Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-01-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 janvier 1858 25 janvier 1858
Description : 1858/01/25 (A3,N39). 1858/01/25 (A3,N39).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203085q
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
3G L'ISTHME DE SUEZ, LUNDI 25 JANVIER.
» Autrefois, les caravanes portaient en Europe les prove-
nances de l'Asie; on sait les dangers qu'elles avaient à subir.
» Depuis la découverte de l'immortel Vasco de Gama, on y
arrive par la mer d'Afrique, en doublant le cap des Tempêtes;
mais ce sont encore des. longueurs et des dangers.
» Par le percement de l'isthme de Suez, ces longueurs et
ces dangers disparaissent. Toutes les difficultés sont prévues
et seront aplanies. On abrégera la distance , de plus de
2,000 lieues.
» Portons donc l'expression de notre pensée aux pieds du
trône, disons à notre Empereur que l'exécution du percement
de l'isthme de Suez présente des caractères de grandeur dignes
de son règne. Demandons pour ce projet qui intéresse le
monde, le haut et puissant patronage auquel la France doit
son influence au dehors et sa prospérité. »
Ces conclusions sont mises aux voix et adoptées.
Ont signé au registre les membres présents.
Pour extrait conforme :
Pour le conseiller de préfecture, secrétaire général,
C. DE MEYXARD.
NOTICE SUR M. LIEUSSOU,
INGÉNIEUR HYDROGRAPHE DE LA MARINE IMPÉRIALE DE FRANCE
ET MEMBRE DE LA COMMISSION INTERNATIONALE..
M. Lieussou (Aristide), qui vient de nous être si cruel-
lement ,enlevé, était né en 1815 à Carcassonne. Après
avoir terminé ses études classiques, il entrait en 1835
à l'École polytechnique; et sorti par son rang dans le
corps des ingénieurs hydrographes de la marine, il fut
d'abord adjoint, sous les ordres de Il. Beautemps-Beau-
pré, à la Commission chargée de la reconnaissance des
côtes de France. Les travaux étaient achevés pour la
partie occidentale de nos côtes sur l'Océan, et ce fut
particulièrement sur les côtes de la Méditerranée que le
jeune ingénieur fut occupé. A cette excellente école,
M. Lieussou, tout en travaillant au levé des cartes pen-
dant plusieurs années, s'attacha de préférence à l'étude
moins cultivée des phénomènes d'hydrographie. Le ré-
gime des eaux sous l'influence des vents et des courants,
les atterrissements et les corrosions des côtes, furent les
sujets qui dès lors le captivèrent et qu'il ne cessa d'étu-
dier toute sa vie.
II y avait sur cette partie des rivages de France un dif-
ficile problème , dont le commerce et la marine s'étaient
inquiétés dès longtemps : c'était l'état du port de Cette
s'ensablant d'année en année et de plus en plus, malgré les
constructions considérables par lesquelles la science, trop
impuissante, cherchait à le protéger. M. Lieussou tenta
de résoudre ce problème embarrassant, et il proposa
d'établir à la pointe Brescou un port qui devait suppléer
à l'insuffisance de celui de Cette. Ce projet, fort ap-
prouvé par les hommes de l'art, n'a point encore reçu
d'exécution ; mais tout porte à croire qu'avec les néces-
sités nouvelles que créera le chemin de fer du Midi, il
faudra reprendre cette question, et qu'elle sera résolue
dans le sens indiqué par M. Lieussou.
Lorsque, en 1843, le ministre de la guerre voulut
faire étudier les côtes 'de l'Algérie et la valeur des res-
sources maritimes qu'elles présentent, M. Lieussou,
déjà très-apprècié par l'administration, fut appelé à faire
partie de la Commission , composée d'officiers de la ma-
rine, d'ingénieurs des ponts et chaussées et d'un hydro-
graphe. Il fut le secrétaire de cette Commission pendant
trois ans, et il fut chargé d'élaborer le rapport. Ce n'était
pas moins que le programme de tous les travaux qu'on
devait faire pour tirer un bon parti des ports assez dé-
fectueux de notre possession africaine. Mais plus la na-
ture était incomplète, plus l'art avait à faire, et plus il
pouvait rendre de services précieux.
Le port d'Alger était nécessairement le plus intéres-
sant de tous, et en 1845 M. Lieussou provoqua la
révision du projet suivi jusqu'alors. C'est son travail qui
a servi de base aux constructions actuelles ; et, parmi
les hommes spéciaux, l'approbation fut unanime. Le
port d'Alger était à la fois agrandi et rendu plus sûr par
le projet nouveau.
