Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-04-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 avril 1858 10 avril 1858
Description : 1858/04/10 (A3,N44). 1858/04/10 (A3,N44).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62030901
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
SAMEDI 10 AVRIL. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 181
sons plus loin un passage remarquable sur le canal de Suez.
Ces belles paroles dans la bouche du président d'une société,
dont le but est aussi de créer-de nouvelles relations entre les
peuples, nous paraissent d'autant plus de circonstance, que
les paroles d'un ministre-étranger, dictées par l'intérêt parti-
culier, viennent encore entraver une entreprise qui est plus
que toute autre un élément de civilisation universelle. Voici
le passage dont nous parlons :
« Le vrai, le suprême caractère de ce siècle; du siècle de
la navigation à vapeur et des chemins de fer qui abrègent
toutes les distances, et du télégraphe qui les annule ; du siècle
des expositions universelles ; c'est l'union de tous les hommes,
la fusion de tous les intérêts, la solidarité de tous les peuples,
par les merveilles de la science et de l'industrie que vivi-
fient l'association et le crédit. L'œuvre de notre époque, c'est,
par excellence, le rapprochement des hommes, l'abaissement,
la chute de toutes les barrières qui les séparent ou les isolent ;
la libre circulation,sur le globe entier. Si ce n'étaient là les
nobles aspirations non-seulement des hommes les plus éclairés,
mais sans qu'elle s'en rende bien compte, de la foule elle-
même, suivrions-nous tous avec une si vive sympathie les
efforts de notre généreux et persévérant Lesseps contre cet
isthme de Suez, qui va s'ouvrir enfin devant le flot montant de
notre civilisation? Et aurions-nous salué comme deux des plus
grands jours d'une époque qui a vu tunt de grandes choses,
celui où commençaient, inaugurés au nom de l'Italie par le
roi de Sardaigne, et de la France par le prince Napoléon, les
gigantesques travaux qui doivent abaisser devant le génie
moderne jusqu'aux Alpes elles-mêmes? Plus de Méditerranée,
plus d'Alpes ! » r
Pour extraits,
ERNEST DESPLACES.
VARIÉTÉS.
LETTRES SUR LA MER ROUGE.
Nous donnons une seconde lettre de notre corres-
pondant sur la mer Rouge. Cette lettre était jointe à la
première et elle en est le complément.
SECONDE LETTRE.
Des bords de la mer Rouge, février 1858.
Aboc. — La baie d'Aboc pourrait devenir facilement, avec
quelques travaux peu dispendieux, un excellent point de re-
lâche; et le plus sûr peut-être de toute cette partie du golfe
d'Aden.
Protégée par des récifs contre la houle du large, elle pos-
sède une passe très-saine dont la profondeur est de cinq à sept
brasses d'eau et d'un quart de mille environ de large. Elle
serait assez vaste pour contenir cent voiles; et la hauteur de
l'eau à la marée basse permettrait aux plus grandes frégates
elles-mêmes d'y mouiller en toute sûreté. D'un autre côté, la
différence entre la hauteur des marées, qui n'y est pas moin-
dre que sept à huit pieds, faciliterait sur la côte la création de
bassins de carénage. Enfin, avantage précieux dans ces pa-
rages si arides, on trouve une eau excellente à une très-petite
distance du rivage. Au fond de la baie se déploie une vaste
plaine dont l'humidité est entretenue par les ruisseaux qui
descendent des montagnes lors des pluies d'hiver. Cette plaine,
qui n'a pas moins de six milles de circonférence, est couverte
en tout temps d'excellents pâturages et d'arbres toujours verts.
Malgré tous ces avantages si rares sur toutes ces côtes, la baie
d'Aboc n'est pas habitée. Dans le nord-ouest de la baie, se
trouve une source d'eau bouillante que la mer couvre à marée
haute. -
Ras-Ali. — A environ vingt milles dajis le sud-ouest d'Aboc
se rencontre un autre mouillage qui, pour être moins grand,
n'offrirait pas moins de ressources à un établissement ma-
ritime.
Le port de Ras-Ali, qui dépend comme toute cette côte du
Sultan de Tadjoura, a malheureusement une passe trop peu
profonde et obstruée par une barre de coraux. Mais on pour-
rait parvenir, au moyen de quelques mines sous-marines, à
faire sauter cette barre, qui ne présente d'ailleurs qu'une lar-
geur médiocre ; Ras-Ali formerait alors un port qui ne le cé-
derait en rien comme sûreté à celui même d'Aden, et qui
l'emporterait certainement au point de vue commercial.
