Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-03-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 mars 1863 01 mars 1863
Description : 1863/03/01 (A8,N161). 1863/03/01 (A8,N161).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203240t
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. *79
de nourriture, soit par l'invasion de quelque typhus
venu de la haute Égypte; cela dut suffire, ce nous
semble, pour qu'il abandonnât ses travaux. Son canal
ne fut-il jamais terminé? Cette énorme fossé n'a-t-il été
de tout temps qu'un ravin sans eau, large de 50 mètres,
sur une étendue de plusieurs lieues ? Nous en dou-
tons, et nous serions au contraire tenté de croire, la
carte de l'Égypte sous les yeux, que dans cetteimmense
fourmilière d'hommes, cantonnés, pour ainsi dire, dans
le lit et le limon d'un fleuve, sans commerce et presque
sans autre industrie que son agriculture, pas-la moin-
dre parcelle de terre susceptible de recevoir des eaux
du Nil ne resta sans culture.
® Les historiens s'efforcent de prouver que, même au
temps des Pharaons, les Égyptiens furent des naviga-
teurs de premier ordre. S'il s'agit seulement de navi-
gation fluviale, nous admettrons volontiers que ce fut
la principale occupation des Égyptiens. Il est aussi im-
possible de se figurer l'Egypte sans pyramides, sans
obélisques, sans sphinx, sans lotus, sans dieux à tète
de chien ou d'épervier et sans crocodiles, que de se la
représenter sans une nuée de bateaux aux voiles de
papyrus, que font voguer çà et là des hommes noirs,
avec un pagne autour du corps et sur la tête une pièce
de lin rouge ou bleue, collée au front et laissant re-
tomber ses deux bouts carrés sur les épaules. Les Grecs,
nation belliqueuse, plaçaient le soleil sur un char;
les Égyptiens, race amphibie, le mettaient dans un ba-
teau.
» Quant à l'importance de la marine militaire et mar-
chande des Pharaons, l'antiquité ne nous raconte à ce
sujet que des fables. Nous ne croyons ni aux quatre
cents voiles de Sésostris, ni à ses expéditions dans les
Indes, la Perse, la Scythie et la Thrace, ni à ses prodi-
gieuses conquêtes. S'il est vrai que Néchos fit explorer
la côte orientale de l'Afrique, ce fut par des vaisseaux
phéniciens. Salomon eut un port et une flotte dans la
mer Rouge ; le port s'appelait Esiongaber, sur la pointe
orientale du golfe Arabique ; la flotte était phénicienne,
comme celle de Néchos, et appartenait à Hiram, roi de
Tyr. Ce dernier rapporta d'Ophir (Sophala) et de Tarsis
les bois précieux, l'or, l'ivoire, toutes les richesses qu'on
employa à la construction du temple de Jérusalem,, dont
les ruines elles-mêmes sont d'architecture phéni-
cienn e.
» La première tentative sérieuse qui ait été faite en
Égypte pour ouvrir la mer Rouge aux vaisseaux de ce
pays doit être attribuée aux rois de Perse. Désireux de
faire reconnaître celles des côtes de ses États qui bai-
gnaient la mer des Indes, Darius, fils d'Hystape, orga-
nisa sous le commandement de Scylax de Carvande une
flottille d'exploration qui des bouches de l'Indus pénétra
dans l'Océan, visita le golfe Persique, en détermina la
position, contourna l'Arabie tout entière, et remonta la
mer Rouge jusqu'à l'endroit où les lacs Amers y déver-
saient leurs eaux. Ce fut probablement le même prince
qui fit canaliser l'émissaire de ces lacs de manière
que la navigation y devint possible, malgré le flux
et le reflux des marées. C'est ce que semblent attester
les ruines persépolitaines qu'on remarque aux deux
issues de ce passage, d'un côté vers les lacs et de l'autre
vers le golfe. Darius voulut aussi compléter l'œuvre de
Néchos en transformant les canaux d'irrigation de Pha-
raon en voies navigables, et établir par ce moyen une
communication directe entre la Méditerranée et les mers
orientales ; mais, comme Néchos, il eut peur, dit-on,
que l'Égypte fût submergée.
» On se contenta donc, à partir de Darius, de remonter
sur de légers navires de la mer Rouge à Bubaste, pour
redescendre ensuite à Péluse, ou bien pour gagner les
provinces de la moyenne ou de la haute Égypte. Dès
le règne de Ptolémée Soter, cette navigation devint
excessivement active. Mais Péluse ne conserva plus
d'autre importance que celle de sa position stratégique.
De Bubaste, le commerce de la mer Rouge se détourna
au nord-ouest, vers Alexandrie, et vint, par les déri-
vations de la branche canopique du Nil, aborder à celui
des ports de cette capitale qui bordait le lac Maréotis.
On passait de là, au moyen d'un canal de jonction,
dans le port d'Eunoste ou du Bon-Retour, ouvert sur la
Méditerranée. Grâces à ces établissements, Alexandrie
put, dès le règne de Ptolémée Philadelphe, le second
des Lagides, se poser en reine de l'Orient et de l'Occi-
dent, ayant pour tributaires, d'un côté ce tout petit
monde connu des anciens qui ne dépassait pas alors
les rivages de la Méditerranée ; de l'autre, ces conti-
nents immenses, ces îles innombrables qui s'étendaient
jusqu'à la Taprobane (Cejilan) et au pays des Sérices,
CM l'on récolte la soie.