Rentré en France, M. Lieussou rassembla les résul-
tats de ses utiles et consciencieuses études sur les ports
de l'Algérie. Son mémoire parut d'abord dans les Annales
hydrographiques, et il devint un livre publié sous le
patronage du ministère de la guerre et du ministère de
la marine. La décoration de la Légion d'honneur fut la
récompense de cet estimable travail.
D'autres études non moins difficiles et plus délicates
occupèrent bientôt M. Lieussou. Chargé par son service
de la surveillance des montres et des chronomètres au
Dépôt de rn marine, il fit les observations les plus sagaces
et les plus attentives sur l'influence de la température ;
et de ces observations poursuivies avec constance durant
plusieurs années, il conclut une loi pratique que les
marins connaissent sous le nom de « Loi chronométrique
des températures 11. Il y a sans doute bien d'autres causes
que la température qui agissent sur les chronomètres,
mais celle-là est une des plus énergiques; et quand on
songe à l'immense importance de ces instruments pour la
sécurité des bâtiments et pour les progrès de la science,
on conçoit que des découvertes du genre de celles de
M. Lieussou aient excité le plus vif et le plus juste intérêt.
Le mémoire publié par M. Lieussou sur les chrono-
mètres fut soumis par le ministère de la marine au juge-
ment du Bureau des longitudes; et en 1852 une Com-
mission composée de MM. Arago, Daussy et Laugier,
membres de l'Institut, déclarait a que M. Lieussou avait
» introduit des vues complétement nouvelles dans une
« matière qu'on pouvait croire épuisée , et que son tra-
11 vail, en lui faisant le plus grand honneur, méritait
» l'attention la plus sérieuse de la part des astronomes
» et de tous ceux qui s'intéressent aux progrès de la
11 navigation. » C'est à la suite de ce rapport si favorable
que le ministre de la marine, M. Ducos, nomma M. Lieus-
sou officier de la Légion d'honneur.
En 1855, lorsque M. de Lesseps forma une commission
internationale des ingénieurs les plus distingués de
l'Europe pour étudier le canal de Suez, il demanda au
ministère de la marine un ingénieur hydrographe, et
M. Lieussou se trouva tout naturellement désigné par
ses travaux et ses succès antérieurs. C'est dans le sein
» Autrefois, les caravanes portaient en Europe les prove-
nances de l'Asie; on sait les dangers qu'elles avaient à subir.
» Depuis la découverte de l'immortel Vasco de Gama, on y
arrive par la mer d'Afrique, en doublant le cap des Tempêtes;
mais ce sont encore des. longueurs et des dangers.
» Par le percement de l'isthme de Suez, ces longueurs et
ces dangers disparaissent. Toutes les difficultés sont prévues
et seront aplanies. On abrégera la distance , de plus de
2,000 lieues.
» Portons donc l'expression de notre pensée aux pieds du
trône, disons à notre Empereur que l'exécution du percement
de l'isthme de Suez présente des caractères de grandeur dignes
de son règne. Demandons pour ce projet qui intéresse le
monde, le haut et puissant patronage auquel la France doit
son influence au dehors et sa prospérité. »
Ces conclusions sont mises aux voix et adoptées.
Ont signé au registre les membres présents.
Pour extrait conforme :
Pour le conseiller de préfecture, secrétaire général,
C. DE MEYXARD.
NOTICE SUR M. LIEUSSOU,
INGÉNIEUR HYDROGRAPHE DE LA MARINE IMPÉRIALE DE FRANCE
ET MEMBRE DE LA COMMISSION INTERNATIONALE..
M. Lieussou (Aristide), qui vient de nous être si cruel-
lement ,enlevé, était né en 1815 à Carcassonne. Après
avoir terminé ses études classiques, il entrait en 1835
à l'École polytechnique; et sorti par son rang dans le
corps des ingénieurs hydrographes de la marine, il fut
d'abord adjoint, sous les ordres de Il. Beautemps-Beau-
pré, à la Commission chargée de la reconnaissance des
côtes de France. Les travaux étaient achevés pour la
partie occidentale de nos côtes sur l'Océan, et ce fut
particulièrement sur les côtes de la Méditerranée que le
jeune ingénieur fut occupé. A cette excellente école,
M. Lieussou, tout en travaillant au levé des cartes pen-
dant plusieurs années, s'attacha de préférence à l'étude
moins cultivée des phénomènes d'hydrographie. Le ré-
gime des eaux sous l'influence des vents et des courants,
les atterrissements et les corrosions des côtes, furent les
sujets qui dès lors le captivèrent et qu'il ne cessa d'étu-
dier toute sa vie.