Ce port est abrité par d'assez hautes montagnes, et il pour-
rait facilement contenir 120 navires d'un fort tonnage ; la pro-
fondeur de l'eau y est partout de vingt à trente pieds, de
quatre à six brasses. Quelques batteries placées à l'entrée suf-
firaient pour défendre la passe contre toute attaque du côté de
la mer, avantage que l'on ne rencontrerait pas au même point
à Aboc.
Sur la barre elle-même, il y a encore de six à huit pieds
d'eau. Elle est large d'environ 125 à 150 pieds sur une lon-
gueur de 1,600 à 1,800. Ce n'est pas, comme on voit, un ob-
stacle très-formidable.
Les populations au milieu desquelles se trouve placé Ras-
Ali sont de rapports faciles, et un établissement européen ne
rencontrerait pas d'opposition de ce côté.
Une bonne source d'eau douce, située à un demi-mille de
la place , suffirait à tous ses besoins.
Il serait facile, moyennant quelques présents et le don d'une
somme insignifiante, d'obtenir du sultan de Tadjoura la con-
cession de ce point, si l'on avait quelque intérêt à l'occuper.
D'après les renseignements que j'ai pu recueillir, ce chef
verrait avec plaisir le commerce européen fonder un établisse-
ment de ce genre sur son territoire. Les impôts qu'il prélève
ne doivent pas dépasser trente mille francs, et la moitié de
cette somme lui paraîtrait suffisante, si elle lui était assurée
d'une manière permanente et tranquille. Il ne demanderait
pas sans doute une plus forte compensation de la perte que
lui ferait éprouver la cession d'un territoire resté jusqu'ici
pour ainsi dire inhabité.
La résidence de ce sultan est Tadjoura, village d'environ
2,000 âmes, situé sur la côte nord de la baie de ce nom, à
trois milles de Ras-Ali. ,
Tadjoura. — Le commerce de Tadjoura est alimenté par
des caravanes venant d'Abyssinie. Les produits propres au
pays ne s'y trouvent compris que pour les peaux, la man-
tègue et les bestiaux.
Ambabou. — A trois milles sud-ouest de Tadjoura se trouve
un très-petit village, appartenant au même chef; il se nomme
Ambabou, et il est renommé pour la richesse de ses pâtu-
râges.
Goubut-Kharàb. — Au fond de la baie de Tadjoura, il
existe un lac , le Goubut-Kharab, qui communique avec la
mer par une passe profonde ; mais cette passe est très-étroite,
et les courants y sont tellement violents, qu'ils rendent le re-
mous très-fort et le passage dangereux. Cette circonstance est
sons plus loin un passage remarquable sur le canal de Suez.
Ces belles paroles dans la bouche du président d'une société,
dont le but est aussi de créer-de nouvelles relations entre les
peuples, nous paraissent d'autant plus de circonstance, que
les paroles d'un ministre-étranger, dictées par l'intérêt parti-
culier, viennent encore entraver une entreprise qui est plus
que toute autre un élément de civilisation universelle. Voici
le passage dont nous parlons :
« Le vrai, le suprême caractère de ce siècle; du siècle de
la navigation à vapeur et des chemins de fer qui abrègent
toutes les distances, et du télégraphe qui les annule ; du siècle
des expositions universelles ; c'est l'union de tous les hommes,
la fusion de tous les intérêts, la solidarité de tous les peuples,
par les merveilles de la science et de l'industrie que vivi-
fient l'association et le crédit. L'œuvre de notre époque, c'est,
par excellence, le rapprochement des hommes, l'abaissement,
la chute de toutes les barrières qui les séparent ou les isolent ;
la libre circulation,sur le globe entier. Si ce n'étaient là les
nobles aspirations non-seulement des hommes les plus éclairés,
mais sans qu'elle s'en rende bien compte, de la foule elle-
même, suivrions-nous tous avec une si vive sympathie les
efforts de notre généreux et persévérant Lesseps contre cet
isthme de Suez, qui va s'ouvrir enfin devant le flot montant de
notre civilisation? Et aurions-nous salué comme deux des plus
grands jours d'une époque qui a vu tunt de grandes choses,
celui où commençaient, inaugurés au nom de l'Italie par le
roi de Sardaigne, et de la France par le prince Napoléon, les
gigantesques travaux qui doivent abaisser devant le génie
moderne jusqu'aux Alpes elles-mêmes? Plus de Méditerranée,
plus d'Alpes ! » r
Pour extraits,
ERNEST DESPLACES.
VARIÉTÉS.
LETTRES SUR LA MER ROUGE.
Nous donnons une seconde lettre de notre corres-
pondant sur la mer Rouge. Cette lettre était jointe à la
première et elle en est le complément.
SECONDE LETTRE.
Des bords de la mer Rouge, février 1858.
