Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1862-05-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 mai 1862 15 mai 1862
Description : 1862/05/15 (A7,N142). 1862/05/15 (A7,N142).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62032966
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/06/2012
156 L'ISTHME DE SUEZ,
Son correspondant lui déclare que de l'étude de
tous les écrits qui ont traité la question, que de
toutes les informations qu'il a recueillies il résulte
pour lui que rien ne s'oppose à ce que la Compagnie
puisse percer un canal à travers l'isthme, et que
l'exécution de ce travail est dans toutes les vraisem-
blances. -
Il ajoute, et l'aveu dans sa bouche mérite d'être
noté, que M. Stephenson avait fort exagéré les pré-
tendus dangers que devait susciter l'existence des
sables, et qu'après une légère couche sablonneuse on
ne trouvait plus sur la plus grande partie de la
ligne qu'un terrain ferme et argileux.
Il reconnaît enfin que le percement du seuil d'El-
Guisr, c'est-à-dire cet écueil où devaient venir
échouer tous les efforts de la Compagnie, n'est
plus qu'une question de temps, et il annonce l'heure
prochaine où les eaux de la Méditerranée viendront
se verser dans le bassin du lac Timsah.
Ce sont là de grands progrès parmi les adver-
saires du cana], et c'est là pour lui une grande vic-
toire morale. C'est à nos yeux le nouvel acte d'une
retraite que la puissance des faits ne tardera pas à
compléter.
Il est bien vrai qu'on se réfugie encore derrière
d'autres retranchements. Si le canal est faisable, il
n'est pas encore fait. Il y a de la distance entre une
rigole et un passage propre à la grande navigation
maritime. Le travail matériel n'est que peu avancé.
Le capital pourrait bien être insuffisant. C'est à l'exé-
cution des jetées de Port-Saïd qu'il faut ajourner les
grands embarras de la Compagnie et, tout se termi-
nât-il au mieux, l'entreprise au point de vue de la
spéculation industrielle, pourrait bien n'en pas moins
être une désastreuse opération.
A toutes ces hypothèses nous avons un premier
argument à opposer. C'est l'illusion des hypothèses
dont on reconnaît aujourd'hui la vanité. L'opinion
anglaise s'est jusqu'ici assez trompée pour qu'il soit
permis de supposer qu'elle se trompe encore, et après
tant de prophéties démenties, peut-être n'a-t-elle
pas le droit de se livrer à son esprit prophétique.
Le canal n'est pas fait, il est vrai, mais il est en
train de se faire. On niait la possibilité de la jonction
des deux mers; en présence des travaux jusqu'ici
accomplis on n'ose ou on ne peut plus la nier. C'est
déjà quelque chose. On n'a jamais prétendu que le
canal dans son ensemble serait improvisé ou serait
exécuté d'emblée. On a voulu commencer par prou-
ver à l'incrédulité de l'opposition anglaise qu'il était
praticable, et dès à présent cette première preuve est
faite, car on ne conteste plus que très-incessamment
la Méditerranée ne communique avec le lac Timsah,
et du lac Timsah à Suez le canal anciennement a
déjà fonctionné quatre fois. Quant à la prétendue
insignifiance du travail exéculé, sans parler de la
création de Port-Saïd, de la rigole de service s'éten-
dant au delà de Ferdane, du canal d'eau douce dont
le correspondant ne dit pas un mot, nous pouvons
répondre par un seul chiffre: du mois de.janvier à la fin
d'avril, il a été enlevé au seuil d'El-Guisr 1,500,000
mètres cubes de terre. N'est-ce rien? Et si les tra-
vaux ont si peu de valeur d'après les allégations
du correspondant qui ne les a pas vus, comment
ont-ils excité l'enthousiasme et l'admiration de tant
de témoins de tous pays et de toutes classes qui les
ont visités ? Parmi ces témoins on compte plusieurs
actionnaires. Étaient-ils intéressés à se tromper
eux-mêmes?