(Le Siècle.) B FÉLIX DERIÉGE. »
(La suite au prochain numéro.)
En vente
Aux bureaux du Journal, rue Neuve-des-Mathurins, 38.
mais mmmÊM
DE
Pï~ttM~ M ftNit M L'ISTIIHE ET DU CANAL DE SUEZ
Troisième tirage.
Prix de la carte : sur carton, 10 francs;
Sur toile, 12 francs.
EN PRIME : 4 francs sur carton et 6 francs sur toile,
pour tous les abonnés actuels du journal l'Isthme
de Suez ; et pour tous les abonnés nouveaux qui
souscriront un abonnement d'un an.
Total pour l'abonnement de l'année et le prix de la
carte, 14 francs.
Le prix de 4 francs réservé pour les souscripteurs du
journal est à peine l'équivalent des seuls frais d'im-
pression et de tirage déboursés par notre adminis-
tration.
Port pour l'envoi à domicile dans les départements par
les Messageries impériales, sauf la Corse et l'Algérie,
1 fr. 50 c. en sus.
de nourriture, soit par l'invasion de quelque typhus
venu de la haute Égypte; cela dut suffire, ce nous
semble, pour qu'il abandonnât ses travaux. Son canal
ne fut-il jamais terminé? Cette énorme fossé n'a-t-il été
de tout temps qu'un ravin sans eau, large de 50 mètres,
sur une étendue de plusieurs lieues ? Nous en dou-
tons, et nous serions au contraire tenté de croire, la
carte de l'Égypte sous les yeux, que dans cetteimmense
fourmilière d'hommes, cantonnés, pour ainsi dire, dans
le lit et le limon d'un fleuve, sans commerce et presque
sans autre industrie que son agriculture, pas-la moin-
dre parcelle de terre susceptible de recevoir des eaux
du Nil ne resta sans culture.
® Les historiens s'efforcent de prouver que, même au
temps des Pharaons, les Égyptiens furent des naviga-
teurs de premier ordre. S'il s'agit seulement de navi-
gation fluviale, nous admettrons volontiers que ce fut
la principale occupation des Égyptiens. Il est aussi im-
possible de se figurer l'Egypte sans pyramides, sans
obélisques, sans sphinx, sans lotus, sans dieux à tète
de chien ou d'épervier et sans crocodiles, que de se la
représenter sans une nuée de bateaux aux voiles de
papyrus, que font voguer çà et là des hommes noirs,
avec un pagne autour du corps et sur la tête une pièce
de lin rouge ou bleue, collée au front et laissant re-
tomber ses deux bouts carrés sur les épaules. Les Grecs,
nation belliqueuse, plaçaient le soleil sur un char;
les Égyptiens, race amphibie, le mettaient dans un ba-
teau.
» Quant à l'importance de la marine militaire et mar-
chande des Pharaons, l'antiquité ne nous raconte à ce
sujet que des fables. Nous ne croyons ni aux quatre
cents voiles de Sésostris, ni à ses expéditions dans les
Indes, la Perse, la Scythie et la Thrace, ni à ses prodi-
gieuses conquêtes. S'il est vrai que Néchos fit explorer
la côte orientale de l'Afrique, ce fut par des vaisseaux
phéniciens. Salomon eut un port et une flotte dans la
mer Rouge ; le port s'appelait Esiongaber, sur la pointe
orientale du golfe Arabique ; la flotte était phénicienne,
comme celle de Néchos, et appartenait à Hiram, roi de
Tyr. Ce dernier rapporta d'Ophir (Sophala) et de Tarsis
les bois précieux, l'or, l'ivoire, toutes les richesses qu'on
employa à la construction du temple de Jérusalem,, dont
les ruines elles-mêmes sont d'architecture phéni-
cienn e.
» La première tentative sérieuse qui ait été faite en
Égypte pour ouvrir la mer Rouge aux vaisseaux de ce
pays doit être attribuée aux rois de Perse. Désireux de
faire reconnaître celles des côtes de ses États qui bai-
gnaient la mer des Indes, Darius, fils d'Hystape, orga-
nisa sous le commandement de Scylax de Carvande une
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position, contourna l'Arabie tout entière, et remonta la
mer Rouge jusqu'à l'endroit où les lacs Amers y déver-
saient leurs eaux. Ce fut probablement le même prince
qui fit canaliser l'émissaire de ces lacs de manière
que la navigation y devint possible, malgré le flux
et le reflux des marées. C'est ce que semblent attester
les ruines persépolitaines qu'on remarque aux deux
issues de ce passage, d'un côté vers les lacs et de l'autre
vers le golfe. Darius voulut aussi compléter l'œuvre de
Néchos en transformant les canaux d'irrigation de Pha-
raon en voies navigables, et établir par ce moyen une
communication directe entre la Méditerranée et les mers
orientales ; mais, comme Néchos, il eut peur, dit-on,
que l'Égypte fût submergée.
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redescendre ensuite à Péluse, ou bien pour gagner les
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Méditerranée. Grâces à ces établissements, Alexandrie
put, dès le règne de Ptolémée Philadelphe, le second
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les rivages de la Méditerranée ; de l'autre, ces conti-
nents immenses, ces îles innombrables qui s'étendaient
jusqu'à la Taprobane (Cejilan) et au pays des Sérices,
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