Aboc. — La baie d'Aboc pourrait devenir facilement, avec
quelques travaux peu dispendieux, un excellent point de re-
lâche; et le plus sûr peut-être de toute cette partie du golfe
d'Aden.
Protégée par des récifs contre la houle du large, elle pos-
sède une passe très-saine dont la profondeur est de cinq à sept
brasses d'eau et d'un quart de mille environ de large. Elle
serait assez vaste pour contenir cent voiles; et la hauteur de
l'eau à la marée basse permettrait aux plus grandes frégates
elles-mêmes d'y mouiller en toute sûreté. D'un autre côté, la
différence entre la hauteur des marées, qui n'y est pas moin-
dre que sept à huit pieds, faciliterait sur la côte la création de
bassins de carénage. Enfin, avantage précieux dans ces pa-
rages si arides, on trouve une eau excellente à une très-petite
distance du rivage. Au fond de la baie se déploie une vaste
plaine dont l'humidité est entretenue par les ruisseaux qui
descendent des montagnes lors des pluies d'hiver. Cette plaine,
qui n'a pas moins de six milles de circonférence, est couverte
en tout temps d'excellents pâturages et d'arbres toujours verts.
Malgré tous ces avantages si rares sur toutes ces côtes, la baie
d'Aboc n'est pas habitée. Dans le nord-ouest de la baie, se
trouve une source d'eau bouillante que la mer couvre à marée
haute. -
Ras-Ali. — A environ vingt milles dajis le sud-ouest d'Aboc
se rencontre un autre mouillage qui, pour être moins grand,
n'offrirait pas moins de ressources à un établissement ma-
ritime.
Le port de Ras-Ali, qui dépend comme toute cette côte du
Sultan de Tadjoura, a malheureusement une passe trop peu
profonde et obstruée par une barre de coraux. Mais on pour-
rait parvenir, au moyen de quelques mines sous-marines, à
faire sauter cette barre, qui ne présente d'ailleurs qu'une lar-
geur médiocre ; Ras-Ali formerait alors un port qui ne le cé-
derait en rien comme sûreté à celui même d'Aden, et qui
l'emporterait certainement au point de vue commercial.
Ce port est abrité par d'assez hautes montagnes, et il pour-
rait facilement contenir 120 navires d'un fort tonnage ; la pro-
fondeur de l'eau y est partout de vingt à trente pieds, de
quatre à six brasses. Quelques batteries placées à l'entrée suf-
firaient pour défendre la passe contre toute attaque du côté de
la mer, avantage que l'on ne rencontrerait pas au même point
à Aboc.
Sur la barre elle-même, il y a encore de six à huit pieds
d'eau. Elle est large d'environ 125 à 150 pieds sur une lon-
gueur de 1,600 à 1,800. Ce n'est pas, comme on voit, un ob-
stacle très-formidable.
Les populations au milieu desquelles se trouve placé Ras-
Ali sont de rapports faciles, et un établissement européen ne
rencontrerait pas d'opposition de ce côté.
Une bonne source d'eau douce, située à un demi-mille de
la place , suffirait à tous ses besoins.
Il serait facile, moyennant quelques présents et le don d'une
somme insignifiante, d'obtenir du sultan de Tadjoura la con-
cession de ce point, si l'on avait quelque intérêt à l'occuper.
D'après les renseignements que j'ai pu recueillir, ce chef
verrait avec plaisir le commerce européen fonder un établisse-
ment de ce genre sur son territoire. Les impôts qu'il prélève
ne doivent pas dépasser trente mille francs, et la moitié de
cette somme lui paraîtrait suffisante, si elle lui était assurée
d'une manière permanente et tranquille. Il ne demanderait
pas sans doute une plus forte compensation de la perte que
lui ferait éprouver la cession d'un territoire resté jusqu'ici
pour ainsi dire inhabité.
La résidence de ce sultan est Tadjoura, village d'environ
2,000 âmes, situé sur la côte nord de la baie de ce nom, à
trois milles de Ras-Ali. ,
Tadjoura. — Le commerce de Tadjoura est alimenté par
des caravanes venant d'Abyssinie. Les produits propres au
pays ne s'y trouvent compris que pour les peaux, la man-
tègue et les bestiaux.
Ambabou. — A trois milles sud-ouest de Tadjoura se trouve
un très-petit village, appartenant au même chef; il se nomme
Ambabou, et il est renommé pour la richesse de ses pâtu-
râges.
Goubut-Kharàb. — Au fond de la baie de Tadjoura, il
existe un lac , le Goubut-Kharab, qui communique avec la
mer par une passe profonde ; mais cette passe est très-étroite,
et les courants y sont tellement violents, qu'ils rendent le re-
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