En ce qui concerne l'insuffisance du capital, il
nous semble que l'appréhension est assez peu sé-
rieuse devant le dernier rapport de M. de Lesseps
à l'assemblée générale du 1er mai. Le total des dé-
boursés de la Compagnie au 30 avril était de 39
millions, et ce chiffre, nous le croyons, étonnera un
peu le correspondant; car l'ingénieur anglais chargé
des travaux aux bouches du Danube inspectant, il y
a plus d'un an, la ligne des opérations, estimait à
50 millions de francs la valeur des travaux effec-
tués à cette époque. Mais sur cette somme de
39 millions il y a encore des déductions à faire. Il
y a le prix des immeubles toujours réalisable ache-
tés par la Compagnie et qui se montent à plus de
2,200,000 francs. Il y a les approvisionnements con-
sidérables accumulés dans les magasins pour les
besoins des travailleurs, et qui représentent une va-
leur qui rentrera soit en argent, soit en salaires. Il
y a toute la dépense du matériel réuni sur les lieux,
dépense qui doit se répartir sur l'ensemble général
du travail. Il y a le fonds de roulement toujours
présent en Egypte et non absorbé au moment du
dressement du compte.
A ces ressources il faut ajouter 40 millions restant
sur les deux cinquièmes jusqu'ici appelés ; 40 millions
à recevoir par suite de l'appel de fonds au 1er juil-
let prochain, et 80 millions disponibles jusqu'à l'é-
puisement du fonds social, en tout 160 millions. Voilà
dans sa réalité le bilan financier de la Compagnie. Est-
ce donc là une situation faite pour inspirer des alar-
mes ? Ecoutons là-dessus les paroles du correspondant:
« Un matériel considérable est réuni. Il a été pourvu à
toutes les nécessités du logement, de la nourriture,
de l'approvisionnement d'une armée d'ouvriers. Toute
l'organisation est très-complète. )) Ce sont là des véri-
tés qu'il admet. Il raconte que les Français, qu'il a
consultés, lui ont dit que c'était là la moitié du tra-
vail. Nous n'avons pas besoin d'aller si loin. Il nous
suffit que pour toute cette organisation, pour toutes
ces dépenses et pour tous les travaux accomplis, le
Mex, Port-Saïd, le seuil, la rigole maritime, le canal
d'eau douce, la tranchée jusqu'ici exécutée au seuil
d'El-Guisr, nous ayons démontré qu'il avait été dé-
Son correspondant lui déclare que de l'étude de
tous les écrits qui ont traité la question, que de
toutes les informations qu'il a recueillies il résulte
pour lui que rien ne s'oppose à ce que la Compagnie
puisse percer un canal à travers l'isthme, et que
l'exécution de ce travail est dans toutes les vraisem-
blances. -
Il ajoute, et l'aveu dans sa bouche mérite d'être
noté, que M. Stephenson avait fort exagéré les pré-
tendus dangers que devait susciter l'existence des
sables, et qu'après une légère couche sablonneuse on
ne trouvait plus sur la plus grande partie de la
ligne qu'un terrain ferme et argileux.
Il reconnaît enfin que le percement du seuil d'El-
Guisr, c'est-à-dire cet écueil où devaient venir
échouer tous les efforts de la Compagnie, n'est
plus qu'une question de temps, et il annonce l'heure
prochaine où les eaux de la Méditerranée viendront
se verser dans le bassin du lac Timsah.
Ce sont là de grands progrès parmi les adver-
saires du cana], et c'est là pour lui une grande vic-
toire morale. C'est à nos yeux le nouvel acte d'une
retraite que la puissance des faits ne tardera pas à
compléter.
Il est bien vrai qu'on se réfugie encore derrière
d'autres retranchements. Si le canal est faisable, il
n'est pas encore fait. Il y a de la distance entre une
rigole et un passage propre à la grande navigation
maritime. Le travail matériel n'est que peu avancé.
Le capital pourrait bien être insuffisant. C'est à l'exé-
cution des jetées de Port-Saïd qu'il faut ajourner les
grands embarras de la Compagnie et, tout se termi-
nât-il au mieux, l'entreprise au point de vue de la
spéculation industrielle, pourrait bien n'en pas moins
être une désastreuse opération.
