que nous avons dit dans un article antérieur : le moment
n'est pas venu pour des démarches plus énergiques à faire en
Angleterre en faveur d'une entreprise qualiGée à tort d'entre-
prise française; il faut laisser passer l'irritation publique , et
avoir patience.
» Mais tandis que nous supportons ce qui est inévitable et
que nous tenons compte de tout ce qui met la presse anglaise
de mauvaise humeur, nous souhaitons, d'un autre côté, que
le Times ait au moins de meilleurs arguments; on dirait, avec
le Charivari, que l'impossibilité de l'exécution est démontrée
par cette seule circonstance que le Times ne l'a pas encore
fait à son propre compte. De même il est inadmissible de pré*
ter un caractère exclusivement français à une entreprise qui
promet de conquérir à la civilisation européenne plusieurs
centaines de millions d'Asiatiques. Les Anglais ont montra
dans l'Inde que cette tâche était trop lourde pour eux seuls.
L'Europe ne se laissera pas toujours restreindre dans son ex-
pansion par l'Angleterre, et quoique des malentendus polit-
tiques aient donné au Cabinet anglais un moment de répit de
le part des gouvernements d'Europe, cela ne pourra pas du-
rer éternellement.
» D'un autre côté, on conteste les revenus probables de
l'entreprise; quand il sera temps on donnera, quoiqu'on les ait
déjà plusieurs fois donnés, des chiffres détaillés et indubitables
à cet égard. Cependant lorsqu'il s'agit d'une entreprise aussi
importante, le revenu immédiat est une -question très-secon-
daire. Les capitalistes qui veulent y placer leur argent ont un
grand intérêt à être éclairés sur ce point, et nous le répétons,
cet éclaircissement leur a été et leur sera donné; mais nous
sommes persuadés que si même le canal n'était pas financiè-
rement parlant une bonne affaire, l'entreprise n'échouerait
pas faute de capitaux.
» Il est inutile de compliquer encore la question. Les amis
du canal ont d'abord à vaincre les obstacles venant d'Angle-
terre ; le reste se fera de soi-même et la question du revenu ne
manquera pas d'être traitée par toute la presse européenne,
avec toute la profondeur désirable. Il y aura toujours des
gens qui douteront d'un revenu suffisant, aussi bien qu'il y a
encore des gens qui doutent de la possibilité de l'exécution.
Si un ingénieur de la renommée de M. Stephenson se permet
de dire à la face du monde que le canal est matériellement
impossible, pourquoi un financier hésitera-t-il à déclarer et à
démontrer que le canal est aussi une mauvaise spécula-
tion ? )
La Gazette de Cologne reproduit ensuite notre article sur
la politique du cabinet Derby, la lettre de M. Lange au comte
de Malmesbury et la seconde lettre sur la mer Rouge donnée
dans notre numéro du 25 avril.
La Gazeta de los caminos de Hierro de Madrid, en ren-
dant compte de la réponse de M. Disraëli aux interpellations
de M. Griffith, fait les observations suivantes : « Nous croyons
qu'il est ridicule de s'occuper plus longtemps encore de la vo-
lonté de l'Angleterre; si le gouvernement anglais s'oppose à
l'exécution du canal, l'Europe entière devrait surmonter cette
opposition par un accord unanime, et quant aux capitaux
nécessaires à l'entreprise , que l'Angleterre garde les siens ;
les autres nations de l'Europe sont assez riches pour exécuter
le canal à elles seules. »
Le Bollettino delf Istmo di Suez du 15 avril reproduit le
compte rendu du Times sur les interpellations de M. Griffith
et la réponse de M. Disraëli, ainsi que l'article du Constitu-
tionnel concernant le même sujet ; et dans un article original
il démontre la nature peu sérieuse des arguments de M. Dis-
raëli et les dangers de la politique anglaise, qui est en contra-
diction évidente avec les principes de liberté, adoptés en
premier lieu par l'Angleterre dans les relations commerciales
entre les diverses nations. Le Bollettino espère que les ques-
tions du canal et de l'île Périm seront portées devant le con-
grès de Paris, pour y être résolues dans un sens conforme
aux intérêts de l'Europe et de l'humanité entière.
Il reproduit ensuite un article de la Rivista euganea du
25 mars 1858, qui touche un côté pratique de la question que
l'on a presque entièrement négligé jusqu'aujourd'hui, le côté
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.83%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.83%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 27/32
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6203092v/f27.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6203092v/f27.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6203092v/f27.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6203092v
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6203092v
Facebook
Twitter