II y avait sur cette partie des rivages de France un dif-
ficile problème , dont le commerce et la marine s'étaient
inquiétés dès longtemps : c'était l'état du port de Cette
s'ensablant d'année en année et de plus en plus, malgré les
constructions considérables par lesquelles la science, trop
impuissante, cherchait à le protéger. M. Lieussou tenta
de résoudre ce problème embarrassant, et il proposa
d'établir à la pointe Brescou un port qui devait suppléer
à l'insuffisance de celui de Cette. Ce projet, fort ap-
prouvé par les hommes de l'art, n'a point encore reçu
d'exécution ; mais tout porte à croire qu'avec les néces-
sités nouvelles que créera le chemin de fer du Midi, il
faudra reprendre cette question, et qu'elle sera résolue
dans le sens indiqué par M. Lieussou.
Lorsque, en 1843, le ministre de la guerre voulut
faire étudier les côtes 'de l'Algérie et la valeur des res-
sources maritimes qu'elles présentent, M. Lieussou,
déjà très-apprècié par l'administration, fut appelé à faire
partie de la Commission , composée d'officiers de la ma-
rine, d'ingénieurs des ponts et chaussées et d'un hydro-
graphe. Il fut le secrétaire de cette Commission pendant
trois ans, et il fut chargé d'élaborer le rapport. Ce n'était
pas moins que le programme de tous les travaux qu'on
devait faire pour tirer un bon parti des ports assez dé-
fectueux de notre possession africaine. Mais plus la na-
ture était incomplète, plus l'art avait à faire, et plus il
pouvait rendre de services précieux.
Le port d'Alger était nécessairement le plus intéres-
sant de tous, et en 1845 M. Lieussou provoqua la
révision du projet suivi jusqu'alors. C'est son travail qui
a servi de base aux constructions actuelles ; et, parmi
les hommes spéciaux, l'approbation fut unanime. Le
port d'Alger était à la fois agrandi et rendu plus sûr par
le projet nouveau.
Rentré en France, M. Lieussou rassembla les résul-
tats de ses utiles et consciencieuses études sur les ports
de l'Algérie. Son mémoire parut d'abord dans les Annales
hydrographiques, et il devint un livre publié sous le
patronage du ministère de la guerre et du ministère de
la marine. La décoration de la Légion d'honneur fut la
récompense de cet estimable travail.
D'autres études non moins difficiles et plus délicates
occupèrent bientôt M. Lieussou. Chargé par son service
de la surveillance des montres et des chronomètres au
Dépôt de rn marine, il fit les observations les plus sagaces
et les plus attentives sur l'influence de la température ;
et de ces observations poursuivies avec constance durant
plusieurs années, il conclut une loi pratique que les
marins connaissent sous le nom de « Loi chronométrique
des températures 11. Il y a sans doute bien d'autres causes
que la température qui agissent sur les chronomètres,
mais celle-là est une des plus énergiques; et quand on
songe à l'immense importance de ces instruments pour la
sécurité des bâtiments et pour les progrès de la science,
on conçoit que des découvertes du genre de celles de
M. Lieussou aient excité le plus vif et le plus juste intérêt.
Le mémoire publié par M. Lieussou sur les chrono-
mètres fut soumis par le ministère de la marine au juge-
ment du Bureau des longitudes; et en 1852 une Com-
mission composée de MM. Arago, Daussy et Laugier,
membres de l'Institut, déclarait a que M. Lieussou avait
» introduit des vues complétement nouvelles dans une
« matière qu'on pouvait croire épuisée , et que son tra-
11 vail, en lui faisant le plus grand honneur, méritait
» l'attention la plus sérieuse de la part des astronomes
» et de tous ceux qui s'intéressent aux progrès de la
11 navigation. » C'est à la suite de ce rapport si favorable
que le ministre de la marine, M. Ducos, nomma M. Lieus-
sou officier de la Légion d'honneur.
En 1855, lorsque M. de Lesseps forma une commission
internationale des ingénieurs les plus distingués de
l'Europe pour étudier le canal de Suez, il demanda au
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M. Lieussou se trouva tout naturellement désigné par
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