A toutes ces hypothèses nous avons un premier
argument à opposer. C'est l'illusion des hypothèses
dont on reconnaît aujourd'hui la vanité. L'opinion
anglaise s'est jusqu'ici assez trompée pour qu'il soit
permis de supposer qu'elle se trompe encore, et après
tant de prophéties démenties, peut-être n'a-t-elle
pas le droit de se livrer à son esprit prophétique.
Le canal n'est pas fait, il est vrai, mais il est en
train de se faire. On niait la possibilité de la jonction
des deux mers; en présence des travaux jusqu'ici
accomplis on n'ose ou on ne peut plus la nier. C'est
déjà quelque chose. On n'a jamais prétendu que le
canal dans son ensemble serait improvisé ou serait
exécuté d'emblée. On a voulu commencer par prou-
ver à l'incrédulité de l'opposition anglaise qu'il était
praticable, et dès à présent cette première preuve est
faite, car on ne conteste plus que très-incessamment
la Méditerranée ne communique avec le lac Timsah,
et du lac Timsah à Suez le canal anciennement a
déjà fonctionné quatre fois. Quant à la prétendue
insignifiance du travail exéculé, sans parler de la
création de Port-Saïd, de la rigole de service s'éten-
dant au delà de Ferdane, du canal d'eau douce dont
le correspondant ne dit pas un mot, nous pouvons
répondre par un seul chiffre: du mois de.janvier à la fin
d'avril, il a été enlevé au seuil d'El-Guisr 1,500,000
mètres cubes de terre. N'est-ce rien? Et si les tra-
vaux ont si peu de valeur d'après les allégations
du correspondant qui ne les a pas vus, comment
ont-ils excité l'enthousiasme et l'admiration de tant
de témoins de tous pays et de toutes classes qui les
ont visités ? Parmi ces témoins on compte plusieurs
actionnaires. Étaient-ils intéressés à se tromper
eux-mêmes?
En ce qui concerne l'insuffisance du capital, il
nous semble que l'appréhension est assez peu sé-
rieuse devant le dernier rapport de M. de Lesseps
à l'assemblée générale du 1er mai. Le total des dé-
boursés de la Compagnie au 30 avril était de 39
millions, et ce chiffre, nous le croyons, étonnera un
peu le correspondant; car l'ingénieur anglais chargé
des travaux aux bouches du Danube inspectant, il y
a plus d'un an, la ligne des opérations, estimait à
50 millions de francs la valeur des travaux effec-
tués à cette époque. Mais sur cette somme de
39 millions il y a encore des déductions à faire. Il
y a le prix des immeubles toujours réalisable ache-
tés par la Compagnie et qui se montent à plus de
2,200,000 francs. Il y a les approvisionnements con-
sidérables accumulés dans les magasins pour les
besoins des travailleurs, et qui représentent une va-
leur qui rentrera soit en argent, soit en salaires. Il
y a toute la dépense du matériel réuni sur les lieux,
dépense qui doit se répartir sur l'ensemble général
du travail. Il y a le fonds de roulement toujours
présent en Egypte et non absorbé au moment du
dressement du compte.
A ces ressources il faut ajouter 40 millions restant
sur les deux cinquièmes jusqu'ici appelés ; 40 millions
à recevoir par suite de l'appel de fonds au 1er juil-
let prochain, et 80 millions disponibles jusqu'à l'é-
puisement du fonds social, en tout 160 millions. Voilà
dans sa réalité le bilan financier de la Compagnie. Est-
ce donc là une situation faite pour inspirer des alar-
mes ? Ecoutons là-dessus les paroles du correspondant:
« Un matériel considérable est réuni. Il a été pourvu à
toutes les nécessités du logement, de la nourriture,
de l'approvisionnement d'une armée d'ouvriers. Toute
l'organisation est très-complète. )) Ce sont là des véri-
tés qu'il admet. Il raconte que les Français, qu'il a
consultés, lui ont dit que c'était là la moitié du tra-
vail. Nous n'avons pas besoin d'aller si loin. Il nous
suffit que pour toute cette organisation, pour toutes
ces dépenses et pour tous les travaux accomplis, le
Mex, Port-Saïd, le seuil, la rigole maritime, le canal
d'eau douce, la tranchée jusqu'ici exécutée au seuil
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